Le Groenland et les nouvelles voies de navigation // Greenland and new shipping lanes

La volonté du président Trump de contrôler (voire d’annexer) le Groenland repose sur trois motivations principales :

1) des raisons stratégiques et sécuritaires liées à la situation géographique de l’île. Elles apparaissent clairement si l’on regarde une carte de l’Arctique. Par ailleurs, la Chine et la Russie s’intéressent également au Groenland, et Donald Trump n’a aucune envie de se faire devancer et qu’elles s’emparent de l’île.

2) la richesse du sous-sol en pétrole, gaz naturel, minéraux et terres rares, souvent enfouis sous la calotte glaciaire, constitue un autre facteur., même si certaines de ces ressources semblent très difficiles à extraire.
3) Enfin, la fonte des glaces dans l’océan Arctique ouvrira de nouvelles voies de navigation. Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest acquerront une importance inédite. Ils permettront aux transporteurs maritimes d’économiser des millions de dollars de carburant en empruntant un itinéraire beaucoup plus court entre l’Europe et l’Asie. Les routes nordiques étaient jusqu’à présent praticables uniquement durant la saison chaude. Un navire commercial russe, escorté par un brise-glace, a été le premier à les emprunter en hiver, en février 2021, prouvant ainsi leur faisabilité (voir ma note du 1er mars 2021). Depuis, de nombreux navires russes et chinois ont emprunté ces routes à plusieurs reprises. L’autre solution pour acheminer des marchandises depuis les ports russes ou les pôles industriels d’Asie de l’Est consiste à passer par le sud. Cette route, via le canal de Suez, est plus longue d’environ 5 000 kilomètres.

Selon l’Institut arctique, comparée au trajet par le canal de Suez, la route maritime du Nord permettrait aux transporteurs maritimes de réaliser jusqu’à 50 % d’économies – carburant et autres dépenses compris – en réduisant par exemple la distance entre le Japon et l’Europe à une dizaine de jours seulement, contre environ 22 jours aujourd’hui. Une analyse de 2024 du Middlebury Institute of International Studies indiquait également que la route du Nord permettrait de gagner une dizaine de jours sur un trajet similaire entre Shanghai (Chine) et Rotterdam (Pays-Bas).
Avec le réchauffement continu de l’océan Arctique et la réduction de la banquise en hiver, le trafic maritime par le nord devrait augmenter considérablement. Le contrôle de ce passage et de la longue côte groenlandaise qu’il longe revêtira donc une grande importance.

En 2022, la NOAA a publié des graphiques montrant les nouvelles routes maritimes qui deviendront accessibles aux pétroliers autour du Groenland au cours des prochaines décennies. Les modélisations de la NOAA montrent une augmentation considérable du nombre de trajets possibles, tant pour les navires polaires prévus pour naviguer à travers la banquise que pour les navires classiques qui ne sont pas équipés pour affronter la glace. La NOAA prévoit même que d’ici 2059, avec la réduction prévue de la glace de mer, il sera probablement possible pour un navire polaire d’emprunter la route la plus directe, en passant directement par le pôle Nord.

Les graphiques publiés par la NOAA en 2022 montrent les routes maritimes à travers l’Arctique qui devraient devenir accessibles aux navires classiques (en bleu) et aux navires polaires (en rouge) autour du Groenland au cours des prochaines décennies. (Source : NOAA)

Source : CBS News via Yahoo News.

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President Trump’s desire to control (or even annex) Greenland has three motivations :

1) There are strategic and security reasons due to the geographical situation of the island. They are easy to understand when you look at a map of the Arctic. Besides China and Russia are also interested in Greenland and Mr. Trump would not like them to take it over instead.

2) Another reason is the wealth of oil, natural gas, minerals and rare earths that are hidden in the ground, very often beneath the ice cap. Some of them will be very difficult to extract.

3) At last, the melting of the ice in the Arctic Ocean will open new shipping lanes. The North-East and North-West passages will take an importance they did not have until now. They will allow shippers to save millions of dollars in fuel by taking a much shorter route between Europe and Asia.  Northern routes were long only passable in warmer months. A Russian commercial vessel, aided by an icebreaker, first traversed the route in the winter in February 2021, proving it was possible (see my post of March 1st, 2021). Since then more Russian and Chinese vessels have sailed the northern routes repeatedly.

The alternative way to get goods from ports in Russia or the manufacturing powerhouses of East Asia is to go south. But that course, through Egypt’s Suez Canal, is about 5,000 kilometers longer.

According to the Arctic Institute, compared to the Suez Canal route, the Northern Sea Route can save shippers as much as 50% in costs, considering fuel and other expenses, by reducing the distance from Japan to Europe, for instance, to only about 10 days compared to the roughly 22 today. A 2024 analysis by the Middlebury Institute of International Studies also said the northern route would shave about 10 days of a similar journey from Shanghai, China, to Rotterdam in the Netherlands.

As sea temperatures continue warming and winter ice cover shrinks, shipping traffic via the north is likely to increase, so control over that passage and the long Greenlandic coastline that it skirts will be of greater importance.

The NOAA shared graphs in 2022 predicting the new routes that would become available to regular tankers around Greenland over the coming decades. NOAA’s modeling shows a dramatic increase in viable journeys for both polar-class vessels fortified to forge through sea ice, and normal open water-faring ships. The agency even predicts that by 2059, it will likely be possible for a polar-class vessel to sail the most direct route, right across the North Pole, as the formation of sea ice reduces further.

Source : CBS News via Yahoo News.

Vers un changement de comportement du Kilauea (Hawaï) ? // Towards a change in behaviour of Kilauea (Hawaii) ?

Le 14 janvier 2026, après la fin de l’Épisode 40, un nouvel essaim sismique a été enregistré sous le cratère Halemaʻumaʻu, au sommet du Kilauea. Cette activité sismique a progressivement diminué en fréquence et en intensité sur une période de 40 minutes. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, les épicentres de ces séismes sont largement répartis dans la partie Est du cratère de l’Halemaʻumaʻu et la caldeira sud. Tous les séismes avaient une magnitude inférieure à M2,0, et de M1,0 ou moins pour la plupart.

Localisation des quelque 300 séismes enregistrés entre le 12 et le 22 janvier 2026 dans la région sommitale du Kilauea.

Il s’agit du troisième essaim sismique sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu depuis la fin de l’Épisode 40. Les deux premiers essaims présentaient des magnitudes similaires. La plupart des séismes semblent se produire dans le secteur de la chambre magmatique superficielle de l’Halemaʻumaʻu, à une profondeur de 1,5 à 4 km.
La plupart de ces séismes sont volcano-tectoniques, liés à l’ouverture de fissures sous l’effet de la pression magmatique. Une activité sismique d’une telle intensité n’avait jamais été observée au sommet du Kilauea depuis le début de l’éruption en décembre 2024. Reste à savoir si ces essaims sismiques auront un impact sur l’activité des fontaines de lave en surface.
Actuellement, toute l’activité éruptive se concentre sous la caldeira du Kilauea et rien n’indique que le magma s’éloigne de cette zone. Les zones de rift est et sud-ouest ne montrent aucun signe de réveil pour le moment.

Dans un communiqué publié le 23 janvier 2026, l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) indique que l’éruption qui a débuté le 23 décembre 2024 dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kīlauea, se poursuit après 40 épisodes de fontaines de lave. Les dernières données montrent que la pression à l’intérieur de la chambre magmatique superficielle, située sous le sommet du Kīlauea, augmente lentement et pourrait (le conditionnel est de rigueur) à terme modifier la dynamique éruptive.
On ne sait pas quel sera l »impact des récents essaims sismiques sur le prochain épisode de fontaines de lave, mais aucune modification des déformations du sol ne laisse entrevoir une intrusion magmatique dans une nouvelle zone. L’Observatoire suggère plusieurs scénarios possibles pour les mois à venir :
– Poursuite de l’éruption. La lave pourrait continuer à jaillir des bouches éruptives nord et sud dans l’ l’Halemaʻumaʻu pendant une durée et un nombre d’épisodes imprévisibles.
– Une ou plusieurs nouvelles bouches éruptives pourraient se former au sommet ou dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest, avec des projections de lave à proximité des bouches existantes, ou bien à l’intérieur de la caldeira sommitale.
– Une autre possibilité est une intrusion magmatique ou une éruption dans la zone de rift Est : du magma pourrait migrer vers cette zone et provoquer potentiellement une éruption. Cependant, compte tenu de l’emplacement des bouches éruptives et des déformations de la zone sommitale, ce scénario est le moins probable.
Source : HVO.

Inflation du Kilauea sur 2 jours :

Inflation du Kilauea sur 3 mois :

Source: HVO

Le communiqué du HVO illustre la difficulté de prévoir le comportement d’un volcan, même celui du Kilauea, qui est truffé d’instruments et fait l’objet d’une surveillance étroite. La même remarque pourrait s’appliquer au Piton de la Fournaise (Île de la Réunion), un volcan de point chaud, lui aussi. La dernière éruption a mis longtemps à démarrer et a parfois décontenancé l’OVPF, l’observatoire local, avec des éruptions avortées en décembre et le 1er janvier 2026.

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On January 14 2026, following the end of Episode 40, a new seismic swarm was recorded beneath Halemaʻumaʻu crater at the summit of Kilauea. Elevated seismic activity gradually died down in frequency of occurrence and intensity, over the course of 40 minutes. Locations of these earthquakes are spread broadly beneath east side of Halemaʻumaʻu crater and the south caldera. All of the detected earthquakes have been less than magnitude M2.0, with most being magnitude M1.0 or smaller.

This is the third small swarm of earthquakes beneath Halemaʻumaʻu crater since the end of episode 40. The first and second swarms both had magnitude ranges similar to the third. Most of the earthquakes seem to be occurring around the shallow Halemaʻumaʻu magma chamber, some 1.5 to 4 km beneath the surface.

Most of the earthquakes are volcano-tectonic earthquakes that accompany crack opening due to magmatic pressure. Elevated seismic activity of these intensities have not been seen at the summit since the start of the eruption in December 2024. It is yet to be determined if these swarms after Episode 40 will have an impact on lava-fountaining activity at the surface.

Currently all of the activity remains beneath Kīlauea caldera and there is no observable evidence that magma is migrating away from this area.  Both the east and the southwest rift zones remain quiet at this time.

In an information statement released on 23 January 2026, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that the eruption that began within Halemaʻumaʻu at the summit of Kilauea volcano on December 23, 2024, continues after 40 lava fountaining episodes. Monitoring data show that the modeled pressurization within the shallow Halemaʻumaʻu magma chamber beneath Kīlauea’s summit has been slowly increasing over time and could eventually result in a change to the eruption dynamics.

The impact of the recent earthquake swarms on the next episode of lava fountaining, if any, is unknown at this time, but there have not been changes in ground deformation patterns to suggest that magma has intruded or is intruding into a new area.

In its statement, the HVO explains that it is not possible to forecast an exact outcome of the latest seismic activity on the behaviour of Kilauea. The Observatory suggests some potential scenarios in the coming months :

  • The eruption continues. Lava could continue to erupt from the north and south vents in Halemaʻumaʻu for an unforeseeable amount of time or number of episodes.
  • One or several new vents might form in the summit region or upper Southwest Rift Zone, erupting lava near the existing vents in Halemaʻumaʻu, or nearby within the summit caldera.
  • Another possibility is an East Rift zone intrusion or eruption: Magma could migrate into East Rift Zone, potentially resulting in an eruption there. However, given the vent locations and summit region deformation patterns, this is the least likely scenario.

Source : HVO.

This statement shows the difficulty to predict a volcano’s behaviour, even on Kilauea which is fully monitored. The same remark is valid for Piton de la Fournaise (Reunion Island), a similar hotspot volcano. The last eruption took a long time to start and puzzled the OVPF. the local observatory, with aborted eruptions in December and on January 1st 2026.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Une activité éruptive intense est actuellement observée sur le Lewotolok (Indonésie). Le 16 janvier 2026, alors qu’un épais panache de cendres s’élevait à 300 m au-dessus du sommet du cône actif, une coulée de lave se déplaçait sur son flanc et des lueurs incandescentes étaient visibles au sommet. Le 17 janvier, les images des webcams ont montré des matériaux incandescents sur les flancs et des projections de matériaux incandescents au-dessus du sommet. Le 18 janvier, un panache de cendres s’est élevé à 400 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte a été relevé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et la population a été invitée à rester à au moins 3 km du sommet. Des grondements de faible intensité ont été entendus ce même jour et de nouveaux panaches de cendres ont été signalés les jours suivants, jusqu’à 500 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs villages.
Source : PVMBG.

Crédit photo : Smithsonian Institution

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L’activité sismique a diminué sur la Montagne Pelée (Martinique. Entre le 9 et le 16 janvier 2026 l’OVSM a enregistré 23 séismes d’origine volcano-tectonique. Parmi eux, un seul avait une magnitude supérieure à M0,5. Ces séismes proviennent des zones sismiquement actives bien connues à la Montagne Pelée, entre 1,0 et 1,4 km de profondeur sous le sommet.

Cette sismicité superficielle de type volcano-tectonique est associée à de la micro-fracturation dans l’édifice volcanique en lien avec la réactivation globale du volcan observée depuis 2019.

La semaine précédente, l’OVSM avait enregistré 216 séismes d’origine volcanique. En date du 16 janvier 2026 et durant les 4 dernières semaines écoulées, l’OVSM a donc observé un total de 412 séismes volcaniques, soit une moyenne de 103 séismes par semaine.

Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Jaune pour Vigilance.

Source : OVSM.

Photo: C. Grandpey

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Il n’y a actuellement pas d’activité éruptive dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea (Hawaï). Les images des webcams montrent une lueur continue provenant de la bouche éruptive sud et une faible lueur sporadique provenant de la bouche nord. Le HVO pilote à vue et fait évoluer ses prévisions pour l’Épisode 41 en fonction des fluctuations de l’inflation sommitale. Pour le moment, le début de l’Épisode 41 avec ses fontaines de lave est prévu entre le 23 et le 26 janvier 2026.

Image webcam des coulées de lave de l’Épisode 40

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Le Met Office islandais indique que le magma continue de s’accumuler lentement et régulièrement sous Svartsengi. Près de 20 millions de mètres cubes de magma s’y sont accumulés depuis la dernière éruption en juillet 2025. Une intrusion magmatique et une éruption volcanique restent l’issue la plus probable de cette série d’événements. Selon le Met Office, la prochaine éruption sera vraisemblablement semblable aux précédentes le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. Le Met Office précise sur son site web que le sol s’est soulevé de près d’un mètre depuis le début de l’accumulation de magma dans la région en novembre 2023. La vitesse de soulèvement était plus élevée au début, et elle a progressivement diminué à chaque éruption.
L’activité sismique est restée relativement stable ces dernières semaines. La plupart des événements ont une magnitude inférieure à M1,5.
Source : Met Office islandais.

 L’inflation de la zone de Svartsengi en janvier 2026 (Source : Met Office)

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 18 janvier 2026 aux alentours de 19h45 (heure locale) s’est arrêtée aux alentours de 5h00 (heure locale) le 20 janvier, avec l’arrêt du tremor. Aucune hypothèse n’était écartée par l’OVPF écartée quant à l’évolution de la situation (arrêt définitif de l’éruption, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site) car l’activité sismique restait soutenue. Toutefois, les derniers messages de l’Observatoire semblent écarter cette hypothèse car si une activité sismique est toujours enregistrée sous le sommet du volcan, elle a diminué au cours des dernières heures.

 Profil de la sismicité pendant et après l’éruption (Source : OVPF)

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L’intensification de l’activité sismique qui avait entraîné une hausse du niveau d’alerte du Pavlof (Péninsule d’Alaska) le 14 janvier (voir ma note du 16 janvier) ne s’est pas reproduite la semaine dernière. Aucune éruption ni température de surface anormale n’ont été observées. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont donc revenus respectivement à Verte et Normal.

Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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L’éruption du Mayon (Philippines) se poursuit et se caractérise par des épisodes effusifs et des effondrements au niveau du dôme sommital, des coulées pyroclastiques, des chutes de blocs, des panaches de cendres, des avalanches de matériaux incandescents et des coulées de lave. Les émissions de gaz et de cendres s’élèvent jusqu’à 800 m au-dessus du sommet. Une activité strombolienne épisodique a été observée les 20 et 21 janvier 2026. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5). Il est rappelé à la population de rester à l’écart de la zone de danger permanent (ZDP) de 6 km de rayon.

Le 21 janvier 2026, 4 092 personnes (soit 1 114 familles) restaient évacuées vers 14 centres d’hébergement provisoire, et 51 autres personnes (soit17 familles) étaient hébergées chez des amis ou des proches.

Source : PHIVOLCS.

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Ces derniers jours, l’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) m’a transmis plusieurs messages signalant des lahars chargés de cendres, de fragments de roche et de blocs, qui avaient dévalé les ravines sur les flancs des volcans Ubinas et Huaynaputina. Il est demandé à la population de se tenir à l’écart de ces ravines et d’éviter de circuler sur certaines routes. Le niveau d’alerte volcanique reste Vert (le plus bas sur une échelle de quatre couleurs) pour les deux volcans.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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Elevated eruptive activity is currently observed at at Lewotolok (Indonesia). On 16 January 2026, while a dense ash plume was rising 300 m above the active cone’s summit, a lava flow was travelling on the cone’s flank and incandescence could be seen at the summit. On 17 January, webcam images showed incandescent material on the flanks, and incandescent material being ejected above the summit. On 18 January an ash plume rose 400 m above the summit. The Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) and the public was warned to stay at least 3 km away from the summit. Weak rumbling was heard that same day and more ash plumes were reported the folloowing days rising up to 500 m above the summit. Ashfall was reported in several villages.

Source : PVMBG.

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Seismic activity has decreased at Mount Pelée (Martinique). Between January 9 and 16, 2026, the OVSM recorded 23 volcano-tectonic earthquakes. Only one of these had a magnitude greater than M0.5. These earthquakes originated from well-known seismically active zones on Mount Pelée, between 1.0 and 1.4 km below the summit.
This shallow volcano-tectonic seismicity is associated with microfracturing in the volcanic edifice, linked to the overall reactivation of the volcano observed since 2019.
The previous week, the OVSM had recorded 216 volcanic earthquakes. As of January 16, 2026, and over the past four weeks, the OVSM has therefore observed a total of 412 volcanic earthquakes, an average of 103 earthquakes per week. The volcanic alert level remains at Yellow. Vigilance (Watch).
Source: OVSM.

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The summit eruption of Kīlauea in Halema’uma’u Crater (Hawaii) is paused. Webcam views show consistent glow from the south vent and weak sporadic glow from the north vent. The HVO is operating on a trial-and-error basis and is adjusting its forecasts for Episode 41 according to the fluctuations of summit inflation. Currently, the start of Episode 41, with its lava fountains, is predicted to occur between January 23rd and 26th, 2026.

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The Icelandic Met Office indicates that magma continues to accumulate slowly and steadily beneath Svartsengi. Nearly 20 million cubic metres of magma have now accumulated there since the last eruption in July 2025. A magma intrusion and volcanic eruption are still considered the most likely continuation of this sequence of events. According to the Met Office, it is most likely that any eruption would be similar to previous events at the Sundhnúkagígar crater row. The agency states on its website that the land has risen by nearly one metre since magma began accumulating in the area in November 2023. The rate of land inflation was highest at the beginning, but has gradually decreased with each event.

It is noted that seismic activity has been fairly stable in recent weeks. Most of the earthquakes have been below magnitude M1.5.

Source : Icelandic Met Office.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island), which began on January 18, 2026, at approximately 7:45 PM (local time), ended around 5:00 AM (local time) on January 20, with the cessation of the eruptive tremor. The OVPF was not ruling out any possible scenarios regarding the future (definitive cessation of the eruption, resumption of activity at the same site, or resumption of activity at another site) because seismic activity remained significant. However, the latest reports from the Observatory seem to rule out this hypothesis. Indeed, while seismic activity is still being recorded beneath the volcano’s summit, it has decreased over the past hours.

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The period of elevated seismic activity that prompted an increase in Pavlof‘s alert level (Alaska Peninsula) on January 14 (see my post of 16 January) has not been observed in the last week. No eruptive activity nor unusual surface temperatures have been observed. The Aviation Color Code and Alert Level have been lowered to GREEN/NORMAL.

Source : AVO.

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The eruption at Mayon (Philippines) continues and is characterized by effusion and collapses at the summit dome, pyroclastic flows, rockfalls, ash plumes, avalanches of incandescent material, and lava flows. Gas and ash emissions rise as high as 800 m above the summit. Episodic Strombolian activity at the summit was visible during 20-21 January 2026. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale). Residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

On 21 January 2026, a total of 4,092 people (1,114 families) had moved to 14 evacuation shelters, and an additional 51 people (17 families) were staying with friends or relatives.

Source : PHIVOLCS.

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In the past days, the Instituto Geofísico del Perú (IGP) sent me several messages indicating that lahars carrying ash, rock fragments, and blocks descended drainages on the flanks of Ubinas and Huaynaputina volcanoes. The public is asked to stay away from the drainages and to avoid driving on certain highways. The Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale) on both volcanoes.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Émissions de CO2 : C’est bien, mais ça ne dit pas tout !

Dans un article publié dans la rubrique Environnement, le média d’information France Info nous explique que dans les articles consacrés au réchauffement climatique, les données d’émissions de gaz à effet de serre sont souvent primordiales. C’est en effet leur quantité, relâchée dans l’atmosphère par les activités humaines, qui va aggraver ou ralentir ce phénomène et ses conséquences sur nos sociétés.

En moyenne, un Français émet 9 tonnes de CO2 par an. Pour bien comprendre ces données et avoir les bons ordres de grandeur, France Info a décidé d’intégrer à tous les articles publiés dans sa rubrique Environnement un nouvel outil : le comparateur carbone de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Autrement dit, lorsqu’une quantité de CO2 est citée dans un texte, celle-ci est surlignée en couleur. Si on clique sur ce surlignage, un petit encadré compare cette quantité de carbone avec des équivalents issus du quotidien. En cliquant sur la flèche, on peut faire varier les équivalents pour trouver celui qui sera le plus parlant.

Pour proposer ces équivalents, l’outil s’appuie sur les données de l’Ademe : « Empreinte » et « Agribalyse ». La première donne les émissions générées par la fabrication et la consommation de produits et services de grande consommation ; la seconde est consacrée aux produits agricoles et alimentaires.

France Info intègre déjà des outils de l’Ademe, pour plus de pédagogie sur ces enjeux complexes. En bas de la rubrique Environnement sur le site Internet de France Info, on peut trouver une aide pour bien trier ses déchets, un calculateur d’empreinte carbone pour connaître l’impact de ses activités sur le climat, un comparateur des émissions de plusieurs modes de transport pour un même trajet donné, ou encore un calendrier des fruits et légumes de saison.

Source : France Info.

Cet article est fort intéressant, de même que les solutions suggérées pour contrôler, voire réduire, son empreinte carbone. Toutefois, comme je l’ai rappelé à plusieurs reprises, il n’est pas suffisant de prendre en compte les seules ÉMISSIONS de CO2.

Le réchauffement climatique est avant tout géré par les CONCENTRATIONS de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Or, ces concentrations ne font qu’augmenter au fil des années. On le sait car elles sont mesurées au sommet du volcan Mauna Loa (4169 m) à Hawaï et elles permettent d’établir la Courbe de Keeling qui révèle qu’en ce moment les concentrations de CO2 ont atteint plus de 430 parties par million (ppm), ce qui est énorme. Avant la révolution industrielle, ces concentrations étaient seulement de 279 ppm.

Un événement a permis de se rendre compte de la dissociation entre émissions et concentrations de CO2 : la pandémie de Covid 19. Au plus fort de la pandémie, l’économie mondiale a connu un coup d’arrêt spectaculaire, avec des industries et des transports en chute libre. Sur la terre ferme, on s’est vite rendu compte qu’il y avait moins de pollution. Ainsi, en Inde, on voyait la chaîne himalayenne de beaucoup plus loin.

Dans le même temps, je consultais régulièrement la Courbe de Keeling et je me rendais compte que, non seulement, les concentrations de CO2 ne se stabilisaient pas, mais elles continuaient d’augmenter.

La conclusion est facile : à supposer que par un coup de baguette magique nos émissions polluantes baissent soudainement (on peut rêver !), il faudra des décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre et de pureté. Au vu de l’inutilité des différentes COP et leur absence de décisions contraignantes, un tel revirement de situation n’est pas pour demain !

 

Courbe de Keeling montrant l’évolution des concentrations de CO2 sur un an (relevé du 12 janvier 2026).