De Pompéi à Oplontis : des trésors au pied du Vésuve

Grâce aux fonds européens et une politique culturelle italienne digne de ce nom, les fouilles vont bon train au pied du Vésuve qui, en octobre 79 détruisit plusieurs villes romaines. On parle beaucoup de Pompéi, mais Herculanum, Stabies et Oplontis fournissent également de précieux témoignages sur la vie au premier siècle de notre ère. J’ai consacré plusieurs notes sur ce blog à ces différents sites et aux récentes découvertes faites par les archéologues.

Ces derniers temps, de splendides fresques inspirées de la guerre de Troie, ornant une salle de banquet, ont été découvertes à Pompéi. La pièce aux dimensions imposantes (15 mètres sur 6) présente des décorations raffinées de sujets mythologiques ressortant sur des murs dont le fond noir évitait que l’on voit les traces de fumée des lanternes. On découvre aussi des mosaïques témoignant du mode de vie luxueux qui régnait dans la cité antique au moment de sa destruction.

La salle de banquet (Crédit photo : Parc archéologique de Pompéi)

Un article paru sur le site France Info nous explique que le thème dominant des fresques est l’héroïsme, à travers des représentations des couples de héros et de divinités protagonistes de la guerre de Troie. Parmi les personnages représentés figurent notamment Hélène et Pâris. On se souvient que le prince troyen enleva Hélène, femme du roi de Sparte Ménélas, déclenchant la guerre de Troie. On y découvre aussi Cassandre, sœur de Pâris, et le dieu Apollon, dont elle a reçu le don de dire l’avenir, même si ses prédictions ne seront jamais crues. Elle avertit pourtant, mais en vain, ses compatriotes que le cheval offert par les Grecs était un subterfuge qui conduirait Troie à sa perte.

Crédit photo : Parc archéologique de Pompéi

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Pompéi est le deuxième site touristique le plus visité d’Italie après le Colisée de Rome. Pas très loin Herculanum mérite un détour. En inscrivant le nom du site sur le moteur de recherche de mon blog, vous pourrez lire plusieurs notes faisant référence aux dernières découvertes ainsi que le récit de ma visite.

Photo: C. Grandpey

Dans le cadre de la série Science Grand Format, France 5 propose un documentaire fort intéressant sur Oplontis, à deux kilomètres seulement de Pompéi.

https://www.france.tv/documentaires/science-sante/5824053-oplontis-et-la-malediction-du-vesuve.html

Les archéologues ont mis au jour deux villas monumentales. L’une est un palais construit sur une falaise, doté de fresques magnifiques.

 

Caldarium dans la villa de Poppée

Elle offre un aperçu de la vie fastueuse des élites de l’Empire romain et des informations précieuses sur leurs esclaves. En recherchant l’identité des riches propriétaires de la villa, les archéologues ont découvert un lien avec Néron. Ils pensent que la villa appartenait à l’empereur et servait de résidence principale à sa seconde épouse, Poppaea Sabina, lorsqu’elle ne se trouvait pas à Rome. On pense que cette résidence était inhabitée lorsque le Vésuve est entré en éruption en 79. Elle était probablement en cours de reconstruction et de redécoration après le tremblement de terre de 62 (magnitude estimée entre M 5,0 et M 6,0), un événement souvent oublié mais ô combien important car il a mis à mal le réseau de distribution d’eau de la région.

Selon moi, Oplontis montre beaucoup de similitudes avec Herculanum, ne serait-ce que les squelettes qui ont été découverts par les archéologues. A Oplontis comme à Herculanum, une partie de la population s’est réfugiée dans des abris le long du littoral. Ces gens attendaient-ils des bateaux qui leur permettraient de fuir le danger ? Etaient-ils seulement venus se réfugier ? Personne ne peut le dire…

Dans les abris à bateaux d’Herculalum (Photo : C. Grandpey)

Dans ceux d’Oplontis (image extraite du documentaire)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Dans son dernier rapport (10 avril 2024), le Met Office indique que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) se poursuit de manière relativement stable. Il n’y a aucun signe d’une diminution du débit magmatique. Il est difficile de prédire quand cette éruption prendra fin ; il se peut qu’elle se poursuive encore longtemps, ou bien qu’elle cesse soudainement.
Selon les données recueillies lors d’un survol, il apparaît que le débit d’émission de la lave a diminué. Il est passé d’environ 6,6 mètres cubes par seconde entre le 27 mars et la 3 avril à environ 3,6 mètres cubes par seconde du 3 au 8 avril. Le champ de lave actuel couvre une superficie de 6,14 kilomètres carrés. Il est donc plus étendu que lors des six éruptions précédentes sur la péninsule de Reykjanes. Ces derniers temps, la lave s’est écoulée principalement vers le sud depuis la bouche éruptive, mais elle s’est temporairement écoulée vers le nord lorsque la paroi du cratère s’est effondrée il y a quelques jours. Rien n’indique que la lave se déplace le long des digues de terre au nord de Grindavík.
L’inflation du sol se poursuit dans le secteur de Svartsengi et s’est accélérée au cours de la semaine dernière, alors que l’intensité de l’éruption diminuait. Cela signifie que la plus grande partie du magma qui circule sous la région de Svartsengi s’y accumule, provoquant une augmentation de la pression et donc de l’inflation.
Il existe un risque de pollution par les gaz dans toutes les zones proches de l’éruption. Le Blue Lagoon est resté fermé le 11 avril à cause de cette pollution.

Image webcam de la bouche active sur la fracture éruptive

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Ces derniers jours, l’activité sur l’Etna (Sicile) a été marquée par l’émission de nombreux anneaux de fumée à partir d’une petite bouche dans le Cratère sud-est. Le 2 avril 2024, l’INGV a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) en raison d’une hausse de l’activité. La couleur est ensuite passée à l’Orange dans la soirée car une activité explosive était visible au niveau des cratères sommitaux sur les images des webcams.
Une série de six événements explosifs a été enregistrée par le réseau sismique le 7 avril. Pendant quatre minutes, des émissions de cendres provenant de la Bocca Nuova sont montées à environ 1,6 km au-dessus du sommet avant de se disperser vers le sud.
Source : INGV.

Anneau de fumée sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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L’Instituto Geofisico indique qu’entre le 2 mars et le 1er avril 2024, environ 44 millions de mètres cubes de lave ont été émis sur l’île Fernandina (Galapagos). L’éruption actuelle est donc la plus importante des 15 dernières années. La Fracture 13, située juste en dessous de la lèvre du cratère sur le flanc supérieur SE, est toujours active en avril, avec un débit d’environ cinq mètres cubes par seconde. Les coulées de lave ont atteint l’océan le 7 avril, comme on peut le voir sur plusieurs photos et vidéos sur les réseaux sociaux.

Image extraite d’une vidéo parue sur Twitter

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L’activité éruptive se poursuit sur le Poás (Costa Rica) avec des panaches de gaz et de vapeur qui s’élèvent à quelques centaines de mètres au-dessus du cratère. L’incandescence était visible au niveau de la Boca A et de la Boca C les 3 et 4 avril, et dans la Boca A les 4 et 5 avril. Une odeur de soufre a été signalée dans plusieurs localités. Les conditions météorologiques ont parfois empêché de faire de bonnes observations.
Source : OVSICORI.

Cratère du Poás (Crédit photo: OVSICORI)

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L’éruption du Dukono (Halmahera / Indonésie) se poursuit. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,6 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Marapi (Sumatra) avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 250 à 1 500 m au-dessus du sommet.
Des lahars générés par des pluies intenses ont été détectés par le réseau sismique le 5 avril 2024. Ils ont dévalé plusieurs ravines et ont endommagé des maisons et des infrastructures dans plusieurs villages. Une route a également été endommagée et est devenue impraticable pendant plusieurs heures. Les lahars ont envahi quelque 65 hectares de rizières, endommagé 72 maisons et affecté 38 entreprises. Dans certaines zones, des voitures ont été bloquées et des automobilistes ont été coincés à l’intérieur ; des stations-service ont été touchées et des animaux ont été emportés dans des fermes. Certains habitants ont été transportés à l’hôpital, mais aucun décès n’a été signalé. Des travaux sont en cours pour éliminer les dépôts de lahars tels que les troncs d’arbres et les branches. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 4,5 km du cratère actif.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive est toujours intense sur le Sangay (Equateur). Le réseau sismique a enregistré 1 106 explosions les 2 et 3 avril 2024. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent de 300 à 1 000 m au-dessus du sommet. Des matériaux incandescents dévalent le flanc SE jusqu’à 600 m de distance. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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Une lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). Des températures de surface légèrement élevées sont visibles sur l’imagerie satellite. La sismicité est faible. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch [Vigilance] (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : AVO.

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Dernière minute : Une éruption phréatique s’est produite sur le Taal (Philippines) dans la soirée du 11 avril 2024 avec un panache de vapeur de 2,4 km de haut. L’éruption a probablement été déclenchée par la libération continue de gaz volcaniques à haute température au niveau du Main Crater, avec le risque qu’une activité phréatique similaire se reproduise.

Malgré cette intensification de l’activité, le niveau d’alerte volcanique reste à 1, ce qui signifie qu’il existe un risque de possibles explosions phréatiques soudaines, de séismes d’origine volcanique, de retombées de cendres mineures et d’émissions de gaz nocifs. Le PHIVOLCS déconseille fortement d’entrer dans la Zone de Danger Permanente (PDZ), notamment dans le secteur du Main Crater.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In its latest report (April 10th, 2024), the Met Office indicates that the eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) is continuing in a fairly stable way. There are no signs of a decrease in the magma flow from the depths. It is difficult to predict when this eruption will end, it could continue for a longer period with stable flow or stop shortly.

According to data collected during an overflight, it appears that the average lava effusion rate has decreased from about 6.6 cubic meters per second during 27 March-3 April to about 3.6 cubic meters per second during 3-8 April. The lava field covers an area of 6,14 square kilometers. The current eruption has therefore become more extensive than the previous six eruptions on the Reykjanes peninsula. Recently, lava has flowed mostly to the south from the crater, but temporarily it flowed to the north when the crater’s wall collapsed a few days ago. There are no clear signs of lava flowing along the defensive walls north of Grindavík.

Inflation in Svartsengi continues and has increased in speed in the past week, while the intensity of the eruption has decreased. This indicates that the majority of magma flowing under the Svartsengi area is accumulating there, causing increased pressure and inflation.

There is a risk of gas pollution in all areas close to the eruption. The Blue Lagoon remained closed on April 11th because of this pollution.

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Activity at Mt Etna (Sicily) was characterised by the emission of numerous smoke rings from a small vent in the Southeast Crater. On April 2nd, 2024, INGV raised the Aviation Color Code to Yellow (tlevel 2 on a four-color scale) due to increased signs of unrest. The Aviation Color Code was next raised to Orange in the vening because explosive activity at the summit craters was visible in webcam images.
A series of six explosive events was recorded by the seismic network on 7 April. A four-minute-long ash emission from Bocca Nuova rose to about 1.6 km above the summit, and quickly dispersed to the south.
Source : INGV.

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The Instituto Geofisico has reported that between March 2nd and April 1st, 2024, an estimated 44 million cubic meters of lava had erupted at Fernandina (Galapagos) , making the current eruption the largest in the last 15 years. Fissure 13, located just below the crater rim on the upper SE flank, continued to be active in April; the rate of lava effusion is about five cubic meters per second. The lava flows reached the ocean on April 7th, as can be seen on several videos on the social networks.

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Eruptive activity continues at Poás (Costa Rica) with vigorous emissions of gas and steam plumes rising a few hundred meters above the crater rim. Incandescence was visible from Boca A and Boca C during 3-4 April, and at Boca A during 4-5 April. A sulfur odor was reported in several communities. Weather conditions sometimes prevented visual observations.

Source : OVSICORI.

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The eruption of Dukono (Halmahera / Indonesia) continues. Ash plumes rise as high as 1.6 km above the summit. The Alert Level remains 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside of the 3-km exclusion zone.

Still in Indonesia, eruptive activity continues at Marapi (Sumatra) with ash plumes that rise 250-1,500 m above the summit.
Lahars generated by intense rainfall were detected by the seismic network on April 5th, 2024. They travelled in multiple drainages on Marapi and damaged homes and infrastructure in severalvillages. A highway was also damaged and became impassible for several hours. The lahars infiltrated about 65 hectares of rice fields, damaged 72 houses, and affected 38 businesses. In some areas, cars were stranded and some motorists were trapped, smaller roads were blocked, gas stations were impacted, and a few farm animals were swept away. Some residents were taken to the hospital, but no fatalities were reported. Efforts are underway to remove the debris deposits such as tree trunks and branches. The Volcano Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 4.5 km away from the active crater

Source : PVMBG.

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Eruptive activity is still high at Sangay (Ecuador). The seismic network recorded 1,106 explosions during 2-3 April 2024. Gas-and-ash plumes rise 300-1,000 m above the summit. Incandescent material descend the SE flank as far as 600 m. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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Slow lava effusion continues in Great Sitkin’s summit crater (Aleutians / Alaska). Slightly elevated surface temperatures are identified in satellite imagery. Seismicity is low. The Volcano Alert Level remains at Watch (level 3 on a four-level scale) and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source : AVO.

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Last minute : A phreatic eruption occurred at Taal Volcano (Philippines)in the vening of April 11th, 2024 with a 2.4 km tall steam plume. The eruption is believed to have been triggered by the ongoing release of hot volcanic gases from the Taal Main Crater, indicating that further similar phreatic activity could follow.

Despite this activity, the Volcano Alert level remains at 1, which warns of the potential for sudden phreatic explosions, volcanic earthquakes, minor ashfall, and hazardous gas emissions. PHIVOLCS strongly advises against entering the Permanent Danger Zone (PDZ), especially near the Main Crater.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Antarctique : des volcans sous la glace // Antarctica : volcanoes beneath the ice

Lorsque je mentionne l’Antarctique dans mon blog, c’est généralement pour alerter sur les conséquences du réchauffement climatique. La glace de mer fond et les plates-formes glaciaires qui bordent l’Antarctique occidental risquent de ne plus être en mesure de retenir les immenses glaciers à l’intérieur des terres. S’ils atteignent l’océan Austral, leur fonte fera considérablement monter le niveau de la mer dans le monde.
Outre les glaciers, le continent blanc cache sous sa surface gelée pas moins de 138 volcans. 91 d’entre eux ont été découverts pour la première fois dans le cadre d’une étude réalisée en 2017 et publiée dans la revue de la Geological Society.
Bien que ces volcans soient considérés comme jeunes d’un point de vue géologique, les scientifiques sont incapables de dire lesquels sont réellement actifs. Actuellement, seuls deux volcans sont considérés comme actifs : l’Île de la Déception et le Mont Erebus.
Le mont Erebus (3 794 mètres) est le plus haut sommet de l’Antarctique. Il est considéré comme le volcan actif le plus méridional de la planète. Il émet des panaches de gaz et de vapeur, avec parfois des projections de bombes lors d’éruptions stromboliennes. L’Erebus fait partie des rares volcans à héberger un lac de lave permanent au fond du cratère sommital. Dans les années 1980, le volcanologue français Haroun Tazieff a organisé deux expéditions pour analyser les gaz émis par le volcan et collecter des échantillons de lave. Jean-Louis Etienne a organisé une expédition semblable dans les années 1990 mais le lac de lave était à peine visible.
On observe dans la zone sommitale de l’Erebus des bouches qui libèrent des gaz et de la vapeur. Les conditions météorologiques très froides favorisent l’édification de tours de glace autour des fumerolles; elles peuvent atteindre trois mètres de haut.

Cratère de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Cristal d’anorthoclase et échantillon du lac de lave de l’Erebus prélevés par l’équipe Tazieff (Photo: C. Grandpey / Collection personnelle)

L’île de la Déception se trouve dans les îles Shetland du Sud, près de la péninsule Antarctique. Il s’agit de la caldeira d’un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 1970. Il n’y a pas d’activité éruptive en ce moment et le niveau d’alerte volcanique pour l’île est Vert.

 

Source: Wikipedia

Bien que les scientifiques surveillent les volcans de l’Antarctique avec des instruments, ils ne peuvent guère prévoir si et quand l’un d’entre eux pourrait entrer en éruption. L’Erebus et l’île de la Déception ne disposent que d’un petit nombre d’instruments de surveillance permanents. Ces réseaux sont principalement constitués de sismomètres pour détecter l’activité sismique liée à l’activité volcaniques. De temps en temps, les chercheurs déploient des réseaux d’instruments plus denses pour mener des études spécifiques. Toutefois, en raison des conditions météorologiques et des difficultés pour atteindre l’Antarctique, de telles expéditions sont rares et longues à organiser.
Adapté d’un article paru sur le site Live Science.

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When Antarctica is mentioned on my blog, it is usually to warn about the consequences of global warming on this continent. Sea ice is melting and there is the risk that the ice shelves in West Antarctica will no longer be able to buttress the huge inland glaciers. Should they reach the Southern Ocean, their melting would significantly increase sea level around the world.

Beside the glaciers, the white continent is hiding as many as 138 volcanoes volcanoes beneath its frosty surface. Of those volcanoes, 91 were first discovered as part of a 2017 study published in the journal Geological Society.

While these volcanoes are considered young from a geological point of view, scientists are unable to say which ones are really volcanically active. Currently, there are only two volcanoes that are classified as active : Deception Island and Mount Erebus.

Mount Erebus (3,794 meters) is the highest peak on the continent. It is considered the world’s southernmost active volcano. It has been known to emit gas and steam plumes, with occasional projections of bombs during strombolian eruptions. Mount Erebus is also knows for harbouring a persistent lava lake deep inside the summit crater. In the 1980s, French volcanologist Haroun Tazieff organised two expeditions to analyse the gases emitted by the volcano and to collect lava samples. Jean-Louis Etienne organised a similar expedition in the 1990s but the lava lake could hardly be seen.

The summit of Mt Erebus is speckled with volcanic vents that release gases and vapour into the air. As the local weather conditions are very cold, accumulation from these vents can create deposits known as fumarolic ice towers up to three meters high.

Deception Island is in the South Shetland Islands close to the Antarctic Peninsula. It is the caldera of an active volcano which last erupted in 1970. here is no eruptive activity today and the alert level for the island is Green.

Although scientists are monitoring Antarctica’s volcanoes with instruments, it can prove challenging to predict when exactly one might erupt next. Mount Erebus and Deception Island alone only have a small number of permanent monitoring instruments. These networks primarily consist of seismometers to detect seismic activity associated with volcanic unrest. From time to time, researchers deploy more extensive networks of instruments to conduct specific studies. Due to the weather conditions and the difficulties to reach Antarctica, such expeditions are rare and long to organise.

Adapted from an article in Live Science.

Mars 2024, un nouveau mois de records // March 2024, a new month of records

Sans surprise, mars 2024 a été le mois de mars le plus chaud jamais enregistré dans le monde, et s’inscrit dans une série de dix records mensuels consécutifs. Selon l’agence européenne Copernicus, le température des océans a, elle aussi, atteint un niveau record.

La température moyenne du mois de mars 2024 est de 14,14°C, soit 0,73°C au-dessus de la moyenne 1991-2020. C’est aussi 1,68°C au-dessus de l’ère pré-industrielle (1850-1900).

Plus globalement, la température moyenne mondiale sur les 12 derniers mois est la plus élevée jamais enregistrée et dépasse de 1,58°C les niveaux préindustriels. Copernicus confirme que le réchauffement climatique est provoqué par des décennies d’émissions de gaz à effet de serre. Au cours des derniers mois, la hausse des températures s’est accélérée à cause d’El Niño. Ce phénomène de réchauffement est actuellement sur le déclin, mais les températures continuent d’augmenter. Il sera suivi d’une phase neutre et du retour du phénomène de refroidissement La Niña. Reste à savoir si ce retour fera baisser les températures. Ce ne fut pas le cas durant la dernière période La Niña.

Cela fait désormais plus d’un an que la température des océans, régulateurs majeurs du climat qui recouvrent 70% de la Terre, ne cesse de battre des records. Mars 2024 a même établi un nouveau record absolu, tous mois confondus, avec 21,07°C de moyenne mesurés à leur surface (hors zones proches des pôles).

S’agissant des océans, leur température anormalement haute menace la vie marine et entraîne plus d’humidité dans l’atmosphère, ce qui favorise le développement d’événements extrêmes tels que vents violents et pluies torrentielles, vagues de chaleur, sécheresses, inondations et incendies de forêt. Ce réchauffement réduit aussi l’absorption des émissions de gaz à effet de serre par les mers. Ces dernières sont des puits de carbone qui emmagasinent 90% de l’excès d’énergie provoquée par l’activité humaine.

Source : Copernicus.

Les glaciers vous remercient (Photo : C. Grandpey)

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Unsurprisingly, March 2024 was the hottest March on record, part of a series of ten consecutive monthly records. According to the European agency Copernicus, ocean temperatures have also reached a record level.
The average temperature for March 2024 is 14.14°C, 0.73°C above the 1991-2020 average. It is also 1.68°C above the pre-industrial era (1850-1900).
More generally, the global average temperature over the last 12 months is the highest ever recorded and exceeds pre-industrial levels by 1.58°C. Copernicus confirms that global warming is caused by decades of greenhouse gas emissions. In recent months, the increase in temperature has accelerated due to El Niño. This warming phenomenon is currently on the decline, but temperatures continue to rise. It will be followed by a neutral phase and the return of the La Niña cooling phenomenon. It remains to be seen whether this return will lower temperatures. This was not the case during the last La Niña period.

It has now been more than a year since the temperature of the oceans, major climate regulators which cover 70% of the Earth, has continued to break records. March 2024 set a new absolute record, all months combined, with an average of 21.07°C measured on their surface (excluding areas near the poles).
When it comes to the oceans, their abnormally high temperatures threaten marine life and bring more humidity into the atmosphere, which favours the development of extreme events such as violent winds and torrential rains, heat waves, droughts, floods and forest fires. This warming also reduces the absorption of greenhouse gas emissions by the seas. The latter are carbon sinks which store 90% of the excess energy caused by human activity.
Source: Copernicus.