Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Passage en « Vigilance » // Alert level raised to « Watch »

La situation n’a guère évolué sur le Piton de la Fournaise au cours des derniers jours. Toutefois, la Préfecture explique dans son dernier communiqué de presse du 1er juin 2017 que « suite aux observations (gonflement de l’édifice, activité sismique…) de l’OVPF et à la reconnaissance de terrain effectuée le 30 mai 2017, le préfet de La Réunion a décidé de revenir en phase de VIGILANCE à partir du vendredi 2 juin 2017 pour le Piton de la Fournaise, ce qui signifie qu’une éruption est possible ou qu’il existe une présence de risques sur le secteur.

L’accès à la partie haute de l’enclos reste strictement limité aux deux sentiers balisés suivants :

– Pas de Bellecombe – Formica Léo – Chapelle Rosemont- Sentier Rivals- Cratère Caubet

– Pas de Bellecombe – Formica Léo -Chapelle Rosemont -sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le Nord du cratère).

Rappels : les sentiers Kapor jusqu’à Piton Kapor et du cratère Caubet au Belvédère du Château Fort restent interdits d’accès. Le public a interdiction de s’engager au-delà des limites provisoires qui sont matérialisées sur le sentier RIVALS. »

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The situation has not much changed on Piton de la Fournaise during the past few days. However, the Prefecture explains in its latest press release of June 1, 2017 that « following OVPF’s observations (inflation of the volcano, seismic activity …) and the overflight performed on May 30th, 2017, the Préfet of La Réunion has decided to return to the VIGILANCE phase of the alert system, starting on Friday 2 June 2017 for Piton de la Fournaise, which means that an eruption is possible or that there is a presence of risks on the sector.
Access to the upper part of the Enclos remains strictly limited to the following two signposted paths:
– Pas de Bellecombe – Formica Léo – Rosemont Chapel – Sentier Rivals- Crater Caubet
– Pas de Bellecombe – Formica Léo – Posement Chapel – access to the observation site of the Dolomieu Crater (access by the north of the crater).

The Ptefect reminds visitors that he Kapor trails to Piton Kapor and from the Caubet Crater to the Chateau Fort Belvedere cannot be accessed. The public is prohibited from engaging beyond the provisional limits that are materialized on the RIVALS trail.

Photo: Thomas Pesquet / CNES.

Les volcans vus par Thomas Pesquet // Volcanoes as seen by Thomas Pesquet

L’astronaute français Thomas Pesquet a atterri sans encombre, vendredi, dans les steppes du Kazakhstan, avec son coéquipier russe, après six mois passés dans l’ISS, la station spatiale internationale.

La mission de notre compatriote a été une réussite technique, mais aussi un extraordinaire succès populaire et un exemple de communication avec l’espace. Son fil Twitter regorge de superbes clichés de la Terre pris depuis la Cupola, ce balcon vitré offrant une vue imprenable sur notre planète. L’astronaute a beaucoup communiqué avec les médias, mais aussi avec les scolaires, notamment grâce à Astro Pi, suivi par de nombreux établissements.
Il y avait très longtemps – depuis le dernier atterrissage de la navette spatiale Atlantis –  que je n’avais pas regardé une fin de mission astronautique. C’est avec grand plaisir que j’ai assisté vendredi au retour de Thomas Pesquet, dans le cadre d’une émission qui se tenait au Centre National d’Etudes Spatiales, avec la présence d’anciens astronautes et du président Emmanuel Macron qui a eu parfaitement raison de se déplacer pour assister à cet événement.

Voici quelques images de volcans photographiés par Thomas Pesquet depuis la Cupola de l’ISS.

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French astronaut Thomas Pesquet landed safely on Friday in the steppes of Kazakhstan with his Russian  colleague after six months spent in the International Space Station.
The mission performed by our compatriot was a technical success, but also an extraordinary popular success and an example of communication with space. His Twitter feed is packed with great snapshots of the Earth taken from the Cupola, the balcony with a breathtaking view of our planet. The astronaut communicated extensively with the media, but also with the students, thanks to Astro Pi, followed by many schools.
It was a very long time – since the last landing of the Space Shuttle Atlantis – that I had not watched an astronautical mission. It was with great pleasure that I watched on Friday the return of Thomas Pesquet, during a program that was held at the National Center for Space Studies, with the presence of former astronauts and President Emmanuel Macron who was perfectly right to move to attend this event.
Here are some images of volcanoes photographed by Thomas Pesquet from the ISS Cupola.

L’Etna (Sicile) en mars 2017.

Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) au coeur des nuages

Le Taranaki (Nouvelle Zélande)

Le cratère du Mauna Loa (Hawaii).

Plus près de nous, les Monts du Cantal avec le Plateau du Coyan, encadré par la vallée de la Cère et celle de la Jordanne.

[Photos: Thomas Pesquet]

Sismicité islandaise // Seismicity in Iceland

L’activité sismique est relativement soutenue en Islande depuis quelque temps, avec plusieurs essaims dans la région du Bardarbunga. Certaines personnes pensent que cette sismicité pourrait être annonciatrice d’une éruption du volcan sous-glaciaire, mais rien ne s’est produit jusqu’à présent. En fait, cette sismicité a une origine tectonique et non volcanique. Le Bardarbunga présente une caldeira de 700 mètres, cachée sous la glace, avec deux fractures principales. La fracture de Veidivötn s’étend sur plus de 100 km au sud-ouest, presque jusqu’au Torfajökull, tandis que la fracture de Trollagigar s’étend sur 50 km vers le nord-est et l’Askja. Bien que la sismicité le long de ces fractures puisse être le signe d’une activité volcanique imminente, elle peut aussi avoir une origine purement tectonique, ce qui fut le cas pendant les dernières semaines.
Il faut se rappeler que l’Islande connaît une activité sismique presque constante car le pays se trouve sur la dorsale médio-atlantique. On enregistre environ 500 événements chaque semaine. La position de l’Islande à la limite entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine signifie que le pays se déchire lentement et des secteurs de la Zone sismique Sud-Islandaise pourraient un jour ou l’autre être secoués par un puissant séisme
Les plaques eurasienne et nord-américaine se déplacent au rythme d’environ 2,5 centimètres par an, ce qui correspond à environ 25 kilomètres sur un million d’années. Cette ligne de séparation entre les plaques tectoniques correspond également aux zones volcaniques de l’Islande qui connaît généralement deux types de séismes: ceux créés par l’activité volcanique et ceux générés par la libération des contraintes liées au mouvement des plaques tectoniques. D’autres types de séismes sont causés par des changements dans l’activité hydrothermale.
La Zone sismique Sud-Islandaise n’a pas de volcans actifs. C’est une faille transformante extrêmement active. Au fil du temps, les contraintes générées par les plaques tectoniques s’accroissent jusqu’au moment où cette énergie est libérée sous forme de séisme. C’est ce qui a provoqué certains des événements les plus catastrophiques de ce pays avec, en 1784, un séisme qui avait probablement une magnitude de M 7,1. En 1912, un autre séisme dans cette même Zone sismique Sud-Islandaise avait une magnitude de M 7,0. On craint qu’un autre puissant séisme affecte la région dans un proche avenir. Bien que les scientifiques affirment qu’ils pourront prédire un tel événement avec une « certitude considérable », ils indiquent aussi que la population n’aura qu’un préavis d’environ une heure. Autant dire que prévision et prévention sont inexistantes. Des séismes de cette ampleur sont censés se produire une fois tous les 100-150 ans et ils peuvent causer des dégâts considérables.

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Seismic activity has been quite intense in Iceland in recent days, with several swarms in the Bardarbunga area. Several people expressed fears of a possible eruption but nothing happened. Actually, this seismicity had a tectonic – and not volcanic – origin. Bardarbunga lies underneath Vatnajokull glacier, in the centre of the country. It contains a 700-metre caldeira, hidden beneath ice, covered in extensive flank fissures. The Veidivötn fissure extends for over 100km to the south west, almost reaching Torfajökull volcano, while the Trollagigar fissure extends 50km to the north east, towards the Askja volcano. Although seismicity along these fissures can be the sign of impending volcanic activity, they can also only have a tectonic origin, like during the past weeks.

One should remember Iceland is home to a near-constant stream of seismic activity; as it is perched atop the Mid-Atlantic Ridge. The nation experiences roughly 500 earthquakes every week.

While most of the tremors are small, Iceland’s position on the boundary between the Eurasian and North American tectonic plates means it is slowly being split apart, and areas in the South Iceland Seismic Zone could be due for a ‘Big One.’

The Eurasian and North American plates are drifting at a rate of roughly 2.5 centimetres per year, which translates to about 25 kilometres over the course of a million years. This boundary also lines up with Iceland’s volcanic zones. The overlap means Iceland typically experiences two different types of earthquakes: Quakes created by volcanic activity and quakes caused by the release of tension caused by the movement of the tectonic plates. Other types include quakes caused by changes in geothermal activity.

The South Iceland Seismic Zone has no active volcanoes within its breadth. It is a transform fault which is extremely active due to the drifting plates. Over time, tension in the region builds up until it is suddenly released, in the form of an earthquake. This has spurred some of the nation’s most catastrophic earthquakes. This includes a devastating quake in 1784 which scientists estimate had a magnitude 7.1. More than a century later, in 1912, another earthquake in the Southern Seismic Zone shook the region, with a 7.0 magnitude.

Many suspect another large earthquake could hit the area within the foreseeable future.

While scientists believe they would be able to predict such an event with ‘considerable certainty,’ they say citizens would only have about an hour’s notice. Quakes of this magnitude are believed to hit once every 100-150 years, and could cause significant damage.

La faille d’Almannagja à Thingvellir est le parfait exemple de la zone de fractures qui tranche l’Islande du sud-ouest au nord-est. Un géant capable d’enjamber la faille aurait un pied sur la plaque nord-américaine et l’autre sur la plaque eurasienne (Photo :C. Grandpey).

 

Modélisation 3D de la chambre magmatique du Stromboli // 3D model of Stromboli’s magma chamber

Les scientifiques de l’INGV (Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia) et du CNT (Centro Nazionale Terremoti) viennent de réaliser une modélisation 3D de la chambre magmatique du Stromboli, située entre 2 et 4 km de profondeur. Ils ont pu réaliser cette tâche grâce aux images acquise par technologie tomographique, semblable à celle utilisée dans les hôpitaux. Les résultats ont été publiés dans la revue Geophysical Research Letters.
Domenico Patane, chercheur à l’INGV explique que « le projet est né de la nécessité d’en savoir plus sur la structure interne du volcan.» Pour ce faire, les scientifiques ont installé 20 stations sismiques temporaires sur l’île, en plus du réseau de 13 stations permanentes, et ils l’ont complété par 10 sismomètres au fond de la mer (Ocean-Bottom Seismometers, OBS), ce qui a permis pour la première fois d’explorer la partie sous-marine du volcan.
« La surveillance géophysique et géochimique du Stromboli au cours des dernières années a été renforcée par l’INGV, surtout après la crise éruptive de 2002-2003, le tsunami du 30 décembre 2002 et le paroxysme du 5 avril 2003 ». Les recherches ont intégré les données acquises en 2006 à bord du navire de recherche Urania du CNR (Consiglio Nazionale delle Ricerche), en même temps que des enregistrements d’événements sismiques locaux effectués par le réseau permanent.
« Il a été possible de définir pour la première fois la géométrie de la chambre magmatique superficielle du Stromboli, qui s’étend depuis l’île proprement dite jusqu’au Strombolicchio. Ce dernier représente la cheminée centrale de l’ancien volcan, émergé il y a environ 200 000 ans au nord-est de Stromboli et aujourd’hui presque totalement érodé. »
Les images tomographiques montrent deux régions présentant des anomalies, à différentes profondeurs, là où est stocké le magma qui alimente l’activité permanente du Stromboli. De plus, grâce aux images tomographiques de la croûte de surface, les scientifiques possèdent maintenant un modèle physique en 3D de la géométrie de la chambre magmatique, ce qui devrait contribuer à l’avenir à effectuer de meilleures prévisions des phénomènes volcaniques.

Source : ANSA.it.

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Scientists from INGV (CNRS) and CNT (Centro Nazionale Terremoti) have just completed a 3D model of the magma chamber of Stromboli Volcano, located between 2 and 4 km deep. They were able to perform this task with images acquired by tomographic technology, similar to that used in hospitals. The results were published in the journal Geophysical Research Letters.
Domenico Patane, a researcher at INGV, explains that « the project was born of the need to know more about the internal structure of the volcano. » To do this, scientists installed 20 temporary seismic stations on the island, beside the network of 13 permanent stations, and completed it with 10 seismometers at the bottom of the sea (Ocean-Bottom Seismometers, OBS), allowing for the first time to explore the underwater part of the volcano.
« The geophysical and geochemical monitoring of Stromboli in recent years has been reinforced by INGV, especially after the eruptive crisis of 2002-2003, the tsunami of 30 December 2002 and the eruption of 5 April 2003 ». The research incorporated data acquired in 2006 on board the research vessel Urania of CNR (Consiglio Nazionale delle Ricerche), together with records of local seismic events carried out by the permanent network.
« It was possible to define for the first time the geometry of the shallow magma chamber of Stromboli, which extends from the island proper to Strombolicchio. The latter represents the central chimney of the ancient volcano, emerged some 200,000 years ago northeast of Stromboli and now almost totally eroded.  »
The tomographic images show two regions with anomalies at different depths, where the magma that supplies the permanent activity of Stromboli is stored. Moreover, thanks to the tomographic images of the surface crust, scientists now possess a 3D physical model of the geometry of the magmatic chamber, which should contribute in the future to better predictions of volcanic phenomena.
Source: ANSA.it.

Source: INGV / La Sicilia

Photo: C. Grandpey