Une pluie…de records de chaleur !

En France, de nombreux records absolus de chaleur ont été battus, voire pulvérisés, le lundi 18 juillet 2022 dans le Sud-Ouest et sur la façade atlantique. La chaleur se décale vers l’est du pays, qui devrait connaître des températures très élevées ce 19 juillet. D’après Météo France, la vague de chaleur pourrait durer une quinzaine de jours car des vigilances canicule sont susceptibles de persister dans le sud du pays, particulièrement autour de la vallée du Rhône.

Météo-France explique que « des hautes pressions ont favorisé en début de semaine dernière un réchauffement progressif de la masse d’air par effet de compression. Une dépression d’altitude située au large de la péninsule ibérique s’est dirigée vers le golfe de Gascogne, favorisant la remontée d’air particulièrement chaud, et a contribué à l’intensification de la vague de chaleur. »

Il n’en reste pas moins que les valeurs observées le 18 juillet dans l’Ouest après les épisodes récents de juin et juillet 2019, puis juin 2022, ne laissent guère de doute sur le rôle joué par le réchauffement climatique dans la multiplication d’événements aussi intenses. Météo France ne pourra pas se contenter éternellement d’invoquer le contexte météorologique et prendre ces canicules à répétition comme des phénomènes isolés!

Selon la NASA, la température globale en 2022 pour l’ensemble de la planète devrait, une fois de plus, figurer parmi les cinq plus élevées depuis les début des relevés.

Indicateur thermique national du 1er janvier au 18 juillet 2022. Source : Infoclimat, via global-climat

La glace de mer antarctique au plus bas // Antarctica’s sea ice at its lowest

Après avoir montré au début de l’année 2022 la plus faible étendue jamais observée pendant l’été austral, la glace de mer antarctique vient de battre un nouveau record de faiblesse pour l’hiver.
Le continent antarctique est entouré de glace flottante, qui gèle directement au contact de l’océan, ou par l’eau douce qui s’écoule des glaciers et des calottes glaciaires du continent. Chaque année, l’étendue de cette glace de mer augmente et diminue au rythme des saisons. Elle atteint son maximum à la fin septembre ou au début octobre, vers la fin de l’hiver austral. Elle fond ensuite et atteint son étendue minimale vers la fin de l’été austral, généralement en février ou mars. Entre 1979 et 2021, glace de mer antarctique en hiver a couvert jusqu’à 20 millions de kilomètres carrés (à peu près toute l’étendue de l’océan Austral), tandis qu’en été elle a diminué pour atteindre jusqu’à 2 millions de kilomètres carrés.
En 2022, du 8 février au 8 mars, l’étendue minimale est passée sous les 2 millions de km2 pour la première fois depuis qu’existent les relevés satellitaires. Un nouveau record de faible étendue a été établi le 25 février avec seulement 1,924 million de km2.
La glace de mer s’est étendue depuis cette date avec la chute des températures et l’arrivée de l’obscurité en Antarctique pendant l’hiver. Pourtant, depuis le 20 juin 2022, la veille du début de l’hiver austral, l’étendue de la glace de mer antarctique a établi des records quotidiens pour cette période de l’année.
Les chercheurs pensent connaître les causes de l’étendue exceptionnellement faible de la glace de mer antarctique en février et mars 2022. Dans une étude publiée en avril, ils ont mis en évidence une combinaison de facteurs, tels que les températures océaniques plus froides dans l’océan Pacifique équatorial en raison de La Niña, les températures chaudes de l’océan enregistrées ailleurs dans l’hémisphère sud et une cellule de basse pression atmosphérique au large de la côte ouest de l’Antarctique. Ensemble, ces facteurs ont créé un contexte météorologique qui a provoqué un flux de chaleur plus important depuis les latitudes inférieures vers le pôle sud, avec dans son sillage une plus grande réduction de la glace de mer.
L’Antarctique occidental ne connaît pas seulement une perte de glace de mer. Les glaciers de cette région du continent sont particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique. De nouvelles études ont révélé que les glaciers Thwaites et Pine Island, tous deux situés le long de la côte de la mer d’Amundsen, reculent actuellement à un rythme encore jamais observé au cours des 5 500 dernières années. Le risque de disparition du glacier Thwaites a incité les scientifiques à le surnommer Glacier de l’Apocalypse.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, le glacier Thwaites, avec le front le plus large au monde, contient suffisamment d’eau pour faire s’élever le niveau des océans d’environ 65 centimètres s’il devait disparaître dans la mer. Cependant, le plus grand danger vient de la relation du Thwaites avec les glaciers qui l’entourent. C’est le Thwaites qui les retient et leur permet de rester en place. De cette manière, il est connecté à la majeure partie de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Si le Thwaites devait disparaître complètement – un risque réel au cours de la prochaine décennie si nous ne modifions pas le cours du changement climatique – cela ouvrirait la voie aux glaciers qui l’entourent. Une telle catastrophe entraînerait une élévation du niveau de la mer de 3 à 4 mètres, déplaçant des millions de personnes qui vivent le long des côtes dans le monde entier.
Source : The Weather Network, Yahoo Actualités.

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After setting a new record for lowest summer extent earlier this year, Antarctic sea ice saw a new record low going into winter as well.

The Antarctic continent is surrounded by floating ice, either frozen directly from the ocean or due to fresh water flowing off the continent’s glaciers and ice sheets. Each year, the extent of that sea ice grows and shrinks with the seasons. It reaches a maximum extent sometime in late September or early October, towards the end of southern winter. It then melts away to a minimum extent towards the end of southern summer, typically in February or March. Between 1979 and 2021, Antarctic winter sea ice has covered as much as 20 million square kilometres (roughly the full extent of the Southern Ocean), while summer sea ice extent has shrunk down to as little as 2 million square kilometres.

In 2022, from February 8th to March 8th, the minimum fell below 2 million km2 for the first time in the satellite record. A new record low extent was set on February 25th of just 1.924 million km2.

The sea ice has been expanding since then, as temperatures drop and Antarctica is plunged into the darkness of winter. However, as of June 20th, the day before the start of southern winter, the Antarctic sea ice extent has been setting daily record lows for this time of the year.

Researchers now believe they know the reason for the exceptionally low Antarctic sea ice extent in February and March 2022. In a study published in April, they described a combination of factors, such as the cooler ocean temperatures across the equatorial Pacific Ocean due to La Niña, the warm ocean temperatures experienced elsewhere in the southern hemisphere, and a strong region of low atmospheric pressure off the coast of West Antarctica known as the Amundsen Sea Low. Together, these factors set up a weather pattern that caused more heat to flow from lower latitudes towards the south pole, resulting in more sea ice loss.

West Antarctica is experiencing more than just sea ice loss. Glaciers in that region of the continent have been particularly vulnerable to the effects of global warming. New research has found that the Thwaites and Pine Island glaciers, both located along the coast of the Amundsen Sea, are now retreating at a rate faster than anything seen in the past 5,500 years. The risk of the Thwaites Glacier collapsing has prompted scientists to nickname it the Doomsday Glacier.

As I put it in previous posts, Thwaites, the widest glacier in the world, contains enough water to raise ocean levels by around 65 centimetres if it were to collapse into the sea. The larger danger, though, comes from how Thwaites is tied to the glaciers around it, helping to pin them in place, and how it is connected to the larger mass of the West Antarctic Ice Sheet. If Thwaites were to completely collapse — a real risk in the next decade if we do not shift the course of climate change — it would clear a pathway for the surrounding glaciers to follow. This could drag the rest of the West Antarctic Ice Sheet along with it. Such a catastrophe would result in 3 to 4 metres of sea level rise, displacing millions of people from coastal communities around the world.

Source: The Weather Network, Yahoo News.

 

Ce graphique montre le cycle saisonnier de l’étendue de la glace de mer antarctique, en millions de kilomètres carrés, de 1979 jusqu’au 13 juillet 2022. La vue en médaillon montre la tendance des dernières semaines et met en évidence les étendues extrêmement faibles enregistrées depuis le 20 juin. ( Source: NSIDC)

 

Etendue de la glace de mer le 13 juillet 2022. La ligne orange montre l’étendue moyenne. La couleur bleue est plus ou moins intense selon la concentration de la glace de mer. La carte montre également l’emplacement des deux principaux glaciers de l’Antarctique. (NSIDC/NASA)

Fermeture des glaciers pendant l’été : ça continue !

Pour la première fois dans l’histoire de la station Valaisanne, les pistes situées sur le glacier de l’Allalin à Saas Fee, à plus de 3000m d’altitude, seront fermées durant toute la saison estivale.

Comme dans les Alpes Françaises à Tignes, Val d’Isère ou encore aux Deux-Alpes,, les glaciers souffrent et ne sont plus en mesure de servir de pistes de ski durant la saison estivale. On est aujourd’hui très loin des années 1980, 1990 ou 2000, lorsque les conditions étaient souvent exceptionnelles à cette époque.

Le glacier de l’Allalin à Saas Fee se trouve entre 3100m et 3500m d’altitude. Les pistes ont certes ouvert le 18 juillet 2022, mais uniquement sur un espaces restreint et uniquement pour les skieurs pros des équipes nationales. Même les fameux camps de ski, qui sont une véritable tradition pour les jeunes dans cette région, sont annulés.

Comme pour les stations françaises, cette fermeture est due à l’enneigement insuffisant de l’hiver dernier et, bien entendu, au changement climatique qui oblige les responsables à de longues réflexion sur l’avenir du glacier en saison estivale.

Installer des enneigeurs serait possible mais à si haute altitude le coût serait énorme et pour un bénéfice très peu important. Il faudrait aussi que les températures soient suffisamment basses pour permettre leur fonctionnement. Les responsables de la station font remarquer qu’à la mi-juin la situation était celle normalement observée à la mi-août.

Source: presse helvétique.

Vue nord du Feegletscher (Crédit photo: Wikipedia)

Séquençage du génome d’une victime de l’éruption du Vésuve // Sequencing the genome of a victim of the Vesuvius eruption

Le site de Pompéi n’arrête pas de révéler ses secrets, avec l’aide des scientifiques. C’est ainsi que l’ADN d’un homme victime de l’éruption du Vésuve, découvert à Pompéi, a pu être entièrement séquencé pour la première fois. C’est ce que nous apprend une étude publiée dans la revue Nature. Près de 2000 ans après la catastrophe, on en sait maintenant davantage sur le profil génétique de cet homme et de la population pompéienne de l’époque.

Le squelette a été excavé par les archéologuess dans les années 1930 dans la salle à manger de la Casa del Fabbro à Pompéi, près d’un triclinium, une sorte de chaise-longue utilisée à l’époque par les Romains pour les repas. L’homme, âgé de 35 à 40 ans, qui souffrait de tuberculose, a probablement été surpris en plein déjeuner par l’une des coulées pyroclastiques émises par le volcan. S’agissant de la date de l’éruption, on sait maintenant qu’elle a eu lieu au mois d’octobre 79, et non en août comme on le pensait précédemment. .

D’après les scientifiques, la position et l’orientation du corps laissent à penser que l’homme a dû connaître une mort instantanée. Les restes d’une femme âgée d’une cinquantaine d’années ont également été découverts à ses côtés, mais son ADN n’a pas pu être exploité complètement.

Des analyses avaient pu être effectuées par le passé sur les génomes de victimes, humaines et animales découvertes à Pompéi, mais elles étaient restées à chaque fois incomplètes, faute d’ADN entier. Cette fois, l’ensemble du profil ADN a pu être analysé par des chercheurs danois. Il s’agit d’une réelle prouesse scientifique car l’exploitation des restes d’une victime s’avère en général complexe dans le cas de Pompéi en raison de la température élevée des matériaux émis par le volcan. Toutefois, dans le cas présent, l’éruption a déposé une couche de cendre sur les cadavres, ce qui les a isolés et protégés dune probable dégradation.

Les scientifiques ont par ailleurs eu recours à des méthodes innovantes d’extraction et de séquençage de l’ADN. Ils expliquent qu’elles ont « considérablement augmenté la quantité de données pouvant être obtenues à partir d’échantillons auparavant inadaptés à la recherche génétique. » Les chercheurs ont pu s’appuyer en particulier sur des zones du corps où l’ADN a été très bien préservé : les dents, l’os de l’oreille interne.

Le travail des scientifiques a permis de mettre au jour le profil génétique de l’homme disparu dans la catastrophe de Pompéi. Comparé à celui de 471 profils de type eurasien de la même période, l’ADN du Pompéien est similaire à celui des peuples méditerranéens et proche-orientaux actuels, comme les Grecs ou les Turcs.

Cette découverte est la marque probable d’une « signature génétique » au sein de la population romaine, pourtant d’origines diverses, diffusée par l’Empire et encore présente aujourd’hui.

Les recherches dévoilent par ailleurs la présence d’une forme d’ADN « sarde ». En effet, certaines séquences du génome du Pompéien ne se retrouvent actuellement que chez les habitants de Sardaigne. Ces derniers sont donc probablement issus de populations d’Anatolie ou du Néolithique.

Source: Presse internationale.

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The site of Pompeii does not stop revealing its secrets, with the help of scientists. The DNA of a man, victim of the eruption of Vesuvius, discovered in Pompeii, could be fully sequenced for the first time. This was revealed by a study published in the journal Nature. Nearly 2000 years after the disaster, we now know more about the genetic profile of this man and the Pompeian population of the time.
The skeleton was excavated by archaeologists in the 1930s in the dining room of the Casa del Fabbro in Pompeii, near a triclinium, a kind of chaise-longue used at the time by the Romans for meals. The man, aged 35 to 40, who suffered from tuberculosis, was probably surprised in the middle of lunch by one of the pyroclastic flows emitted by the volcano. Regarding the date of the eruption, we now know that it took place in October 79, and not in August as previously thought. .
According to the scientists, the position and orientation of the body suggest that he must have experienced instantaneous death. The remains of a woman in her 50s were also discovered alongside her, but her DNA could not be fully exploited.
Analyses had been carried out in the past on the genomes of victims, human and animal discovered in Pompeii, but they had remained each time incomplete, for lack of whole DNA. This time, the entire DNA profile could be analyzed by Danish researchers. This is a real scientific feat because the exploitation of the remains of a victim is generally complex in the case of Pompeii because of the high temperature of the materials emitted by the volcano. However, in this case, the eruption deposited a layer of ash on the corpses, which isolated them and protected them from possible degradation.
The scientists also used innovative methods of DNA extraction and sequencing. They explain that they have « significantly increased the amount of data that can be obtained from samples previously unsuitable for genetic research. » The researchers were able to rely in particular on areas of the body where the DNA has been very well preserved: the teeth, the bone of the inner ear.
The work of scientists brought to light the genetic profile of the man who disappeared in the Pompeii disaster. Compared to that of 471 Eurasian-like profiles from the same period, the DNA of the Pompeian is similar to that of present-day Mediterranean and Near Eastern peoples, such as the Greeks or Turks.
This discovery is the probable mark of a « genetic signature » within the Roman population, yet of diverse origins, disseminated by the Empire and still present today. Research also revealed the presence of a « Sardinian » form of DNA. Indeed, certain sequences of the Pompeian genome are currently found only among the inhabitants of Sardinia. The latter are therefore probably from populations of Anatolia or the Neolithic.
Source: International Press.

Moulages de victimes de l’éruption du Vésuve dans l’Orto dei Fuggiaschi, le Jardin des Fugitifs, à Pompéi (Photo: C. Grandpey)