La technologie InSAR au service des volcans // InSAR technology to monitor volcanoes

En mars et décembre 2015, j’ai rédigéé plusieurs notes à propos de l’utilisation de la technologie InSAR en volcanologie, en particulier pour contrôler les déformations des Champs Phlégréens (Italie) et du Kilauea (Hawaii). Aujourd’hui, un article publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) aborde à nouveau ce sujet.

Les satellites sont devenus essentiels pour surveiller les volcans actifs. En particulier, ils permettent de garder un oeil sur des volcans difficiles d’accès, et ils offrent des perspectives impossibles à obtenir depuis le sol. Les satellites en orbite autour de la Terre peuvent fournir des images classiques d’un lieu, mais également des images thermiques. Ils peuvent aussi mesurer des quantités et des types de gaz, des changements de gravité et de topographie.
Une avancée majeure a été l’arrivée de l’InSAR (Radar interférométrique à synthèse d’ouverture) pour mesurer de petites variations de surface du sol sur un édifice volcanique. Les satellites radar à synthèse d’ouverture (RSO) envoient à intervalles réguliers des ondes radar qui rebondissent sur la Terre et reviennent vers le satellite. Il faut deux ensembles d’ondes concernant la même zone pour mesurer les changements dans le temps. S’il n’y a pas eu de changement de forme du volcan pendant le laps de temps entre les images, les signaux parcourent la distance dans le même laps de temps. Cependant, si le volcan a changé au cours de processus d’inflation ou de déflation, il sera plus proche ou plus éloigné dans la deuxième image. Il faudra donc plus de temps à l’onde radar pour parcourir la distance entre le satellite et le sol, puis revenir au satellite.
En attribuant à deux ondes décalées une couleur basée sur la taille du décalage, on obtient un ensemble unique de couleurs en bandes qui représentent le nombre de longueurs d’onde séparant les deux images. C’est ainsi que se conçoivent les interférogrammes. Les anneaux concentriques de couleur montrent le niveau d’inflation ou de déflation de la surface d’un volcan.
Si l’InSAR est utile pour surveiller les mouvements à la surface d’un volcan, les scientifiques sont parfois confrontés à des difficultés. Les images InSAR recueillies à partir d’un satellite sont souvent perturbées par des signaux liés aux changements de l’atmosphère terrestre entre les passages du satellite. Ce « bruit atmosphérique » est particulièrement apparent avec les changements de topographie. Sur les volcans actifs très hauts, comme le Mauna Loa, les flancs pentus peuvent amplifier les signaux atmosphériques, laissant supposer à tort qu’un changement significatif s’est produit.

À première vue, l’image de gauche (A) pourrait sembler montrer une inflation simultanée du Mauna Kea et du Mauna Loa. Cependant, on sait, grâce aux instruments GPS du HVO, que le Mauna Kea ne montre pas de déformation significative. Les scientifiques peuvent donc conclure que les signaux InSAR sur le Mauna Loa ne sont probablement pas fiables dans ce cas précis. L’image B est un autre exemple d’interférogramme InSAR avec un bruit atmosphérique important. Une légère déformation du Mauna Loa et la zone de rift sud-est du Kilauea est visible sur ces images, mais reste difficile à discerner du bruit atmosphérique.

Une autre méthode consiste à comparer plusieurs images InSAR. Les satellites RSO capturent des images dans les directions ascendante (vers le nord) et descendante (vers le sud) lorsqu’ils orbitent autour de la Terre. En créant une deuxième image InSAR, avec le même laps de temps, mais à partir de différentes « directions de visée » RSO, il est possible de comparer deux interférogrammes du même événement. Si la déformation est réelle sur la zone étudiée, les deux images InSAR provenant de directions opposées montrent des niveaux de mouvement similaires.
Les scientifiques du HVO utilisent constamment les satellites et d’autres outils pour analyser le mouvement du magma dans les volcans d’Hawaii afin d’essayer d’identifier les signes d’éruptions imminentes.
Source : USGS/HVO.

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In March and December 2015, I wrote several posts about the use of InSAR technology in volcanology, in particular to monitor deformations of the Phlegraean Fields (Italy) and Kilauea (Hawaii). Today, an article published by the Hawaii Volcano Observatory (HVO) addresses this subject again.

Satellites have become one of the fundamental tools used to monitor active volcanoes. In particular, they allow to monitor volcanoes that are otherwise hard to access and provide perspectives that are not possible to get from the ground. Satellites orbiting the Earth can provide normal “pictures” of a place, but can also provide thermal images, measure amounts and types of gases, changes in gravity and topography.

One of the most revolutionary advances has been the use of InSAR (Interferometric Synthetic Aperture Radar) to measure small changes in shape over an entire volcano. Synthetic Aperture Radar (SAR) satellites send timed radar waves that bounce off the Earth back to the satellite. It takes two sets of waves of the same area to measure change over time. If there has been no change to the volcano for the time between images, the signals travel the distance in the same amount of time. However, if the volcano has changed by either inflating or deflating, the volcano will be closer or further away in the second image. It will take more time for the radar wave to travel the distance from satellite to the ground, then back to the satellite.

If the difference between two offset waves are assigned a color based on the size of the offset, they produce a unique set of banded colors that represent the number of wavelengths separating the two images. This process produces interferograms. Concentric rings of color relate to the amount of surface inflation or deflation of a volcano.

While InSAR is useful for monitoring volcanic motions, it is not without problems. The nature of how InSAR images are gathered from a radar satellite often unintentionally captures signals associated with the changes in the Earth’s atmosphere between satellite passes in addition to ground surface change. This additional “atmospheric noise” is especially apparent with changes in topography. At active volcanoes that are very tall, like Mauna Loa, the sloping flanks can magnify atmospheric signals, falsely suggesting that significant change has occurred.

At first glance, the left image (A) above could seem to show both Mauna Kea and Mauna Loa inflating at the same rate simultaneously. However, we know from the HVO GPS instruments that Mauna Kea shows no evidence for significant deformation, so scientists can conclude that the InSAR signals on Mauna Loa are mostly likely unreliable in this specific instance. Image B is another example of an InSAR interferogram with heavy atmospheric noise. Some slight deformation on Mauna Loa and the Southeast Rift Zone of Kilauea is visible in these images, yet still hard to discern from the atmospheric noise.

Another method is to compare multiple InSAR images. SAR satellites capture images in both ascending (traveling northward) and descending (traveling southward) directions as they orbit the planet. By creating a second InSAR image, with the same time span, but from different SAR “look directions,” it is possible to compare two interferograms of the same event. If the deformation is real over the survey area, then both InSAR images from opposing directions would show similar rates of motion.

HVO scientists are constantly using these and other tools to track the movement of magma within Hawaii’s volcanoes in order to identify the warning signs of impending eruptions.

Source: USGS / HVO.

Le delta du Nil sous la menace du réchauffement climatique // Global warming threatens the Nile Delta

C’est un peu comme notre Camargue dans le delta du Rhône (voir ma note du 10 novembre 2022), mais à plus grande échelle. Situé sur la côte nord de l’Égypte le long de la Méditerranée, le delta du Nil est l’un des trois points chauds de la planète les plus vulnérables aux impacts du réchauffement climatique, en particulier l’élévation du niveau de la mer.
Alors que l’Égypte accueille ce mois-ci la COP27 sur le climat, la situation du delta, connu depuis des millénaires pour son sol fertile, est un sujet d’inquiétude. La région espère recevoir de l’aide pour faire face aux conséquences du réchauffement de la planète.
Le delta couvre environ 240 kilomètres carrés et s’étale au nord du Caire, la capitale, Le Nil se divise alors en plusieurs bras qui ont déposé du limon et créé une terre riche et fertile en se dirigeant vers la mer. Depuis l’Antiquité, la région est le grenier de l’Égypte.
Le delta du Nil est fortement peuplé; il abrite environ 40% des 104 millions d’habitants de l’Égypte et, selon l’agence alimentaire des Nations Unies, il représente la moitié de l’économie du pays. Les fermes et les pêcheries le long des deux bras du Nil, Rosette à l’ouest et Damiette à l’est, contribuent à nourrir le pays et à fournir des produits destinés à l’exportation.
Toute cette économie est de plus en plus menacée par le réchauffement climatique et la montée des eaux de la Méditerranée. Un quart du delta se trouve au niveau de la mer ou en dessous. Une hausse du niveau de la mer entre 50 centimètres et 1 mètre – qui pourrait se produire d’ici 2100, selon les prévisions du GIEC – déplacera le littoral vers l’intérieur de plusieurs kilomètres, submergeant de vastes zones agricoles et rendant la terre stérile à cause du sel. Cela entraînera de graves défis pour les infrastructures côtières et l’agriculture, et pourrait aussi conduire à la salinisation des aquifères côtiers, y compris dans le delta du Nil. Le scénario jugé le plus probable par le GIEC est que la mer montera de 0,3 à 0,6 mètre d’ici 2100, ce qui rendra des milliers d’hectares impropres à l’agriculture ou à l’habitation.
Représentant plusieurs générations, les agriculteurs, les pêcheurs et les habitants du delta du Nil disent ressentir les effets du réchauffement climatique depuis des années, en particulier l’élévation du niveau de la mer. Ils ont constaté une plus grande érosion des berges et la contamination des eaux souterraines par le sel. L’eau salée s’introduit dans le sol avec la pression exercée par la montée de l’eau de mer; en revanche, la contre-pression de l’eau douce a diminué. L’intrusion d’eau salée est la menace la plus sérieuse pour le delta. Cela signifie moins de productivité et dans de nombreux cas la mort des cultures et donc l’insécurité alimentaire.
Les pratiques agricoles ont radicalement changé ces dernières années. Les paysans cultivaient autrefois des tomates, des aubergines, des citrouilles et d’autres légumes. Aujourd’hui, ils cultivent principalement des mangues et des agrumes qui sont moins vulnérables au sel.
Il y a une dizaine d’années, certains agriculteurs ont surélevé leurs terres agricoles d’un ou deux mètres pour lutter contre la montée des eaux chargées de sel dans leurs exploitations. Cela leur a coûté environ 100 000 dollars. L’élévation, couplée à un système d’apport d’eau douce mis en place par le gouvernement afin de réduire le sel dans le sol, a permis de gagner du temps. Avec l’apport de tonnes de terre, ces agriculteurs cultivent des plantes dans des zones surélevées. Ils utilisent des engrais naturels ou chimiques pour contrer la salinité du sol. Sans ces mesures, la terre deviendrait rapidement aride. Au final, ces agriculteurs espèrent que les terres agricoles surélevées et le système d’apport d’eau douce élaboré par le gouvernement leur permettra de survivre, malgré les engrais chimiques coûteux. On peut craindre que, sans de nouvelles aides du gouvernement, des milliers de personnes abandonnent leurs fermes.
La région du delta du Nil a toujours été exposée à la mer toute proche, mais les anciens disent que la salinité était compensée par les apports en eau douce et en limon du fleuve. Même après la construction du barrage d’Assouan il y a plus de 50 ans qui a mis fin aux inondations saisonnières, l’eau douce atteignait encore les champs grâce à des canaux. La situation est différente aujourd’hui car le gouvernement a rationné l’utilisation de l’eau pour les besoins agricoles et a donné la priorité à la population croissante du pays. En conséquence, il n’y a plus assez d’eau douce pour évacuer le sel.
Le long de la côte, dans la partie orientale du delta, des digues en béton ont été édifiées juste à l’extérieur de la ville de Port-Saïd dans le but de faire face aux assauts des vagues. Cependant, ces remparts n’ont pas suffi à empêcher la mer d’inonder les restaurants et les cafés en bord de plage dans la ville de Ras el-Bar ces derniers hivers.
Les digues et les systèmes d’apport d’eau douce font partie des efforts du gouvernement égyptien pour protéger le delta des effets du réchauffement climatique. Les autorités ont installé des protections en béton sur 120 kilomètres le long de la côte méditerranéenne,afin d’abriter 17 millions de personnes. Cela équivaut à environ la moitié du littoral du delta et de la ville d’Alexandrie. Toute la côte méditerranéenne le long de l’Égypte s’étend sur 990 kilomètres. Le gouvernement travaille également à la mise en place d’un système permettant d’alerter contre les phénomènes climatiques comme l’élévation du niveau de la mer.
Dans le même temps, les autorités tentent de mettre un terme à des pratiques très polluantes, comme la fabrication de briques et une ancienne coutume agricole, le brûlage de la paille de riz, dont la fumée envahit le ciel du delta chaque année après la récolte. Mais ce n’est qu’une mesurette dans la résolution d’un problème à l’échelle de la planète. Bien que l’Égypte contribue à 0,6 % des émissions globales de dioxyde de carbone, c’est l’un des pays les plus exposés aux impacts du réchauffement climatique.
Source : Yahoo Actualités.

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It is a bit like the French Camargue in the Rhone River Delta (see my post of November 10th, 2022), but at a larger scale. Situated on Egypt’s northern coast on the Mediterranean, the Nile River Delta is one of the world’s three most vulnerable hot-spots to climate change impacts, including rising sea levels.

As Egypt hosts the U.N.’s global climate summit COP27 this month, the predicament of the Delta, known for millennia for its fertile soil, is a matter of worry. Residents are hoping for help to deal with the consequences of a warming planet.

The Delta covers roughly 240 square kilometers, starting just north of the capital of Cairo where the Nile River fans out. The rivers’ branches created the rich, fertile land by depositing silt as they made their way to the sea. Since ancient times, the area has been the food basket of empires.

The Nile Delta area is heavily populated, home to some 40% of Egypt’s 104 million people and, according to the U.N. food agency, accounts for half of the country’s economy. Farms and fisheries along the two Nile branches, Rosetta in the west and Damietta in the east, help feed the country and provide products for export.

All of that is increasingly threatened by climate change and rising seas. A quarter of the Delta sits at or below sea level. An increase between 50 centimeters and 1 meter – which could happen by 2100, according to IPCC forecasts – will shift the coastline inward by several kilometers, submerging large areas and rendering more barren with salt. This would imply severe challenges for coastal infrastructure and agriculture, and can lead to the salinization of coastal aquifers, including the densely populated and cultivated Nile Delta. The scenario judged to be more likely by the IPCC panel is that the sea will rise by 0.3-0.6 meters by 2100. That will still render thousands of hectares unfit for farming or habitation.

Spanning several generations, farmers,fishermen and residents in the Delta say they have sensed climate change’s effects for years, particularly in rising sea levels. They have seen greater shore erosion and groundwater contaminated by salt. The saltwater intrudes as pressure grows from rising sea water, and the counter-pressure from fresh water has lessened. Saltwater intrusion is the most challenging threat to the Delta. It means less productivity and in many cases crops’ death and therefore food insecurity.

Planting practices have changed drastically over the past years. Farmers once grew a variety: tomatoes, eggplants, pumpkins, and other vegetables. Now they grow mostly mango and citrus, which are less vulnerable to salt.

A decade ago, several farmers elevated their farmlands, one field by 1 meter and the second by 2 meters, to combat rising saline water in the body of their farms. It cost them around 100,000 dollars. The elevation, along with a government-built runoff system meant to reduce salt in the soil, bought them some time. Besides bringing in tons of earth, many cultivate plants in raised beds and use whatever natural or chemical fertilizers they can afford to counteract the saline. Without these measures, the land quickly turns desolate. The farmers hope that the newly elevated farmlands and a government-built runoff system will help them survive, in addition to expensive chemical fertilizers. They worry that without more government help, thousands could desert their farms.

The area has always been exposed to the nearby sea, but formers say salinity was kept in check by supplies of fresh water and silt from the Nile. Even after the construction of the Aswan High Dam in over 50 years ago ended seasonal flooding, fresh water still reached the fields through canals. But even that has lessened, as the government has rationed agricultural water use, to account for the country’s growing population. There’s no longer enough water to wash away the salt.

Further down the coast on the eastern side of the Delta, concrete barriers have been put down just outside the city of Port Said, aiming to keep the rising waves back. However, they are still just a half measure. They were not enough to stop waves from flooding beach-side restaurants and cafes in the town of Ras el-Bar in recent winters.

The barriers and runoff systems are part of The Egyptian government efforts to protect the Delta from climate change’s effects. It had installed concrete barriers on 120 kilometers along the Mediterranean coast, meant to shelter 17 million people. That is equivalent to about half the coastline of the Delta and the city of Alexandria. Egypt’s entire Mediterranean coast stretches 990 kilometers. The government is also also working to build a warning system to alert any climatic changes like rises in sea levels.

At the same time, authorities are trying to put a stop to high-polluting practices, like brick-making and an old farming custom, the burning of rice straw, which shrouds the Delta’s skies with smoke every year after the harvest. But this is a small step in tackling a global problem. Though Egypt contributes 0.6% of the global carbon dioxide emissions, it is one of the most vulnerable countries to the impacts of climate change.

Source: Yahoo News.

 

Le delta du Nil vu depuis l’espace (Source: NASA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’activité du Sabancaya (Pérou) reste stable avec une trentaine d’explosions par jour. Elles émettent des panaches de cendres et de gaz qui montent jusqu’à environ 3 km au-dessus du volcan.

Source: IGP.

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaï) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Toute l’activité éruptive récente est restée confinée à l’intérieur du cratère. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet, ou le long des zones de rift Est et sud-ouest. .
L’émission de lave se poursuit à partir de la bouche qui s’est ouverte dans la paroi ouest du cratère. La lave se déverse dans le lac de lave actif et sur le fond du cratère. Des mesures effectuées lors d’un survol le 28 octobre 2022 indiquent que le fond du cratère s’est surélevé d’environ 143 mètres, et que 111 millions de mètres cubes de lave ont été émis depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021.
Source : HVO.

Le Mauna Loa (Hawaï) continue de montrer des signes d’activité mais aucune éruption n’est prévue à court terme. Le réseau sismique détecte toujours des séismes de faible magnitude à 2-5 km sous la caldeira sommitale et à 6-8 km sous le flanc supérieur nord-ouest du volcan. Les instruments GPS au sommet et sur les flancs montrent une inflation continue. Cependant, les données des inclinomètres au sommet ne montrent pas de déformation de surface significative.
Source : HVO.

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De petites explosions ont été détectées ces derniers jours sur le cratère nord du mont Cerberus du Semisopochnoi (Alaska). De plus, le tremor volcanique est réapparu au cours de la même période. Aucune émission de cendres n’a été observée. Cependant, le type d’activité détecté par les instruments est lié à des émissions de cendres au cours des périodes d’activité précédentes. Si elles se reproduisent, ces émissions de cendres seront probablement inférieures à 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces événements ressemblent à l’activité éruptive observée en 2021 sur le Semisopochnoi, sauf depuis le 14 septembre. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique viennent d’être relevés respectivement relevés à la couleur ORANGE et à WATCH (Vigilance).
Source : AVO.

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Les panaches de gaz et de cendres émis par le Kerinci (Sumatra / Indonésie) s’élevaient jusqu’à 400 m au-dessus du sommet début novembre. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive qui avait commencé à augmenter sur le Villarrica (Chili) en décembre 2014 s’est intensifiée au cours des dernières semaines. L’anomalie thermique la plus intense au-dessus du cratère depuis septembre 2019 a été détectée sur les images satellites le 23 octobre 2022. L’incandescence du cratère était visible sur les images de la webcam. Ce même jour, des touristes ont décrit des projections de lave jusqu’à 80 m de hauteur, accompagnées de forts grondements de dégazage. Le 25 octobre, le SERNAGEOMIN a indiqué que l’activité sismique sur le Villarrica avait augmenté, avec une hausse du nombre et de l’amplitude des événements longue période.

En raison de la hausse d’activité, le niveau d’alerte est passé du Vert au Jaune le 8 novembre. La zone de danger s’étale sur un rayon de 500 m autour du cratère actif.
Source : SERNAGEOMIN.

Le Villarrica vu depuis l’espace (Source: NASA)

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On observe toujours une activité explosive significative sur le Fuego (Guatemala). Elle génère des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Comme d’habitude, des retombées de cendres sont observées dans les zones sous le vent. Les ondes de choc font vibrer les structures dans les localités autour du volcan. Des avalanches de blocs descendent plusieurs ravines et atteignent souvent la végétation. Certains jours, les explosions éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 200 m au-dessus du sommet.

Début novembre, l’activité du complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala) est devenue plus explosive. Les émissions de gaz ont augmenté et des nuages de SO2 ont été identifiés sur les images satellites. Les avalanches de blocs du dôme, ainsi que des extrémités et des côtés des coulées de lave, descendaient les flancs S, SO et O du volcan. Des lahars dévalaient également la ravine Cabello de Ángel le 3 novembre, transportant des troncs d’arbres, des branches et des blocs jusqu’à 1 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

Le Santiaguito vu depuis le sommet du Santa Maria (Photo: C. Grandpey)

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Le 8 novembre 2022, le Met Office islandais a abaissé au Vert (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs) la couleur de l’alerte aérienne pour l’Askja (Islande). Bien que les données de déformation indiquent toujours une accumulation de magma en profondeur, avec un soulèvement total de 40 cm depuis août 2021, on n’enregistre pas de sismicité élevée.

Photo: C. Grandpey

De la même manière, le 9 novembre, le Met Office a abaissé au Vert la couleur de l’alerte aérienne pour le Grímsvötn, car aucune augmentation de l’activité n’a été observée sur le court terme, bien que les tendances sur le long terme restent supérieures à la normale.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Activity at Sabancaya (Peru) remains stable with 30 explosions or so each day. They produce ash and gas plumes that rise about 3 km above the volcano.
Source: IGP.

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. All recent eruptive activity has been confined to the crater. No significant changes have been observed at the summit or along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone. .

Eruption of lava from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor continue. Overflight measurements from October 28th, 2022, indicate that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been emitted since the beginning of this eruption on September 29th, 2021.

Continuing unrest is still observed at Mauna Loa (Hawaii) but no eruption is predicted in the short term. The seismic network still detects small-magnitude earthquakes 2-5 km beneath the summit caldera and 6-8 km beneath the upper NW flank of the volcano. GPS instruments at the summit and flanks show continuing inflation. However, data from tiltmeters at the summit do not show significant surface deformation.

Source: HVO.

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Small explosions have been detected in the past days from the north crater of Mount Cerberus at Semisopochnoi (Alaska). In addition, volcanic tremor has resumed during the same time period. Ash emissions have not been observed. However, the type of unrest detected by the instruments was associated with ash emissions during previous periods of unrest and, if occurring, such ash emissions are likely below 3,000 meters above sea level. These events are similar to eruptive activity observed over the last year at Semisopochnoi, but not since September 14th. The Aviation Color Code and the Volcano Alert Level are being raised to ORANGE and WATCH, respectively.

Source: AVO.

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White-and-brown plumes from Kerinci (Sumatra / Indonesia) rose as high as 400 m above the summit in early November. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). The public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: PVMBG.

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The current eruptive activity started at Villarrica (Chile) in December 2014 and increased in the past weeks. The most intense thermal anomaly over the crater since September 2019 was detected in satellite images on October 23rd, 2022, and crater incandescence was visible in webcam images. That same day tourists described seeing splashes of lava ejected up to 80 m, accompanied by loud degassing sounds. On October 25th, SERNAGEOMIN reported that seismic activity at Villarrica had been gradually increasing, with both the number and amplitude of LP events. As a result of increased activity at the volcano, the Alert Level was raised from Green to Yellow on November 8th. The danger zone is considered within a radius of 500 m from the center of the active crater.

Source: SERNAGEOMIN.

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Explosive activity is still recorded at Fuego (Guatemala). It generates ash plumes that rise as high as 1.1 km above the crater. As usual, ashfall is observed in downwind areas.Shock waves rattle structures in communities around the volcano. Block avalanches descend several drainages, often reaching vegetated areas. On some days, explosions eject incandescent material as high as 200 m above the summit.

Early in November, activity at Santiaguito‘s lava-dome complex (Guatemala) became more explosive. Gas emissions increased, and SO2 emissions were identified in satellite images. Block avalanches from the dome, along with the ends and sides of the lava flows, descended the S, SW, and W flanks. Lahars also descended the Cabello de Ángel drainage on November 3rd, carrying tree trunks, branches, and blocks up to 1 m in diameter.

Source: INSIVUMEH.

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On November 8th, 2022, Icelandic Met Office lowered the Aviation Color Code for Askja (Iceland) to Green (the lowest level on a four-color scale). Although deformation data still indicte continuing magma accumulation at depth, with a total uplift of 40 cm since August 2021, it is not accompanied by elevated seismicity.

In the same way, on November 9th, the Met Office lowered the Aviation Color Code for Grímsvötn to Green, noting no short-term increases in activity, though long-term trends remain above background levels.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

« Ocean Viking » : la prononciation coule les journalistes français!

En constatant l’abondance de franglais dans leurs propos à longueur de journée, on serait en droit de penser que les journalistes français manient à la perfection la langue de Shakespeare. Pourtant, l’arrivée de l’Ocean Viking en Méditerranée avec à son bord des migrants impatients de trouver un port d’attache, est source de sacrés problèmes lorsqu’il s’agit de prononcer le nom du bateau.

Voici comment ces deux mots doivent se prononcer :

– Ecoutez « Ocean« , en phonétique /ˈəʊ.ʃən/

https://dictionary.cambridge.org/fr/prononciation/anglais/ocean

Ecoutez maintenant « Viking« , en phonétique /ˈvaɪ.kɪŋ/

https://dictionary.cambridge.org/fr/prononciation/anglais/viking

Le nom du bateau connaît des fortunes diverses dans la bouche des journalistes! Certains le prononcent carrément à la française, ce qui, après tout, n’est peut-être pas la pire des solutions. J’ai pu constater que la plupart font un effort en essayant de prononcer le mot « ocean » à l’anglaise, avec plus ou moins de succès. En revanche, « Viking » reste désespérément français dans l’immense majorité des cas.

L’essentiel est que la bateau sauve des vies, mais un petit effort de prononciation serait tout de même le bienvenu….

Petit remarque à l’attention de la personne qui assure le commentaire de l’excellent documentaire « Quand la mer menace les villes » sur France 5 : l’arrondissement (borough) de Staten Island à New York a une origine néerlandaise remontant au début du 17ème siècle. La prononciation de « Staten » n’a donc rien à voir avec un état. Le mot se prononce à la française, sans diphtonguer la lette « a ».

Crédit photo: Wikipedia