Si le Groenland pouvait parler… (1ère partie) // If Greenland could speak… (part 1)

Pendant la Guerre froide, Camp Century, situé à environ 200 km de Thulé, au nord-ouest du Groenland, était un laboratoire de recherche arctique expérimental établi dans un réseau de tunnels creusés dans la glace, sous la surface de la calotte glaciaire. Près de 200 militaires, scientifiques et ingénieurs vivaient dans des bâtiments préfabriqués à l’intérieur des tunnels, alimentés par un petit réacteur nucléaire. Finalement, Camp Century fut un échec total. Ses concepteurs avaient oublié que la calotte glaciaire était en perpétuel mouvement et l’ensemble de l’infrastructure devint inhabitable.

Maquette de Camp Century et vue de l’intérieur de l’infrastructure (Source: U.S. Army)

Dans une note publiée le 7 septembre 2025, j’explique que Camp Century est devenu une véritable « bombe à retardement » environnementale :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/07/camp-century-groenland-une-bombe-a-retardement-camp-century-greenland-a-time-bomb/

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La première mise en garde officielle contre le réchauffement climatique date de 1958. Mais il faut savoir que l’idée d’un réchauffement lié au CO2 avait été émise en 1856 par Eunice Foote, une chimiste qui avait découvert que c’est dans les cylindres remplis de CO2 que la température augmente le plus. Elle en a conclu qu’une atmosphère riche en CO2 augmenterait la température de la Terre. L’idée d’un réchauffement de notre planète par le CO2 a commencé à prendre racine et a motivé les scientifiques de Camp Century à en apprendre davantage sur le climat.

L’armée américaine a demandé aux scientifiques en poste à Camp Century d’étudier les propriétés de la neige et de la glace afin de comprendre comment la base militaire pourrait être opérationnelle dans des conditions aussi difficiles. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont entrepris un projet de carottage de glace consistant à forer à travers toute l’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland. Le forage de près de 1,4 km de profondeur sous Camp Century a nécessité deux foreuses et cinq ans de travail. À l’été 1966, le trépan a atteint le substratum rocheux sous la calotte glaciaire et a permis de récupérer une carotte de sédiments sous-glaciaires de 3,4 mètres de long.
Étrangement, la base de la carotte, de 17 mètres de long et contenant les sédiments sous-glaciaires, a été peu étudiée à l’époque. La carotte a été transférée au Centre pour la glace et le climat de l’Institut Niels Bohr de l’Université de Copenhague au début des années 1990, où les échantillons congelés ont finalement été oubliés dans des caisses dans un bâtiment à basse température prévu pour le stockage des échantillons de glace.

Source : Institut Niels Bohr de l’Université de Copenhague

En 2017, les échantillons ont été miraculeusement redécouverts lors d’un inventaire de milliers de caisses de carottes de glace. Une équipe scientifique a alors été invitée à appliquer des analyses modernes à ces échantillons uniques et longtemps oubliés. Les travaux expérimentaux ont débuté en 2019, lorsque deux échantillons de la carotte de Camp Century ont été prélevés à Copenhague et envoyés congelés dans l’État du Vermont aux États Unis : l’un provenait de la partie supérieure et l’autre de la partie inférieure de la carotte de sédiments de Camp Century.
En observant des lames de sédiments au microscope, les scientifiques ont immédiatement remarqué de petits points noirs flottant dans l’eau de rinçage. À leur grande surprise, les sédiments étaient remplis de fines brindilles, de fragments de feuilles et de matière ligneuse.

La présence de fossiles végétaux prouvait que ce secteur du nord-ouest du Groenland était autrefois libre de glace et couvert de végétation ! Des spécialistes de la flore arctique ont identifié diverses mousses, carex, saules, arbustes et autres plantes rencontrés dans la toundra arctique aujourd’hui.

Photo: C. Grandpey

Ces spécimens révèlent la présence passée d’une végétation que l’on retrouve aujourd’hui dans des zones libres de glace ailleurs au Groenland. Pour les scientifiques, la question cruciale était de déterminer à quelle époque les sédiments avaient été exposés à l’air libre pour la dernière fois, puis enfouis sous la calotte glaciaire. Grâce aux technologies de laboratoire les plus récentes, les chercheurs ont déterminé que la partie supérieure des sédiments de la carotte avait profité de l’absence de calotte glaciaire au cours du dernier million d’années. En revanche, les sédiments les plus profonds sont beaucoup plus anciens, probablement enfouis depuis 3 millions d’années.
Il semble qu’une grande partie de la calotte glaciaire ait fondu au moins une fois au cours du dernier million d’années, mais nous ignorons encore la chronologie et l’ampleur précises de ce retrait glaciaire du passé. Résoudre ce mystère est essentiel pour comprendre comment la calotte glaciaire réagira au réchauffement climatique d’origine anthropique dans les prochaines années et dans quelle mesure sa fonte contribuera à l’élévation du niveau de la mer.
Les sédiments sous-glaciaires de Camp Century constituent une capsule temporelle témoignant des périodes où la calotte glaciaire du Groenland était moins vaste et où la toundra a émergé sur des échelles de temps de plusieurs millions d’années. Il s’agit d’une opportunité rare, car les archives paléoclimatiques provenant d’autres carottes de glace du Groenland ne remontent qu’à 130 000 ans.

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Camp Century, located about 200 km from Thule in northwestern Greenland, was an experimental Arctic research laboratory built in a series of ice tunnels below the surface of the ice sheet during the Cold War. Nearly 200 service members, scientists, and engineers lived in prefabricated buildings in the tunnels that were powered by a small nuclear reactor. In the end, Camp Century was a total failure. Its conceptors had forgotten that the ice sheet was constantly moving and the whole infrastructure became ininhabitable. In a post published on 7 September 2025, I explanes that it has even become an enc=vironmental « time bomb. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/07/camp-century-groenland-une-bombe-a-retardement-camp-century-greenland-a-time-bomb/

The warning about global warming dates back to 1958. But it’s important to know that the idea of warming linked to CO2 was first put forward in 1856 by Eunice Foote, a chemist who discovered that temperatures rise most rapidly in cylinders filled with CO2. She concluded that a CO2-rich atmosphere would increase Earth’s temperature. The idea of our planet warming due to CO2 then began to take root and motivated the scientists at Camp Century to learn more about the climate. This led them to launch an ice core drilling project that would drill through the Greenland ice sheet and allow them to collect a sample of the sedimentary bedrock.

The U.S. Army asked scientists to study the properties of snow and ice at Camp Centuryto understand how it could operate in such challenging conditions. As part of this work, they set out an ice core project consisting in drilling through the entire thickness of the Greenland Ice Sheet at Camp Century. Drilling through nearly 1.4 km of ice below Camp Century took two different drills and five years. In the summer of 1966, drilling reached the bedrock beneath the ice sheet and recovered a 3.4 metre-long core of subglacial sediment.

Strangely enough, the 17-meter-long basal materials from the Camp Century ice core with the subglacial sediment was poorly studied at the time. The ice core was transfered to the Centre for Ice and Climate at the Niels Bohr Institute at the University of Copenhagen in the early 1990s, where the samples remained frozen and eventually forgotten in the ice core freezer.

In 2017, the samples were miraculously re-discovered during an inventory of thousands of ice core boxes. A team of scientists were then invited to apply modern analyses to these long-lost and unique samples. Experimental work started in 2019, when two samples from the core were cut in Copenhagen and sent frozen to Vermont: one from the upper-most and another from the lower-most sections of the Camp Century sediment.

When looking ad slides of the sediments through their ùicrodcopes, the scientists noticed little black specks floating in the rinse water. To their surprise, the sediment was filled with delicate twigs, leaf tips, and woody material. The presence of plant fossils meant that this sector of northwestern Greenland was ice-free and vegetated in the past.

Arctic plant specialists identified a variety of mosses, sedges, willow, shrubs, and other tundra plants common in the Arctic today. These suggest the past presence of vegetation that is found in ice-free areas elsewhere in Greenland today. The big question was to know whens the sediment was last exposed and then buried below the ice sheet. Using the latest lab technologies, the researchers determined that the upper sediment must have been exposed, meaning the ice sheet was absent, within the last million years. The lower-most sediment is much older, possibly buried since 3 million years ago.

It appears that much of the ice sheet has melted at least once within the last million years, but we still do not know the precise timing and extent of those past ice sheet retreats. Determining this information is vital for understanding how the ice sheet will respond to anthropogenic climate warming and its potential contribution to sea-level rise.

The Camp Century subglacial sediment provides a time capsule of periods when the Greenland Ice Sheet was smaller and tundra emerged at multi-million-year timescales, which is a rare opportunity given that continuous paleoclimate records from other Greenland ice cores only extend to 130,000 years ago.

Le Pérou face au réchauffement climatique // Peru faces global warming

Le Pérou a déclaré l’état d’urgence le 25 février 2026 dans près de la moitié des districts du pays suite à de fortes pluies, des glissements de terrain et des inondations provoqués par la hausse des températures océaniques, que les autorités attribuent au phénomène climatique El Niño Costero, ou El Niño côtier.
Un décret gouvernemental vise à accélérer le déblocage de fonds pour les autorités locales et régionales afin de sécuriser les infrastructures essentielles – ponts, routes, eau et électricité – tout en protégeant la vie et la santé des populations. Plus de 700 districts répartis le long de la côte Pacifique, les Andes et l’Amazonie sont désormais en état d’urgence.
Le ministère péruvien des Transports a indiqué qu’environ 931 kilomètres de routes ont été endommagés à l’échelle nationale, les dégâts étant concentrés dans les quatre régions les plus touchées par les précipitations. Ces axes routiers vitaux sont empruntés chaque semaine par plus d’un demi-million de personnes.
Les autorités ont également mis à jour le bilan des décès, précisant que 68 personnes ont perdu la vie suite aux intempéries depuis le mois de décembre.
Selon les autorités, les eaux du Pacifique se réchauffent et El Niño Costero devrait s’intensifier légèrement en mars. Le réchauffement des eaux océaniques entraîne une forte évaporation et des précipitations extrêmes, ainsi qu’une augmentation du débit des cours d’eau.
L’Institut géophysique du Pérou (IGP) a signalé qu’une coulée de boue (lahar) transportant des sédiments et des blocs a dévalé la ravine Matagente, sur le flanc nord-ouest du volcan Misti, le 22 février 2026. Selon les médias, les fortes pluies se sont intensifiées pendant plusieurs jours, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain. Le niveau d’alerte volcanique reste quant à lui à la couleur Verte (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Une autre coulée de boue transportant des blocs a dévalé la ravine d’El Volcán, sur le flanc sud du volcan Huaynaputina, le 21 février. La population a été invitée à se tenir à l’écart de cette ravine et à faire preuve de prudence sur la route qui relie Quinistaquillas à Sijuaya.
Le 16 février 2026, l’IGP m’avait alerté à propos d’une coulée de boue sur les flancs de l’Ubinas. L’Institut a appelé la population locale à la vigilance et lui a conseillé d’éviter d’emprunter la route Querapi-Ubinas-Huarina.
Source : Médias péruviens, IGP.

Outre les fortes pluies et les glissements de terrain qui en résultent, la fonte des glaciers au Pérou, qui s’est accélérée ces dernières décennies, est une autre conséquence du réchauffement climatique. La hausse des températures a fait disparaître plus de la moitié de la superficie glaciaire péruvienne en cinquante ans. La Cordillera Blanca et ses glaciers est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute et la plus étendue au monde, et les cours d’eau alimentés par les glaciers fournissent de l’eau à des centaines de milliers de personnes vivant en aval. Ces dernières années, des études spécifiques au bilan de masse des glaciers avaient observé une perte de masse persistante et continue. Les résultats d’une nouvelle étude, publiés en septembre 2025, montrent une réduction de 44 % de la superficie glaciaire, ce qui se traduit par une diminution de la moyenne annuelle de 54 469 ha avant 2013 à 42 700 ha les années suivantes. Les résultats de l’étude montrent que les glaciers ont franchi un seuil critique de leur bilan de masse, et que depuis 2012, ils ont perdu leur capacité à se reconstituer. Il est important de noter que la fonte des glaciers péruviens fait apparaître des lacs retenus par des moraines fragiles susceptibles de se rompre sous la pression de l’eau. Ces lahars constituent une autre menace pour les zones habitées situées en aval.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023

 Illustration de la fonte des glaciers péruviens entre 1984 et 2023. Graphique extrait de l’étude ci-dessus

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Peru declared a state of emergency on February 25, 2026 for nearly half the country’s districts following severe rainfall, landslides and flooding triggered by rising ocean temperatures, which authorities link to the El Nino Costero, or coastal El Nino, climate phenomenon.

A government decree aims to fast-track funding for local and regional authorities to secure vital infrastructure — including bridges, roads, water and electricity — while protecting the life and health of residents. More than 700 districts across the Pacific coast, the Andes and the Amazon are now under a state of emergency.

Peru’s ministry of transportation said that about 931 kilometers of roads have been damaged nationwide, with the destruction concentrated in the four regions hardest hit by rainfall. These vital routes serve more than half a million people every week.

Authorities also updated the death toll, noting that 68 people have died due to rain-related causes since December.

According to authorities, Pacific waters are warming and El Nino Costero is expected to strengthen slightly in March. The warming of ocean waters leads to high evaporation rates and extreme rainfall, as well as increased river flows.

The Instituto Geofísico del Perú (IGP) reported that a lahar carrying sediment and blocks descended the Matagente drainage on the NW flank of El Misti on 22 February. According to news sources, heavy rains had intensified over several days, causing widespread flooding and landslides. The Volcano Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Another lahar carrying blocks descended the El Volcán drainage, on the S flank of Huaynaputina, on 21 February. The public was asked to stay away from the drainage and to be cautious when traveling along the Quinistaquillas-Sijuaya highway.

On February 16, 2026, the IGP had alerted me to a lahar on the flanks of Ubinas. The Ynstitute asked the local population to be vigilantand avoid travelling on the Querapi-Ubinas-Huarina highway.

Source : Peruvian news media, IGP.

Beside the heavy rains and the ensuing landslides, another consequence of global warming in Peru is the loss of mountain glaciers which has accelerated in recent decades. The rising temperatures have caused the loss of more than half of the Peruvian glaciated area in fifty years. The Cordillera Blanca is the highest and most extensively glacierized tropical mountain range in the world, and glacier-fed streams provide water for hundreds of thousands of people living downstream. Previous inventories and glacier-specific mass balance studies have documented persistent and sustained mass loss. The results of a recent study published in September 2025 show a 44 % reduction in glacier area, reflected in a decrease from the pre-2013 annual average of 54,469 ha to 42,700 ha in subsequent years. The results suggest glaciers have passed a significant mass balance threshold, such that since 2012, glaciers have lost their ability to regain mass. One should keep in mind that the melting of the Preuvian glaciers generas lakes that are held back by fragile moraines that may break open unter the pressure of water. Sucjh lahars anre another threat to downslope populated areas.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023.

Volcans du monde (suite) : crise éruptive sur le Kanlaon (Philippines) // Volcanoes of the world (continued) : eruptive crisis at Kanlaon (Philippines)

Une importante éruption explosive s’est produite sur le Kanlaon (Philippines) dans la soirée du 26 février 2026 (heure locale), avec un épais panache de cendres de 2,5 km au-dessus du cratère et des coulées pyroclastiques qui ont dévalé les pentes supérieures sud-est et est jusqu’à 2 km de la bouche éruptive. Elles ont déclenché deux foyers d’incendie de forêt. L’éruption a duré deux minutes et a été suivie de 77 minutes d’émissions continues de cendres.

Image de l’éruption

Une onde de choc a suivi l’explosion et a été entendue sous la forme d’une forte détonation jusqu’à 30 km de distance. L’explosion a projeté des matériaux incandescents jusqu’à 1,5 km de hauteur. Ces matériaux ont atterri jusqu’à 1,5 km au sud et au sud-est du sommet. D’importantes retombées de cendres ont recouvert plusieurs localités.
Le PHIVOLCS maintient le niveau d’alerte à 2 pour le Kanlaon, mais prévient que ce niveau pourrait être relevé dans les prochaines heures si l’activité volcanique devait persister ou s’aggraver. Les autorités rappellent fermement que l’accès à la zone de danger permanent de 4 km est strictement interdit. Les personnes habitant dans la zone à risque de 6 km de rayon sont invitées à se préparer à une évacuation immédiate en cas de relèvement du niveau d’alerte.
Source : PHIVOLCS.

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A significant explosive eruption occurred at Kanlaon (Philippines) on the evening of February 26, 2026 (local time), with a dense ash plume rising 2.5 km above the crater and pyroclastic flows rushing down the upper southeast and east slopes to within 2 km of the eruption vent. These flows ignited two wildfires. The eruption lasted two minutes and was followed by 77 minutes of continuous ash emissions. A shock wave followed the explosion and was heard as a loud bang as far as 30 km away. The explosion ejected incandescent material up to 1.5 km into the air. This material landed up to 1.5 km south and southeast of the summit. Significant ashfall blanketed several communities.
PHIVOLCS is maintaining the alert level at 2 for Kanlaon, but warns that this level could be raised in the coming hours if volcanic activity persists or worsens. Authorities strongly reiterate that access to the 4 km permanent danger zone is strictly prohibited. Residents within the 6 km radius of the danger zone are urged to prepare for immediate evacuation should the alert level be raised.
Source: PHIVOLCS.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’activité de la Montagne Pelée (Martinique) montre un niveau faible avec 4 séismes d’origine volcanique enregistrés entre le 13 février et le 20 février 2026, contre 52 événements de ce type du 6 au 13 février 2026, entre 1,0 et 1,4 km de profondeur sous le sommet du volcan. D’après l’OVSM, cette sismicité est associée à de la micro-fracturation dans l’édifice volcanique, en lien avec la réactivation globale du volcan observée depuis 2019.

L’Observatoire n’a pas divulgué les résultats de la campagne effectuée en janvier 2026 pour analyser les éventuelles déformations de l’édifice volcanique.

Si la probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible, l’OVSM précise qu’une évolution de la situation à moyen terme ne peut être exclue au regard des observations collectées depuis fin 2018.

Le niveau d’alerte volcanique reste en vigilance Jaune.

Source : OVSM.

Photo: C. Grandpey

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L’USGS indique qu’aucun signe d’activité volcanique n’a été observé au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes du Nord) depuis le 9 janvier 2026, date à laquelle les dernières images satellites ont révélé un panache d’eau décolorée à proximité du volcan. Des capteurs de pression sous-marins installés près de l’île de Wake (à 2 250 km à l’est d’Ahyi) n’ont également détecté aucune activité en provenance de l’Ahyi depuis plusieurs semaines.
En raison de l’absence apparente d’activité et du manque de stations de surveillance à proximité de l’Ahyi, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été abaissés à « Unassigned », ce qui signifie qu’aucun niveau d’alerte n’est actuellement attribué à ce volcan.
Source : USGS.

Source: USGS

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Le niveau d’alerte volcanique pour Ambae (Vanuatu) a été relevé à 3 le 23 février 2026, suite à une intensification de l’activité éruptive qui avait débuté le 20 février. Les émissions de cendres atteignaient 4 900 m d’altitude le 24 février, et la zone à risque a été étendue à un rayon de 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.
Les données sismiques montrent un trémor volcanique continu et des événements volcano-sismiques; elles indiquent une activité éruptive soutenue au sein du lac Voui, confirmée par les images de webcams et les observations au sol qui montrent de volumineux panaches de cendres.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

En début de journée le 24 février, les panaches atteignaient une altitude estimée à 2 500 m. Les données satellitaires ont détecté des émissions de SO₂ très élevées et des anomalies thermiques modérées, reflétant des températures de surface élevées. Des retombées de cendres et des pluies acides pourraient affecter les villages d’Ambae et des îles voisines, en particulier ceux situés sous le vent.

L’île d’Ambae (16 x 38 km) possède un cône sommital abritant trois lacs de cratère. L’activité éruptive actuelle reste confinée au lac Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février, se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, avec des fontaines de lave et la formation progressive d’un cône. Une activité en tunnel de lave se développe en aval.

Le trémor éruptif reste globalement faible et stable, avec des fluctuations d’amplitude observées de façon périodique.

Les débits de lave en surface sont estimés entre 1 et 19 m³/s. Le 24 février 2026, environ 7 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption.

À noter que la baisse de la sismicité sommitale se confirme. Un seul séisme sommital a été observé depuis le 22 février. Il est donc peu probable que l’on assiste à l’ouverture de nouvelles fissures.

De plus, la phase de déflation de la zone sommitale liée à la vidange du réservoir magmatique superficiel alimentant le site éruptif est désormais terminée.

Source : OVPF.

La seule question est de savoir pendant combien de jours l’éruption va encore durer.

 

Évolution de l’amplitude du trémor éruptif entre le 13 et le 25 février 2026 (Source : OVPF)

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L’activité de coulée de lave observée 22 février 2026 sur le Stromboli (Sicile) est terminée, jusqu’à la prochaine fois, car le phénomène est récurrent. L’activité strombolienne se poursuit dans les zones cratèriques nord et centre-sud. D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique se situe actuellement dans la moyenne. Les réseaux de surveillance des déformations du sol ne montrent aucun changement significatif.

Source : INGV.

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 6 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 42

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Un volcan de boue est entré en éruption dans la municipalité de San Juan de Urabá (Colombie) le 25 février 2026, générant une haute colonne de flammes qui a ravagé la végétation sèche et provoqué de larges fissures sur les routes menant à Siete Vueltas et Juancito Viejo. Trois maisons ont dû être évacuées. Bien qu’aucun blessé ni aucune perte humaine n’ait été signalé, plusieurs animaux de la région ont péri. L’éruption a également endommagé la station d’épuration des eaux voisine.
L’événement s’est produit dans le bassin du golfe d’Urabá, sur la plaine côtière caraïbe, où se trouvent des couches sédimentaires sous pression et des sols riches en hydrocarbures. Les éruptions se produisent lorsque des fluides sous pression remontent à travers des failles à l’intérieur des sédiments marins, libérant de la boue, de la saumure et du gaz. Lorsque les concentrations de méthane sont élevées, le gaz peut s’enflammer au contact de l’oxygène ou d’une source de chaleur externe.

Selon le Service géologique colombien (SGC), la Colombie compte plus de 100 volcans de boue et de nombreuses sources de gaz et de boue de plus petite taille, réparties dans les districts d’Atlántico, de Córdoba, de Sucre, de Bolívar et d’Antioquia.
Source : Service géologique colombien (SGC).

Image de l’éruption (Source : réseaux sociaux)

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Le Sheveluch est le seul volcan du Kamtchatka dont la couleur de l’alerte aérienne est actuellement Orange. Elle est Jaune ou Verte pour les autres volcans.
L’éruption explosive-extrusive se poursuit, accompagnée de puissantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent des explosions qui projettent des cendres jusqu’à 10 km d’altitude. Les panaches de cendres dérivent généralement sur plus de 450 km à l’est du volcan, où une anomalie thermique est également observée.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Volcanic activity at Mount Pelée (Martinique) is currently low, with only 4 volcanic earthquakes recorded between February 13 and 20, 2026, compared to 52 such events between February 6 and 13, 2026, occurring at depths of 1.0 to 1.4 km beneath the volcano’s summit. According to the OVSM, this seismicity is associated with microfracturing within the volcanic edifice, linked to the overall reactivation of the volcano observed since 2019.

The Observatory has not yet released the results of the campaign conducted in January 2026 to analyze potential deformation of the volcanic edifice.
While the probability of an eruptive activity in the short term remains low, the OVSM specifies that a change in the situation in the medium term cannot be ruled out, given the observations collected since the end of 2018.

The volcanic alert level remains at Yellow.

Source: OVSM.

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The USGS indicates that no signs of volcanic unrest have been observed at Ahyi seamount (Northern Mariana Islands) since January 9, 2026, when satellite views last saw a plume of discolored water near the seamount. Distant underwater pressure sensors near Wake Island (2,250 km east of Ahyi) have also not detected any activity from the direction of Ahyi seamount for several weeks.
Due to the apparent absence of activity, and the lack of local monitoring stations near Ahyi Seamount, the Aviation Color Code and Volcano Alert Level are being lowered to UNASSIGNED.

Source : USGS.

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The Volcanic Alert Level for Ambae (Vanuatu) was raised to 3 on February 23, 2026, following increased eruptive activity that began on February 20. Ash emissions reached up to 4 900 m above sea level on February 24, and the hazard zone was extended to a 3 km radius around the active vent in Lake Voui.

Seismic data show continuous volcanic tremor and volcano-seismic events, indicating sustained eruptive processes within Lake Voui.Webcam imagery and ground observations confirm ongoing emissions of ash and volcanic gas.

https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

Early on February 24, volcanic clouds reached an estimated height of 2 500 m above sea level. Satellite data detected very high SO2 emissions and moderate thermal anomalies, reflecting elevated surface temperatures. Ashfall and acid rain may affect villages on Ambae and nearby islands, particularly downwind sectors.

Ambae (16 x 38 km) contains a summit cone with three crater lakes. The current eruptive activity remains confined to Lake Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, continues. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano, with lava fountains and the progressive formation of a cone. Lava tube activity is developing downslope.
The eruptive tremor remains generally low and stable, with amplitude fluctuations observed periodically.
Surface lava flow rates are estimated at between 1 and 19 m³/s. By February 24, 2026, approximately 7 million cubic meters of lava had been emitted since the start of the eruption.

It should be noted that the decrease in summit seismicity is confirmed. Only one summit earthquake has been observed since February 22nd. Therefore, the opening of new fissures is unlikely.

Furthermore, the deflation phase of the summit area linked to the drainage of the shallow magma reservoir feeding the eruptive site is now over.
Source: OVPF.

The only question is how many more days the eruption will last.

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The lava flow activity observed on February 22, 2026, on Stromboli (Sicily) has ended, until the next time, as the phenomenon is recurrent. Strombolian activity continues in the northern and central-southern crater areas. From a seismic perspective, the average amplitude of volcanic tremor is currently within the normal range. Ground deformation monitoring networks show no significant changes.
Source: INGV.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 6-16.

Source : HVO.

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Sheveluch is the only volcano in Kamchatka whose aviation color code is Orange. It is Yellow or green for the other volcanoes.

The explosive-extrusive eruption of the volcano continues, accompanied by powerful gas-steam activity. Satellite data show explosions that send ash up to 10 km a.s.l. Ash plumes usually drift over 450 km to the east of the volcano where a thermal anomaly is also observed.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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