Images de volcans

La NASA met régulièrement en ligne (voir adresse ci-dessous) des photos de volcans prises depuis l’espace, en particulier grâce à l’Advanced Land Imager (ALI) qui se trouve à bord du satellite Earth-Observing-1 (EO-1).

Les dernières images montrent le volcan Planchón-Peteroa au Chili et Barren Island dans la Mer d’Andaman. En cliquant sur les vignettes, vous pourrez voir également le Kilauea, le Nyiragongo, le Shiveluch, et bien d’autres encore.

 

http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/quarterly.php?cat_id=12

Vers une meilleure compréhension des séismes volcaniques?

En 2009, je m’étais fait l’écho de plusieurs articles de presse qui indiquaient qu’un essaim de plusieurs milliers de séismes avait secoué la partie de l’Arabie Saoudite la plus proche de l’Egypte. A l’époque, cet événement avait surpris beaucoup de scientifiques car la région était considérée comme très calme d’un point de vue géologique ; peu de séismes ou d’éruptions volcaniques avaient été recensés au cours du dernier millénaire.

Entre avril et juin 2010, plus de 30 0000 secousses ont affecté la région de Harrat Lunayyir, avec des événements de M 4 ou plus et une secousse de M 5,4 le 19 mai qui a causé des dégâts matériels dans la ville de Al Ays où des murs ont été fissurés. Pris de panique devant cet événement inhabituel, le gouvernement a fait évacuer 40 000 personnes.

La zone volcanique de Harrat Lunayyir concernée par ces séismes fait partie d’une région de 180 000 km2 qui a commencé à se former il y a 30 millions d’années quand l’Arabie s’est détachée de l’Afrique, contribuant à la formation de la Mer Rouge.

Suite aux séismes de 2009, les scientifiques ont découvert une faille de 3 km de long qui a même atteint une longueur de 8 km quand s’est produit la secousse la plus forte de M 5,4. Les images radar fournies par les satellites ont montré que la cause la plus probable de cette ouverture de faille était une intrusion magmatique.    

Les chercheurs ont toutefois estimé que le risque d’une éruption volcanique restait « modéré » et qu’il était « peu probable » que des séismes de M5 ou plus se produisent au cours des deux mois suivants. Une baisse de la sismicité en août 2009 a confirmé leur pronostic et montré que la crise était terminée. Les personnes évacuées ont pu rentrer chez elles.  

A l’avenir, les autorités devront se montrer vigilantes. En effet, on estime que le magma se trouve maintenant à faible profondeur (environ 2 km) et le risque éruptif est devenu réel car il  sera maintenant plus facile au magma d’atteindre la surface.

Les scientifiques sont persuadés que l’étude des données sismiques collectées en Arabie Saoudite permettra à l’avenir de mieux prévoir les éruptions volcaniques. En effet, les séismes volcaniques génèrent souvent simultanément des ondes haute fréquence et basse fréquence qui aident à connaître le moment où une éruption est susceptible de se produire. Le problème est que ces signaux sont souvent atténués par la nature du sol qu’ils traversent. Dans le cas de l’Arabie, on a pu les détecter très clairement à travers les roches cristallines de la région. Les ondes sismiques basse fréquence générées par les séismes de Harrat Lunayyir semblent montrer que le magma circulait dans les profondeurs tandis que les ondes haute fréquence révèlent une fracturation des roches volcaniques provoquée par le magma au cours de son ascension. Les chercheurs sont persuadés qu’une bonne compréhension de ces signaux ne peut que faire avancer la prévision et la prévention des éruptions volcaniques à travers le monde.

Source : Nature Geoscience.