Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique à travers le monde :

Dans son bulletin mensuel du 1er mai 2019, l’OVPF indiquait que la reprise de l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui a fait suite à la fin de l’éruption du 18 février

–10 mars 2019, s’est arrêtée à la fin mars. Depuis, aucune déformation significative n’a été enregistrée. Dans la conclusion du rapport, l’Observatoire fait remarquer que depuis 2016, les réalimentations profondes sous le volcan se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises en 2016, 2017 et 2018 sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ.

En une dizaine de jours, la situation semble avoir évolué car les derniers bulletins quotidiens de l’OVPF nous apprennent que les GPS de la zone sommitale enregistrent une inflation, témoin de la mise en pression d’une source superficielle. Les GPS en champ lointain enregistrent eux aussi une inflation, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Source : OVPF.

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Le dernier bulletin de l’INGEMMET pour la période du 6 au12 mai 2019 indique que l’activité du Sabancaya (Pérou) ne montre pas de changements significatifs. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique demeure à l’Orange. On enregistre une vingtaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui ne dépassent pas 3 kilomètres de hauteur. La sismicité est essentiellement liée à des mouvements de fluides sous l’édifice volcanique qui ne montre pas de déformation particulière.

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La situation reste inchangée au Kamchatka où le Karymsky, le Sheveluch, le Klyuchevskoy et l’Ebeko restent en alerte aérienne Orange en raison du risque d’explosions génératrices de panaches de cendre.

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Une vingtaine d’explosions sont encore observées quotidiennement sur le Fuego (Guatemala). Elles génèrent des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions produisent parfois des ondes de choc qui font vibrer les maisons dans les zones situées au sud et au sud-ouest. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 200 à 300 mètres et provoquent des avalanches qui parcourent parfois de longues distances et atteignent des zones de végétation dans plusieurs ravines. Des retombées de cendres ont été signalées dans des zones sous le vent. Des coulées de lave avancent sur 500 à 600 mètres sur le flanc ouest. Le 11 mai, des lahars se sont engouffrés dans les ravines Las Lajas, Seca, Ceniza et Mineral.
Source: INSIVUMEH.

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Un événement explosif a été enregistré le 12 mai au cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili), associé à un signal sismique longue période. L’explosion a partiellement détruit le dôme de lave en envoyant des matériaux incandescents sur le flanc nord. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et il est rappelé aux habitants de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km.
Source: SERNAGEOMIN.

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L’AVO vient de me signaler qu’un tremor basse fréquence est observé sur le Pavlof (Alaska). Les images de la webcam montraient le 15 mai un important panache de vapeur au sommet du volcan. Cela ne signifie pas qu’une éruption est imminente. Cependant, les éruptions passées du Pavlof ont souvent eu lieu sans prévenir. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique est passé à Prudence.

Source: AVO.

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Le mont Agung (Bali / Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif modéré en début d’après-midi le 12 mai 2019, avec un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 5,5 km au dessus du niveau de la mer. L’éruption a duré environ 2 minutes. Ces éruptions sont probablement dues à la libération de la pression des gaz qui se sont accumulés sous le dôme de lave à l’intérieur du cratère.
Le niveau d’alerte volcanique n’a pas changé et reste à 2. Cependant, la couleur de l’alerte aérienne est passé au Rouge. Il n’a pas été nécessaire d’évacuer la population et l’aéroport international de Bali a continué de fonctionner normalement.

Source: PVMBG

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Le réseau sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a détecté des événements éruptifs les 10, 11, 12 et 14 mai. Malgré la faible visibilité, un observateur a estimé qu’un panache de cendres s’était élevé à 150 mètres au-dessus du sommet le 10 mai. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km depuis le cratère.

Source : PVMGB.

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Le Centre de gestion des risques volcaniques et géologiques (PVMBG) a déclaré le 13 mai 2019 que le dôme de lave du Sinabung (Indonésie) a grossi après trois éruptions en une semaine. Le volcan a émis des cendres les 11 et 12 mai ainsi que le 7 mai. Les trois éruptions ont entraîné la croissance du dôme de lave au sommet du volcan. En effet, il n’était pas visible lors de l’éruption du 7 mai, alors que la lave a débordé du cratère pendant plusieurs heures le 11 mai. En outre, les volcanologues locaux ont détecté une augmentation de la pression à l’intérieur du volcan lorsque le magma a commencé à remonter vers la surface. Il a été demandé à la population locale et aux visiteurs de ne pas pénétrer dans la zone de danger. Des policiers ont patrouillé dans la zone dangereuse pour s’assuré que personne n’y était entré.
Source: PVMBG

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In its monthly bulletin of May 1st, 2019, the OVPF indicated that the inflation of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that followed the end of the eruption of February 18th
– March 10th, 2019, stopped at the end of March. Since then, no significant deformation has been recorded. In the conclusion of the report, the Observatory points out that since 2016, the deep refeeding beneath the volcano has been impulsive. Such periods of lull in deformation and seismicity have already been observed several times in 2016, 2017 and 2018 over periods ranging from 15 to 80 days.

In about ten days, the situation seems to have evolved because the last daily bulletins of the OVPF inform us that the GPS network in the summit area records an inflation that corresponds to an increase in pressure of a shallow source. Far-field GPS instruments also record an inflationthat corresponds to an increase in pressure of a deep source.
Source: OVPF.

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INGEMMET’s latest report for the period from 6 to 12 May 2019 indicates that the activity of Sabancaya (Peru) does not show any significant changes. As a result, the volcanic alert level remains Orange. There are about twenty explosions per day, with ash plumes that do not exceed 3 kilometres in height. Seismicity is essentially related to movements of fluids under the volcanic edifice which does not show any particular deformation.

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The situation remains unchanged in Kamchatka where the aviation colour code for Karymsky, Sheveluch, Klyuchevskoy and Ebeko remains Orange because of the risk of explosions that may generate voluminous ash plumes.

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20 explosions or so are still observed each day on Fuego (Guatemala). They generate ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. They sometimes produce shock waves that rattle houses in areas to the S and SW. Incandescent material is ejected 200-300 metres high and causes avalanches of material that occasionally travel long distances, reaching vegetated areas down several ravines. Ashfall has been reported in downwind areas. Lava flows are 500-600 metres long on the W flank. On 11 May, lahars descended the Las Lajas, Seca, Ceniza, and Mineral drainages.

Source: INSIVUMEH.

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An explosive event was recorded at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) on 12 May associated with a long-period earthquake signal. The explosion partially destroyed the lava dome, ejecting incandescent material onto the N flank. The alert level remains at Orange and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.

Source : SERNAGEOMIN.

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AVO has just informed me that low-frequency seismic tremor has been observed at Pavlof (Alaska) and web camera observations on 15 May showed a vigorous steam plume from the summit. This does not mean that an eruption is likely or imminent. However, past eruptions of Pavlof occurred with little or no warning. As a consequence, the aviation colour code was raised to Yellow and the volcanic alert level was elevated to Advisory.
Source: AVO.

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Mount Agung (Bali / Indonesia) went through another moderate eruptive episode in the early afternoon of May 12th, 2019, with an ash plume that rose up to 5.5 km above sea level. The eruption lasted about 2 minutes. These eruptions are probably due to the release of gas pressure accumulated beneath the lava dome inside the crater.

The volcanic alert level has not changed and remains at 2. However, the aviation colour code was raised to Red. There was no need to evacuate the population and Bali’is international airport kept operating normally.

Source: PVMBG.

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Anak Krakatau’s seismic network detected eruptive events on 10 May, 11 May, 12 May, and 14 May. An observer estimated that an ash plume rose 150 metres above the summit on 10 May, despite the poor visibility. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside the 2-km radius hazard zone from the crater.

Source : PVMBG.

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The Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) said on May 13th, 2019 that in Indonesia Sinabung‘s lava dome has grown after it erupted for a third time in a week. The volcano spewed volcanic ash on May 11th and 12th and on May 7th. Thee three eruptions resulted in the volcano’s lava dome growing. Indeed, the lava dome was not visible when the volcano initially erupted on May 7th, but lava had flowed out of the crater for hours on May 11th. Besides, local experts detected an increase in pressure inside the mountain as magma started to move to the surface. Local residents and visitors were asked not to enter the danger zone. Police officers patrolled the danger zone to warn people against entering.

Source : PVMBG.

 Episode éruptif sur le Sinabung le 7 mai 2019 (Crédit photo: PVMBG)

Bonne nouvelle pour les victimes de l’éruption du Kilauea en 2018 // Good news for the victims of the 2018 Kilauea eruption

L’éruption du Kilauea en 2018 dans la Lower Eat Rift Zone a été un véritable désastre car la lave a détruit environ 700 structures et laissé de nombreux habitants dans la plus grande détresse. Les sites qui diffusent des informations sur les volcans ne font que très rarement état la situation difficile à laquelle ces personnes sont confrontées. Il ne faudrait pourtant pas oublier que les conséquences d’une éruption font également partie de l’événement.
Une bonne nouvelle est arrivée le 13 mai 2019. Le département américain du Logement et du Développement urbain a annoncé qu’Hawaii allait recevoir une aide d’urgence de 66,9 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral. Cet argent aidera l’Etat d’Hawaii et les administrations locales à reconstruire les zones détruites par l’éruption, en particulier celles à revenus faibles et modérés. Ces fonds permettront aussi aux entreprises de se redresser financièrement.
Cette nouvelle allocation de fonds faisait partie d’un budget de 1,7 milliard de dollars voté l’an dernier par le Congrès américain pour aider à la reconstruction après une catastrophe naturelle. En prenant en compte les quelque 67 millions de dollars alloués le 13 mai, Hawaii a reçu plus de 429 millions de dollars en aide d’urgence fédérale pour aider l’État à se relever après les tempêtes exceptionnelles d’avril 2018 et la dernière éruption du Kilauea.
Source: Presse hawaiienne.

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The 2018 eruption of Kilauea in the Lower Eat Rift Zone was a disaster because lava destroyed about 700 structures and left many residents in dire distress. Very little is mentioned today in the news about volcanoes about the difficult situation these people have to face. However, one should remember that the consequences of an eruption are also part of the event.

Good news arrived at last on May 13th, 2019. The U.S. Department of Housing and Urban Development announced that Hawaii will receive $66.9 million in new federal disaster relief funding. This money will help state and local governments rebuild impacted communities, especially in low- and moderate-income areas, and provide resources to help businesses recover.

The new funding allocation was part of the $1.7 billion housing disaster recovery package Congress passed last year. With the nearly $67 million in housing grants announced on May 13th, Hawaii has now been allocated more than $429 million in federal relief funding to help the state recover from the historic storms in April 2018 and the eruption of Kilauea.

Source: Hawaiian newspapers.

Crédit photo: USGS

 

Kilauea (Hawaii): Un an après la fin de l’éruption… // One year after the end of the eruption

Comme je l’ai écrit précédemment, le 3 mai 2019 marquait le premier anniversaire de la grande éruption du Kilauea et des dégâts qu’elle a causés dans la Lower East Rift Zone, plus particulièrement dans les Leilani Estates. Un an après avoir subi les assauts de la lave et des gaz volcaniques, les victimes de la catastrophe, qui ont perdu leurs maisons et leurs fermes, éprouvent encore de grosses difficultés à retrouver une vie qui ressemble à celle d’autrefois. Plus de 700 maisons ont été détruites lors de l’éruption et la plupart des gens ne reverront jamais leurs terres.
En quatre mois, le Kilauea a déversé assez de lave pour remplir 320 000 piscines olympiques. Il a recouvert sous une épaisseur de lave atteignant parfois 24 mètres une zone plus grande que la moitié de l’île de Manhattan. La lave a noyé tous les points de repère, les rues et les quartiers. Aujourd’hui, le paysage a pris l’aspect d’un vaste chaos volcanique.
La catastrophe qui, selon les autorités, coûtera environ 800 millions de dollars, n’a pas seulement affecté les personnes et les structures qui se trouvaient sur le chemin de la lave. Des dizaines de maisons qui se trouvaient à proximité et qui ont été épargnées restent encore vides. Elles ont été rendues inaccessibles par les coulées de lave et ont souvent été endommagées par les débris en suspension dans l’air. D’autres se trouvaient sous le vent de fractures qui émettaient en permanence des gaz toxiques. En mai 2019, les gens commencent tout juste à reprendre goût à la vie ou à constater les dégâts.
Les journaux hawaïens donnent d’innombrables descriptions de l’état d’esprit des personnes qui ont tout, ou presque tout, perdu pendant l’éruption.

Nous avons l’exemple d’une famille qui possédait plusieurs hectares de terre en aval de l’éruption. Ils avaient une grande maison, ainsi que des serres et des pâturages. Le mari cultivait différents types de fruits exotiques, avec un jardin d’ananas, des moutons, des poules, des canards, des lapins et des cobayes. Le 4 mai 2018, au lendemain du début de l’éruption, son épouse est partie lorsqu’un séisme de M 6,9 a violemment secoué leur maison. La lave s’écoulait à partir de nouvelles fractures dans les Leilani Estates voisins et des gaz toxiques envahissaient l’air. Le mari est resté pour s’occuper des animaux. Il espérait que toute la famille pourrait bientôt revenir. Malgré la menace de la lave, il a continué son travail en se disant prêt à mourir. Il a finalement quitté la maison la veille du jour où une coulée de lave est arrivée et a coupé la maison en deux. La roche en fusion a presque tout détruit, y compris la maison et les dépendances, sauf un petit poulailler qu’il avait construit. La lave a cessé de couler la première semaine de septembre. Le mari est mort moins d’une semaine plus tard. Toutes les routes menant à la ferme sont maintenant coupées ; on peut y accéder uniquement à pied au terme d’un parcours difficile de deux heures.

Il y a l’exemple d’un autre couple dont la maison était perchée au sommet d’une crête dans les Leilani Estates, avec une terrasse dominant d’autres maisons dans une vallée. Le coeur de l’éruption de 2018 se trouvait juste devant leur domicile. C’est là que la très active Fracture n° 8 a édifié un cône qui a émis tellement de lave que cette dernière s’est épanchée dans toute la vallée en face de leur propriété et a parcouru environ 13 kilomètres avant d’atteindre l’océan.
Le couple partageait son temps entre Big Island et le Minnesota où il possède une entreprise. Ils étaient dans le Minnesota au début de l’éruption. Ils ont donc regardé les reportages à la télévision et ils ont pu voir la lave s’écouler près de leur maison à Hawaii. Un ami les a appelés un jour pour leur dire que la lave se dirigeait droit vers leur maison. Elle s’est arrêtée à environ 6 mètres de la structure qui est maintenant la dernière dans la rue. Des débris émis par l’éruption toute proche ont pénétré dans la maison et causé d’importants dégâts. Une fois l’éruption terminée, le couple a commencé à remplacer le mobilier et les appareils ménagers et a repris possession de son domicile.

Une autre victime de l’éruption est un homme qui avait acheté sa maison avec quatre chambres à coucher dans les Leilani Estates en 2016. Ingénieur à la retraite, il a quitté l’Alaska pour s’installer à Hawaii et y passer sa retraite. Il avait l’intention de travailler le bois dans son atelier et de retaper de vieilles voitures. Aujourd’hui sa maison est inhabitable, même si elle a été épargnée car la lave s’est arrêtée à quelques mètres. Les gaz et les débris projetés par les épisodes éruptifs de l’autre côté de la rue ont causé d’importants dégâts. Ce n’est pourtant pas la véritable raison pour laquelle cet homme  a dû acheter une nouvelle maison tout en continuant de payer l’hypothèque de 500 000 dollars sur son habitation désormais vide. La principale raison est la mauvaise qualité de l’air. Les vents dominants poussent les gaz volcaniques vers sa maison des Leilani Estates. Elle est située dans une petite vallée où les nuages de gaz s’accumulent et pénètrent dans sa maison. Après avoir respiré ces gaz pendant 15 minutes, il a eu très mal à la tête, et l’endroit était tout à fait invivable. La maison est maintenant vide tandis que son nouveau domicile se trouve toujours sur la Grande Ile, mais un peu plus à l’écart du Kilauea.
Source: Presse hawaiienne.

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As I put it before, May 3rd, 2019 marked the first anniversary of the large Kilauea eruption and the damage it caused in the Lower East Rift Zone, and more particularly in the Leilani Estates.  A year after the volcano rained lava and gases, people who lost their homes and farms in the disaster are still struggling to return to their past lifestyle. More than 700 homes were destroyed in the historic eruption, and most people will never move back to their land.

Over four months, Kilauea spewed enough lava to fill 320,000 Olympic-sized swimming pools, burying an area more than half the size of Manhattan in up to 24 metres of now-hardened lava. The molten rock reduced landmarks, streets and neighbourhoods to a vast field of blackened boulders and volcanic shard.

But the disaster, which county officials estimate will cost about $800 million to recover from, affected more than just the people and places in the lava’s path. Dozens of nearby homes that were spared still sit empty, either cut off by surrounding flows, damaged by airborne debris or downwind of cracks that continue to spew toxic gases. In May 2019, people are just beginning to come to terms with the devastation.

The Hawaiian newspapers give innumerable descriptions of the state of minds of people who lost nearly everything in the disaster.

We are given the example of a family who lived on several acres downslope from where the eruption began. They had a large house, along with greenhouses and animal pastures. The husband harvested different types of exotic fruit and had a pineapple garden, sheep, chickens, ducks, rabbits and Guinea pigs. On May 4th, 2018, the day after the eruption started, his wife evacuated when an M 6.9 earthquake violently jolted the family’s home. Lava was pouring from new cracks in the nearby Leilani Estates and toxic gases filled the air. The husband stayed behind to care for the animals. He hoped the entire family would soon be able to return. Despite the menacing lava, he continued the work, saying he was prepared to die doing it. He finally left the day before a river of lava arrived and cut the farm in half. The molten rock eventually took nearly all the structures, including the home and all but one small chicken coop that he had built. Lava stopped flowing the first week of September. The husband died less than a week later. All roads to the family’s farm are now cut off, leaving it accessible only by a two-hour difficult hike.

There is the example of another couple whose house sat atop a ridge in Leilani Estates, their deck looking out toward friends’ homes in a valley. The epicentre of the 2018 eruption is now in their front yard. The very active Fissure 8 created a towering cone that pumped out so much lava that it filled the valley in front of their property and flowed about 13 kilometres to the ocean.

The couple split their time between the Big Island and Minnesota where they own a business. They were in Minnesota when the eruption began, so they watched news reports and videos as lava blasted from the ground near their home. A friend called one day to tell them the lava was headed directly toward their house. It stopped about 6 metres from the house which is now the last one on the street. Debris from the nearby eruption infiltrated the house and caused extensive damage, but the couple has begun to replace furniture and appliances and recently moved back in.

One last example of people who were the victims of the eruption is a man who bought his four-bedroom Leilani Estates home in 2016. A retired engineer who moved to Hawaii from Alaska, he envisioned spending his retirement working in his woodshop and fixing up old cars. Now, he says his home is a complete loss, even though it was spared when the lava stopped in the front yard. Gases and debris from a string of eruptions across the street did extensive damage to the house. But this not the first reason why he had to buy a new house while continuing to pay the $500,000 mortgage on his now-empty dream home. The main reason is the poor air quality. The prevailing winds bring the volcanic gases toward his Leilani Estates house, which sits in a small valley where the fumes accumulate and build up in his home. After breathing the gases for 15 minutes, he got a bad headache making the place unlivable. The house now remains vacant while his new Big Island home is located a little farther from Kilauea volcano.

Source: Hawaiian newspapers.

D’impressionnantes fontaines de lave ont jailli de la Fracture n° 8 pendant l’éruption de 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

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Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

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You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)