Analyse des gaz volcaniques

Haroun Tazieff a toujours défendu l’idée que les gaz volcaniques étaient le moteur des éruptions et que l’étude de ces gaz devait être prioritaire. C’est pour cela qu’il s’est entouré de scientifiques comme François Le Guern ou René-Xavier Faivre-Pierret, spécialistes dans ce domaine. Tazieff a toujours insisté sur la nécessité de prélever des échantillons de gaz à leur source, avant qu’ils soient modifiés par l’air ambiant. Ce genre de travail est extrêmement difficile et dangereux et il fallait la ténacité d’un homme comme Le Guern pour l’effectuer.

 

Un article publié par The New Scientist indique que des recherches effectuées par des scientifiques britanniques de l’Université de Newcastle pourraient permettre de faire de tels prélèvements dans de meilleures conditions. Ces chercheurs utilisent le carbure de silicium pour fabriquer des composants électroniques capables de fonctionner dans des environnements extrêmement hostiles, là où le matériel traditionnel rend l’âme rapidement. Alors que le silicium se comporte correctement jusqu’à environ 175°C, le carbure de silicium résiste jusqu’à 600°C.  

Les deux chercheurs britanniques sont parvenus à intégrer le carbure de silicium dans des composants électroniques avec des capteurs sensibles à l’oxygène, à l’hydrogène, à l’H2S, au SO2 et pouvant atteindre une sensibilité de 10ppm.

 

L’étape suivante consistera à intégrer ces composants dans des boîtiers de la taille d’un téléphone portable et à les rendre autonomes en énergie, par exemple en utilisant de petits panneaux solaires. Ainsi, on pourrait les utiliser dans des environnements dangereux comme les sites de stockage de déchets nucléaires ou pour analyser la pollution des moteurs d’avions à réaction. S’agissant des volcans, on pourrait laisser l’appareil au bord d’un évent de gaz afin de mesurer ce dernier en permanence. Un émetteur radio-fréquence transmettrait les résultats au laboratoire.

Ce travail de recherche me semble fort intéressant. Je suis « tazieffien » jusqu’au bout des ongles et j’ai toujours défendu cette approche de la volcanologie par les gaz. A mon modeste niveau, j’ai effectué des travaux de mesure de température et d’échantillonnage de gaz sur l’île de Vulcano et sur les basses pentes de l’Etna (voir documents dans la colonne de gauche de mon blog). Pour moi, il ne fait aucun doute que c’est en pousuivant les recherches sur les gaz volcaniques que nous parviendrons à mieux prévoir les éruptions et, de ce fait, à protéger les populations.

 Source : The New Scientist.

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Mesure de température des gaz à Vulcano