Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Vers une nouvelle éruption? // Will a new eruption soon occur?

Dans son dernier bulletin, l’OVPF indique qu’après une première journée de forte sismicité (33 séismes volcano-tectoniques superficiels, à moins de 2km de profondeur) le 27 mai 2019 sous le sommet du Piton de la Fournaise à l’aplomb du réservoir magmatique superficiel, un nouvel épisode de forte sismicité a été enregistré le 30 mai et en début de 31 mai, avec notamment deux petites crises sismiques de courte durée le 31 mai de 02h43 à 03h (heure locale) et de 04h29 à 04h37 (heure locale).
A cela s’ajoute pour la journée du 30 mai, une détection d’émissions de H2S et en moindre mesure de SO2 en fin d’après midi sur la station multigaz de l’OVPF localisée au sommet du volcan.
Cette activité sismique fait suite à la reprise de l’inflation du volcan enregistrée depuis début mai et accompagnée d’une augmentation des concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres) et proche (Gite du Volcan).
Cette activité sismique montre que le milieu se fragilise et que cette fragilisation s’accélère suite à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel réalimenté par du magma plus profond.
A noter que ce processus de mise en pression du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompt, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface, mais peut également s’arrêter sans donner lieu à une éruption.
Source: OVPF;
J’étais sur le volcan hier en compagnie d’un ami. Nous avons effectué un parcours jusqu’au sommet du Dolomiau-Bory; On ne ressentait aucune sismicité. Il n’y a pas eu d’éboulements dans le cratère pendant notre séjour au sommet.

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In its last bulletin, OVPF indicates that after a first day of strong seismicity (33 shallow volcano-tectonic earthquakes, less than 2 km deep) on May 27th, 2019 under the summit of Piton de la Fournaise in line with the shallow magma reservoir, a new episode of high seismicity was recorded on May 30th and early May 31st, including two small seismic short-lived seismic crises on May 31st from 2:43 to 03h (local time) and from 4:29 to 04:37 (time local).
Added to this for the day of May 30th, the detection of H2S emissions and to a lesser extent SO2 emissions late in the afternoon on the OVPF multi-gas station located at the summit of the volcano.
This seismic activity follows the resumption of the inflation recorded since early May and accompanied by an increase in CO2 concentrations in the far-field (Plaine des Cafres) and nearby (Gite du Volcan).l.
This seismic activity shows that the volcano is weakened and that this fragility is accelerating following a pressurization of the shallow magma reservoir fed by deeper magma.
One should note that this process of pressurizion of the shalow reservoir can last several days before the roof of the reservoir becomes too fragile and breaks, thus giving rise to an injection of magma towards the surface, but can also stop without triggering an eruption.
Source: OVPF;
I was on the volcano yesterday with a friend. We climbed the Dolomiau-Bory cone; We felt no seismicity. There was no lrockfall in the crater during our stay at the summit.

Vue du cratère du Dolomieu (Photo: C. Grandpey

La fonte du permafrost et ses conséquences // The melting of permafrost and its consequences

Dans une rubrique consacrée à l’environnement, la chaîne de radio France Info explique que dans les régions les plus froides du globe, « d’étranges bulles constellent la surface des lacs. » Ces bulles sont composées de méthane issu de la décomposition des plantes. Ce phénomène est une conséquence du réchauffement climatique. En effet, avec la hausse des températures, les terres entourant les lacs, habituellement gelées, finissent par fondre. Cette matière organique libère alors du dioxyde de carbone et du méthane qui sont des gaz à effet de serre. L’article de France Info précise que selon une étude, si la température mondiale gagnait 1°C, jusqu’à 20 % de méthane supplémentaire pourrait être libéré dans l’atmosphère.

Cet article est à relié, de manière plus globale à la fonte du permafrost – ou pergélisol – dans l’Arctique. J’explique le phénomène et ses conséquences dans un chapitre de mon livre « Glaciers en péril ».

En même temps que le sol dégèle, même si ce n’est qu’une partie de l’année, les micro-organismes qui y vivent commencent à se décomposer et à libérer leur carbone sous forme de dioxyde de carbone ou de méthane. On a estimé que le pergélisol arctique contient environ deux fois plus de carbone que toute l’atmosphère planétaire car les régions arctiques l’ont lentement stocké pendant de longues périodes de temps. La quantité de carbone que le pergélisol est capable d’émettre reste du domaine de l’incertitude. Toutefois, étant donné les connaissances scientifiques actuelles, le niveau pourrait facilement dépasser 100 gigatonnes d’ici la fin du siècle.

En Russie, les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie.
Beaucoup plus grave, à cause du dégel du permafrost des bactéries prisonnières de la glace peuvent être libérées et provoquer des épidémies. C’est ce qui s’est produit en 2016 en Sibérie avec un début d’épidémie d’anthrax, appelée communément maladie du charbon. Cette épidémie, la première depuis 1941, a entraîné la mort de près de 2.400 rennes et d’un enfant de 12 ans. 72 personnes, dont au moins 13 nomades qui vivent avec les rennes, ont été hospitalisées. La maladie se transmet de l’animal à l’homme, mais pas d’un homme à un autre.

La bactérie responsable de l’anthrax se serait réactivée à partir de la carcasse d’un renne mort dans l’épidémie d’il y a 75 ans. Prise dans la glace du permafrost, la chair de l’animal aurait dégelé avec la fonte de la surface du sol, ce qui a réveillé la bactérie et provoqué une épidémie parmi des troupeaux de rennes. Les scientifiques redoutent qu’avec la fonte du permafrost des vecteurs de maladies mortelles des 18ème  et 19ème siècles réapparaissent, en particulier près des cimetières où les victimes de ces maladies ont été enterrées.

Source : France Info, The Siberian Times.

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In a section devoted to the environment, the French radio France Info explains that in the coldest regions of the globe, « strange bubbles mark the surface of lakes. These bubbles are composed of methane from the decomposition of plants. This phenomenon is a consequence of global warming. Indeed, with rising temperatures, the lands around the lakes, usually frozen, eventually melt. This organic material then releases carbon dioxide and methane, which are greenhouse gases. The France Info article states that, according to a study, if the global temperature gained 1°C, up to 20% of additional methane could be released into the atmosphere.
This article is related, more generally, to the melting of permafrost in the Arctic. I explain the phenomenon and its consequences in a chapter of my book « Glaciers en Péril« .
At the same time that the soil thaws, even if it is only part of the year, the micro-organisms that live in it begin to decompose and release their carbon in the form of carbon dioxide or methane. It has been estimated that Arctic permafrost contains about twice as much carbon as the entire planet’s atmosphere because Arctic regions have slowly stored it for long periods of time. The amount of carbon that permafrost is able to emit remains the domain of uncertainty. However, given current scientific knowledge, the level could easily exceed 100 gigatonnes by the end of the century.
In Russia, scientists warn of the threat of methane explosions, as sudden as spectacular, that could create new giant craters in northern Siberia.
Much more serious, because of the thawing of permafrost, bacteria trapped in ice can be released and cause epidemics. This is what happened in 2016 in Siberia with an outbreak of anthrax. This epidemic, the first since 1941, has resulted in the death of nearly 2,400 reindeer and a 12-year-old child. 72 people, including at least 13 nomads who live with the reindeer, were hospitalized. The disease is transmitted from animal to man, but not from one man to another.
The anthrax bacteria is said to have reactivated from the carcass of a dead reindeer that died during a 75-year-old epidemic. In the permafrost ice, the animal’s flesh thawed with the melting of the soil surface, waking up the bacteria and causing an epidemic among reindeer herds. Scientists fear that with the melting of permafrost vectors of deadly diseases of the 18th and 19th centuries might reappear, especially near the cemeteries where the victims of these diseases were buried.
Source: France Info, The Siberian Times.

Le permafrost occupe une grande partie de la toundra (Photo: C. Grandpey)