Une bonne approche de la situation climatique

Le 28 juillet, France Info a invité la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte à s’exprimer pour donner son avis à propos des incendies en Gironde et dans les Landes. Valérie Masson-Delmotte est directrice de recherche au CEA. Elle a également été coprésidente du groupe n° 1 du GIEC de 2015 à 2023.

Selon la scientifique, les incendies qui viennent de ravager la région du Cap Ferret et de Biscarosse sont souvent qualifiés d’ « exceptionnels » par les médias, mais ils sont une conséquence du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, ce qui était exceptionnel il y a seulement quelques années va devenir habituel et fera partie du nouveau contexte climatique.

Valérie Masson-Delmotte a expliqué ce que l’on a appelé le « coup du lapin » au moment des incendies de végétation. En France, les précipitations ont été abondantes au cours de l’hiver et de l’automne passés. Ces pluies ont favorisé le développement d’une végétation qui a ensuite séché avec les canicules du printemps et de l’été. Elle est donc devenu un milieu favorable aux départs de feu. C’est une situation qui a déjà été observée en Californie.

Avec les canicules à répétition que connaît notre pays, la sécheresse et le manque d’eau sont de plus en plus aigus. La sécheresse a dépassé les niveaux observés en 1976 et 2022. La plupart des nappes phréatiques sont au plus bas, de même que le niveau des cours d’eau. De ce fait, l’alimentation en eau potable est déficitaire et sous tension. Des restrictions ont été imposées sur 80% du territoire.

Valérie Masson-Delmotte a par ailleurs expliqué que nos infrastructures sont conçues pour un climat qui n’existe plus avec le réchauffement climatique. Avec la chaleur qui remonte vers le nord, on assiste à une méditerranéisation du climat. En conséquence, la gestion des incendies pratiquée jusqu’à présent est mise à mal par les nouvelles conditions climatiques. Comme l’a souligné le président Macron, il va falloir reboiser différemment. La monoculture du pin des Landes a vécu. Il va falloir insérer des feuillus qui sont moins susceptibles d’alimenter les incendies de forêt.

Fort justement, la scientifique regrette que très peu de responsables politiques parlent de s’attaquer aux CAUSES du réchauffement climatique qui sont pourtant bien connues, ne serait-ce qu’au niveau des transports. Il faudrait réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane. En brûlant, les forêts du sud-ouest de la France font disparaître des puits de carbone qui mettront plusieurs années à se reconstituer.

Les incendies de 2026 susciteront-ils un changement de comportement de nos gouvernants ? Le réchauffement climatique sera-t-il au cœur de la prochaine campagne présidentielle ? On peut en douter quand on voit les votes aux assemblées nationales et européennes de certains partis politiques (LFI, RN en France). On a des doutes sur les mesures que pourraient prendre les candidats à la prochaine présidentielle….

En attendant, la France va devoir faire face à une nouvelles canicule.

Canicule de la mi-juillet

Réchauffement climatique : un nouveau phénomène, le pyrocumulonimbus

Concentrations de CO2 : 428,96 ppm (27 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Lors du gigantesque incendie qui a ravagé le département de la Gironde, des scientifiques ont mis en garde contre un phénomène inédit susceptible d’aggraver les effets des brasiers : le pyrocumulonimbus, ou « nuage de feu » — une véritable tempête d’orage engendrée par l’incendie lui-même. Ces nuages peuvent se former lorsque des incendies violents créent leurs propres systèmes météorologiques ; ils ont déjà été observés à plusieurs reprises au cours de méga feux aux États-Unis et au Canada, comme ici en Colombie Britannique :

Crédit photo : British Columbia Wildfire Service

Pour faire court, les pyrocumulonimbus (ou « pyroCb ») sont d’immenses nuages d’orage générés par un incendie de végétation de grande ampleur. Ces méga feux dégagent une énergie et une chaleur colossales qui s’élèvent rapidement au sein d’un panache de fumée. Lorsque ce panache atteint une altitude suffisante, la baisse de la pression atmosphérique provoque le refroidissement de l’air, entraînant la condensation de l’humidité et la formation d’un nuage. Ce nuage est capable de générer des éclairs et de provoquer des vents violents.
Si l’incendie est suffisamment vaste et intense, le panache de fumée qu’il produit peut donner naissance à un pyrocumulonimbus ; ce dernier est alors susceptible d’atteindre une altitude de 10 à 15 kilomètres et de pénétrer dans la stratosphère. Un scientifique américain explique qu’ « il s’agit d’un véritable orage qui se forme au sein du panache de fumée de l’incendie. Ces phénomènes peuvent affecter jusqu’à environ 10 000 kilomètres cubes de l’atmosphère ; ils ont donc un impact considérable. »
Lorsque des nuages de type pyrocumulonimbus se forment, ils peuvent engendrer des vents qui accélèrent la propagation des incendies au sol et parfois même déclencher leurs propres éclairs, lesquels risquent à leur tour de provoquer de nouveaux départs de feu plus loin.
Selon les scientifiques, des rafales plus violentes peuvent rendre le comportement du feu plus imprévisible et, par conséquent, accroître les dangers pour les pompiers qui luttent contre les flammes. L’apparition de ce type de nuage confirme la dangerosité extrême de l’incendie et justifie l’évacuation massive de populations.

Image de l’incendie en Gironde

Les pyrocumulonimbus constituent un phénomène rare, mais pas exceptionnel. L’Australie a commencé à observer ces nuages au début du 21ème siècle, et les scientifiques remarquent qu’ils deviennent de plus en plus fréquents.
Plusieurs ont été observés lors des gigantesques incendies de Californie en 2022 et ils représentent une situation inédite pour la France. Si le phénomène est confirmé, ce sera la première fois qu’un pyrocumulonimbus est observé dans le pays.
Le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur créent des conditions propices à des incendies plus dangereux, tout en favorisant la formation de pyrocumulonimbus. Selon les experts, les modèles climatiques indiquent que ces tendances vont s’intensifier à l’avenir.
En France, les incendies ont éclaté en pleine saison touristique, dans une région frappée par des vagues de chaleur successives et où les zones boisées souffrent d’un manque de précipitations depuis le mois de mai. Les services météorologiques préviennent qu’une nouvelle vague de chaleur pourrait toucher la France à partir du 28 juillet, avec des températures atteignant 40 °C dans certaines zones. Le risque d’incendies violents accompagnés de pyrocumulonimbus va donc de nouveau augmenter.
Le problème réside dans l’imprévisibilité de ces phénomènes. Si les services météorologiques savent prévoir les orages classiques, la formation de ces orages spécifiques directement au-dessus d’un foyer d’incendie nécessiterait de connaître à l’avance la localisation exacte du feu, ce qui est impossible. On peut anticiper les conditions propices à leur apparition, mais il est impossible de savoir précisément où ils se produiront.
Cette imprévisibilité constitue le défi majeur. L’incendie survenu dans le département de la Gironde a évolué sous l’influence de vents changeants : d’abord du nord, puis de l’ouest, du sud, de l’est, avant de repasser au sud puis à l’ouest. Qui plus est, .il y avait cette énergie potentielle dans l’atmosphère, ce qui a fait que localement, la colonne de convection a aspiré les braises et propagé l’incendie vers des zones jusqu’alors épargnées. Les conditions locales sont devenues catastrophiques et la vitesse de propagation du feu a été fulgurante.
Source : Médias américains.

Voici un bon résumé de ce que je viens d’écrire :

https://www.youtube.com/shorts/0_dgAiImOuE

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During the huge wildfire that ravaged the French Gironde, experts warned of an unprecedented phenomenon that could exacerbate the effects of the blazes: pyrocumulonimbus, “fire clouds”, or fire-generated thunderstorms. They may appear when severe wildfires generate their own weather systems. They have been observed several times in the U.S. And in Canada.

To sum it up briefly, pyrocumulonimbus, or “pyroCb” clouds, are gigantic storm clouds that are generated by a wildfire. Massive wildfires emit large amounts of energy and heat that rapidly rise in a smoke plume. When the fire plume rises high enough, low atmospheric pressure causes its air to cool, and the moisture condenses and forms a cloud. Such clouds can generate lightning strikes and windy conditions.

If a wildfire is sufficiently large and intense, the smoke plume it generates can form a pyrocumulonimbus cloud, which can reach altitudes of 10–15km and penetrate the stratosphere. A U.S. Scientit explains thats, “it’s a full thunderstorm forming within the fire plume. They get up to roughly 10,000 cubic kilometres of the atmosphere, so they have a big impact.

When pyroCb clouds form, they can create winds that make the wildfires below spread even faster, and sometimes generate their own lightning, which can in turn ignite more fires further afield.

Experts say stronger wind gusts can create more unpredictable fire patterns and therefore make conditions more dangerous for firefighters battling the blazes on the ground. The cloud is confirmation that the fire is very dangerous and that lots of people have been evacuated.

PyroCb clouds are a rare but not exceptional phenomenon. Australia started experiencing pyrocumulonimbus clouds at the beginning of the 21st century and experts say they are becoming more common.

They formed during massive wildfires in California in 2022, and are becoming a new situation for France. If confirmed, this would be the first time a pyroCb cloud has been observed in this country.

Global warming with repeated heatwaves is creating more dangerous conditions for wildfires globally, and also the conditions that lead to the formation of pyrocumulonimbus clouds. Experts say climate models indicate these trends will increase in severity in the future.

The wildfires in Europe have happened during peak tourist season in a region that has been hit by successive heatwaves, with woodland areas dried out from a lack of rain since May. Weather forecasters warn another heatwave could hit France from July 28th, with temperatures reaching 40°C in some areas. The risk of secere wildfires with PydoCBs will increase again.

The problem is that fire clouds cannot be predicted. Weather services can predict thunderstorms, but because these storms are located directly above a fire, we would need to know the fire’s exact location in advance, which is impossible. We can predict the conditions that will lead to these fires, but we can’t know exactly where they are.

The biggest challenge is how unpredictable they are. The fire in France’s southwest Gironde region started with northerly winds, then westerly, then southerly, then easterly, then back again to the south, then the west. On top of that, there was this potential energy in the atmosphere which meant that, locally, the convection column sucked up the embers and carried the fire further afield.

The local conditions became catastrophic and the rate of the fire’s spread was staggering.

Source : U.S. News media.

Bye bye la Niche des Drus (Massif du Mont Blanc)

Concentrations de CO2 : 428,96 ppm (27 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

La Niche des Drus est une pente de neige et de glace suspendue dans la face nord des Drus à près de 2000 mètres d’altitude. C’est un lieu mythique, mais aussi un symbole du réchauffement climatique en haute montagne.

Crédit photo : Mathurin Vauthier / Alpine Mag

Aujourd’hui, en ce mois de juillet 2026, suite à une succession de canicules, la célèbre niche apparaît méconnaissable. Là où s’accrochait encore, il y a quelques années, une impressionnante langue de neige et de glace, il ne reste plus qu’un mince lambeau blanchi. Personne n’a oublié la triple démonstration parachute-snowboard-parapente de Bruno Gouvy le 11 mai 1986, deux ans après la spectaculaire descente à ski de Guillaume Pierrel.

Quelques intrépides ont également dévalé la Niche à ski, comme dans cette vidéo réalisée le 7 février 2024 :

https://youtu.be/knnOZceBMZo

Les scientifiques expliquent que la Niche des Drus est un tablier de glace qui correspond à la cicatrice d’un ancien écroulement rocheux dans laquelle une zone de glace est venue s’installer Contrairement à un glacier qui avance sur une pente, ce corps de glace est quasiment immobile. Épais de quelques mètres seulement, il reste littéralement collé à la paroi grâce aux températures négatives permanentes du permafrost, cette glace qui assure la cohésion de la roche ainsi que sa stabilité.

La Niche des Drus constitue – ou plutôt constituait – l’un des repères visuels les plus célèbres de la face nord des Drus, parfaitement depuis la vallée de Chamonix.

Cette disparition de la Niche n’est pas vraiment une surprise car il n’y avait déjà quasiment plus de glace ou de neige à la fin des étés caniculaires de 2022 et 2023. On peut donc imaginer qu’il ne restera plus rien du tout à la fin de l’été 2026.

Les alpinistes devront être particulièrement vigilants. En effet, la disparition des tabliers de glace s’accompagne souvent d’une déstabilisation des parois. Le permafrost de roche ne joue plus son rôle de ciment et ne joue plus son rôle de soutien stabilisateur. Gare aux éboulements ! Le géomorphologue Ludovic Ravanel estime toutefois que « la roche semble assez saine. Probablement pas de conséquence à court terme. Mais la disparition de la Niche constitue un symbole de la dégradation de la cryosphère. »

La disparition de la Niche des Drus fait partie du cortège de conséquences du réchauffement climatique en montagne. Ludovic Ravanel ajoute: « En même temps qu’on perd des paysages et des itinéraires d’alpinisme, on perd un patrimoine glaciologique. »  Il faut malheureusement s’attendre à d’autres désillusions.

Source : presse régionale et spécialisée.

Vers un débordement du cratère de l’Halema’uma’u (Kilauea / Hawaï) ? // Will Halema’uma’u Crater (Kilauea / Hawaii) overflow some day ?

Le cratère de l’Halema’uma’u, au sommet du Kilauea, a beaucoup changé ces dernières années. Voici à quoi il ressemblait dans les années 2000 :

et en 2011 :

Photos: C. Grandpey

Plus de 50 épisodes ont été observés au sein du cratère de l’Halema’uma’u depuis le début de l’éruption actuelle du Kilauea, le 23 décembre 2024. D’énormes volumes de lave se sont déversés sur le plancher du cratère. Lors de l’Épisode 51, le volume de lave émise a été estimé à 5,1 millions de mètres cubes, couvrant environ 50 % du fond du cratère. On peut se demander si toute la lave émise au cours des différents épisodes — et ceux à venir — pourrait finir par remplir le cratère et même déborder. La réponse du HVO est qu’il est difficile de fournir une réponse précise.
L’Observatoire explique que la topographie de la caldeira sommitale présente plusieurs étages, avec une série de gradins situés à différentes altitudes. La partie la plus profonde s’est effondrée en 2018 (voir mes publications à ce sujet).

Vue du cratère effondré de l’Halema’uma’u en 2018 (Crédit photo : HVO)

Le volume restant dans la caldeira après les effondrements de 2018 était d’environ 83 km³, et le fond du cratère de l’Halemaʻumaʻu se situait à une altitude de 517 mètres. Cela signifie que la base de l’Halemaʻumaʻu, après l’effondrement de 2018, se trouvait 730 mètres plus bas que la falaise d’Uēkahuna (Uēkahuna Bluff), point culminant du Kilauea avec 1 247 mètres d’altitude.
Cinq éruptions au sein de l’Halemaʻumaʻu entre 2020 et 2023 ont comblé environ 25 % du volume créé par l’effondrement de 2018, ce qui a rehaussé le plancher du cratère de 400 mètres pour atteindre une altitude de 917 mètres.

Cratère de l’Halema’uma’u en 2023 (Crédit photo: HVO)

L’éruption en cours avec ses fontaines de lave a comblé 35 % supplémentaires du volume effondré en 2018 au cours des 18 derniers mois. Le plancher du cratère s’est ainsi trouvé rehaussé de 90 mètres supplémentaires.
Toutefois, l’éruption actuelle a comblé une profondeur pas très importante car la zone effondrée en 2018 avait une forme conique ; ainsi, la partie la plus profonde s’est remplie plus rapidement que le reste de la cavité lors des cinq premières éruptions suivant 2018.

Cratère de l’Halema’uma’u le 16 juillet 2026 (Crédit photo: HVO)

Les coulées de lave de l’éruption actuelle avec ses différents épisodes ont couvert une surface bien plus vaste — 4,5 km² — et gagnent donc en épaisseur plus lentement.
Au total, 60 % du volume effondré en 2018 a été comblé, ce qui a relevé le plancher du cratère de 490 mètres. Si l’éruption sommitale actuelle se poursuit au même rythme que l’année passée (0,16 km³/an) durant les 18 mois à venir, la zone effondrée en 2018 pourrait être presque entièrement comblée d’ici début 2028. Une fois la zone effondrée de 2018 comblée, la lave s’écoulera vers la partie orientale du fond de la caldeira principale. La dernière coulée de lave à cet endroit remonte à plus de 50 ans (juillet 1974).
Le volume nécessaire pour combler la caldeira principale est difficile à calculer car elle présente une rupture topographique au sud-ouest ; la lave s’y déversera donc avant d’atteindre le rebord plus élevé situé au nord. Cependant, comme les volcans effusifs déposent toujours davantage de lave à proximité de leurs sources, ils édifient des structures en bouclier qui finissent par dépasser en hauteur la topographie locale.
Quoi qu’il en soit, il faudra au moins 0,91 km³ de lave supplémentaire pour combler la caldeira, ce qui, au rythme actuel, nécessiterait encore 5 années.

Le débit de lave lors des épisodes éruptifs est impressionnant et la lave parcourt de longues distances à l’intérieur du cratère de l’Halemaʻumaʻu. (Image webcam de l’Épisode 50)

Toutefois, les épisodes de fontaines de lave au sommet ont également montré que le débit effusif varie dans le temps. Certains épisodes ont produit plus de lave que d’autres, en particulier ceux durant lesquels les bouches éruptives nord et sud généraient simultanément des fontaines. D’autres épisodes, impliquant une seule bouche, avec une hauteur de projection moindre, produisent moins de lave. Au final, cette variabilité fait que toute prévision concernant le remplissage du cratère débouche sur une simple estimation approximative.

Fontaine de lave jaillissant de la seule bouche nord lors de l’Épisode 51 (Image webcam)

Un autre facteur important à prendre en compte est l’altitude des bouches éruptives au sein du cratère de l’Halemaʻumaʻu dont le plancher se trouve 65 mètres plus bas que la lèvre du cratère.
Si les bouches venaient à dépasser en hauteur la lèvre du cratère, la lave pourrait s’écouler vers le sud-ouest, à l’intérieur du Parc national des volcans d’Hawaï, sans toutefois représenter une menace pour les zones habitées.
Pour répondre simplement à la question de savoir si la lave débordera de la caldeira, il faut considérer la durée de l’éruption, le débit effusif au fil du temps et la manière dont la lave s’accumule autour des bouches éruptives. Pas facile de faire une prévision fiable ! Bien que rien n’indique pour l’instant un changement dans cette éruption, l’évolution de l’activité éruptive du Kīlauea dans son ensemble entre également en ligne de compte. Le déclenchement d’une nouvelle éruption ailleurs sur le volcan reste toujours une possibilité.

Carte montrant la physionomie actuelle de la caldeira sommitale du Kilauea

Source : HVO.

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Halema’uma’u Crater at the summit of Kiluea has much changed in the past years. More than 50 episodes have been observed during the current Kilauea eruption since December 23, 2024, within Halema’uma’u Crater. Huge volumes of lava have poured onto the crater floor. During Episode 51, the volume of erupted lava was estimated at 5.1 million cubic meters which covered about 50% of the crater floor. One can wonder whether all the lava emitted during the different episodes, with more to come, could fill Halema’uma’u Crater. The HVO’s answer says it is difficult to give an accurate answer.

The Observatory explains that the topography of the summit caldera, is stepped, with a series of ledges at different elevations. The deepest part collapsed downward in 2018 ( see my posts about this event).

Volume of what was left within the caldera after the 2018 collapses was about 83 km3 and the bottom of Halemaʻumaʻu Crater settled at an elevation of 517 meters above sea level. This means the base of Halemaʻumaʻu after the 2018 collapse was 730 meters lower than Uēkahuna Bluff which is the highest point on Kilauea at an elevation of 1,247 meters.

Five eruptions within Halemaʻumaʻu between 2020 and 2023 filled in about 25% of the 2018 collapse volume, raising the crater floor by 400 meters to an elevation of 917 meters.

An additional 35% of the 2018 collapsed volume was filled in by the ongoing eruption and its lava fountains during the past 18 months, and the crater floor is an additional 90 meters higher.

However, the current eruption has filled in less depth because the 2018 collapsed area was cone shaped, so the deepest part filled the fastest during the first five eruptions after 2018 and required less volume of lava to do so.

Lava flows during the ongoing episodic eruption covered a much larger area – 4.5 km2 – and therefore accrue thickness more slowly.

A total of 60% of the 2018 collapsed volume has been filled in, raising the crater floor by 490 meters. Assuming the ongoing summit eruption continues at the same rate is has during the past year – 0.16 km3 – for the next year and a half, the 2018 collapse area could be almost totally filled by early 2028.

Once the 2018 collapsed area fills in, lava will flow onto the east part of the main caldera floor.

The last time lava flowed here was more than 50 years ago (July 1974) when a series of fissures opened on the south caldera rim and floor.

The volume required to fill the main caldera is difficult to calculate because it is topographically “breached” to the southwest, meaning lava will spill out this way before reaching the taller rim on the north side. But since effusive volcanoes always deposit more lava closer to its sources, they build up shields that eventually overcome the local topography.

In any case, at least another 0.91 km3 is required to fill the caldera, which at current rates would take an additional 5 years.

However, fountaining episodes at the summit have also demonstrated, eruption rates vary with time. Some episodes erupted more lava than others, particularly those during which the north and south vents produce fountains. Other episodes, with only one vent erupting at a lower height, produce less lava. This variability makes all filling forecasts very rough estimates.

Another important factor to consider is the elevation of the vents within Halemaʻumaʻu, which remain 65 meters lower than the crater rim.

If the vents grow above the crater rim, this also could send lava downslope to the southwest within Hawai’i Volcanoes National Park, where it would pose no threat to communities.

The easiest answer to the question of whether lava will flow out of the caldera is that it depends on how long this eruption continues, what rate lava erupts through time and where it builds up the area around the vents. While there is no sign of this eruption changing, it also depends on whether eruptive activity at Kilauea changes, as a new eruption beginning elsewhere is always a possibility.

Source : HVO.