Nouvelle éruption du Sinabung? Pas si sûr! // New eruption of Sinabung Volcano? Not so sure!

drapeau-francaisSelon plusieurs médias français (Le Figaro, Orange, France Info, par exemple), « l’inquiétude grandit en Indonésie. Le volcan Sinabung crache de nouvelles cendres le mardi 17 janvier. Cet épisode semble, toutefois, pour l’instant assez inoffensif. »

Assez étrangement, le CVGHM et la presse indonésienne ne font pas état d’une intensification de l’activité éruptive. Selon les dernières informations en ma possession, l’éruption continue de manière faible à modérée avec une extrusion de lave quasi permanente au niveau du cratère et des effondrements périodiques qui provoquent de petites coulées pyroclastiques. L’incandescence reste visible pendant la nuit. Donc, pas de quoi ameuter les foules !

La presse française rappelle que le Sinabung s’est réveillé en 2010. En février 2014, 15 personnes sont mortes durant une période d’activité particulièrement intense. En juin 2015, quelque 10 000 villageois vivant à côté du volcan ont dû être évacués. En mai 2016, après une violente éruption, des villages ont été ensevelis sous la cendre. La catastrophe a fait sept morts.

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drapeau-anglaisAccording to several French news media (Le Figaro, Orange, France Info, for example), « Anxiety is growing in Indonesia. Sinabung wa again spewing ash on Tuesday 17 January. However, this episode looks rather harmless for the moment. »
Quite strangely, CVGHM and the Indonesian press do not report an intensification of eruptive activity. According to the latest information in my possession, the eruption continues in a weak to moderate manner with an almost permanent lava extrusion at the crater and periodic collapses which trigger small pyroclastic flows. Incandescence can still be seen during the night. So, nothing really alarming!
The French press rreminds us that Sinabung became active again in 2010. In February 2014, 15 people died during a period of particularly intense activity. By June 2015, some 10,000 villagers living next to the volcano had to be evacuated. In May 2016, after a violent eruption, several villages were buried under the ash. The disaster killed seven people.

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Crédit photo: J.P. Vauzelle

Culottés les Nippons ! // The Japs have got a cheek !

drapeau-francaisRappelez-vous: En fin de matinée le 27 septembre 2014, le Montt Ontake au Japon a connu une soudaine éruption qui a tué 58 randonneurs tandis que 5 autres étaient portés disparus. [NDLR: Il s’agissait d’une explosion phréatique ou phréatomagmatique, provoquée par le contact du magma à haute température avec une poche d’eau sous l’édifice volcanique. On ne sait pas prévoir ce type d’éruption. En particulier, il n’y a pas de signal sismique pour l’annoncer.]
Malgré cette imprévisibilité, un groupe de proches des personnes mortes ou disparues envisage de poursuivre en justice le gouvernement japonais et les autorités locales pour ne pas avoir alerté correctement les randonneurs. Les familles de cinq victimes exigent 150 millions de yens de dommages et intérêts, arguant que l’Agence Météorologique Japonaise aurait dû relever le niveau d’alerte avant l’éruption, et que les autorités de la préfecture de Nagano n’avaient pas réparé les sismographes en dysfonctionnement dans la région.
Le procès aura lieu auprès du tribunal de district de Nagano le 25 janvier, sur la base d’une loi japonaise sur les recours qui stipule que les organismes publics comme le gouvernement central sont responsables des dommages causés par leurs fonctionnaires.
Selon l’avocat des plaignants, l’Agence Météorologique a maintenu le niveau d’alerte du Mont Ontake à 1 alors que 52 séismes d’origine volcanique avaient été enregistrés le 10 septembre et 85 autres le 11 septembre. Les familles affirment que le niveau d’alerte aurait dû être relevé au plus tard le 12 septembre. Elles indiquent par ailleurs que les autorités préfectorales ont négligé de réparer deux sismographes situés près du sommet du volcan tout en sachant qu’ils étaient en panne, négligence qui, selon ces familles, aurait empêché d’obtenir des enregistrements précis.
L’Agence Météorologique a refusé de faire des commentaires, car elle n’a pas encore pris connaissance du contenu exact de la plainte.
Source: The Japan Times.

Cette situation me rappelle le séisme de L’Aquila en Italie. Sept scientifiques italiens ont été accusés d’avoir sous-estimé les risques six jours avant la catastrophe qui a tué plus de 300 personnes en avril 2009. Ils ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et condamnés à six ans d’emprisonnement en octobre 2012 avant d’être acquittés en 2014.

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drapeau-anglaisJust remember : Late in the morning of September 27th 2014, Mt Ontake in Japan went through a sudden eruption that killed 58 hikers with 5 more reported missing. [NDLR: The event was defined as a phreatic or phreatomagmatic explosion, when hot magma comes into contact with a pocket of water beneath the volcanic edifice. Such an eruption cannot be predicted. In particular, there is no immediate seismic signal to announce it.]

Despite this unpredictability, a group of relatives of victims who died or went missing in the eruption plans to sue the central and local governments for failing to alert hikers properly. The families of five victims will demand 150 million yen in damages, arguing that the Meteorological Agency should have raised the alert level before the deadly eruption and that the Nagano Prefectural Government had failed to repair broken seismographs in the area.

The lawsuit will be filed with the Nagano District Court on January 25th, based on the national redress law, which stipulates that public organizations such as the central government are liable for damages caused by public servants.

According to the lawyer who will represent the plaintiffs, the Meteorological Agency left its eruption alert level unchanged at 1 even though it had recorded volcanic earthquakes 52 times on September 10th and 85 times on September 11th. The families say the alert level should have been raised by September 12th at the latest. They also say the prefectural government left untouched two seismographs located near the mountain peak despite knowing they were malfunctioning, negligence they say prevented precise recordings.

The agency declined to comment as it has not seen the content of the planned complaint.

Source : The Japan Times.

This situation reminds me of the L’Aquila earthquake in Italy. Seven Italian experts were accused of having underestimated the risks six days before the disaster that killed more than 300 persons in April 2009. They were convicted of manslaughter and received 6-year prison sentences in October 2012 but were later acquitted.

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Vue du Mont Ontake (Crédit photo: JMA)

Le Katla et le risque de tsunami aux Iles Vestmann // Katla Volcano and the tsunami hazard in Vestmannaeyjar

drapeau-francaisSi une éruption du Katla venait à se produire, on pense qu’une crue brutale due à la fonte du glacier Mýrdalsjökull pourrait déclencher un raz-de-marée susceptible de frapper les Iles Vestmann au sud de l’Islande. Cette éventualité a été abordée récemment lors d’une réunion organisée par le chef de la police des Iles Vestmann, avec la présence du responsable des risques naturels au Met Office islandais et du volcanologue Ármann Höskuldsson de l’Université d’Islande.
On sait depuis quelque temps que parmi les conséquences des éruptions du Katla figurent les raz-de-marée le long de la côte sud. Dans le passé, de telles vagues ont été suffisamment puissantes pour causer des dégâts jusqu’à Grindavík, à 230 km à l’ouest. La ville de Vík, sur la côte sud à quelques kilomètres du Mýrdalsjökull, serait probablement concernée par une inondation soudaine provoquée par le glacier. Les îles Vestmann se trouvent à vol d’oiseau à seulement une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Vík.
En 1918, lors de la dernière éruption du Katla, il y a eu des vagues qui ont déferlé sur les îles Vestman. En conséquence, il est important que dans un gros port de pêche comme Heimaey les gens soient préparés à un tel événement. La principale zone industrielle de la ville se trouve près du port qui serait forcément frappé par un raz-de-marée.
Cependant, on pense qu’il y aurait assez de temps pour mettre en place une évacuation. Habituellement, le panache éruptif du Katla sort du glacier avant que se déclenche la crue glaciaire. A en juger par les récits du passé, le raz-de-marée intervient une fois que l’eau de la crue a atteint le rivage. Quand on apercevra le panache éruptif, il faudra donc que les gens aillent se réfugier sur des zones plus élevées pendant quelques heures, en attendant de voir si le raz-de-marée va se produire.
La nécessité de mettre en place un équipement sismique plus important dans les Iles Vestmann a également été discutée lors de la réunion.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisShould an eruption of Katla volcano occur, it is believed that a flash flood from Mýrdalsjökull glacier might trigger a tidal wave likely to hit the Westman Islands off South Iceland. The scenario was recently discussed at a meeting organized by the Chief of Police in the Westman Islands, with the director of natural hazards at the Icelandic Meteorological Office, and volcanologist Ármann Höskuldsson from the University of Iceland.

It has been known for some time that among the consequences of eruptions in Katla are tidal waves along the south coast. In the past, such tidal waves were large enough to cause damage all the way to Grindavík which is located 230 km to the west. The town of Vík, located on the south coast just a few kilometres from Mýrdalsjökull, would almost certainly be hit by a flash flood from the glacier. The Westman Islands lie approximately 50 km to the west of Vík in a straight line.

 In 1918, during Katla’s last eruption, there were waves washing up on the Westman Islands. As a consequence, it is important that in a big and important fishing town like Heimaey people should be prepared. The town’s largest industrial area is down by the harbour which would naturally be affected by a tidal wave.

However, it is believed that there would be time for an evacuation. Usually Katla’s eruptive plume extends from the glacier before the flash floods occur. Judging by the accounts, the tidal waves occur after the flash floods have reached the shore. When a plume is sighted, it will be safer for people to move to a higher ground for a few hours while waiting to see whether the tidal wave will happen.

The necessity to establish more earthquake monitors in the Westman Islands was also discussed at the meeting.

Source: Iceland Review.

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Vue du port d’Heimaey, dans les Iles Vestmann (Crédit photo: Wikipedia)

L’Observatoire des Volcans de l’Alaska // Alaska Volcano Observatory

drapeau-francaisDans le cadre du Mois de la Sensibilisation aux Volcans, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) – géré par l’USGS – a consacré un article à l’Observatoire des Volcans de l’Alaska (AVO).
Le rôle de cet observatoire est essentiel car l’Alaska possède le plus grand nombre de volcans de tous les États-Unis. Sur les 169 volcans actifs de ce pays, 90 se trouvent en Alaska. Les éruptions sont monnaie courante et certains volcans restent actifs, même s’ils ne sont pas forcément en éruption

L’éruption de l’Augustine en 1986 a mis l’accent sur la nécessité d’un système de surveillance des volcans en Alaska. Elle a également donné naissance à l’AVO, créé en 1988. L’Observatoire travaille en collaboration avec trois organismes: l’USGS, l’Institut de Géophysique de l’Université d’Alaska à Fairbanks et le département d’études géologiques et géophysiques de l’Alaska. Ces trois institutions sont en charge des observations, mais au final les bulletins d’alerte sont émis par l’USGS qui fédère et a la responsabilité de l’ensemble des rapports.
L’AVO n’a pas eu à attendre longtemps après sa création pour montrer son utilité. Le 14 décembre 1989, le Redoubt est entré en éruption. Le lendemain, le vol KLM 867, entre Amsterdam et Tokyo, avec à son bord 231 passagers, s’apprêtait à faire escale à Anchorage. Le Boeing a traversé le panache de cendre du Redoubt, avec pour effet immédiat la mise à l’arrêt de ses quatre moteurs. L’avion a fait une chute de plus de 3000 mètres, cinq minutes avant que les pilotes réussissent à redémarrer les moteurs et atterrir en toute sécurité à Anchorage. Les quatre moteurs ont dû être remplacés, avec des dégâts qui se sont élevés à environ 80 millions de dollars. L’éruption du Reboubt a continué jusqu’au début du mois de juin 1990.
Il existe une différence importante entre l’AVO en Alaska et le HVO à Hawaï. À Hawaï, les scientifiques se concentrent principalement sur les risques volcaniques au sol, tels que les coulées de lave, alors qu’en Alaska ils doivent gérer à la fois les risques terrestres et aériens. La zone de contrôle – et donc de responsabilité – de l’AVO est également beaucoup plus vaste que celle du HVO. Elle s’étend du sud-est de l’Alaska à Anchorage, le long de la péninsule de l’Alaska, et le long la chaîne des Aléoutiennes vers la péninsule du Kamchatka en Russie.
Néanmoins, l’AVO utilise des méthodes de surveillance volcanique semblables à celles employées par le HVO, avec des webcams, des stations sismiques, le GPS et la cartographie géologique. Le travail sur le terrain n’est pas évident en raison de l’environnement hostile de l’Alaska et de l’éloignement d’un grand nombre de volcans, de sorte que les données satellitaires sont essentielles et largement utilisées. Comme on l’a vu récemment à propos du Bogoslof (Iles Aléoutiennes), les rapports des pilotes d’aéronefs sont également des sources importantes d’information sur les volcans d’Alaska
Depuis sa fondation, l’AVO a fait d’énormes progrès dans la cartographie des volcans les moins connus de l’Alaska afin de mieux comprendre leur histoire et leur potentiel éruptif. Certains des volcans éloignés des îles Aléoutiennes occidentales ont été instrumentés pour suivre leur activité et détecter les éruptions qui pourraient présenter un danger pour le trafic aérien. Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine car bon nombre de volcans des Aléoutiennes – comme le Bogoslof – sont dépourvus d’équipements et il faut s’appuyer sur les stations sismiques voisines ou sur les rapports de pilotes pour suivre leur activité
L’AVO a développé des outils de haute technologie pour interpréter les données satellitaires susceptibles de détecter les panaches de cendre et les anomalies thermiques. Certains de ces outils ont été exportés vers Hawaï, où les scientifiques du HVO les utilisent pour améliorer leur surveillance des volcans Kilauea et Mauna Loa.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisAs part of Volcano Awareness Month, the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO)has dedicated an article to the Alaska Volcano Observatory (AVO).

The role of this observatory is essential as Alaska has the largest number of volcanoes of all the United States. Of the nation’s 169 active volcanoes, 90 are located in Alaska. Eruptions there are common and some volcanoes are in a semi-constant state of low-level activity.

The 1986 eruption of Augustine volcano emphasized the need for volcano monitoring and research in Alaska. It also prompted the establishment of AVO which was founded in 1988. The observatory is a partnership between three organizations: USGS, the Geophysical Institute of the University of Alaska Fairbanks, and the Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys. These three groups contribute to observatory operations, although hazards notifications are issued by the USGS, which has federal responsibility for such declarations.

AVO did not have to wait long after its establishment for showing its utility. On December 14th, 1989, Redoubt volcano erupted. The next day, KLM flight 867, carrying 231 passengers from Amsterdam to Tokyo with a stop in Anchorage, flew through a Redoubt ash plume, causing all four engines to fail. The aircraft dropped more than 3 km in altitude within five minutes before the flight crew managed to restart the engines and land the plane safely in Anchorage. All four engines on the aircraft had to be replaced, with damages totaling about $80 million. The Redoubt eruption continued through early June 1990.

There is a significant difference between AVO in Alaska and HVO in Hawaii. In Hawaii, the scientists focus primarily on ground-based volcanic hazards such as lava flows, whereas Alaska has both ground and airborne concerns. AVO’s area of responsibility is also much broader than that of HVO, extending from southeast Alaska to Anchorage, along the Alaska Peninsula and then out the chain of Aleutian Islands towards Russia’s Kamchatka Peninsula—a distance of over 3000 km!

Nevertheless, AVO uses volcano monitoring methods similar to those employed by HVO, including webcams, seismic and GPS stations, and geological mapping. Ground-based monitoring and research field work are considerable challenges owing to Alaska’s harsh environment and the remoteness of so many volcanoes, so satellite data are used extensively. As we recently saw it about Bogoslof, aircraft pilot reports are also important sources of information about Alaskan volcanoes

Since its founding, AVO has made tremendous strides in mapping the largely unknown volcanoes of Alaska to better understand their eruptive histories and future eruptive potential. Even some of the remote volcanoes of the western Aleutian Islands have been instrumented to track unrest and detect eruptions that might be hazardous to aircraft.

AVO has also developed state-of-the-art tools for viewing the abundance of available satellite observations that can detect ash plumes and thermal anomalies. Some of these tools have been exported to Hawaii, where HVO scientists use them to enhance their monitoring of Kilauea and Mauna Loa volcanoes.

Source : USGS / HVO.

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L’Iliamna et les volcans de Cook Inlet (Source: AVO)

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Volcan Iliamna et glaciers.

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Vue du Redoubt.

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Vue de l’Augustine.

(Photos: C. Grandpey)