Une histoire de lacs de lave sur Io, la lune de Jupiter // A story of lava lakes on Io, Jupiter’s moon

J’ai rédigé plusieurs notes sur Io, la lune de Jupiter, sur ce blog. Dans l’une d’elles parue le 23 avril 2024, j’expliquais qu’une nouvelle animation réalisée à partir des données de la sonde Juno de la NASA révélait un immense lac de lave à la surface d’Io. Juno a survolé la surface d’Io à moins de 1 500 kilomètres de distance entre décembre 2023 et janvier 2024. Ces survols ont permis d’observer la lune de Jupiter qui héberge des centaines de volcans actifs.

Selon la NASA, les éruptions de ces volcans sont parfois si puissantes qu’elles sont visibles avec des télescopes depuis la Terre. Les images fournies par Juno montrent Loki Patera, un lac de lave de 200 km de diamètre à la surface d’Io. Les scientifiques observent ce lac de lave depuis des décennies. Il se situe au-dessus des réservoirs de magma situés sous la surface d’Io. La lave en cours de refroidissement au centre du lac est entourée d’un cercle de magma possiblement en fusion sur les bords. Les données de la sonde Juno ont permis de créer une animation du lac de lave Loki Patera :
https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

 

Image du lac de lave extraite de l’animation

Un article paru récemment sur le site space.com nous apprend que grâce aux données fournies par la sonde Juno, des scientifiques ont découvert que Io, le corps le plus volcanique du système solaire, est encore plus chaud qu’on le pensait. En effet, la lune de Jupiter semble émettre depuis sa surface une quantité de chaleur des centaines de fois supérieure aux estimations précédentes.
Cette sous-estimation n’est pas due à un manque de données, mais à une erreur d’interprétation des données transmises par la sonde Juno. De plus, on apprend qu’environ la moitié de la chaleur rayonnée par Io provient de seulement 17 des 266 sources volcaniques connues sur la lune.

Au vu de cette concentration apparente de chaleur, les chercheurs pensent qu’il n’existerait pas un immense lac de lave sous la surface de Io, contrairement aux hypothèses émises antérieurement. Le chef de l’équipe scientifique à l’Institut national d’astrophysique (INAF) a déclaré : « Ces dernières années, plusieurs études ont suggéré que la distribution de la chaleur émise par Io, mesurée dans le spectre infrarouge, pourrait nous permettre de savoir si un océan de magma existe sous la surface de Io. Cependant, en comparant ces résultats avec d’autres données fournies par Juno et des modèles thermiques plus détaillés, nous avons constaté une anomalie : les valeurs de la chaleur émise semblent trop faibles par rapport aux caractéristiques physiques des lacs de lave connus. »

Le chef de l’équipe scientifique a également expliqué que, jusqu’à présent, les études d’Io s’étaient principalement concentrées sur une bande spécifique de lumière infrarouge la bande M. Les données de la bande M recueillies par le JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) à bord de Juno ont permis d’identifier les régions les plus chaudes d’Io et, par conséquent, de comprendre son volcanisme. Cependant, les mesures effectuées dans cette bande spectrale ont pu avoir influencé les estimations de chaleur précédentes. « Le problème est que cette bande n’est sensible qu’aux températures les plus élevées et tend donc à privilégier les zones les plus incandescentes des volcans, tout en négligeant les zones plus froides mais beaucoup plus étendues. »
En repensant leur approche des données fournies par le JIRAM de Juno, l’équipe scientifique a modifié sa vision de la structure des lacs de lave d’Io. Il en ressort que la plupart des volcans d’Io ne sont pas uniformément chauds, mais possèdent plutôt un anneau extérieur chaud et brillant avec une croûte centrale plus froide et solide (voir image ci-dessus). Cette dernière région est moins brillante dans la bande M de la lumière infrarouge, mais couvre une plus grande surface, ce qui lui permet d’émettre une quantité de chaleur considérable.

Source : space.com

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I have written several posts about Io, Jupiter’s moon, on this blog. In an article published on April 23rd, 2024, I explained that a new animation performed with NASA Juno spacecraft data revealed an enormous lava lake on the surface of Io. Juno swept within 1,500 kilometers of the volcanic surface of Io in December 2023 and January 2024. These flybys provided the closest look ever at Jupiter’s moon. Io hosts hundreds of active volcanoes. According to NASA, their eruptions are sometimes so powerful that they can be seen with telescopes on Earth. The new images showes Loki Patera, a 200-km-wide lava lake on Io’s surface. Scientists have been observing this lava lake for decades. It sits over the magma reservoirs under Io’s surface. The cooling lava at the center of the lake is ringed by possibly molten magma around the edges.

Juno spacecraft data has been used to create an animation of the lava lake Loki Patera :

https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

An article recently published on the website space.com informs us that using data from NASA’s Juno spacecraft, scientists have discovered that io, the solar system’s most volcanic body, is even hotter than we thought. In fact, Jupiter’s moon Io could be emitting hundreds of times as much heat from its surface as was previously estimated.

The reason for this underestimate wasn’t due to a lack of data, but was a result of how Juno’s data was interpreted. The results also demonstrate that about half of the heat radiating from Io comes from just 17 of 266 the moon’s known volcanic sources.

The team behind this research thinks that this clear concentration of heat, rather than a global emission, could suggest that an Io-wide lava lake may not exist beneath the surface of this moon of Jupiter as has previously been theorized. « In recent years, several studies have proposed that the distribution of heat emitted by Io, measured in the infrared spectrum, could help us understand whether a global magma ocean existed beneath its surface, » the team leader of the National Institute for Astrophysics (INAF) said in a statement. « However, comparing these results with other Juno data and more detailed thermal models, we realized that something wasn’t right: the thermal output values ​​appeared too low compared to the physical characteristics of known lava lakes. »

The team leader also explained that until now, studies of Io have focused heavily on a specific band of infrared light known as the M-band. M-band data collected by the Jovian InfraRed Auroral Mapper (JIRAM) aboard Juno have allowed to identify the hottest regions of Io and thus understand its volcanism. However, but the measurements collected in this spectral band could have influenced previous heat estimates. « The problem is that this band is sensitive only to the highest temperatures, and therefore tends to favor the most incandescent areas of volcanoes, neglecting the colder but much more extensive ones. »

Reconsidering their approach to Juno’s JIRAM data changed the team’s view of the structure of Io’s lava lakes. They found that most of Io’s volcanoes are not uniformly hot but instead possess a hot and bright outer ring with a cooler, solid central crust (seeimage above). This latter region is less bright in the M-band of infrared light but covers a larger surface area, allowing it to emit an enormous amount of heat.

Source : space.com.

COP30 : aussi inutile que les précédentes?

La COP30 s’ouvre officiellement ce 10 novembre 2025 à Belém au Brésil, en bordure de la forêt amazonienne dont la surface se réduit comme peau de chagrin et les écosystèmes se dégradent rapidement. Les leaders du monde entier – pas tous ; les États Unis sont absents – se réunissent alors que les climatologues les plus optimistes prévoient un réchauffement de 2,5 °C à la fin du siècle. Beaucoup de scientifiques tablent plutôt sur 3°C de hausse des températures globales.

Dans une note publiée le 14 octobre 2025, j’avais exprimé de grosses réserves quant au succès de la COP30. J’ai toujours écrit que tant que les mesures préconisées pas les COP ne seront pas contraignantes, ces réunions coûteuses ne serviront à rien. Je crains fort qu’il en soit de même avec la COP30.

Selon le directeur de Greenpeace France, « c’est une COP dont on doit sortir avec des actions concrètes. On attend des chefs d’État qu’ils reconnaissent qu’il faut sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et qu’il faut se débarrasser le plus rapidement possible, partout sur la planète, du pétrole, du gaz et du charbon, qui sont les énergies qui nous ont mis dans cette situation-là.  » De beaux vœux, mais seront-il exaucés ? C’est une autre histoire !

Il y a toujours eu beaucoup d’hypocrisie pendant les COP. Ainsi, la Chine se vante d’installer à elle seule autant d’infrastructures solaires et éoliennes que le reste du monde, mais le premier pollueur mondial construit encore des centrales à charbon !

Il y aura, bien sûr, des annonces faites avec tambours et trompettes à l’issue de la COP30, mais elles feront probablement Pschitt !, comme les précédentes. J’espère me tromper mais, malheureusement, je ne le pense pas. Même Laurent Fabius n’attend pas « d’annonce spectaculaire », c’est tout dire. L’organisation de la COP30 sur le terrain a été plus que chaotique ; cela n’augure rien de bon…

Octobre 2025 à la troisième place // October 2025 in third place

Copernicus informe le public qu’octobre 2025 a été le troisième mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, avec une température moyenne de l’air de 15,14 °C, soit 0,70 °C de plus que la moyenne des mois d’octobre de la période 1991-2020.
Octobre 2025 a été inférieur de 0,16 °C à octobre 2023, le mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré, et de 0,11 °C inférieur à octobre 2024.
Octobre 2025 a été 1,55 °C au-dessus de la moyenne de la période 1850-1900, utilisée pour définir le niveau préindustriel. Il s’agit du premier mois au-dessus de 1,50 °C depuis avril 2025.
Copernicus ajoute que 2025 devrait très probablement se classer au deuxième ou troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées, possiblement à égalité avec 2023, actuellement la deuxième année la plus chaude, et derrière 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Historique des anomalies globales de température de l’air pour le mois d’octobre (Source : ERA5 / Copernicus)

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Copernicus informs the public that October 2025 was the third-warmest October globally, with an average surface air temperature of 15.14°C, 0.70°C above the 1991-2020 average for October.

October 2025 was 0.16°C cooler than the warmest October on record, in 2023, and 0.11°C cooler than October 2024.

October 2025 was 1.55°C above the estimated 1850-1900 average used to define the pre-industrial level, the first month above 1.50°C since April 2025.

Copernicus adds that 2025 is virtually certain to finish as the second- or third-warmest year on record, possibly tied with 2023, the current second-warmest year, and behind 2024, the warmest year on record.

Kilauea (Hawaï) : l’épisode 36 est terminé ! // Episode 36 is over !

L’Épisode 36 de l’éruption du Kilauea s’est brutalement achevé le 9 novembre 2025 à 16h16 (heure locale), après un peu moins de 5 heures de fontaines de lave. La bouche nord a cessé d’émettre vers 15h38. Son homologue sud a progressivement diminué d’intensité avant de s’arrêter elle aussi vers 16h16, marquant la fin de l’épisode.

Les fontaines ont atteint une hauteur maximale de 300 à 330 mètres durant cet épisode, produisant environ 8 à 9 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen des deux fontaines a dépassé 500 mètres cubes par seconde ; c’est le débit le plus élevé enregistré lors de cette éruption. Les coulées de lave ont recouvert environ 60 à 80 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La fin de l’éruption a coïncidé avec une déflation sommitale et une diminution de l’intensité du trémor éruptif. Les épisodes précédents ont été suivis d’une inflation rapide à laquelle s’attend le HVO, et l’HVO prochainement.

Source : HVO.

Image webcam de l’éruption

La brièveté de cette épisode et les retards observés dans son démarrage montrent qu’il est peut-être hasardeux de prévoir un voyage à Hawaii pour profiter du spectacle. Il serait dommage de payer un voyage long et coûteux pour arriver quand il ne se passe plus rien !

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Episode 36 of the Kilauea eruption ended abruptly at 4:16 p.m. (local time) on November 9 2025 after just under 5 hours of lava fountaining.The north vent stopped erupting at approximately 3:38 p.m. The south vent slowly declined and eventually stopped erupting at approximately 4:16 p.m., marking the end of the episode.

Lava fountains reached a maximum height of 300-330 m during this episode which produced an estimated 8-9 million cubic meters of lava. The average eruption rate was over 500 cubic meters per second from the dual fountains, which is the highest effusion rate recorded during this eruption. Lava flows from the fountains covered about 60- 80% of the floor of Halemaʻumaʻu crater. The end of the eruption was coincident with a flattening of summit tilt and a decrease in seismic tremor intensity. Past episodes have been followed by rapid inflationary tilt, and HVO expects that change to occur soon.

Source : HVO.

The brevity of this episode and the delays observed in its start suggest that planning a trip to Hawaii to watch the show might be risky. It would be a shame to pay for a long and expensive journey only to arrive when nothing is happening!