Du Kilauea (Hawaii) au Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska) // From Kilauea Volcano (Hawaii) to Bogoslof Volcano (Aleutians / Alaska)

Situé au cœur des Iles Aléoutiennes en Alaska, le Bogoslof est loin d’Hawaii, mais pas si loin que cela d’un point de vue volcanologique. En 1907, Thomas Jaggar, le fondateur de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) s’est rendu au chevet du Bogoslof  au cours d’une expédition organisée par le Massachusetts Institute of Technology. Son but était l’exploration des volcans de l’Alaska et la recherche de minéraux. Le rapport de l’expédition concernant l’évolution du Bogoslof se trouve dans le Bulletin of the American Geographical Society publié en juillet 1908.
Thomas Jaggar était un observateur avisé et ses notes sur le Bogoslof prennent en compte le récit de l’activité éruptive décrite par les marins pendant les années qui ont précédé 1907. En utilisant ces anciens récits et ses propres observations lors de l’exploration de l’île, Jaggar a compilé une série de cartes montrant les changements intervenus sur l’île, de la même façon que le font les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) aujourd’hui.
Il a également montré le mécanisme qui anime les éruptions du Bogoslof et a trouvé des similitudes entre les formations de lave mises en place par ce volcan et celles qu’il avait observées sur la Montagne Pelée à la Martinique en 1902. Il a également noté des preuves de l’élévation de l’île et a réfléchi aux causes de ce phénomène.
A l’issue de son voyage, Jaggar a rappelé la nécessité de créer des observatoires pour étudier les volcans, les séismes et d’autres phénomènes naturels. Il était convaincu que leur étude attentive et systématique était essentielle pour vivre en toute sécurité sur notre planète.
Un tel réseau d’observatoires volcanologiques existe aujourd’hui dans une grande partie du monde. Ils fonctionnent grâce à des données envoyées par les satellites qui passent plusieurs fois par jour au-dessus des volcans. A côté de cela, le réseau mondial de détection de la foudre envoie des alertes quelques minutes après que des éclairs aient été détectés à proximité du Bogoslof ; ils coïncident souvent avec des explosions de cendre. Enfin, des ondes infrasoniques ou de pression de l’air produites par les explosions sont détectées par des capteurs sismiques et infrasoniques sur les volcans Okmok et Makushin situés pas très loin du Bogoslof.
Source: USGS / HVO.
Vous obtiendrez plus d’informations sur l’activité éruptive du Bogoslof en vous connectant au site Internet de l’AVO : www.avo.alaska.edu.

La dernière mise à jour d’AVO (en date du 5 avril 2017) indique qu' »aucune nouvelle activité n’a été observée sur les données  sismiques ou infrasoniques du Bogoslof depuis une petite explosion le 13 mars. La dernière éruption significative a eu lieu le 8 mars 2017 et les images satellitaires ne révèlent pas d’activité éruptive depuis cette époque. Au vu de l’absence d’activité volcanique au cours des trois dernières semaines, l’AVO a décidé d’abaisser l’alerte aérienne à la couleur Jaune. »

A noter qu’un bulletin similaire vient d’être diffusé à propos du volcan Cleveland pour lequel l’alerte aérienne a également été abaissée à la couleur Jaune.

———————————

Located in the Aleutians in Alaska, Bogoslof Volcano is far from Hawaii but not far from a volcanological point of view. In 1907, Hawaiian Volcano Observatory (HVO) founder Thomas Jaggar sailed to this very island volcano in Alaska on an expedition from the Massachusetts Institute of Technology. Their objectives to explore Alaska’s volcanoes and search for mineral deposits led to a report on the evolution of Bogoslof published in the Bulletin of the American Geographical Society in July 1908.

Jaggar was a keen observer and his notes on Bogoslof chronicle the record of eruptive activity summarized by mariners in the century leading up to 1907. Using these data and his own observations while exploring the island, Jaggar compiled a sequence of maps of the changing island in a manner very similar to Alaska Volcano Observatory (AVO) geologists today.

He also surmised the mechanism of Bogoslof eruptions and found similarities in the extrusive lava formations with those he had seen at Mount Pelee in the Caribbean in 1902. He also noted evidence of uplift of the island and pondered its significance.

Jaggar used his trip to renew his call for the establishment of Earth observatories to study volcanoes, earthquakes and other earth processes. He was convinced that careful and systematic study of these phenomena was essential to living safely on our planet.

Such a network of volcano observatories exists today for much of the world. They act with data sent by satellites in Earth orbit that peer down at the volcano multiple times per day. The World Wide Lightning Location Network provides automated alerts within minutes of lightning near Bogoslof that often coincides with explosions of ash. Moreover, infrasound or pressure waves from explosions are detected on seismic and infrasound sensors at nearby Okmok and Makushin volcanoes.

Source : USGS / HVO.

You will get more news about the ongoing eruption at Bogoslof by following the Alaska Volcano Observatory at www.avo.alaska.edu.

AVO’s latest update (April 5th) indicates that “ No new volcanic activity has been observed at Bogoslof Volcano in satellite, seismic or infrasound data since a small explosion was detected on March 13. The last major explosive event occurred on March 8, 2017, and satellite images have shown no eruptive activity since that time. Based on the absence of detected activity over the past three weeks, AVO is lowering the Aviation Colour Code to Yellow. »

A similar update has just been released about Cleveland Volcano whose aviation colour code has been lowered to Yellow.

Crédit photo: Alaska Volcano Observatory

Le périmètre de sécurité sur le site de Kamokuna (Hawaii) [suite] // The safety zone at the Kamokuna lava entry (Hawaii) [continued]

Le 28 mars 2017, la Garde côtière hawaiienne a défini une zone de sécurité temporaire dont l’accès ne peut se faire sans l’autorisation préalable de la Garde côtière du Port de Honolulu. La zone de sécurité englobe toutes les eaux s’étendant à 300 mètres dans toutes les directions autour de tous les points d’entrée de la lave dans l’océan sur le site de Kamokuna. Les points d’entrée de la lave varient et la zone varie en conséquence. (Voir ma note du 30 mars 2017).
La Garde côtière a décrit les conditions requises pour solliciter l’autorisation d’entrée dans la zone de sécurité temporaire. Ceux qui souhaitent pénétrerdans la zone de sécurité sont tenus de soumettre une demande écrite au capitaine du Port Honolulu.
Les facteurs pris en compte pour attribuer l’autorisation d’accès à la zone comprennent: l’état matériel du bateau; les équipements de sécurité: la connaissance des procédures générales de sécurité; les procédures de sécurité liées à l’utilisation d’une embarcation près de l’entrée de lave; la connaissance des eaux autour du site ; l’expérience en tant que navigateur accrédité par la Garde côtière.

Quelques agences de voyage s’étaient élevées contre ces nouvelles mesures de sécurité. Pas sûr que ces nouvelles conditions d’accès soient faites pour rassurer certaines. En revanche, elles permettront d’admirer la lave avec une meilleure sécurité, même si le célèbre « firehose » a disparu et laissé la place à une entrée de lave plus classique.

————————————–

On March 28th 2017, the Coast Guard established a temporary Safety Zone which may not be entered without the prior permission of the Coast Guard of the Port Honolulu. The Safety Zone encompasses all waters extending 300 meters in all directions around all entry points of lava into the ocean associated with the lava flow at Kamokuna. The entry points of the lava vary and the zone will vary accordingly. (See my note of March 30th 2017).

The Coast Guard Captain of the Port has outlined the requirements to request entrance to the Kilauea lava ocean entry temporary safety zone. Those wishing to enter the safety zone are required to submit a written request to the Captain of the Port Honolulu.

The factors that may be considered include: the vessel’s material condition; safety equipment ; general safety practices and procedures; specific safety practices and procedures for operating near the lava ocean entry; familiarity with the surrounding waters; mariner’s experience operating as a Coast Guard-credentialed mariner.

Several travel agencies had protested against the new safety rules. The new conditions are not likely to reassure some of  them. However, they will allow visitors to admire the lave with a greater security.

Vue aérienne de l’entrée de lave à Kamokuna (Crédit photo: HVO)

Accès à l’Etna: Une plaisanterie sicilienne // Access to Mt Etna: A Sicilian joke

Comme je l’ai indiqué précédemment, c’est désormais aux communes situées sur les hautes pentes de l’Etna de gérer la sécurité et donc de déterminer les zones autorisées ou interdites aux randonneurs. Ce nouveau contexte complique sérieusement la tâche de ceux qui veulent escalader le Mongibello car il n’y a aucune harmonie entre les différentes communes. Il faut être non seulement un bon randonneur, aussi un grand connaisseur des limites territoriales des municipalités qui, comme autant de tranches d’une tarte, convergent vers le sommet du volcan.  Il faut également posséder une bonne carte topographique, un altimètre précis, ainsi qu’un très bon sens de l’orientation !

On arrive à l’incohérence suivante :

Si vous êtes une zone sous la responsabilité de la municipalité de Ragalna vous pouvez accéder librement jusqu’à 2100 mètres; si vous voulez arriver à 2200 m., vous devez être accompagné par des guides et au-dessus 2200, l’accès est totalement interdit.
Si vous êtes sur le territoire de Nicolosi, c’est le décret du 25 mars qu’il faudra respecter. Il limite l’accès libre à l’altitude 2500, et avec accompagnement obligatoire des guides jusqu’à 2850. Au-dessus de 2920 m. la zone est interdite.
Si vous êtes dans la région de Belpasso, il faudra vous référer à l’ordonnance n° 43 du 31 mars 2017 qui limite l’accès libre à 2100 m.
Enfin, si vous avez opté pour l’accès côté nord (Linguaglossa) il faudra prendre en compte le décret du 15 mars 2017qui limite l’accès à l’altitude 2850.
On ne rit pas….

En cliquant sur ces liens, vous aurez accès aux différents décrets:

http://www.comune.ragalna.ct.it/servizi_alle_imprese/News/default.aspx?5*1956*0*1

http://www.comune.ragalna.ct.it/Repository/Ragalna/Informative/2017/id_1956/ORDINANZA_SINDACO_RAGALNA_N._08.pdf

http://www.nicolosicura.it/wp-content/uploads/2017/03/Ordinanza-Sindacale-n.-14-del-25.03.2017.pdf

http://belpasso.trasparenza-valutazione-merito.it/web/trasparenza/albo-pretorio/-/papca/display/3165623?p_auth=arVdu7lb

 

 —————————————

As I mentioned earlier, it is now up to the municipalities located on the high slopes of Mount Etna to manage the safety and thus to determine the zones authorized or prohibited to hikers. This new context seriously complicates the task of those who want to climb Mongibello because there is no harmony between the different municipalities. One must be not only a good hiker, but also a great connoisseur of the territorial limits of the municipalities which, like so many slices of a pie, converge towards the top of the volcano. It is also necessary to have a good topographic map, an accurate altimeter, and a very good sense of direction!
We arrive at the following inconsistency:
If you are an area under the responsibility of the municipality of Ragalna you can freely access up to 2100 meters. If you want to reach 2200 m., you must be accompanied by guides and above 2200, access is totally prohibited.
If you are in the territory of Nicolosi, it is the ordinance of March 25th that will have to be respected. It limits free access to altitude 2500, and with compulsory accompaniment of guides up to 2850. Above 2920 m.; the area is prohibited.
If you are in the Belpasso area, you will have to refer to Ordinance n ° 43 of 31 March 2017 which restricts free access to 2100 m.
Finally, if you have opted for access on the north side (Linguaglossa) it will be necessary to take into account the ordinance of 15 March 2017which limits access to altitude 2850.

Des nouveautés sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // Novelties on Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Deux nouvelles caméras ont été mises en ligne en fin de semaine dernière par l’OVPF. Elles existaient depuis longtemps mais pour un usage interne.  http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/actualites-ovpf

On note des nouveautés aussi au fil des semaines sur le site de l’OVPF : en plus des bulletins mensuels, un bulletin quotidien est mis en ligne vers 10-11h avec deux graphiques montrant sismicité et déformations. Pour ces dernières, c’est la mesure entre deux points du cratère Dolomieu, témoin de l’inflation/déflation).
http://volcano.ipgp.fr/reunion/Bulletin_quotidien/bulletin.html

On ne peut que se féliciter de ces initiatives car l’OVPF était à la traîne comparé aux mises à jour de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, par exemple. Il est vrai que le personnel est peu nombreux et qu’il n’est pas facile de gérer toutes les tâches en période éruptive.

—————————————

Two new webcams were put online last weekend by OVPF. They had existed for a long time but for internal use.

http://www.ipgp.fr/en/ovpf/actualites-ovpf

There are also novelties on the OVPF website: in addition to the monthly bulletins, a daily update is posted online at 10-11 a.m. with two graphs showing seismicity and deformation. The latter is measured between two points of the Dolomieu Crater; they show inflation / deflation.
http://volcano.ipgp.fr/reunion/Bulletin_quotidien/bulletin.html

We can only welcome these initiatives because OVPF was really lagging behind the Hawaiian Volcano Observatory updates, for example. We should remember that the Observatory staff is quite reduced and it is not easy to manage all the tasks during an eruptive period.

Source: OVPF