Dans son numéro du 24 avril, le Figaro Magazine a publié un dossier intitulé « Quand les volcans se réveillent ». On y trouve en particulier un article consacré à l’Eyjafjöll et illustré par des photos d’Olivier Grünewald. Ayant souvent vanté l’excellence des clichés de ce photographe, j’ai été surpris de constater que le rendu des couleurs de la lave n’était plus celui auquel j’étais habitué. Dans la double page montrant les fontaines de lave au col de Fimmvördurhals, les projections prennent un relief artificiel et, dans la page suivante qui montre une cascade, la lave prend une teinte framboise peu naturelle. J’aurais tendance à croire que l’ami Olivier est tombé sous le charme des sirènes du numérique, à moins que la faute soit celle de la photogravure. En effet, la grande tendance dans la presse aujourd’hui est d’exagérer le contraste et la saturation pour avoir des images qui accrochent mieux le regard des lecteurs. Il semblerait que le dopage ne soit pas l’apanage du sport !
L’article rédigé par Bernadette Gilbertas, la compagne d’Olivier Grünewald dans la vie, est intéressant, mais on discerne mal l’évolution de l’éruption. Le reportage photographique a été réalisé uniquement lors de la première double phase de l’éruption au col de Fimmvördurhals. Rappelons que la première séquence éruptive a commencé le 20 mars un peu avant minuit et qu’une nouvelle fracture s’est ouverte le 31 de ce même mois. En lisant le texte, on a l’impression que les deux fractures éruptives se sont ouvertes le 31 mars, à quelques heures d’intervalle. De plus, à cette époque, aucun nuage de cendre ne menaçait l’espace aérien. Ce n’est qu’après le 14 avril que les difficultés ont commencé, quand une fracture a déchiré la calotte de glace au sommet de l’Eyjafjallajökull, suite au réveil du volcan Eyjafjöll qui se cache sous la glace.
Le dossier comporte par ailleurs une interview de Claude Allègre qui crie bien fort que « tous nos volcans sont surveillés ». Il signale en passant, avec le « c’est moi qui » dont il a le secret, qu’il a été à l’origine de la mise en place des observatoires du Piton de la Fournaise à la Réunion, de la Montagne Pelée à la Martinique et de la Soufrière de la Guadeloupe en 1977 quand il était directeur de l’IPG. Aucune allusion, bien sûr, à son fiasco sur ce dernier volcan un an auparavant !
La troisième partie du dossier fait l’inventaire des « éruptions qui ont marqué l’histoire ». Un grand classique lu et relu dans les livres et dans la presse, et qui n’appelle pas de commentaire particulier.
Le dossier se trouve également sur le site Internet du Figaro Magazine à l’adresse suivante: