Quand t’as pas de chance… // When you’re unlucky… 

Le troisième épisode de l’éruption du Kilauea (Hawaï) qui avait débuté le 23 décembre 2024 s’est brusquement arrêté vers 20h40 le 3 janvier 2025 : disparition brusque des belles fontaines de lave qui jaillissaient à une trentaine de mètres de hauteur et qui alimentaient de vastes coulées recouvrant la majeure partie du plancher de l’Halema’ma’u. Aujourd’hui, seules quelques points d’incandescence sont visibles dans le cratère.
Un arrêt aussi soudain de l’éruption est la pire chose qui puisse arriver à des visiteurs du Parc national. Ils s’attendent à voir une magnifique éruption, mais elle s’est arrêtée quelques minutes avant leur arrivée sur le site. Une personne a déclaré : « Nous sommes arrivés en avion ce matin, mais on dirait que l’éruption s’est arrêtée. J’ai envie de pleurer. Elle est sur la liste de mes priorités depuis des années ! » D’autres personnes ont essayé de la consoler en lui disant que la visite du Parc mérite tout de même un détour. Voir la lueur laissée par les coulées de lave est une belle expérience, même si ce n’est rien comparé au spectacle de l’éruption.

Je préviens toujours les gens sur ce blog du danger d’acheter un billet d’avion pour aller voir une éruption. Il y a le risque d’être déçu parce que l’éruption a cessé juste avant votre arrivée. Un de mes amis a vécu une telle mésaventure à la Réunion. .
À Hawaï, il s’agit de la sixième éruption depuis 2020 dans la caldeira sommitale du Kīlauea. Les éruptions y durent généralement entre une semaine et plus d’un an. Comme la plupart des précédentes, celle-ci a commencé par une vigoureuse émission de lave et de gaz volcanique. L’activité éruptive est maintenant en pause pour la troisième fois depuis son début. Les inclinomètres sommitaux montrent à nouveau une inflation depuis la fin du dernier épisode éruptif. C’est le signe qu’un nouvel épisode pourrait avoir lieu dans les jours ou les semaines à venir si la chambre magmatique sommitale se repressurise suffisamment. L’histoire montre que les éruptions au sommet observées au cours des 60 dernières années ont eu une activité vigoureuse au cours de leurs premiers jours. Elle peut ensuite croître et décroître de façon épisodique, puis diminuer avec le temps et cesser définitivement.
Source : HVO, journaux hawaïens.

….en attendant le prochain épisode éruptif (image webcam)

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As I put it before, the third episode of the Kilauea eruption (Hawaii) that had started on December 23rd, 2024 abruptly stopped around 8:40 pm on January 3rd, 2025. No more fountains firing off up to 30 meters high into the air and feeding flows covering most of the crater floor. Today, only a few occasional glows are to be seen on the crater floor.

Such a sudden stop is the worst that could happen to visitors to the National Pak, expecting to see an eruption that stopped a few minutes before they arrived on the site. One family said : “We are flying in this morning, but it looks like it stopped,. I could literally cry. This has been on my bucket list for years!” Other group members reassured the member that visiting the park is definitely still worth a trip. Seeing the glow of the lava lake is an amazing experience, even though it is nothing compared with the show of the eruption. I always warn people on this blog of the danger of buying a plane ticket to fly and see an eruption, with the risk of being disappointed because lava stopped erupting when you arrive. A friend of mine lived through such a mishap on Reunion Island. .

This is the sixth eruption since 2020 within the summit caldera of Kīlauea. Eruptions in the summit region typically last about a week to more than a year, and like most others, this one started with vigorous lava and volcanic gas emission. Eruptive activity is paused now for a third time since it started. Summit tiltmeters have again been showing inflation since the last eruptive episode ended. This suggests another episode could erupt in the coming days to weeks if summit magma chambers repressurize sufficiently. History shows that summit eruptions observed during the past 60 years exhibited vigorous activity in their opening days, which can episodically wax and wane, drop with time to sustainable low effusion rates or slowly diminish and end.

Source : HVO, Hawaiian newspapers.

Une nouvelle vie pour Grindavik (Islande) ? // A new life for Grindavik (Iceland) ?

Le port de pêche de Grindavik, dans le sud-ouest de l’Islande, a été évacué lorsqu’une intense sismicité a ouvert d’impressionnantes fissures au cœur même de la ville le 10 novembre 2023.

Le 14 janvier 2024, une nouvelle fissure éruptive a contourné les digues de terre érigées pour protéger la ville et une coulée de lave a atteint et brûlé plusieurs maisons.

Après les évacuations, les habitants de Grindavik sont partis vivre dans d’autres endroits et le gouvernement islandais leur a accordé de l’argent en guise de compensation. On pensait que la ville allait être abandonnée à jamais. Pourtant, il existe aujourd’hui un plan-cadre pour donner une nouvelle vie à Grindavik.

Photos: Iceland Monitor, Iceland Review

Le conseil municipal souhaite préserver les traces de la catastrophe et ainsi unir le passé et l’avenir de la ville. Le nouveau plan-cadre vient d’être présenté et comprend, entre autres, la préservation et l’utilisation des fissures, de la lave et de certaines traces de bâtiments de manière innovante.

Le projet s’appuie sur les idées et suggestions des habitants de Grindvík, mais un appel à idées a également été lancé en octobre 2024. Parmi les bâtiments destinés à être préservés figurent Hópið, Salthúsið et la maison de l’Union sur le Víkurbraut. Le projet prévoit aussi des expositions, des sentiers de randonnée et des panneaux pour mettre en valeur les forces de la nature et leurs effets, ainsi que la préservation d’une fissure au bord du graben qui s’est formé lorsque la sismicité était la plus intense.
Le site Web de Grindavik indique que l’objectif n’est pas seulement de reconstruire la ville, mais aussi de faire de cette ville « un lieu unique dont les habitants et les visiteurs pourront profiter et tirer des leçons pendant les années à venir. »
La ville de Grindavík appelle désormais les habitants de Grindvík à faire des suggestions sur le projet de plan-cadre.
Source : Iceland Monitor.

NDLR : On peut se demander s’il n’est pas trop tôt pour lancer un tel projet de reconstruction à Grindavik. Les éruptions ne semblent pas avoir l’intention de s’arrêter sur la péninsule de Reykjanes. La dixième de la série vient de se terminer et le soulèvement du sol à Svarstengy laisse présager qu’une autre éruption se produira en 2025. Personne ne sait où l’éruption commencera, ni où et comment la lave se déplacera. Il reste aux autorités islandaises à espérer que de nouvelles fissures ne s’ouvrent pas à proximité ou dans la ville.

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The fishing port of Grindavik in southwest Iceland was evacuated when intense seismicity opened impressive fissures within the town on November 10th, 2023.

On January 14th, 2024, a new eruptive fissure bypassed the earth barriers erected to protect the town and a lava flow reached and burnt several houses.

After the evacuations, the residents of Grindavik went to live in other places and the Icelandic government granted them money as a compensation. It looked as if the town would be abandoned for ever. However, today there is a framework plan to give Grindavik a new life.

The town council wants to preserve the traces of the disaster and thereby unite the town’s past and future. A draft of a new framework plan has just been presented and includes, among other things, the preservation and use of cracks, lava, and some traces of buildings in an innovative way.

The draft is based on ideas and suggestions from Grindvík residents, but a call for ideas was made in October. Among the buildings proposed for preservation are Hópið, Salthúsið, and the Union house  at Víkurbraut Road. It is also proposed that exhibitions, walking trails, and signs be installed to make the forces of nature and their effects visible.

The preliminary draft includes ideas for hiking trails around Víkurbraut Road, around the lava that emerged through a crack within the defense walls, and preserving a crack at the edge of the graben that formed.

The town’s website says that the goal is not only to rebuild the town but also to make Grindavík « a unique place that residents and visitors can enjoy and learn from for years to come. »

Grindavík Town is now calling for suggestions from Grindvík residents about the draft framework plan.

Source : Iceland Monitor.

One can wonder whether it is not too early to launch such a reconstruction plan for Grindavik. It seems eruptions are not to stop on the Reykjanes Peninsula. The tenth of the series has just stopped and ground uplift at Svarstengy shows another one is likely in 2025. Nobody knows where the eruption will start and nobody knows where lava will travel. Icelandic authoritis will just need to hope that new fissures do not open close to the town.

Quelques nouvelles d’Éthiopie // Some news from Ethiopia

Comme je l’ai écrit précédemment, une hausse de la sismicité avec un événement de magnitude M5,7, l’ouverture d’une nouvelle bouche volcanique et l’apparition de larges fissures près du volcan Dofan – ou Dofen – depuis le 22 décembre 2024 ont été observées dans la région Afar en Éthiopie. Ces événements ont déclenché l’évacuation de milliers de personnes le 4 janvier 2025. L’hypocentre du séisme le plus puissant était à 10 km de profondeur.
Selon les habitants, au moins 30 maisons se sont effondrées et plusieurs autres ont subi des dégâts à cause de la sismicité. Le sol s’est affaissé dans certaines zones. Une importante pompe alimentant en eau les terres agricoles est désormais hors service.
L’opération d’évacuation devrait prendre plusieurs jours en raison de l’ampleur de la zone touchée et des obstacles: routes endommagées et infrastructures en mauvais état. Des coulées de boue compliquent également la logistique d’évacuation. Les habitants sont relogés dans des abris temporaires dans des zones plus sûres à proximité.
En ce qui concerne l’activité volcanique, une nouvelle bouche s’est ouverte sur le Dofan et a émis de la vapeur, des gaz, des roches et de la boue le 3 janvier. On pense que l’activité résulte d’une intrusion magmatique sous la surface, avec risque d’explosions phréatiques. Cela a fait également craindre une éruption à brève échéance. Comme je l’ai écrit précédemment, ce serait la première éruption connue de ce volcan dans l’histoire. Cependant, un chercheur de l’Université d’Addis-Abeba indique que « les éruptions de vapeur ne conduisent pas nécessairement à une éruption volcanique, mais la prudence est de mise compte tenu de l’histoire de l’activité géologique de la région ». Les volcans Dofan et Fentale sont tous deux situés le long du système de rift est-africain tectoniquement actif, ce qui rend la région sujette à des événements sismiques et volcaniques.
Source : The Watchers, médias internationaux.

Image satellite du Fentale et du Dofan (Source : Copernicus/Sentinel-2)

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As I put it before, an increase in seismicity with an M5.7 earthquake, a newly opened volcanic vent, and the appearance of large cracks near the Dofan – or Dofen – volcano in Ethiopia’s Afar region triggered the evacuation of thousands of people on January 4th, 2025. The hypocenter of the quake was 10 km deep.

A significant seismo-volcanic crisis has been affecting the region since December 22nd, 2024, with dozens of moderate to strong earthquakes, large cracks opening around the volcano, and a powerful new vent in Dulecha District of Afar Region shooting out a mix of gas, rocks, and mud. According to locals, at least 30 homes have collapsed and several others sustained damage because of the earthquakes. The ground has sunk in some areas. An important water pump supplying agricultural fields is now out of order.

The evacuation operation is expected to take several days because of the scale of the affected area and the obstacles that include damaged roads and disrupted infrastructure. Volcanic mudflows are also complicating evacuation logistics. Residents are being relocated to temporary shelters in nearby safer zones.

As far as volcanic activity is concerned, a new vent opened on Mount Dofan and released steam, gas, rocks, and mud on January 3rd. The vent activity is believed to result from magma intrusion beneath the surface which can lead to hydrothermal or phreatic explosions. It raised concerns of an imminent eruption. As I put it previously, it would be the first known eruption at this volcano in history. However, a researcher from Addis Ababa University indicates that “the steam eruptions may not necessarily lead to a volcanic eruption, but caution is essential given the region’s history of geological activity.” Both Mount Dofan and Fentale volcanoes are located along the tectonically active East African Rift System which is making the area prone to seismic and volcanic events.

Source : The Watchers, international news media.

Nouvelle carte des planchers océaniques dans le monde // New map of ocean floors in the world

Une étude récente révèle qu’un satellite nouvelle génération a cartographié les fonds océaniques sur Terre avec un niveau de détail sans précédent.
La première année de mesures de la mission satellitaire SWOT (Surface Water and Ocean Topography), lancée en décembre 2022 et mise au point par la NASA aux États Unis et le Centre national d’études spatiales (CNES) en France, a permis d’étudier les frontières entre les continents et d’identifier des collines et des volcans sous-marins qui étaient trop petits pour être détectés jusqu’à présent par les satellites. Les chercheurs affirment que ces découvertes géologiques feront avancer la science, notamment dans le domaine de la tectonique. La nouvelle cartographie pourrait également fournir des informations inédites sur les courants océaniques, le transport des nutriments dans l’eau de mer et l’histoire géologique des océans sur Terre.

Grâce à une résolution de 8 kilomètres et un survol de 21 jours couvrant la majeure partie de la planète, une seule année de données fournie par la mission satellitaire SWOT offre une image plus claire et précise des fonds océaniques que 30 ans de données recueillies jusqu’à aujourd’hui par des navires et des satellites.
Pour repérer les reliefs sous-marins, SWOT mesure la hauteur de la surface de l’océan. Malgré les apparences, cette surface n’est pas plate. En effet, l’attraction gravitationnelle des structures sous-marines telles que les collines et les volcans fait que l’eau s’accumule et s’étale à leur sommet. Les variations de hauteur de la surface de la mer indiquent donc ce qui se trouve en profondeur.

Source: ESA

L’équipe scientifique s’est concentrée sur trois types de reliefs sous-marins : les collines abyssales, les petits volcans sous-marins et les marges continentales. Les collines abyssales – des dorsales parallèles de quelques centaines de mètres de hauteur – sont formées par les mouvements des plaques tectoniques. À l’aide des données SWOT, les chercheurs ont cartographié des collines de manière individuelle et ont repéré certains endroits où l’orientation des dorsales a changé, ce qui laisse supposer qu’à un moment donné de l’histoire de la Terre, la plaque tectonique qui les a formées a modifié son mouvement. Les chercheurs ne s’attendaient pas à voir autant de collines en si peu de temps.
L’étude s’est attardée sur les volcans sous-marins (seamounts en anglais), qui affectent les courants océaniques et jouent souvent le rôle de points chauds pour la biodiversité. Les anciens satellites avaient cartographié les volcans sous-marins les plus imposants, mais dans les données SWOT les scientifiques en ont repéré des milliers d’autres plus petits, et jusqu’alors inconnus, de moins de 1000 mètres de hauteur.
Les nouvelles données ont permis à l’équipe scientifique d’affiner les frontières tectoniques et de mieux définir les courants océaniques à proximité des zones côtières. Ces derniers sont intéressants car, avec les marées, ils apportent des nutriments et des sédiments terrestres à l’océan et influencent la biodiversité et l’écologie des zones côtières.
Pendant le reste de sa mission scientifique de trois ans, SWOT continuera de collecter des données sur les courants océaniques, de cartographier le fond des océans et d’évaluer la disponibilité en eau douce à l’échelle de la planète.
Source : Live Science via Yahoo News.

Nouvelle cartographie des océans (Source : NASA / SWOT)

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A recent study reveals that a new satellite has mapped Earth’s ocean floors in unprecedented detail.

The first year of measurements from NASA’s Surface Water and Ocean Topography (SWOT) satellite mission, launched in December 2022 and developed by NASA and France’s Centre National D’Etudes Spatiales (CNES), enabled researchers to study the boundaries between continents and identify underwater hills and volcanoes that were too small to be detected by earlier satellites. The researchers say that these features will push scientific developments forward, including tectonic theories. The findings could also provide new information about ocean currents, nutrient transport in seawater and the geologic history of Earth’s oceans.

With an 8-kilometer resolution and 21-day path covering most of the planet, just one year of data from SWOT gives a clearer picture of the ocean floor than 30 years of data gathered by ships and older satellites.

To spot underwater features, SWOT measures the height of the ocean surface. Despite appearances, that surface is not flat. The gravitational pull of underwater structures like hills and volcanoes causes water to pile atop those structures in spread-out lumps. Changes in the sea surface height therefore point to what lies deep beneath the surface.

The scientific team focused on three types of underwater features: abyssal hills, small seamounts and continental margins. Abyssal hills – parallel ridges that are just a few hundred meters tall – are formed by the movements of tectonic plates. Using SWOT data, the researchers mapped individual hills and spotted a few places where the direction of the ridges changed, suggesting that at some point in Earth’s history, the tectonic plate that formed them changed the direction of its movement. The researchers were not expecting to see so many hills in so little time.

The study lingered on seamounts, or underwater volcanoes, which affect ocean currents and often act as hotspots for biodiversity. Older satellites have mapped large seamounts, but the scientists spotted thousands of smaller, previously unknown seamounts less than 1,000 meters tall in the SWOT data.

The new data helped the scientific team to further refine maps of tectonic boundaries and ocean currents near coastal areas. These features are interesting because the ocean currents and tides bring nutrients and sediments from the land to the ocean and influence the biodiversity and ecology in the coastal areas.

In the remainder of its three-year science mission, SWOT will continue to collect data on ocean currents, map the ocean floor and assess global freshwater availability throughout the year.

Source : Live Science via Yahoo News.