Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’éruption tant attendue se fait attendre. L’inflation persiste dans le secteur de Svartsengi mais semble s’être stabilisée. Selon le Met Office, le site le plus probable d’une éruption – si éruption il y a – devrait être la chaîne de cratères Sundhnúkagígar, comme lors des derniers événements. Toutefois, une sortie de lave ailleurs sur la péninsule de Reykjanes ne saurait être exclue. Le dernier essaim sismique plus à l’ouest a suscité de nombreuses questions.

Par ailleurs, plusieurs séismes ont été détectés sur le Bárðarbunga le 19 mars 2025. Le plus significatif avait une magnitude de M4,2 à 8 h 21. Un séisme de magnitude M2,9 s’est produit peu avant, ainsi que plusieurs autres événements de moindre ampleur sous le glacier. Le Met Office indique que les séismes de cette magnitude sont fréquents sur le Bárðarbunga. Les derniers événements de ce type ont eu lieu en janvier 2025.

Source : Met Office.

Source: Met Office

++++++++++

Le 14ème épisode éruptif du Kilauea (Hawaï) dans le cratère de l’Halema’uma’u a permis d’assister à un spectacle de toute beauté. En effet,on a d’abord observé à partir du19 mars 2025 vers 9h30 (heure locale) une activité effusive, avec des coulées de lave émises à la fois par la bouche nord et son homologue sud. Sur les images proposées par la webcam on pouvait voir un lac de lave d’une soixantaine de mètres de largedans la bouche nord avec un déversement bien alimenté sur le plancher de l’Halema’uma’u quand le lac était à son niveau maximum, avec de puissants bouillonnements (fontaines de lave en dôme) à sa surface, sans vraiment jamais atteindre la hauteur des vraies fontaines. Le niveau du lac de lave montrait de fortes fluctuations, avec des pauses entre chaque arrivée de lave, et un fort dégazage pendant les pauses. Les coulées émises par la bouche sud étaient bien alimentées car le flux de lave est resté quasiment constant depuis le début de l’épisode éruptif.

La situation a brusquement évolué en tout début de matinée (heure locale) le 20 mars quand la bouche sud a envoyé d’impressionnantes fontaines de lave de 150-200 mètres de hauteur. Vers 6h50, la bouche nord n’est mise, elle aussi à faire jaillir des fontaines de hauteur identique. Le spectacle est alors devenu grandiose. La lave, de toute évidence très chaude, alimentait de belles coulées qui se répandaient sur le plancher du cratère. Les téphras emportés par le vent doivent provoquer des dépôts de cheveux de Pélé sur les abords du Kilauea et il y a de fortes chances pour que les gaz émis par l’éruption génèrent la présence de vog dans la région.

Dans sa dernière mise à jour, le HVO explique que cet épisode 14 s’est terminé le 20 mars à 13h49 (heure locale) lorsque les fontaines émises par la bouche sud ont cessé. Les fontaines de la bouche nord nord avaient cessé 11 minutes plus tôt. Les coulées de lave de cet épisode ont recouvert environ 75 % du sol du cratère de l’Halemaʻumaʻu. L’épisode a duré 28 heures et 23 minutes; les 7 dernières heures et 19 minutes ont offert un spectacle de fontaines atteignant 180 mètres de hauteur, principalement au niveau de la bouche sud.

++++++++++

L’activité éruptive est toujours intense sur le Poás (Costa Rica), avec de nombreux événements phréatiques qui éjectent des matériaux jusqu’à 300 mètres au-dessus du fond du cratère et produisent des panaches de vapeur et de gaz s’élevant à 1 km de hauteur. Le 14 mars 2025, une station de surveillance des gaz à San Isidro de Coronado a mesuré des niveaux élevés de SO2 dans un panache qui se dirigeait vers le sud-est de la Valle Central. Des odeurs de soufre et de légères retombées de cendres ont également été signalées. Le niveau d’alerte reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : OVSICORI.

++++++++++

Une activité éruptive est toujours observée sur le Láscar (Chili). L’anomalie thermique dans le cratère, détectée le 16 mars 2025, a été la plus intense enregistrée depuis le mois de février. D’autres données satellitaires continuent de montrer trois zones de températures élevées dans le cratère. Le réseau sismique a enregistré une diminution des séismes longue période à partir de début février. Le niveau d’alerte reste Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à au moins 1 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: Wikipedia

++++++++++

En Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Lewotolok. Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent jusqu’à 500 m au-dessus du sommet. Le 15 mars, les panaches de cendres atteignaient 500 et 600 m. La sismicité a considérablement augmenté les 16 et 17 mars. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

°°°°°°°°°

L’activité sur le Dukono est restée élevée en 2025. Le réseau de surveillance a enregistré entre 60 et 394 événements éruptifs quotidiens (227 événements/jour en moyenne), avec des panaches de cendres et de gaz s’élevant entre 200 et 2 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

°°°°°°°°°°

L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. La sismicité reste élevée. Le dôme de lave sud-ouest génère des avalanches qui se propagent jusqu’à 2 km au sud-ouest dans les ravines Bebeng, Krasak et Sat/Putih. La température maximale du dôme atteint 248,5 °C, et le volume est estimé à 3 626 200 mètres cubes, d’après les images de webcam et un relevé par drone du 11 mars. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4).
Source : PVMBG.

Dôme de lave du Merapi (Photo: C. Grandpey)

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit sur le Reventador (Équateur) avec des explosions quotidiennes, des séismes longue période, des épisodes de tremor harmonique et une sismicité associée à des émissions de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les webcams ont enregistré plusieurs épisodes nocturnes de matériaux incandescents qui dévalaient les flancs jusqu’à 900 m de distance. De légères retombées de cendres ont été signalées à proximité du volcan. Le 17 mars 2025, une coulée pyroclastique a parcouru 400 m le long du flanc sud-est, tandis que des matériaux incandescents étaient éjectés à 400 m au-dessus de la lèvre du cratère. Le niveau d’alerte reste Orange.
Source : Instituto Geofisico.

Activité éruptive sur le Reventador (Crédit photo : Instituto Geofisico)

++++++++++

Une activité éruptive intense se poursuit sur le complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala), avec une extrusion de lave continue au niveau du dôme Caliente. Des explosions quotidiennes génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du dôme. Les effondrements de matériaux produisent des avalanches de blocs parfois audibles à plusieurs kilomètres. On observe parfois de courtes coulées pyroclastiques qui descendent les flancs dans toutes les directions. Une incandescence est visible au niveau du cratère et de la partie supérieure de la coulée de lave sur le flanc sud-ouest.
Source : INSIVUMEH.

Dôme Caliente du Santiaguito (Photo: C. Grandpey)

++++++++++

Les médias américains annoncent une éruption du mont Spurr (Alaska) dans les prochains mois. En réalité, personne ne sait si un tel événement se produira réellement. Il est vrai qu’une activité volcanique significative a été observée ces dernières semaines, notamment dans un communiqué spécial publié par l’AVO le 12 mars 2025. D’importantes émissions de gaz ont été mesurées lors de survols les 7 et 11 mars. Les concentrations de CO2 sont particulièrement élevées au niveau du Crater Meak et sont semblables aux valeurs mesurées avant d’autres éruptions, comme celle du Redoubt en 2009. Plus de 3 400 séismes ont été détectés depuis avril 2024. Des déformations du sol continuent d’être observées, avec une inflation d’environ 6,5 cm enregistrée par la station GNSS la plus proche.
Selon l’AVO, on a affaire à une intrusion magmatique depuis plusieurs mois, et les récentes données concernant les gaz confirment une nouvelle arrivée à Crater Peak. Ce dernier est entré en éruption en 1953 et 1992, et la dernière éruption sommitale remonte à plusieurs milliers d’années. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 sur une échelle de quatre niveaux, et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : AVO.

Source: AVO

++++++++++

À l’attention de ceux qui prévoient de visiter Stromboli (Sicile) ce printemps, l’activité éruptive se poursuit. Les images de la webcam montrent une activité strombolienne au niveau de quatre bouches dans la zone N (nord), dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et au moins deux bouches dans la zone C-S (cratère centre-sud), sur la terrasse cratèrique. Les bouches de la zone N produisent des explosions de faible à moyenne intensité à un rythme de 4 à 9 explosions par heure ; elles éjectent des matériaux à moins de 150 m de hauteur. Des explosions au niveau des bouches de la zone C-S éjectent des téphras à un rythme de 1 à 4 événements par heure. Le niveau d’alerte reste Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux). Les visiteurs doivent garder à l’esprit que des restrictions d’accès sont en vigueur sur le volcan et que l’accès au sommet est strictement interdit.

Source : INGV.

Source: INGV

++++++++++

Dernière minute : Une éruption majeure a eu lieu sur le Lewotobi Laki-laki (Indonésie) le 20 mars 2025, avec des panaches de cendres jusqu’à 16,2 km d’altitude. En conséquence,la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. Sept vols internationaux ont été annulés à l’aéroport de Bali en raison des cendres du Lewotobi ; six étaient à destination de l’Australie et un de Kuala Lumpur. Plusieurs autres vols – nationaux et internationaux, notamment à destination de la Thaïlande, de Singapour et de l’Australie – ont été retardés. 1 841 personnes ne sont toujours pas rentrées chez elles depuis leur évacuation en novembre 2024. Elles vivent dans des abris fournis par le gouvernement, des logements locatifs ou chez des proches.
Source : PVMBG.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the long-awaited eruption is still pending. Inflation persists in the Svartsengi area but appears to have stabilized. According to the Met Office, the most likely site of an eruption—if one occurs—is the Sundhnúkagígar crater row, as in recent events. However, a lava emission elsewhere on the Reykjanes Peninsula cannot be ruled out. The latest seismic swarm further west has raised many questions.
In addition, several earthquakes were detected on Bárðarbunga on March 19th, 2025. The most significant had a magnitude of M4.2 at 8:21 a.m. A magnitude M2.9 earthquake occurred shortly before, as well as several other smaller events beneath the glacier. The Met Office indicates that earthquakes of this magnitude are common on Bárðarbunga. The last such event occurred in January 2025.
Source: Met Office

++++++++++

The 14th eruptive episode of Kilauea (Hawaii) in Halema’uma’u Crater allowed us to watch a spectacle of great beauty. Indeed, we first observed from March 19th, 2025 around 9:30 a.m. (local time) an effusive activity, with lava flows emitted by both the north vent and its southern counterpart. On the webcam images we could see a lava lake about sixty meters wide in the north vent with a well-fed overflow onto the floor of Halema’uma’u Crater when the lake was at its maximum level, with powerful bubbling (domefountains) on its surface, without really ever reaching the height of the real fountains. The level of the lava lake showed strong fluctuations, with pauses between each ascent of lava, and strong degassing during the pauses. The flows emitted by the south vent were well fed because the lava flow has remained almost constant since the beginning of the eruptive episode.

The situation changed abruptly early in the morning (local time) on March 20th when the southern vent sent out impressive lava fountains 150-200 meters high. Around 6:50 a.m., the northern vent also began to erupt fountains of the same height. The show then became fantastic. The lava, obviously very hot, fed dramatic flows that spread across the crater floor. The tephra carried by the wind probably caused deposits of Pele’s hair on the surroundings of Kilauea, and it is likely that the gases emitted by the eruption generated vog in the region.

In its latest update, HVO explains that this Episode 14 ended at 1:49 p.m. (local time) on March 20th when fountaining at the south vent stopped. Fountains from the north vent ceased 11 minutes earlier. Lava flows from this episode covered about 75% of the floor of Halemaʻumaʻu Crater. The episode lasted 28 hours and 23 minutes with the last 7 hours and 19 minutes consisting of fountains up to 180 meters high, predominantly from the south vent.

++++++++++

Eruptive activity is still intense at Poás (Costa Rica) with numerous phreatic events that eject material as high as 300 meters above the crater floor and produce steam-and-gas plumes that rise 1 km. On 14 March 2025, a gas monitoring station in San Isidro de Coronado measured high levels of SO2 from a plume that drifted S and E of the Valle Central. Sulfur odors and minor ashfall were also reported. The Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code is kept at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : OVSICORI.

++++++++++

Continuing unrest is observed at Láscar (Chile). A thermal anomaly in the crater detected on 16 March 2025 was the most intense anomaly recorded in the previous month. Other satellite data continue to show three zones of elevated temperatures in the crater. The seismic network recorded a decrease in long-period earthquakes beginning in early February. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the public is asked to stay at least 1 km away from the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

++++++++++

In Indonesia, eruptive activity continues at Lewotolok. Steam-and-gas plumes rise as high as 500 m above the summit. On 15 March, gray ash plumes reached heights of 500 and 600 m. Seismicity significantly increased during 16-17 March. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) .

°°°°°°°°°°

Activity at Dukono was high during 2025. The monitoring network recorded a range of 60-394 daily eruptive events (227 events/day average), with ash-and-gas plumes rising 200-2,500 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

°°°°°°°°°°

The eruption at Merapi (on Java) continues. Seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces avalanches that travel as far as 2 km SW down the Bebeng drainage, the Krasak drainage, and the Sat/Putih drainage. The hottest temperature at the dome is 248.5 degrees Celsius, and the volume is estimated at 3,626,200 cubic meters, based on webcam images and an 11 March drone survey. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4)

Source : PVMBG.

++++++++++

Eruptive activity continues at Reventador (Ecuador) with daily explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor, and tremor associated with ash and gas emissions that rise as high as 1.1 km above the crater. Webcams recorded multiple instances nightly of incandescent material descending the flanks as far as 900 m below the crater rim. Minor ashfall has been reported in the area close to the volcano. On 17 March 2025, a pyroclastic flow traveled 400 m down the SE flank. Incandescent material was ejected 400 m above the crater rim. The Alert Level reamains at Orange.

Source : Instituto Geofisico)

++++++++++

High-level eruptive activity continues at the Santiaguito dome complex (Guatemala) with continuing lava extrusion at Caliente dome. Daily explosions generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.2 km above the dome. Collapses of material produce block avalanches that are sometimes heard several kilometers away. Collapsed material sometimes produce short pyroclastic flows that descended the flanks in all directions. Incandescence is visible at the crater and upper part of the SW flank lava flow.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

U.S. News media say that an eruption at Mount Spurr (Alaska) is expected in the coming months. Actually, nobody knows whether such an event will really occur. It is true that elevated activity has been observed at the volcano in the past weeks, especially in a special information statement issued on 12 March 2025. Significant volcanic gas emissions were measured during overflights on 7 and 11 March, Notably high concentrations of CO2 detected at Crater Peak are similar to values measured before other eruptions such as Redoubt in 2009. Over 3,400 earthquakes had been detected since April 2024. Ground deformation continues to be observed with a total of about 6.5 cm of inflation recorded at the closest GNSS station.
The interpretation from AVO is that a magmatic intrusion has been underway for months, and the recent gas data suggests that a new pathway towards the Crater Peak vent has opened; Crater Peak erupted in 1953 and 1992 and the summit last erupted several thousand years ago. The Volcano Alert Level remains at 2 on a four-level scale and the Aviation Color Code is kept at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : AVO.

++++++++++

For the attentionof those who intend to visit Stromboli (Sicily) this spring, eruptive activity continues. Webcam images show Strombolian activity at four vents in Area N (north) within the upper part of the Sciara del Fuoco and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 4-9 events per hour, ejecting material less than 150 m above the vents. Explosions at the vents in Area C-S ejected tephra above the vent at a rate of 1-4 events per hour. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Visitors should keep in mind that access restrictions are enforced on the volcano and access to the summit is strictly forbidden.

Source : INGV.

++++++++++

Last minute : A major eruption took place at Lewotobi Laki-laki (Indonesia) on March 20th, 2025, ejecting ash up to 16.2 km above sea level. As a result, the Aviation Color Code was raised from Orange to Red. Seven international flights have been cancelled at Bali airport because of the ash from Lewotobi ; six of them were bound to Australia and one to Kuala Lumpur. Several other flights – domestic and international, including to Thailand, Singapore and Australia – have been delayed. 1 841 people have not returned home since their evacuation in November 2024. They remain in shelters provided by the government, rental housing, or with relatives.

Source : PVMBG.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Désastre en vue sur le Mauna Loa (Hawaï) // Disaster in sight on Mauna Loa (Hawaii)

Ce serait une catastrophe pour le climat sur Terre. L’Administration Trump envisage de résilier le bail de la station de recherche climatique implantée sur le Mauna Loa, à Hawaï. La perspective de cette mesure suscite des inquiétudes quant à l’avenir des travaux essentiels effectués sur l’impact des émissions de carbone sur le réchauffement climatique.

Photo: C. Grandpey

C’est dans cet observatoire que la Scripps Institution de la NOAA réalise la célèbre Courbe de Keeling, qui montre l’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère de 1958 à nos jours. La trajectoire de la Courbe ne cesse de grimper alors que l’homme continue de brûler des combustibles fossiles. Les concentrations s’élèvent actuellement à plus de 427 ppm, un niveau remarquablement élevé qui dépasse toutes les mesures précédentes.

La station climatique du Mauna Loa fait partie de la vingtaine de bureaux gérés par la NOAA dont la résiliation du bail est proposée dans le cadre des mesures d’économies du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE), dirigé par Elon Musk. Le communiqué publié en ligne sur le site web du DOGE mentionne un bureau de la NOAA à Hilo (Hawaï), et estime que la résiliation de son bail permettrait une économie de 150 692 dollars par an. L’observatoire, établi en 1956 sur le flanc nord du volcan Mauna Loa, est reconnu comme le berceau de la surveillance mondiale du dioxyde de carbone et possède les plus longues archives au monde de mesures du CO2 atmosphérique.
On ignore les termes du projet de résiliation du bail. On ne sait pas, non plus, si le bureau sera fermé ou déplacé. Un ancien responsable de la NOAA, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles, a déclaré que le bail doit expirer le 31 août 2025.
Des scientifiques et responsables politiques accusent l’Administration Trump de vouloir lancer une offensive à grande échelle contre la recherche climatique. Cela permettrait au gouvernement fédéral de récupérer les financements climatiques et de licencier des centaines d’employés de la NOAA, l’agence gouvernementale qui fournit les prévisions météorologiques. Elon Musk et son équipe DOGE ont été chargés par Trump de réduire la taille et les coûts de la bureaucratie fédérale et ont déclaré qu’ils se concentraient sur les dépenses inutiles.
La fermeture de l’observatoire du Mauna Loa serait une catastrophe. Non seulement il fournit les mesures de CO2 dont nous avons tant besoin pour suivre le réchauffement climatique, mais il alimente également les simulations des modèles climatiques.

°°°°°°°°°°

La fermeture de l’observatoire de Mauna Loa, dans l’hémisphère nord, serait d’autant plus dommageable que l’observatoire climatique de l’île d’Amsterdam, dans l’hémisphère sud, a dû fermer à cause d’un incendie incontrôlable qui a déjà dévasté près de 50 % de son territoire de 58 km². À l’approche des flammes, tout le personnel a été évacué. L’île abrite une base scientifique mondialement reconnue pour sa surveillance des concentrations de gaz à effet de serre. Sa disparition constituerait une perte majeure d’un point de vue climatique. En effet, l’île d’Amsterdam est l’équivalent, dans l’hémisphère sud, du volcan Mauna Loa à Hawaï.
Depuis 1981, l’observatoire de l’île d’Amsterdam surveille en continu les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre tels que le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Il est intéressant de noter que les résultats des mesures effectuées sur l’île d’Amsterdam confirment parfaitement ceux obtenus sur le Mauna Loa. L’île d’Amsterdam est particulièrement importante d’un point de vue climatique, car les concentrations de méthane (CH4) y ont été mesurées au cours des 20 dernières années. Comme pour le CO2, elles sont en augmentation et dépassent désormais 1 850 parties par milliard (ppb).
Source : Médias internationaux.

————————————————–

It would be a disaster for Earth’s climate. The Trump administration is considering cancelling the lease of the support office for the Mauna Loa climate research station in Hawaii, raising fears for the future of key work tracking the impact of carbon emissions on global warming. It is in this observatory that NOAA’s Scripps Institution works out the famous Keeling Curve that shows the evolution of CO2 concentrations in the atmosphere from 1958 up to the present, charting an upward trajectory as humans continued to burn fossil fuels. The concentrations are currently XXX, which is remarkably high and shatters all previous measurements.

The office is one of more than 20 rented by NOAA that are proposed to have their leases ended under money-saving efforts by the Department of Government Efficiency (DOGE) led by Elon Musk. The online listing on the DOGE website mentions an NOAA office in Hilo, Hawaii and an estimate of how much would be saved by cancelling its lease : $150,692 a year.

The observatory, established in 1956 on the northern flank of the Mauna Loa volcano, is recognised as the birthplace of global carbon dioxide monitoring and maintains the world’s longest record of measurements of atmospheric CO2.

It is not clear how far the lease cancellation plan has gone, and whether the office will be shut or moved. A former NOAA official, who asked not to be named for fear of reprisals, said the lease on the office was due to end on August 31st, 2025.

Some scientists and politicians have accused the Trump administration of launching a wider assault on climate research, with the federal government clawing back climate funding and dismissing hundreds of workers from NOAA, the government agency that provides weather forecasts. Musk and his DOGE team have been tasked by Trump to slash the size and cost of the federal bureaucracy and have said they have focused on wasteful, unnecessary spending.

It would be terrible if the Mauna Loa Observatory was closed. Not only does it provide the measurement of CO2 that we so desperately need to track climate change, but it also informs climate model simulations.

°°°°°°°°°°

The closure of the Mauna Loa observatory in the northern hemisphere would be all the more disastrous as the climate observatory on Amsterdam Island in the southern hemisphere has been ravaged by a massive fire that has already affected nearly 50% of its 58 km² territory. As the flames approached the scientific base, all personnel were evacuated. The island houses a scientific base world-renowned for its monitoring of greenhouse gas concentrations. If the base were to disappear, it would be a major loss from a climate perspective, as Amsterdam Island is the southern hemisphere equivalent of Hawaii’s Mauna Loa volcano,
Since 1981, the Amsterdam Island Observatory has continuously monitored atmospheric concentrations of carbon dioxide (CO2) and other greenhouse gases such as methane (CH4) and nitrous oxide (N2O). Interestingly, the results of the measurements taken on Amsterdam Island perfectly confirm those taken on Mauna Loa.
Amsterdam Island is particularly important from a climate perspective because methane (CH4) concentrations have also been measured there for the past 20 years. Like CO2, they have been rising and now exceed 1,850 parts per billion (ppb).

Source : International news media.

Quelques informations supplémentaires sur la sismicité dans les Champs Phlégtéens (Italie) // Some additional information about seismicity in the Campi Flegrei (Italy)

Dans un bulletin publié le 18 mars 2025 sur le site de l’Observatoire du Vésuve, l’INGV a proposé une description de l’activité dans les Champs Phlégréensv entre le 10 et le 16 mars 2025.
Au cours de la semaine en question, l’observatoire a enregistré 138 séismes, signe d’une activité sismique intense qui continue de caractériser la zone. Deux essaims sismiques mineurs et un essaim plus important ont été observés. Le premier, qui a débuté à 02h57 (heure locale) le 11 mars 2025, avec 33 événements et une magnitude maximale de Md3,0* a été localisé dans la zone Solfatara-Pisciarelli. Le deuxième, dans la région d’Agnano, s’est produit à partir de 06h25 le 12 mars 2025 et a consisté en 7 secousses d’une magnitude maximale de Md1,7. L’essaim sismique le plus important a commencé à 01h25 (UTC) le 13 mars 2025 dans la région de Bagnoli avec 44 événements d’une magnitude maximale de Md4,6.
L’événement le plus significatif de la semaine a été enregistré le 13 mars dans la région de Bagnoli avec une magnitude de Md4,6. Une magnitude préliminaire de Md4,4 avait été indiquée, mais une analyse plus détaillée des formes d’ondes a révélé que cet événement était composé de deux séismes distincts, avec des arrivées d’ondes sismiques extrêmement proches les unes des autres.

*Il convient de rappeler que, pour la zone volcanique de Campanie, contrairement au reste du territoire italien où la magnitude de Richter Ml est utilisée, l’Observatoire du Vésuve utilise la magnitude de durée Md qui, comme son nom l’indique, est définie à partir de la durée du signal.

————————————————–

In a bulletin published on March 18th, 2025, on the Vesuvius Observatory website, INGV has provided a description of the activity in the Phlegraean Fields between March 10th and 16th, 2025.
During the week, the observatory recorded 138 earthquakes, a sign of the intense seismic activity that continues to characterize the area. Two minor seismic swarms and one larger swarm were observed. The first, which began at 2:57 a.m. (local time) on March 11th, 2025, with 33 events and a maximum magnitude of Md3.0*, was located in the Solfatara-Pisciarelli area. The second, in the Agnano area, occurred from 6:25 am on March 12th, 2025, and consisted of 7 tremors with a maximum magnitude of Md1.7. The largest seismic swarm began at 1:25 am (UTC) on March 13th, 2025, in the Bagnoli area, with 44 events with a maximum magnitude of Md4.6.
The most significant event of the week was recorded on March 13th in the Bagnoli area, with a magnitude of Md4.6. A preliminary magnitude of Md4.4 had been indicated, but a more detailed analysis of the waveforms revealed that this event was composed of two separate earthquakes, with seismic wave arrivals extremely close to each other.

*It should be remembered that, for the volcanic area of ​​Campania, unlike the rest of the Italian territory where the Richter magnitude Ml is used, the Vesuvius Observatory uses the duration magnitude Md which, as its name indicates, is defined from the duration of the signal.

Nouvelle carte de l’Antarctique // New map of Antarctica

Une équipe internationale dirigée par le British Antarctic Survey (BAS) a publié la carte la plus détaillée du socle sous-glaciaire de l’Antarctique. Cette carte remet notamment en question les hypothèses antérieures concernant la localisation de la glace la plus épaisse et fournit des données importantes sur les processus glaciaires en Antarctique.
L’ensemble de données, baptisé Bedmap3, intègre plus de six décennies de levés géophysiques, tout en intégrant avec précision les plus hautes montagnes et les vallées les plus profondes du continent. On obtient ainsi des mises à jour majeures sur l’épaisseur de la glace, la topographie sous-glaciaire et la réaction du continent au réchauffement climatique.

 

Représentation topographique du relief du substrat rocheux de l’Antarctique (Source: BAS)

Bedmap3 intègre plus de 82 millions de points de données, soit le double de l’ensemble précédent. Cette carte haute résolution s’appuie sur des informations recueillies par des avions, des satellites, des navires et même d’anciens traîneaux à chiens. Elle offre une vue exceptionnellement détaillée du territoire qui se cache sous la glace de l’Antarctique, ce qui permettra aux scientifiques de prévoir la réaction des calottes glaciaires au réchauffement climatique.
Un élément clé de cette mise à jour concerne la localisation de la glace la plus épaisse de l’Antarctique. Des recherches antérieures la situaient dans le bassin de l’Astrolabe, en Terre Adélie, mais les dernières analyses révèlent que l’épaisseur de glace la plus importante se trouve dans un canyon sans nom de la Terre Wilkes – Wilkes Land – avec une épaisseur de 4 757 mètres.
Bedmap3 s’appuie sur de récentes études menées en Antarctique oriental, notamment autour du pôle Sud, de la péninsule Antarctique et des montagnes Transantarctiques. L’ensemble de données permet d’obtenir une représentation plus précise des vallées profondes et des pics rocheux exposés, tout en intégrant de nouvelles mesures de l’élévation de la surface de la glace et des plateformes glaciaires qui flottent sur l’océan. L’une de ses contributions les plus importantes est la cartographie actualisée des lignes d’ancrage, zones où la glace rencontre l’océan et commence à flotter. Ces données sont essentielles pour prévoir la contribution potentielle de la glace antarctique à l’élévation future du niveau de la mer.

 

Source: BAS

Grâce à Bedmap3, il ressort que la calotte glaciaire antarctique est plus épaisse qu’on le pensait initialement et qu’un volume de glace plus important repose sur un substrat rocheux situé sous le niveau de la mer. Cela accroît le risque de fonte de la glace en raison de l’incursion d’eau océanique chaude sur les bordures du continent. Bedmap3 montre que l’Antarctique est plus vulnérable qu’on le pensait.
Par ailleurs, la carte révèle que la calotte glaciaire antarctique couvre une superficie de 13,63 millions de km², soit un volume total de 27,17 millions de km³. L’épaisseur moyenne de la glace, plateformes glaciaires comprises, est de 1 948 m ; hors plateformes, elle atteint 2 148 m. Si toute la glace de l’Antarctique fondait, le niveau de la mer dans le monde pourrait augmenter de 58 mètres, menaçant ainsi les régions côtières de la planète.
L’ensemble de données haute résolution de Bedmap3 constituera un outil essentiel pour les climatologues qui étudient les processus glaciaires, les interactions océan-glace et les changements à long terme de la topographie de l’Antarctique. La cartographie plus précise des lignes d’ancrage contribuera à la recherche sur la stabilité des courants glaciaires et le rôle des structures sous-glaciaires dans le comportement de l’écoulement de la glace.
Bedmap3 permettra des prévisions plus fiables des changements futurs de la calotte glaciaire en fournissant une représentation plus précise du paysage sous-glaciaire de l’Antarctique. Ainsi, les scientifiques pourront évaluer les risques associés à la perte de glace et à l’élévation du niveau de la mer.
Source : British Antarctic Survey.

————————————————–

An international team led by the British Antarctic Survey (BAS) has released the most detailed map of Antarctica’s subglacial terrain. In particular, the map challenges previous assumptions about the location of the thickest ice and provides important data on Antarctica’s ice processes.

The dataset, known as Bedmap3, integrates over six decades of geophysical surveys, capturing the continent’s tallest mountains and deepest valleys with precision. The findings present major updates on ice thickness, subglacial topography, and the continent’s response to global warming..

Bedmap3 builds on previous datasets by incorporating more than 82 million data points, double that of its predecessor. The high-resolution map is based on information gathered from aircraft, satellites, ships, and even historic dog-drawn sleds. Rendered on a 500 meter grid, it provides an exceptionally detailed view of the land beneath Antarctica’s ice, enabling scientists to predict how ice sheets might respond to warming temperatures.

A key revision in this update is the identification of the thickest overlying ice. Earlier research placed this in the Astrolabe Basin in Adélie Land, but the latest analysis reveals the true thickest ice lies in an unnamed canyon in Wilkes Land, with a depth of 4 757 meters.

Bedmap3 benefits from recent extensive surveys in East Antarctica, including regions around the South Pole, the Antarctic Peninsula, and the Transantarctic Mountains. The dataset refines the depiction of deep valleys and exposed rocky peaks while also incorporating new measurements of ice surface elevation and floating ice shelves. One of its most important contributions is the updated mapping of grounding lines, areas where the ice meets the ocean and begins to float. The data is essential for predicting how Antarctic ice might contribute to future sea-level rise.

Thanks to Bedmap3, it is clear the Antarctic Ice Sheet is thicker than was originally thought and has a larger volume of ice that is grounded on a rock bed sitting below sea-level. This puts the ice at greater risk of melting due to the incursion of warm ocean water that is occurring at the fringes of the continent. What Bedmap3 is showing is that Antarctica is slightly more vulnerable than previously thought.

The map reveals that the Antarctic Ice Sheet holds a total volume of 27.17 million km3, covering an area of 13.63 million km2. The mean ice thickness, including ice shelves, is 1 948 m, but when excluding ice shelves, the average thickness increases to 2 148 m. If all the ice in Antarctica were to melt, global sea levels could rise by 58 meters, posing a threat to coastal regions worldwide.

Bedmap3’s high-resolution dataset is expected to be a vital tool for climate scientists studying ice processes, ocean-ice interactions, and long-term changes in Antarctica’s topography. The refined grounding line mapping will aid research into the stability of ice streams and the role of subglacial features in ice flow behavior.

Bedmap3 enables more accurate predictions of future ice sheet changes by providing a more precise representation of Antarctica’s subglacial landscape, helping scientists assess risks associated with ice loss and sea-level rise.

Source : British Antarctic Survey.