Islande vs. Hawaii : qui gagnera le match de l’éruption ? // Iceland vs. Hawaii : who will win the eruption game ?

En Islande et à Hawaii, les observatoires (le Met Office et le HVO) expliquent qu’il faut s’attendre à une éruption dans les prochains jours. Tous les paramètres semblent réunis pour que la lave perce la surface.

En Islande, c’est sur la péninsule de Reykjanes qu’une nouvelle éruption est susceptible de se produire, à l’image de celles du 18 décembre 2023 et du 14 jaanvier 2024. Ces derniers événements ont été brefs. En sera-t-il de même pour le prochain ? Personne ne le sait. Personne ne sait, non plus où la lave sortira : dans le secteur de la centrale géothermique de Svartsengi ? A proximité de Grindavik ? Mystère !

Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs paramètres montrent que le magma continue de s’accumuler sous terre depuis la mi janvier. Les derniers modèles indiquent qu’environ 6,5 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous la région de Svartsengi. C’est quasiment le même volume qu’avant l’éruption de janvier 2024.
Le soulèvement du sol près de la centrale de Svartsengi et du Lagon Bleu atteignait 8 millimètres par jour ces derniers temps, ce qui est un peu plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier. La chambre magmatique sous Svartsengi est probablement en expansion et pourrait finir par provoquer une éruption ou donner naissance à une intrusion magmatique comme celle qui s’est produite sous la ville de Grindavík fin 2023.

L’éruption du 14 janvier 2024 (image webcam)

A Hawaii, le HVO enregistre toujours un essaim sismique sous le Kilauea. La plupart des événements se produisent sous la zone de faille de Koa’e, à 8-12 km au sud-ouest de la caldeira sommitale.
Les inclinomètres de Sand Hill et au niveau de la falaise d’Uēkahuna continuent de montrer des mouvements du sol dans des directions et des vitesses constantes. On constate que la zone sommitale se dégonfle à mesure que le magma se déplace de ce secteur vers le sud-ouest.
Une importante intrusion de lave, estimée à 30 millions de mètres cubes, s’est produite au sud et au sud-ouest de la caldeira du Kilauea depuis le 27 janvier 2024. Le HVO explique que, tant que l’intrusion se poursuit, il existe un risque que l’éruption se produise à l’intérieur ou au sud-ouest de la caldeira, sans prévenir longtemps à l’avance.

La lave va-t-elle réapparaître dans le cratère de l’Halema’uma’u? (Image webcam)

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Dernière minute : Dans une mise à jour publiée le 3 février 2024 au matin, le HVO indique que la sismicité et la déformation du sol depuis le sommet du Kīlauea en direction du sud-ouest, le long du système de failles de Koa’e, ont considérablement diminué au cours des dernières 24 heures. L’intrusion magmatique dans cette zone semble avoir ralenti et la probabilité d’une éruption semble s’éloigner. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé de WATCH (Vigilance) à ADVISORY (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne a été réduite d »ORANGE à JAUNE.
Source : HVO.

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In Iceland and Hawaii, the observatories (the Met Office and the HVO) explain that an eruption is expected in the coming days. According to the parameters, lava is likely to break through the surface.

In Iceland, a new eruption might occur on the Reykjanes Peninsula, like on December 18th, 2023 and January 14th, 2024. These events were short-lived. Will it be the same for the next eruption? No one knows. Nobody knows where lava will come out either: in the area of the Svartsengi geothermal power plant? Close to Grindavik? It is a mystery ! As I indicated previously, several parameters show that around 6.5 million cubic meters of magma have accumulated beneath the Svartsengi region since mid-January.

Land by the Svartsengi Power Plant and the Blue Lagoon has risen by up to 8 millimetres per day in recent days, slightly faster than before the January 14th eruption outside the town of Grindavík. This indicates that the magma chamber beneath Svartsengi is likely expanding and could eventually cause an eruption or form a magma intrusion like the one that occurred beneath the town of Grindavík at the end of 2023. An eruption might occur with little advanced warning.

In Hawaii, HVO is still recording a seismic swarm with most earthquakes occurring beneath the Koaʻe fault zone, 8-12 km southwest of the Kilauea caldera.

Tiltmeters at Sand Hill and Uēkahuna bluff continue to show ground motion at consistent directions and rates, suggesting that the summit region is deflating as magma moves from this region to the southwest.

A significant lava intrusion (30 million cubic meters) has occurred south and southwest of the Kīlauea caldera since January 27th, 2024. HVO explains that as long as the intrusion continues, there is a chance that an eruption could occur within or southwest of the caldera with little advanced warning.

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Last minute : In an update released on February 3rd, 2024 in the morning, HVO indicates that earthquake and ground deformation rates extending from Kīlauea summit southwest along the Koa‘e fault system have decreased significantly over the past 24 hours. The intrusion of magma into this area appears to have slowed, and the likelihood of an eruption has decreased. The Volcano Alert Level was lowered from from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Source : HVO.

 

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon une scientifique du Met Office islandais, une nouvelle éruption pourrait se produire dès la semaine prochaine sur la péninsule de Reykjanes. Le soulèvement du sol dans le secteur de ,Svartsengi est plus rapide qu’avant l’éruption de janvier 2024. [N.B  : ma prévision personnelle était une éruption à la mi-février,….mais je peux avoir tout faux ! En fait, personne ne sait.]
Les derniers modèles (1er février 2024) basés sur les données GPS indiquent qu’environ 6,5 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous la région de Svartsengi. Cela signifie que le magma atteindra bientôt le même volume qu’avant l’éruption de janvier 2024.
Le soulèvement du sol près de la centrale de Svartsengi et du Lagon Bleu atteignait 8 millimètres par jour ces derniers temps, ce qui est un peu plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier à l’extérieur de Grindavík. Cela indique que la chambre magmatique sous Svartsengi est probablement en expansion et pourrait finir par provoquer une éruption ou donner naissance à une intrusion magmatique comme celle qui s’est produite sous la ville de Grindavík fin 2023.
La scientifique ajoute qu’une éruption pourrait se produire sans préavis. Il faut garder à l’esprit que l’activité sismique n’a augmenté qu’une heure avant l’éruption de décembre 2023 à Sundhnúkagígar.
Source: Met Office, Iceland Review.

La dernière éruption a permis d’admirer de belles fontaines de lave (image webcam)

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La lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance). La coulée de lave reste concentrée au centre du dôme.sommital Cette activité a été confirmée par des images radar. Les webcams et les données sismiques ont été perturbées en raison d’une panne de courant liée à un orage.
Source : AVO.

Crédit photo : AVO

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Le 31 janvier 2024, le HVO m’a envoyé un message indiquant que le Kilauea (Hawaï) n’était pas en éruption, mais qu’une activité sismique intense et un soulèvement significatif du sol étaient observées au sommet du volcan. Ces événements étaient les signes d’un mouvement du magma dans le sous-sol. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été respectivement relevés à WATCH (Vigilance) et à la couleur ORANGE en raison de cette activité.
Au moment du message, le HVO ne pouvait pas dire avec certitude si cette activité déboucherait sur une éruption ; elle pouvait rester sous terre. Cependant, une éruption sommitale à l’intérieur du Parc national, et loin des infrastructures, était une possibilité. En effet, la hausse de la sismicité et la déformation se limitent à la région sommitale et aucune activité particulière n’a été observée sur la zone de Rift Est ou la zone de Rift Sud-Ouest.
Source : HVO.

Le cratère de l’Halema’uma’u (image webcam du 1er février 2024) est actuellement inactif, mais peut-être pas pour très longtemps… (Image webcam)

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L’activité éruptive de l’Ibu (île Halmahera / Indonésie) se poursuit avec de fortes explosions au niveau du cône de scories au sein de la caldeira sommitale. Le PVMBG a enregistré deux éruptions significatives le 31 janvier 2024, avec des colonnes atteignant 4,5 km de hauteur. .
Tout au long du mois de janvier, l’Ibu a maintenu une activité éruptive, avec des émissions quotidiennes de cendres allant du blanc et gris au gris et au brun, avec des panaches s’élevant de 200 à 1 300 m au-dessus du sommet. Des explosions font parfois vibrer les vitres des localités proches du volcan.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de quatre niveaux). Le public est prié de rester au-delà d’un rayon de 2 km et de 3,5 km dans le secteur nord du cratère actif.
Source : PVMBG.

Activité éruptive de l’Ibu en mai 2022

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Dans la matinée du 25 janvier 2024, une petite éruption phréatique dans le cratère du Poás (Costa Rica) a généré un panache de vapeur qui s’est élevé à plus de 500 m de hauteur. C’est le panache le plus haut enregistré depuis le 30 septembre 2019. L’événement a entraîné la réduction du nombre de personnes autorisées à se tenir sur la plate-forme d’observation. Seules 56 visiterus à la fois sont désormais acceptés et ils foivent porter des casques. Dans l’après-midi du 26 janvier, une éruption phréatique encore plus importante a éjecté des matériaux à 300 m au-dessus de la surface du lac et a produit un panache de gaz et de vapeur qui s’est élevé à 700 m de hauteur. Les 26 et 27 janvier, un dégazage quasi constant accompagné de bouillonnements a été observé sur le lac.
Source : OVSICORI.

Crédit photo : Wikipedia

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Dans un bulletins spécial, le PHIVOLCS a signalé une hausse de la sismicité sur le Bulusan (Philippines), avec un total de 126 secousses enregistrées par le réseau sismique au cours la journée du 28 janvier 2024. Les événements avaient des magnitudes comprises entre M 0,3 et M 2,2, avec des hypocentres situés à des profondeurs de 1 à 9 km sous les flancs N et NO. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et il est rappelé au public de ne pas entrer dans la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 km.

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo : Wikipedia

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Du 13 au 23 janvier 2024, des coulées de lave étaient émises par des bouches dans le pit cratère Sud de l’Erta Ale (Éthiopie). Au vu des images satellitaires, elles ont parcouru environ 500 m vers le sud, 200 m vers le nord-ouest et 250 m vers le sud-sud-ouest. Des visiteurs du volcan ont pris des photographies et réalisé des vidéos de petites fontaines de lave jaillissant d’un cône et de coulées de lave pahoehoe. L’activité s’est sensiblement accrue dans la matinée du 27 janvier. Aucune mention n’est faite d’un lac de lave dans le cratère.
Source : Copernic, Aventure et Volcans.

Activité éruptive dans le cratère sud de l’Erta Ale

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

According to a scientist at the Icelandic Met Office, another eruption could occur as soon as next week on the Reykjanes Peninsula. Land uplift at Svartsengi is observed at a faster rate than prior to the January 2024 eruption in the area. [N.B : my personal prediction was an eruption by mid February, ….but I may be wrong ! Actually, nobody knows.]

Land by the Svartsengi Power Plant and the Blue Lagoon has risen by up to 8 millimetres per day in recent days, slightly faster than before the January 14th eruption outside the town of Grindavík. This indicates that the magma chamber beneath Svartsengi is likely expanding and could eventually cause an eruption or form a magma intrusion like the one that occurred beneath the town of Grindavík at the end of 2023.

The scientis adds that an eruption could occur with little notice One should keep in mind that seismic activity only increased one hour before the December eruption at Sundhnúkagígar.

Source : Iceland Review.

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The slow eruption of lava continues in the summit crater of Great Sitkin (Aleutians / Alaska).. The Aviation Color Code remains at Orange and Alert Level at Watch. The lava flow is concentrated at the center of the dome. This activity was confirmed through radar images. Local webcams and seismic data communications have been disrupted due to a storm-related power failure.

Source : AVO.

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On January 31st, 2024, HVO sent me a message indicatinfg that Kilauea (Hawaii) was not erupting, but increased earthquake activity and inflationary ground deformation were observed at the summit of the volcano. These events were the signs of movement of magma in the subsurface. The volcano alert level and the aviation color code were respectively raised to WATCH and ORANGE due to this activity.

At the time of the message, HVO could not say with certainty if this activity would lead to an eruption; the activity might remain below ground. However, a summit eruption within Hawaii Volcanoes National Park and away from infrastructure, was one potential outcome. Indeed, ncreased seismicity and deformation remain restricted to the summit region and no unusual activity has been noted in the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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Eruptive activity at Ibu ( Halmahera Island / Indonesia) continues with strong explosions from the cinder cone within the summit caldera. PVMBG recorded two significant eruptions on January 31st, 2024, with as columns up to 4.5 km. .

Throughout January, Ibu maintained a state of eruption, with daily ash emissions ranging in color from white-and-gray to gray-to-brown, rising 200 – 1 300 m above the summit. Explosions sometimes vibrate the windows in municipalities close to the volcano.

The Alert Level remains at 2 (on a four-tier scale). The public is asked to stay beyond a 2 km radius and 3.5 km from the northern sector of the active crater.

Source : PVMBG.

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In the morning of 25 January, 2024, a small phreatic eruption at Poás (Costa Rica) produced a steam plume that rose more than 500 m high. The event produced the tallest plume recorded since 30 September 2019. The event resulted in the restriction of the number of people allowed to stand on the viewing platform to 56 at a time and visitors were required to wear hardhats. In the afternoon of 26 January a more significant phreatic eruption ejected material 300 m above the lake’s surface and produced a gas-and-steam plume that rose 700 m high. During 26-27 January, near constant degassing accompanied by bubbling was observed in the lake.
Source : OVSICORI.

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In a special advisory, PHIVOLCS reported increased seismicity at Bulusan (Philippines), characterized by a total of 126 volcanic-tectonic earthquakes recorded by the seismic network during 28 January, 2024. The events had magnitudes Between M 0.3 and M 2.2 and were located at depths of 1-9 km beneath the N and NW flanks.The Alert Level remains at 1 and the public is reminded not to enter the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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During 13-23 January, 2024, lava flows were emited by vents in Erta Ale’s S pit crater (Ethiopia) and traveled about 500 m S, 200 m NW, and 250 m SSW based on satellite images. Visitors to the volcano took photographs and video of low lava fountaining at a cone and advancing pahoehoe flows. Activity increased notably during the morning of January 27th. No mention was made of a lava lake within the crater.

Source : Copernicus, Aventure et Volcans.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le mystère des cratères d’explosion en Sibérie peut-être résolu // The mystery of Siberia’s exploding craters may have been solved

Dans une note publiée le 3 juillet 2017, j’expliquais que deux nouveaux cratères étaient apparus en Sibérie sur la péninsule de Yamal, le dernier en date ayant explosé le 28 juin 2017. Ces nouveaux cratères venaient s’ajouter à quatre autres grandes cavités découvertes les années précédentes, ainsi qu’à des dizaines d’autres, plus petites, repérées par satellite. La formation des deux cratères avait entraîné une explosion suivie d’un incendie de végétation, signes évidents de l’éruption de poches de méthane sous la surface de la péninsule de Yamal.

En 2024, les scientifiques avancent une nouvelle explication aux explosions de cratères géants qui apparaissent de manière aléatoire dans le pergélisol sibérien. Ces cratères, qui atteignent 50 mètres de profondeur et 20 mètres de diamètre, qui ont été repérés pour la première fois en 2012, intriguent les scientifiques. Certains témoins expliquent que les explosions de ces cratères peuvent être entendues à 90 km de distance.
Dans une nouvelle étude, des scientifiques norvégiens expliquent que le gaz naturel chaud s’échappant de poches souterraines pourrait être à l’origine des explosions. Cela pourrait expliquer pourquoi les cratères n’apparaissent que dans des zones spécifiques de Sibérie.
Le pergélisol emprisonne beaucoup de matières organiques. À mesure que les températures augmentent, il dégèle, ce qui permet aux matériaux de se décomposer. Ce processus libère du méthane. C’est pourquoi les scientifiques ont tout d’abord pensé que le méthane percolant à travers le permafrost proprement dit était à l’origine des cratères. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi ces cratères explosifs se trouvent dans des endroits bien précis.
Seuls huit de ces cratères ont été identifiés jusqu’à présent, tous dans une zone bien précise : les péninsules de Yamal et de Gydan en Sibérie occidentale, dans le nord de la Russie.

Les auteurs de l’étude pensent que la formation de cratères repose sur un mécanisme bien précis : le gaz naturel chaud, qui s’infiltre à travers une sorte de faille géologique, s’accumule sous la couche de sol gelé et réchauffe le pergélisol par en dessous. Ce panache de gaz chaud fait fondre le pergélisol par le bas, ce qui le fragilise et le rend plus susceptible de s’effondrer. Une explosion ne peut se produire que si le pergélisol est suffisamment mince et faible pour lâcher prise. Par ailleurs, à la surface, la hausse des températures fait fondre la couche supérieure du pergélisol. Ce double ensemble de facteurs crée les conditions idéales pour que le gaz soit libéré soudainement, déclenchant soit une explosion, soit un « effondrement mécanique » provoqué par le gaz sous pression. C’est ce processus qui crée le cratère. La région regorge de réserves de gaz naturel, ce qui conforte la théorie décrite dans l’étude.

Source: The Siberian Times

D’autres cratères ont pu se former et disparaître avec le temps lorsque l’eau et le sol à proximité se sont effondrés pour combler le vide laissé par les cavités. L’image satellite de la péninsule de Yamal montre qu’il existe des milliers de dépressions en forme de plaques rondes. La plupart d’entre elles, voire la totalité, sont peut-être des thermokarsts (dépressions et affaissements du sol dus au dégel du pergélisol), mais il pourrait également s’agir de cratères antérieurs.
Même si l’idée est intéressante, il faudra davantage de preuves pour démontrer que ces réserves de gaz s’accumulent sous le pergélisol. Si l’hypothèse s’avère correcte, elle pourrait entraîner une révision des modèles climatiques. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Cela pourrait signifier que les cratères agissent comme d’immenses cheminées par lesquelles le gaz nocif serait soudainement libéré dans l’atmosphère.
Cependant, si ce phénomène n’existe que dans une zone très limitée, il se peut que son impact soit infime à l’échelle mondiale. Même s’il est probable qu’un énorme volume de méthane est stocké dans le sous-sol, on ne sait pas exactement quelle quantité pourrait en être évacuée en surface. La priorité est de comprendre quelle quantité de méthane s’échappe naturellement au travers de ces cratères, puis de comparer cette quantité. à celle réellement présente dans le pergélisol. Les scientifiques auront alors une idée plus réaliste du volume susceptible d’être rejeté dans l’atmosphère en raison du réchauffement climatique.

Source : Yahoo Actualités, Business Insider.

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In a post published on July 3rd, 2017, I explained that two new craters had appeared in Siberia on the Yamal peninsula, with the latest exploding on June 28th. These new craters added to four other big holes found in recent years, plus dozens of tiny ones spotted by satellite. The formation of both craters involved an explosion followed by fire, obvious signs of the eruption of methane gas pockets under the Yamal surface.

In 2024, scientists are putting forward a new explanation for the giant exploding craters that have been randomly appearing in the Siberian permafrost. These craters, reaching 50 meters in depth and 20 meters in width, were first spotted in 2012 and have been puzzling scientists since that time. Some reports have suggested the explosions of these craters can be heard 90 km away.

In a new study, Norwegian scientists are proposing that hot natural gas seeping from underground reserves might be behind the explosions. This could explain why the craters are only appearing in specific areas in Siberia.

Permafrost traps a lot of organic material. As temperatures rise, it thaws, allowing that mulch to decompose. That process releases methane. This is why scientists had naturally proposed the methane seeping from the permafrost itself was behind the craters. However, this theory does not explain why the so-called exploding craters are so localized.

Only eight of these craters have been identified so far, all within a very specific area: the Western Siberian Yamal and Gydan peninsulas in Northern Russia. The authors of the study suggest there is a mechanism at play : hot natural gas, seeping up through some kind of geological fault, is building up under the frozen layer of soil and heating the permafrost from below. Those hot gas plumes help thaw the permafrost from the bottom, making it weaker and more likely to collapse. This explosion can only happen if the permafrost is thin and weak enough to break. Rising temperatures melt the upper layer of the permafrost at the same time. This creates the perfect conditions for the gas to be freed suddenly, triggering either an explosion or a « mechanical collapse » caused by the gas, which is under pressure. That creates the crater. The area is rife with natural gas reserves, which lines up with the study’ theory.

According to the scientist’s model, more of these craters could have been created and have since disappeared as nearby water and soil fell in to fill the gap. The satellite image of the Yamal Peninsula shows that there are thousands of these round plate-like depressions. Most or all of them could have been thermokarsts, but potentially they could also be earlier craters that have formed.

While the idea has merit, more evidence will be needed to show these reserves of gas are building under the permafrost. If the hypothesis is found to be correct, this could spell trouble for climate models. Methane is a potent greenhouse gas. This could mean the craters are acting like huge chimneys through which the damaging chemical could be freed suddenly into the atmosphere,

However, if this phenomenon only exists in this very limited area, it may be that the impact is minute on a global scale. While there is likely a large amount of methane stored in underground reserves, it is not clear how much of that could get out.A priority is to understand first and foremost how much methane is naturally leaking from these kind of systems, and then compare that to how much methane is actually within the permafrost for organic matter. Then, scientists will have a more realistic idea of how much can be released because of global warming.

Source : Yahoo News, Business Insider.