Un grand basculement a refaçonné la surface de la planète Mars // Great tilt gave Mars a new face

drapeau-francaisUne nouvelle étude parue dans la revue Nature et mise en ligne le 2 mars 2016 révèle que l’émergence du dôme de Tharsis a déplacé les tropiques d’origine de la planète Mars et peut-être donné naissance à la planète froide, sèche et morte que nous connaissons aujourd’hui. Avec 5000 kilomètres de diamètre et plus de 10 kilomètres d’épaisseur, Tharsis Montes est le plus grand complexe volcanique connu dans le système solaire. L’énorme effusion de lave qui l’a créé il y a entre 4,1 et 3,7 milliards d’années a chamboulé la planète toute entière. Ce n’est pas l’axe de rotation de Mars qui a bougé (phénomène que l’on appelle variation de l’obliquité) mais les parties externes (manteau, croûte) qui ont tourné par rapport au noyau ! Ce phénomène avait été prédit théoriquement, mais jamais encore démontré.
On pensait jusqu’alors que, sous son poids énorme, le dôme volcanique de Tharsis avait fait se courber la croûte de la planète et dicté la direction empruntée par les rivières martiennes qui se sont formées par la suite. Toutefois, la nouvelle étude suggère que les rivières et leurs réseaux de vallées se sont formés en premier lieu et se sont concentrés le long de l’équateur. L’émergence du dôme de Tharsis a fait basculer la planète à un tel point que, si cela se produisait sur Terre, Paris se retrouverait au-dessus du pôle nord magnétique, situation qui aurait des effets catastrophiques sur le climat et sur l’eau.
Il y a huit ans, un chercheur français a remarqué que les réseaux de vallées qui se sont formés il y a entre 4 et 3 milliards d’années étaient réparties presque comme dans un cercle, mais avec une certaine inclinaison au niveau de l’équateur. Le scientifique et ses collègues ont calculé la position des pôles martiens avant Tharsis, et sont arrivés à la conclusion que le cercle aurait suivi l’équateur. Ils ont également cherché des preuves d’un climat polaire dans la région supposée des pôles. L’ancien pôle nord se trouve dans une région avec une grande quantité de glace qui pourrait correspondre à une ancienne calotte polaire, et il existe également des preuves de présence d’eau au niveau de l’ancien pôle sud.
Selon les chercheurs, la logique voudrait que les rivières fussent déjà en place avant la formation de la région de Tharsis. Il se peut aussi qu’elles se soient mises en place en même temps, peut-être sous l’effet de chutes de pluie ou de neige pendant l’activité de l’énorme édifice volcanique.
Le prochain objectif des chercheurs sera d’étudier comment ce chambardement au niveau de la croûte de Mars a pu contribuer à la perte de l’eau et de l’air sur la planète. Au début de son existence, Mars a pu avoir des tropiques où régnait un climat chaud et humide, tout comme la Terre maintenant. Mais à un moment donné, la planète a perdu l’atmosphère épaisse qui la protégeait, et une grande partie de l’eau a disparu au même moment. Une chose est certaine : le basculement des pôles s’est produit lorsque l’eau et l’atmosphère ont disparu ou étaient en train de disparaître.
Vous trouverez une étude plus détaillée sur le site du CNRS : http://www2.cnrs.fr/en/2719.htm

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drapeau-anglaisA new study in the journal Nature and published online on March 2nd 2016 reveals that the emergence of a huge mount of molten rock jostled the Red Planet’s early tropics out of position, and may have helped usher in the cold, dry and dead version of the planet we know today. That massive bulge of volcanic rock is called the Tharsis region. At 5000 kilometres across and more than 10 kilometres thick, it is the largest known volcanic complex in the solar system. When huge outpourings of lava between 4.1 and 3.7 billion years ago created it, it deformed the entire planet.
It was thought that Tharsis bent the planet’s crust and dictated the direction of Martian rivers, which formed later. But a new research suggests that the rivers and their valley networks formed first, and were concentrated along the equator. The formation of Tharsis tilted the planet around so much that, if it happened on Earth, Paris would sit atop the magnetic north pole – a rearrangement that would have wild, catastrophic effects on the climate and water.
Eight years ago, a French researcher noticed that valley networks that formed between 4 and 3 billion years ago were arranged almost as if they were in a circle, but tilted a bit from the equator. The scientist and his colleagues calculated where Mars’s poles would have been before Tharsis, and worked out that the circle would have followed the equator. They also looked for evidence of a polar-like climate at what would have been the poles. The “paleo” north pole is in a region with a large amount of ice, possibly corresponding to an ancient polar ice cap, and there is evidence of water at the ancient south pole as well.
They conclude that the placement of the rivers makes the most sense if they were in place before the Tharsis region formed, or if they were forming concurrently – maybe even by rainfall or snowfall happening as the enormous volcanic structure was active.
The next goal is studying how this crustal shifting might have contributed to Mars’s loss of water and air. As a young planet, Mars may have had warm, wet, and humid tropics at its equator just like Earth does now. But at some point, it lost is thick protective atmosphere, and much of the water went with it. What is certain is that the true polar wander occurred when the water and atmosphere disappeared or was disappearing.
You will find e more detailed study on the CNRS website : http://www2.cnrs.fr/en/2719.htm

Mars

Chronologie du basculement des pôles de Mars, d’après la dernière étude.

Fuego (Guatemala), Kilauea (Hawaii) & Tungurahua (Equateur)

drapeau-francaisLes autorités guatémaltèques ont émis un avis d’alerte le 2 mars lorsque le Fuego a connu un nouvel épisode éruptif. Le volcan a envoyé des panaches de cendre à plus de 2.000 mètres au-dessus du cratère ; ils se sont ensuite étirés sur plus de 40 kilomètres vers l’ouest, le sud-ouest et le nord. Plusieurs localités à proximité du volcan ont reçu une fine couche de cendre, mais aucune évacuation n’a été jugée nécessaires et l’INSIVUMEH indique dans son dernier rapport que la crise éruptive est terminée.

Le niveau de la lave demeure élevé (30 mètres en dessous de la lèvre) dans l’Halema’uma’u Crater, mais la lave n’est pas visible depuis la terrasse du Musée Jaggar. Le spectacle dépend du processus d’inflation et de déflation du Kilauea.
Pendant ce temps, une nouvelle coulée de lave est apparue sur le plancher du Pu’uO’o qui est également influencé par le comportement du Kilauea. Le petit cône situé dans la partie E du cratère a émis brièvement de la lave, suivi d’une coulée plus importante à partir d’une bouche dans la partie ouest du cratère. L’émission de lave se poursuit au moment où je rédige cette note.

La télévision américaine NBC News a mis en ligne une vidéo montrant l’activité spectaculaire du Tungurahua hier mercredi 2 mars 2016:

http://www.nbcnews.com/video/watch-throat-of-fire-volcanos-spectacular-show-635713091734

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drapeau-anglaisGuatemalan authorities issued a warning on March 2nd as Fuego went through another eruptive episode. The volcano sent ash plumes more than 2,000 metres above the crater, bedore drifting over 40 kilometres to the west, southwest and north. Several municipalities surrounding the volcano reported fine ash particles falling from the sky. So far no evacuations had been deemed necessary and INSIVUMEH indicated in its latest report that the eruptive crisis was over.

The level of lava remains high (30 metres below the rim) within Halema’uma’u Crater but lava is currently not visible from the terrace of the Jaggar Museum. Whether it can be seen or not depends on the inflation and deflation process of Kilauea volcano.
Meantime, a new lava flow has appeared on the floor of Pu’uO’o Crater which is also influenced by the behaviour of Kilauea. The small cone on the east side of the crater floor briefly erupted spatter, followed by a more vigorous flow from the westernmost vent. The lava emission is continuing as I am posting this note.

The NBC News TV channel has released a video of Tungurahua‘s dramatic activity yesterday, Wednesday March 2nd, 2016:

http://www.nbcnews.com/video/watch-throat-of-fire-volcanos-spectacular-show-635713091734

Chaîne des Cascades (Etats Unis): Le Mont Baker // Cascade Range (United States) : Mount Baker

drapeau-francaisS’étirant le long de la côte Ouest des Etats-Unis, la Chaîne des Cascades égrène un certain nombre d’édifices volcaniques dont la plupart sont potentiellement actifs. Je vous propose de voyager du nord au sud de la Chaîne et de découvrir certains d’entre eux.

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Lorsque vous êtes sur le point d’atterrir à Vancouver, si le temps est clair (ce qui est pas toujours le cas), n’oubliez pas de regarder par le hublot. Vous aurez une belle vue sur l’alignement des volcans de la Chaîne des Cascades, résultat de la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine.

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Le Mont Baker (3286 mètres) se trouve à proximité de Vancouver et on peut facilement lui rendre visite en remontant l’Interstate 5 vers le nord, puis en empruntant la route 542 vers l’est.

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Le Mont Baker est un stratovolcan composé principalement de coulées de lave et de brèches andésitiques. Il s’est en grande partie formé avant la dernière grande glaciation (entre 25 000 et 10 000 ans).
L’éruption majeure la plus récente, il y a environ 6700 ans, s’est accompagnée d’un effondrement majeur d’un flanc du volcan, avec des lahars qui se sont engouffrés dans la vallée de la rivière Nooksack, puis vers l’est dans le lac Baker.
En 1975-1976, le Cratère Sherman, juste au sud du sommet, a montré un regain d’activité, mais il n’y a pas eu éruption.

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Bien que la surveillance ait été accrue suite à l’activité de1975-1976, elle reste insuffisante en raison de la menace qu’une éruption poserait aux zones habitées proches du volcan. C’est la raison pour laquelle le Mont Baker figure parmi les volcans des Cascades qui devront être équipés en priorité dans les années à venir.
Une randonnée dans les environs du Cratère Sherman n’est pas sans risque car plusieurs bouches laissent échapper du CO2, un gaz inodore qui peut devenir un vrai problème pour des personnes qui ne sont pas habituées à un environnement volcanique.
La route vers le Mont Baker est très agréable. Lorsque vous arrivez au terminus, vous êtes sûr se vous balader autour du Picture Lake qui se trouve au centre d’un superbe paysage dans les Heather Meadows. Le Mont Shuksan qui se reflète dans le lac est l’une des scènes de montagne les plus photographiées en Amérique du Nord.

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Un sentier permet de monter un peu plus haut le long d’une crête. Il offre une vue imprenable sur le Mont Baker d’un côté et sur les glaciers du Mont Shuksan de l’autre.

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Lorsque vous serez dans le secteur des Heather Meadows, ne manquez pas les belles colonnes d’andésite dont les prismes se dressent tels des fusées vers le ciel.

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Photos: C. Grandpey

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drapeau anglaisStretching along the West Coast of the United States, the Cascade Range harbours a good number of volcanoes, most of which are potentially active. I invite you to travel from the north to the south of the Range and discover some of them.

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When you are about to land in Vancouver, if the weather is clear (which is not so often), you will get a nice view of the alignment of the volcanoes along the Cascade Range, the result of the subduction of the Juan de Fuca tectonic plate as it sinks beneath the North American plate.
Mount Baker (3286 m) stands close to Vancouver and can be easily reached by driving along Interstate 5 and then Highway 542 to the east.
Mount Baker is a stratovolcano composed mainly of andesite lava flows and breccias and was largely formed prior to the most recent major glaciation (between about 25,000 and 10,000 years ago).
The most recent major eruption at Mount Baker, about 6,700 years ago, was accompanied by a major flank-collapse event that caused lahars to rush down the Nooksack River and then eastward into Baker Lake.
In 1975-76, Sherman Crater, immediately south of the summit, showed signs of renewed volcanic activity but there was no eruption.
Although monitoring was increased as a result to the 1975-76 activity, it is now insufficient due to the threat that renewed activity would pose to nearby communities. That’s why Mount Baker has been listed among several Cascade volcanoes that are high priority to have their monitoring systems enhanced in the coming years.
Trekking in the vicinity of Sherman Crater can be dangerous as several vents are releasing CO2, a gas which is odourless and can be a real problem to visitors who are not used to a volcanic environment.
The road to Mount Baker is quite pleasant. When you arrive at the terminus, you are sure to take a walk around Picture Lake which is the centerpiece of a beautiful landscape in the Heather Meadows area. The classic alpine vista of Mt. Shuksan mirrored in Picture Lake is one of the most photographed mountain scenes in North America.
A footpath allows you to climb a bit higher along a ridge that offers great views of Mount Baker on one side and of the Mount Shuksan glaciers on the other side.
While in the Heather Meadows area, do not miss the nice columns of andesite whose prisms rise like rockets towards the sky.

Des émissions de gaz dans le Golfe de Naples (Italie) // Gas emissions in the Gulf of Naples (Italy)

drapeau-francaisAu cours d’une campagne océanographique coordonnée par le Conseil National de la Recherche (CNR), l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) et l’Université de Florence, des scientifiques ont découvert au fond du Golfe de Naples un gonflement, ou un «dôme», qui émet du gaz. Il a une quinzaine de mètres de hauteur et couvre une superficie de 25 kilomètres carrés.
La structure se trouve à mi-chemin entre les volcans actifs des Champs Phlégréens et le Vésuve, à des profondeurs variant entre 100 et 170 mètres. Au cours de la mission, les chercheurs ont découvert 35 émissions de gaz et plus de 650 petits cratères liés à des émissions de gaz qui se sont produites au cours des derniers 12 000 ans. Selon un chercheur de l’INGV, les données récoltées « indiquent que nous sommes en présence d’une activité corrélée à un phénomène volcanique secondaire et non associée, pour l’instant, à une ascension directe du magma. »
Source : Corriere della Sera / Corriere del Mezzogiorno.

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drapeau anglaisDuring an oceanographic campaign coordinated by the National Research Council (CNR), the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV) and the University of Florence, scientists discovered in the Gulf of Naples a swelling, or a « dome », which emits gas. It is fifteen metres high and covers an area of 25 square kilometres.
The structure is located halfway between the active volcanoes of the Campi Flegrei and Vesuvius, at depths ranging between 100 and 170 metres. During the mission, the researchers discovered 35 gas emissions and more than 650 small craters linked to gas emissions that have occurred over the last 12 000 years. According to an INGV researcher, the data collected « indicate that we are in the presence of an activity correlated to a secondary volcanic phenomenon and not associated, for now, with a direct ascent of magma. »
Source: Corriere della Sera / Corriere del Mezzogiorno.