Yellowstone bouge toujours…

drapeaufrancais.jpgUne série de séismes faibles à modérés continue à affecter le Parc National de Yellowstone. L’activité se concentre dans la partie NO du parc, à mi-chemin entre le Vieux fidèle et la bourgade de West Yellowstone.

L’essaim sismique a débuté le 17 janvier. A 9 heures le 22 janvier, 1033 secousses avaient été enregistrées par des sismos. Dix d’entre elles avaient une magnitude de 3 ou plus, avec un événement de M 3,8 mercredi en soirée.

Les scientifiques continuent d’affirmer que cette sismicité est due à des mouvements et des changements de pression dans l’écorce terrestre. Il ne s’agit pas de phénomènes pré-éruptifs.

On recense en moyenne 1600 séismes dans le Park chaque année. 1652 ont été enregistrés en 2009. Le Park a connu 80 essaims sismiques au cours des 15 dernières années. Le dernier d’entre eux s’est produit à la mi-octobre 2009, aves 133 petites secousses près de Heart Lake.

Une mise à jour permanente de l’activité sismique est accessible à l’adresse suivante :

http://www.seis.utah.edu/req2webdir/recenteqs/Maps/Yellowstone.html

Au vu des enregistreurs en ligne (initiative très appréciable que devrait imiter l’IPG français !!) il me semble évident que l’activité sismique actuelle à Yellowstone n’a rien à voir avec ce qui se passe avant une éruption. Il n’y a aucun signe de fracturation de roches due à une montée du magma et on ne relève aucune trace de tremor volcanique. Soyons un peu patients et il ne fait aucun doute que la situation redeviendra normale!  

Source: Yellowstone National Park.

Ci-dessous la carte du Parc de Yellowstone telle qu’elle apparaît sur le site National Parks Traveler accessible à l’adresse suivante :

http://www.nationalparkstraveler.com/2010/01/tectonic-plates-thought-responsible-swarm-yellowstone-national-park-earthquakes5284

Les essaims sismiques ont été localisés entre West Yellowstone et le Vieux Fidèle (Old Faithful).  

 

drapeau anglais.jpgA series of micro to moderate earthquakes continue to shake Yellowstone National Park. The activity is centered in the northwest corner of the Yellowstone Caldera, roughly half-way between Old Faithful and West Yellowstone.

As of 9:00 a.m. MST Friday, January 22nd, 1,033 earthquakes have been recorded since the swarm began on Sunday, January 17th. Ten of the earthquakes are M 3.0 or greater, with a M 3.8 earthquake recorded late Wednesday evening. 

Scientists are confident that the current earthquake activity is due to the shifting and changing pressures in the earth’s crust, and not to any change or increase in volcanic activity in the Park.

Yellowstone averages about 1,600 earthquakes a year, and recorded 1,652 earthquakes in 2009. The Park has experienced 80 earthquake swarms in the last 15 years. The last swarm of 133 very small earthquakes occurred in mid October 2009 near Heart Lake.

A continually updated map and list of earthquakes in Yellowstone is available online at the following address:

http://www.seis.utah.edu/req2webdir/recenteqs/Maps/Yellowstone.html

Judging from the webicorders (I greatly appreciate their being online, an initiative that should be copied by the French IPG!!), the current seismic activity in Yellowstone does not correspond with what happens before a volcanic eruption. There is no sign that rocks are breaking because of ascending magma and there is no sign either of volcanic tremor. Let’s just be patient and the situation will go back to normal!

Source: Yellowstone National Park;

Here below a map of Yellowstone National Park as you can see it on the National Parks traveller website:

http://www.nationalparkstraveler.com/2010/01/tectonic-plates-thought-responsible-swarm-yellowstone-national-park-earthquakes5284

Seismic swarms have been located between West Yellowstone and the Old Faithful.

 

Yellowstone Caldera.jpg

 

 

Mayon (Philippines)

drapeaufrancais.jpgBien que l’on parle peu du volcan, il faut savoir que l’alerte de niveau 2 est toujours en vigueur. En effet, les mesures effectuées la semaine dernière (émissions de SO2, sismicité, déformation du sol, incandescence au niveau du cratère et activité de dégazage) justifient le maintient du niveau 2 qui indique une activité modérée.

Samedi les émissions de SO2 atteignaient 1001 tonnes par jour et 815 tonnes vendredi. Le PHILVOCS considère que la normale pour le volcan se situe au-dessous de 500 tonnes par jour. 

Les sismos ont enregistré samedi 2 séismes d’origine volcanique et 6 effondrements provoqués par des chutes de blocs sur le front des coulées sur les hautes pentes du volcan.  

Avec l’alerte de niveau 2, le PHILVOCS conseille fortement à la population d’éviter la zone de danger permanent de 6 km de rayon autour du Mayon.

 

drapeau anglais.jpgAlthough little is said about it, alert level 2 is still in effect. Indeed, monitored parameters such as SO2 emissions, seismicity, ground deformation, crater glow and steaming activity in the past week are still appropriate for alert level 2 or moderate unrest.”

Last Saturday, Mayon had an SO2 emission rate at an average value of 1001 tons/day and 815 tonnes/day on Friday. Phivolcs consider 500 tonnes and below SO2 emission as “normal” for the volcano.

Seismographs on Saturday also recorded two volcanic earthquakes and six rockfall events related to the detachment of lava fragments at the volcano’s upper slopes.

With Alert Level 2 in effect, PHILVOCS strongly recommends that the public should not enter the six-kilometre radius Permanent Danger Zone around Mayon.

Pu’uO’o (Kilauea / Hawaii / Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgLe Pu’uO’o permet à la lave de dégazer avant sa sortie sur le Thanksgiving Eve Breakout (TEB) à 2 km plus à l’est. Les dernières mesures du SO2 ont révélé 1100 tonnes par jour le 21 janvier dernier. Le 22 janvier, à 10h30, une petite portion de la lèvre située juste devant la webcam s’est écroulée dans le cratère en projetant de petits morceaux de roche sur le verre protecteur. Cet effondrement a révélé une bouche incandescente au pied de la paroi opposée. Jusqu’à présent, cette bouche n’apparaissait pas sur les images de la webcam. Elle était la source de la lueur que l’on voyait la nuit depuis plusieurs semaines.

Une telle bouche s’ouvre de temps en temps dans le Pu’uO’o. J’ai eu la chance de pouvoir photographier l’une d’entre elles depuis la lèvre du cratère en 1998 (voir photo ci-dessous). C’était comme un chaudron au fond duquel bouillonnait une soupe couleur d’or. Un peu plus tard, la descente au fond du Pu’uO’o fut une aventure qui faillit tourner au drame quand nous (Guy de St Cyr et quatre autres amis) fûmes pris dans un nuage de gaz qui  rendit extrêmement difficile notre sortie du cratère. Je raconte cet épisode dans Volcanecdotes, un livre que j’ai écrit quelques années plus tard… 

 

drapeau anglais.jpgThe Pu`u `O`o crater allows lava to degas before erupting from the TEB vent, located 2 km to the east. The most recent SO2 emission rate measurement was 1,100 tonnes/day on January 21st. On January 22nd just before 10:30 am, a small sliver of the rim immediately in front of the webcam fell into the crater, ejecting small rock bits onto the camera’s protective glass. The collapse revealed a glowing hole at the base of the opposite wall of the crater. Up to now, the hole was not visible in the webcam. It is the source of the strong glow that can be seen at night.

Such a vent opens from time to time in Pu’uO’o. I could observe one of them from the crater rim in 1998 (see photo below). It was like a cauldron at the bottom of which a gold-coloured soup was bubbling. Next, getting down into the crater was quite an adventure when we (I mean Guy de St Cyr and four other friends) were trapped in a thick cloud of gas and nearly failed to find our way back! This episode is one of the Volcanecdotes, a book I wrote some years later…

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(Photo: C. Grandpey)

Fonte des glaciers du Mont Rainier (Etat de Washington / Etats Unis)

Le réchauffement climatique affecte sérieusement la Chaîne des Cascades où les glaciers ont perdu la moitié de leur glace au cours du 20ème siècle. Le Mont Rainier est le meilleur exemple de la situation.

Avec le recul des glaciers, d’énormes quantités de sédiments recouvrent les pentes du volcan, en particulier dans sa partie occidentale. Ces matériaux, mis en mouvement par les eaux de pluie, viennent obstruer le lit des cours d’eau, avec un très fort risque d’inondations et de coupure des routes du Parc. A terme, les inondations pourraient affecter les basses terres du Puget Sound.

Les statistiques montrent que la pluviosité sur le volcan est en hausse et les inondations également. En novembre 2006, un orage a déversé 45 cm d’eau sur le Parc en 36 heures. Un camping a été emporté et le Parc du Mont Rainier a dû être fermé pendant plus de six mois.  Autre exemple : la Nisqually River – alimentée par le glacier du même nom – entrait autrefois en crue une fois par siècle. De nos jours, c’est une fois tous les 14 ans. Le lit de la rivière s’est élevé de 11 mètres depuis 1910, suite à l’accumulation des matériaux, avec des blocs parfois gros comme des autobus. Le Visitor Center de Longmire se trouve maintenant à 9 mètres sous le lit de la rivière et il a fallu construire des digues pour le protéger des inondations.

Les autorités ont essayé de trouver des solutions pour faire face au danger. Ainsi, le Pierce County a dragué la Puyallup River pendant de nombreuses années, mais ce travail a été interrompu dans les années 1990 car on a observé que la population de poissons était en forte baisse dans la rivière. De toute façon, draguer les cours d’eau ne peut être qu’une solution temporaire car de nouveaux matériaux arrivent régulièrement dans leurs lits. Une autre solution pourrait être de reculer les digues et autres levées afin de donner plus de place aux rivières qui pourraient ainsi librement déposer leurs alluvions sans menacer les habitations et autres infrastructures.

Le temps presse car tous les spécialistes sont d’accord pour dire que la tendance n’est pas près de s’inverser. 

S’agissant du volcan proprement dit, on pourrait dire que cette fonte des glaciers aura au moins l’avantage de réduire le risque de lahars dévastateurs si le volcan vient à se réveiller. La quantité de glace étant moindre, sa fonte déclenchera des coulées de boue moins importantes. A mon avis, ce serait une grave erreur de se consoler en envisageant la situation de ce seul point de vue.

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En 2001, le Nisqually Glacier était facilement accessible…
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En 2008, l’approche du glacier était devenue impossible.
(Photos: C. Grandpey)