Italie : le réchauffement climatique dans les Alpes et les Dolomites

Concentrations de CO2 : 427,03 ppm (28 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Ma dernière note à propos du réchauffement climatique en Europe était dédiée aux éboulements dans les Alpes françaises, avec un nombre record en 2026. En Italie, les Alpes et les Dolomites sont confrontées au même problème.

La septième édition de la Caravane des Glaciers (Carovana dei Ghiacciai) de Legambiente se déroule du 17 août au 3 septembre 2026. Cette campagne internationale alerte sur la fonte rapide des glaciers alpins, la dégradation du pergélisol et le déclin des ressources en eau en haute altitude. La campagne a notamment fait étape à Tignes (France) du 18 au 20 août 2026, avant de poursuivre sur les massifs emblématiques comme le Mont-Blanc et les Dolomites, notamment le glacier de la Marmolada (3342 m). Ce glacier est devenu emblématique du réchauffement climatique depuis son effondrement le 3 juillet 2022. Une avalanche de 70 000 m³ de glace et de rochers a fait 11 morts et 8 blessés, déclenchée par des températures estivales record atteignant 10 °C au sommet.

Crédit photo : presse italienne

Aujourd’hui en 2026, la Marmolada continue à perdre de la glace. Les montagnes italiennes dans leur ensemble deviennent plus instables et l’eau en altitude n’est plus une certitude. C’est le constat très inquiétant que vient de dresser Legambiente. Selon la plus grande association environnementale d’Italie, le réchauffement climatique dans les Dolomites n’est plus seulement une question de paysage. Les effets en chaîne inquiètent de plus en plus : retrait des glaciers, dégradation du pergélisol, augmentation de l’instabilité des versants et diminution des réserves d’eau disponibles pendant l’été.

La Marmolada continue de perdre de la masse. La glace apparaît désormais grise et profondément entaillée par les rivières de fonte, tandis que son périmètre ne cesse de se réduire.

Crédit photo : Legambiente

Comme en France, les données climatiques contribuent à dresser un tableau particulièrement critique. En Vénétie, en juin 2026, les températures ont dépassé de plus de 3 degrés la moyenne de la période 1991-2020. En juillet, l’isotherme 0 °C est monté au-delà de 4 000 mètres.

Le réchauffement climatique en haute altitude affecte aussi le permafrost de roche qui contribue à la stabilité des versants. Au Piz Boè (3152 m) en juillet 2026, la couche active dépassait 7,40 mètres de profondeur !

Le Piz Boè vu depuis la Marmolada (Crédit photo : Wikipedia)

Legambiente demande d’élargir la surveillance aux massifs du Pelmo, de l’Antelao, du Sorapiss, de la Civetta et des Tofane, surtout à la lumière des récents éboulements enregistrés sur la face nord-ouest du Pelmo. La province de Belluno doit faire face chaque année à 150 à 200 écroulements et glissements de terrain.

Le point le plus important, mais aussi le plus inquiétant selon Legambiente est que le retrait de la glace risque d’avoir des conséquences sur la disponibilité en eau pendant les mois d’été, en affectant nappes phréatiques et retenues. Les refuges alpins sont les premiers à en subir les effets. L’eau en altitude ne peut plus être considérée comme une ressource qui va de soi. C’est pourquoi la province de Belluno et le CAI Veneto ont lancé un protocole spécifique pour faire face au problème de la disponibilité en eau dans les refuges.

Face à cette dégradation de la montagne, Legambiente Veneto demande à la Région de Vénétie d’accélérer l’adoption de la Stratégie régionale d’adaptation au changement climatique, lancée en 2021 mais encore en attente d’une approbation définitive.

Le message de la Caravane des Glaciers pour la Vénétie est clair : il ne suffit pas de regarder la glace disparaître. Il faut surveiller les versants, anticiper les effets sur la disponibilité en eau et préparer la montagne à faire face à un climat qui est en train de changer.

Source : Legambiente.

Fondée en 1980, Legambiente est la plus importante association de protection de l’environnement en Italie. Elle compte plus de 110 000 membres, agit à travers de nombreux cercles locaux et s’engage pour le développement durable, la transition énergétique, ainsi que la lutte contre les pollutions et le réchauffement climatique.