Les méfaits du sel et des pneus cloutés sur les routes // The harmful effects of salt and studded tires on the roads

Avec le réchauffement climatique, les hivers en Europe sont de moins en moins froids, avec de moins en moins de neige et de glace sur les routes. En conséquence, il est moins nécessaire d’épandre du sel pour faire fondre le verglas.
Un article publié dans les médias américains explique que malgré les nouvelles conditions météorologiques, de nombreux Américains vivent dans des zones touchées par la neige et le verglas sur les routes. Chaque année dans ces régions, il faut répandre environ 25 tonnes de sel sur les routes, ce qui permet de réduire le nombre d’accidents d’environ 80 %. Bien que ce soit sans aucun doute une bonne chose en ce qui concerne la sécurité routière, tout ce sel cause de gros dégâts à l’environnement et à l’eau potable. C’est ce qu’explique une nouvelle étude publiée en décembre 2021 dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment.
Les chercheurs ont étudié dans quelle mesure le sel sur les routes affecte les écosystèmes d’eau douce et l’approvisionnement en eau. Ils ont aussi cherché à savoir comment on pourrait réduire l’utilisation de dégivreurs nocifs (produits chimiques utilisés pour faire fondre la neige) sans compromettre pour autant la sécurité de la population.
Le sel utilisé sur nos routes est, la plupart du temps, du chlorure de sodium ordinaire (NaCl), celui que l’on utilise en cuisine. Il agit en abaissant le point de congélation de l’eau (0°C) à environ – 9°C. Aux Etats Unis, le New Hampshire a été le premier État à utiliser ce sel sur les routes en 1938, et dans les années 1970, les scientifiques tiraient déjà la sonnette d’alarme sur ses impacts négatifs de ce sel, s’agissant en particulier de la contamination des puits privés. Malgré cette mise en garde, notre dépendance au sel de voirie n’a fait que s’intensifier, elle a même triplé au cours des 45 dernières années.
Lorsque le temps se réchauffe, la glace et la neige fondent et l’eau de pluie évacue le sel dans la végétation en bordure de route et éventuellement dans les cours d’eau qui se trouvent à proximité. L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) aux États-Unis mesure la contamination causée par le sel de voirie en analysant les niveaux de chlorure. En 1988, l’Agence a établi un seuil de sécurité et déclaré que plus de 230 milligrammes de chlorure par litre d’eau est préjudiciable à la vie aquatique.
En comparant les ensembles de données de la base fournie par l’EPA, les scientifiques ont analysé la concentration de chlorure au fil du temps dans les lacs, les cours d’eau et les zones humides aux Etats Unis. Ils ont constaté que ces seuils étaient régulièrement dépassés. Les lacs avec des routes à proximité sont particulièrement exposés au sel déversé sur la voirie. Les chercheurs ont observé une multiplication par trois du chlorure au cours des 37 dernières années dans l’un des lacs qu’ils ont étudiés dans l’est du pays.
L’étude montre que les seuils actuels définis par l’EPA ne sont pas suffisants. Les impacts du sel répandu sur les routes peuvent être mortels pour l’environnement aux seuils actuels et des études récentes montrent que des effets négatifs peuvent se produire à des niveaux bien inférieurs à ces seuils. Plus inquiétant encore, le chlorure du sel déversé sur les routes se retrouve régulièrement dans l’eau potable. De plus, ce sel a la capacité de mobiliser des produits chimiques nocifs contenus dans le sol, comme le radon et le mercure. Des niveaux élevés de chlorure peuvent également corroder les conduites d’eau en libérant dans l’eau potable des métaux lourds comme le plomb.
Conscientes des dangers potentiels qui accompagnent l’utilisation du sel sur les routes, certaines municipalités ont opté pour des alternatives comme le sable ou le jus de betterave. Cependant, les auteurs de l’étude font remarquer que ces solutions présentent, elles aussi, des inconvénients pour l’environnement et peuvent être d’un coût prohibitif. Au lieu de cela, ils suggèrent un certain nombre de pratiques plus vertueuses.
Le sel destiné à être répandu sur les routes doit toujours être stocké dans des structures avec des murs et des sols imperméables pour éviter les infiltrations. Les auteurs préconisent également le déglaçage, autrement dit le traitement des routes avec de la saumure liquide avant une chute de neige, plutôt que l’épandage du sel après la chute de la neige. De plus, les chasse-neige à bord vif avec plusieurs lames reliées par des ressorts sont préférables aux chasse-neige classiques à bord fixe car ils peuvent enlever plus de neige et réduire le besoin de saler la route.
Les propriétaires de maisons particulières peuvent, eux aussi, participer à l’amélioration de la situation. La plupart des gens utilisent trop de sel pour traiter les surfaces autour de leur maison. Il suffit d’environ 340 grammes de sel pour traiter une allée de 6 mètres de long. Pour empêcher les chlorures nocifs d’atteindre les rivières et les ruisseaux, les propriétaires peuvent balayer l’excès de sel qui reste après les intempéries et le jeter.
Enfin, il faut garder à l’esprit que le sel utilisé habituellement cesse de fonctionner lorsque la température descend en dessous de – 9°C.
Source : Yahoo News.

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Les pneus cloutés sont aujourd’hui interdits en France mais toujours autorisés dans les pays scandinaves. Cependant, un scientifique de l’Agence islandaise de l’environnement a expliqué qu’ils sont un facteur majeur de pollution particulaire. Il l’a démontré lors d’une réunion publique sur l’impact des pneus cloutés sur la qualité de l’air et le revêtement des routes. Selon lui, une voiture avec des pneus cloutés use le revêtement 20 à 40 fois plus qu’une voiture avec des pneus conventionnels. On relève régulièrement des niveaux élevés de pollution particulaire à Reykjavík au printemps lorsque le temps est calme, que les routes sont sèches et que les conducteurs ne sont pas encore passés aux pneus d’été.
Cela montre clairement qu’il est dans l’intérêt des responsables de l’entretien des routes de réduire l’utilisation de pneus cloutés, mais le scientifique reconnaît que le besoin de tels pneus varie selon les endroits. En particulier, les gens qui vivent à la campagne ou ceux qui se déplacent en voiture dans certaines parties de l’Islande ont intérêt à être équipés de pneus cloutés. Lorsqu’il y a du verglas, les pneus cloutés sont préférables.
Le scientifique fait remarquer que les pneus cloutés ne sont pas interdits en Norvège, mais il y a des taxes dans certaines villes; c’est donc à chaque municipalité de décider et il y a des incitations économiques à réduire l’utilisation des pneus cloutés. Les automobilistes qui vivent à la campagne et se rendent à Oslo peuvent acheter un «passeport» pour pneus cloutés, qui peut avoir la forme d’un laissez-passer annuel, mensuel ou quotidien. Un tel système pourrait fonctionner en Islande.
Source : Iceland Review.

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With global warming, winters in Europe are less ans less cold, with less and less snow and ice on the roads. As a consequences, there is less ned to spread salt to make the ice melt.

An article released on U.S. news media explains that despite the new weather conditions, many Americans live in areas impacted by snow and ice. Every year, road crews in these regions dump about 25 tons of salt on roadways, reducing vehicular accidents by approximately 80 percent. And while this undoubtedly a good thing as far as road safety is concerned, all that salt is wreaking havoc on the environment and the drinking water. This was explained in a new study published in December 2021 in Frontiers in Ecology and the Environment.

The researchers set out to learn how road salt is impacting freshwater ecosystems and the water supply, as well as how we might scale back or mitigate the use of hazardous deicers (chemicals used to melt snow) without jeopardizing public safety.

Most road salt is basic sodium chloride (NaCl), the same thing we keep in the kitchen cabinet. It works by lowering the freezing point of water—from 0°C to about – 9°C. New Hampshire was the first state to use road salt in 1938, and by the 1970s, scientists were already sounding the alarm about its potential negative impacts, particularly the contamination of private wells. . Nevertheless, our reliance on road salt has only intensified, tripling over the last 45 years alone.

When the weather gets warmer, the ice and the snow melt and the rain washes the salt into roadside vegetation and eventually into nearby waterways. The U.S. Environmental Protection Agency (EPA) measures the contamination caused by road salt by looking for evidence of chloride. In 1988, the agency established a safety threshold, stating that any more than 230 milligrams of chloride per liter of water is detrimental to aquatic life.

By comparing datasets from the EPA’s database, the scientists analyzed chloride concentration over time in the nation’s lakes, streams, and wetlands, finding that those thresholds were routinely surpassed. Lakes with roads in their drainage basin are particularly vulnerable to salination from road salt. The researchers have observed a three-fold increase of chloride in the last 37 years alone in one of the lakes they have studied.

The study shows that the current EPA thresholds are clearly not enough. The impacts of deicing salts can be sublethal or lethal at current thresholds and recent research suggests that negative effects can occur at levels far below these thresholds. More worryingly, chloride from road salt routinely makes its way into drinking water. What is more, deicing salts have the ability to mobilize harmful chemicals sequestered in the soil, such as radon and mercury. High levels of chloride can also corrode water pipes, releasing heavy metals like lead into the drinking water.

Recognizing the potential hazards that accompany the use of road salt, some municipalities have made the switch to alternatives like sand or beet juice. However, the authors of the study concede that those options come with their own ecological drawbacks and can be prohibitively expensive. Instead, they suggest a number of more advisable practices.

Road salt should always be stockpiled in permanent structures with walls and impermeable floors to prevent seepage. The authors also endorse de-icing: treating roads with liquid salt brine before a storm, rather than scattering salt after the snow has fallen. Additionally, live-edge snowplows with multiple blades connected by springs, rather than conventional plows that have a fixed edge can remove more snow and mitigate the need for road salt.

Homeowners can also be a part of the solution. Most people use too much salt to treat surfaces around their homes. It only takes about 340 grams of salt to treat a 6-meter–long driveway. To prevent harmful chlorides from reaching rivers and streams, homeowners can sweep up excess salt that remains after a storm and throw it away.

Finally, one should keep in mind that ordinary road salt stops working when the temperature falls below – 9°C.

Source: Yahoo News.

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Studded tires are forbidden in France today but are still allowed in Scandinavian countries. Howevern an expert at the Environment Agency of Iceland explained they are a major factor in particulate pollution. He presented the data in an open meeting on the impact of studded tires on air quality and road surfaces. In his opinion, a car with studded tires wears down the road 20-40 times more than a car with conventional tires. High levels of particulate pollution occur regularly in Reykjavík in the spring, when the weather is still, road surfaces are dry, and drivers have not yet switched over to summer tires.

As a consequence, it is clearly in the interest of those responsible for road maintenance to reduce the use of studded tires, but the need for such tires varies. In particuler, people who live out in the countryside or people who are driving in certain parts of Iceland had better to be on studded tires. When there is wet ice, then studded tires have the advantage.

The expert pointed out that studded tires are not banned anywhere in Norway, but there are fees in certain towns, so it is up to each municipality to decide and there has been an economic incentive to reduce the use of studded tires. Those who live in the countryside and drive into Oslo can buy a studded tire “passport,” which can be an annual, monthly, or daily pass. Such a system could work in Iceland.

Source: Iceland Review.

 

Le sang de l’Antarctique // Antarctica’s blood

La Nature peut offrir des mystères étonnants. En Antarctique, Blood Falls est une résurgence d’eau salée teintée de rouge par un oxyde de fer, qui s’échappe du front du Taylor Glacier, dans la vallée du même nom.  Cette eau hyper saturée en sel et riche en fer émerge sporadiquement du glacier à partir de petites fissures. Sa source est un bassin sous-glaciaire de taille inconnue qui se cache sous quelque 400 mètres de glace à plusieurs kilomètres en amont de Blood Falls. Le site a été découvert en 1911 par le géologue australien Griffith Taylor, qui a été le premier à explorer la vallée qui porte son nom.
La cause de la couleur rouge de Blood Falls est restée un mystère pendant des années. Différentes hypothèses chimiques ou microbiennes ont été avancées. Certains scientifiques pensaient que c’étaient les algues présentes dans l’eau qui lui donnaient l’étrange couleur rouge.
L’explication officielle vient d’être révélée par des chercheurs de l’Université de Alaska à Fairbanks. Le liquide qui sort du Taylor Glacier est une saumure riche en fer qui s’oxyde lorsqu’elle entre en contact avec l’air, de la même façon que le fer rouille. Les scientifiques expliquent que l’eau rouge provient d’un petit lac d’eau salée piégé sous le glacier, et qui s’y trouve probablement depuis un million d’années. Ils ajoutent que le lac présente une telle salinité qu’il ne peut pas geler à des températures normales, de sorte que l’eau arrache le fer au substrat rocheux au moment où elle s’infiltre dans la glace avant de déboucher à Blood Falls.
Les chercheurs de Fairbanks ont utilisé un certain type de radar pour suivre la saumure qui alimente Blood Falls. Ils ont parcouru le glacier avec les antennes en suivant des modèles en forme de grille afin de «voir» sous la glace, un peu comme une chauve-souris utilise l’écholocation pour «voir» les choses autour d’elle. Ils ont constaté que l’eau restait liquide malgré l’environnement extrêmement froid du glacier, ce que les scientifiques pensaient impossible jusqu’alors. Bien que cela semble contradictoire, l’eau libère de la chaleur en gelant, et c’est cette chaleur qui réchauffe la glace environnante. Le Taylor Glacier est actuellement le glacier le plus froid au monde connu pour laisser échapper de l’eau en permanence.

Source: Université d’Alaska à Fairbanks.

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Nature may offer surprising mysteries. In Antarctica, Blood Falls is an outflow of an iron oxide-tainted plume of saltwater, flowing from the tongue of Taylor Glacier in the Taylor Valley. Iron-rich hypersaline water sporadically emerges from small fissures in the glacier. The saltwater source is a subglacial pool of unknown size overlain by about 400 metres of ice several kilometres from its tiny outlet at Blood Falls. The reddish deposit was found in 1911 by the Australian geologist Griffith Taylor who first explored the valley that bears his name.

The cause of the red colour of the outflow has remained a mystery for years. Different chemical or microbial hypotheses have been suggested. Some experts assumed that algae in the water were behind the strange red colour.

The definite explanation has just been given by researchers from the University of Alaska Fairbanks. What is coming out of the Taylor Glacier is iron-rich brine which oxidises when it comes in contact with air, in the same way that iron rusts. The scientists say that the red water comes from a small saltwater lake trapped beneath a glacier, which may have been there for a million years. They say the lake is so salty it can’t freeze at normal temperatures and scrapes irons from the bedrock as it seeps through the ice to Blood Falls.

The researchers used a type of radar to detect the brine feeding Blood Falls. They moved the antennae around the glacier in grid-like patterns so that they could ‘see’ what was underneath them inside the ice, just like a bat uses echolocation to ‘see’ things around it. They found that the liquid water actually persisted inside an extremely cold glacier, something that scientists previously thought was impossible. While it sounds counterintuitive, water releases heat as it freezes, and that heat warms the surrounding colder ice. Taylor Glacier is now the coldest known glacier to have persistently flowing water.

Source: University of Alaska at Fairbanks.

Crédit photo: US National Science Foundation.

Résultats de l’analyse de Blood Falls par la National Science Foundation en 2009

(Source : US National Science Foundation)