Eruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) !

7 heures (heure métropole) – 9 heures (heure locale) : Le Piton de la Fournaise est entré en éruption ce lundi 19 septembre 2022. Une crise sismique a été enregistrée à partir de 6h23. Cette crise, accompagnée de déformations rapides, indiquait que le magma quittait son réservoir pour se propager vers la surface

Moins de deux heures après le début de cette crise sismique, le Piton de la Fournaise est entré en éruption sur le flanc sud-ouest, dans le secteur du cratère Rivals, à environ 2200 m d’altitude.

L’accès à l’ensemble de l’Enclos est interdit. La RN2 reste ouverte à la circulation.

Rappelons qu’une première crise sismique avait été enregistrée le 7 septembre, mais n’avait duré que 2 heures. L’éruption prévue dans les minutes ou les heures suivantes n’avait pas eu lieu. Comme lors de précédents événements semblables, les scientifiques de l’OVPF n’écartaient alors aucune hypothèse quant à la suite.

Au vu des hésitations du magma pour atteindre la surface, on peut raisonnablement penser qu’il ne s’agira pas d’une éruption de grande ampleur. Les conditions météorologiques sont mauvaises ce matin sur le volcan et on ne voit absolument rien sur les webcams. L’Observatoire se veut prudent « Nous ne pouvons pas confirmer l’arrivée de la lave en surface. Néanmoins la présence d’un tremor montre l’émission de gaz chauds et incandescents en surface, et de la possibilité d’émission de lave à court terme. »

Le Journal de l’Ile propose une première vidéo de l’éruption :

https://www.clicanoo.re/article/volcan/2022/09/19/decouvrez-les-premieres-images-de-leruption

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11 heures (heure métropole) – 13 heures (heure locale) : Il a fallu attendre quelques minutes avant 12 heures (heure locale) ce lundi 19 septembre 2022 pour avoir une confirmation visuelle de l’éruption. Les mauvaises conditions météorologiques sur le volcan entravent considérablement les observations. Selon Météo-France, le temps ne devrait pas s’améliorer ce lundi après-midi. Une amélioration est possible mercredi.

La première observation directe de cette nouvelle éruption, depuis le sentier du Piton de Bert, a pu être rapportée peu avant midi par un des scientifiques de l’OVPF. Il a confirmé la localisation de l’éruption à l’intérieur de l’Enclos sur le flanc Sud Sud-Ouest, aux alentours de 2 200 m d’altitude, non loin du cratère Rivals, à l’Est du Piton Kalla et Pelé.

L’accès à l’Enclos est interdit. Pour espérer entrevoir l’éruption, il faudra se rendre sur le Piton de Bert, sur la bordure Sud de l’Enclos. Elle se trouvera alors juste en face.

Cette éruption était attendue depuis la fin de la dernière le 17 janvier dernier car des signaux indiquaient que du magma s’accumulait dans le réservoir magmatique. Une première intrusion a été constatée le 7 septembre dernier, avec une crise sismique mais sans éruption faute de pression suffisante pour permettre au magma d’arriver en surface. C’est ce qui explique le raté de la prévision éruptive à ce moment-là.

Cette fois-ci, la nouvelle intrusion de ce lundi est arrivée en surface Faute de confirmation visuelle, l’OVPF s’est d’abord montré très prudent dans ses communiqués. Selon la directrice, « il est impossible à dire si ce magma va sortir en une seule éruption de grande ampleur et de longue durée, ou par plein de petites éruptions. »

Même sur un volcan effusif bien surveillé comme le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive reste fort complexe. On comprend pourquoi elle est quasiment impossible sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique.

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17 heures (heure métropole – 19 heures (heure locale) : L’éruption se poursuit. Après une phase d’augmentation en début d’éruption, l’intensité du tremor volcanique est en baisse progressive depuis 8h00, une évolution habituelle au début de chaque éruption du Piton de la Fournaise.

Les conditions météo restent médiocres, ce qui est fort dommage car c’est souvent au début de l’éruption que les fontaines de lave sont les plus spectaculaires. Voici l’une des rares images de l’éruption, diffusée par le Peloton de Gendarmerie de haute Montagne: (PGHM).

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7 am (Paris time) – 9 am (local time) : Piton de la Fournaise erupted on Monday September 19th, 2022. A seismic crisis was recorded from 6:23 a.m. This crisis, accompanied by rapid deformations, indicated that magma was leaving its reservoir to ascend towards the surface
Less than two hours after the start of this seismic crisis, Piton de la Fournaise erupted on the southwest flank, in the Rivals crater area, about 2200 m above sea level.
Access to the Enclos is prohibited. RN2 remains open to traffic.
A first seismic crisis was recorded on September 7th, but only lasted 2 hours. The eruption expected in the following minutes or hours had not taken place. As in previous similar events, OVPF scientists did not rule out any hypothesis as to the next events.
In view of the hesitations of magma to reach the surface, it is reasonable to think that it will not be a large-scale eruption. The weather conditions are bad this morning on the volcano and we cannot see anything on the webcams. The Observatory wants to be cautious « We cannot confirm the arrival of lava on the surface. Nevertheless the presence of a tremor shows the emission of hot and incandescent gases on the surface, and the possibility of lava emission in the short term. »

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11 a.m. (Paris time) – 1 p.m. (local time): A few minutes before 12 p.m. (local time) this Monday, September 19th, 2022, one could have visual confirmation of the eruption. Poor weather conditions at the volcano significantly hamper observations. According to Météo-France, the weather should not improve this Monday afternoon. An improvement is possible on Wednesday.
The first direct observation of this new eruption, from the Piton de Bert trail, was reported shortly before noon by one of the OVPF scientists. He confirmed the location of the eruption inside the Enclos on the South South-West flank, around 2,200 m above sea level, not far from the Rivals crater, east of Piton Kalla and Pelé .
Access to the Enclosure is prohibited. To hope to catch a glimpse of the eruption, people will have to go to Piton de Bert, on the southern rim of the Enclos. It will then be right in front of them.
This eruption was expected since the end of the last one on January 17th because signals indicated that magma was accumulating in the reservoir. A first intrusion was observed on September 7th, with a seismic crisis but without an eruption due to lack of sufficient pressure to allow magma to reach the surface. This explains the failure of the eruptive prediction at that time.
This time, the new intrusion has come to the surface. For lack of visual confirmation, OVPF was initially very cautious in its press releases. According to the director, « it is impossible to say whether this magma will come out in one large and long-lasting eruption, or in many small eruptions. »
Even on a well-monitored effusive volcano like Piton de la Fournaise, eruptive prediction remains very complex. It is easy to understand why it is almost impossible on the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire.

Here is a first video of the eruption on the Journal de l’Ile :

https://www.clicanoo.re/article/volcan/2022/09/19/decouvrez-les-premieres-images-de-leruption

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5 p.m. (Paris time – 7 p.m. (local time): The eruption continues. After a phase of increase at the start of the eruption, the intensity of the volcanic tremor has been gradually decreasing since 8:00 a.m., a usual evolution at the beginning of each eruption of Piton de la Fournaise.
The weather conditions remain poor, which is a shame because it is often at the beginning of the eruption that the lava fountains are the most spectacular. See above one of the rare images of the eruption, released by the High Mountain Gendarmerie Peloton: (PGHM):

Photo: C. Grandpey

Approche scientifique de l’éruption islandaise de 2021 // Scientific approach of the 2021 Icelandic eruption

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, mais nous savons décrire le déroulement des événements éruptifs.
Des scientifiques de l’Université d’Islande et du Met Office islandais (IMO) ont publié deux articles dans la revue Nature, dans lesquels ils présentent le fruit de leurs observations lors de l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. C’était la première éruption sur la péninsule de Reykjanes après 800 ans de calme volcanique.
Les études montrent que les précurseurs de l’éruption islandaise étaient différents de ceux qui ont précédé de nombreuses autres éruptions à travers le monde, et que la composition de la lave a évolué au fur et à mesure que l’éruption progressait.
Les chercheurs ont analysé l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes. Elle a commencé en décembre 2019, a culminé avec l’éruption du 19 mars 2021 et s’est poursuivie pendant environ six mois.

L’un des articles – intitulé « La déformation et le déclin de la sismicité avant l’éruption de Fagradalsfjall de 2021 » – s’attarde sur les précurseurs de l’éruption et montre dans quelle mesure ils diffèrent des précurseurs de nombreuses autres éruptions dans le monde.
Il y a eu une activité sismique intense sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines qui ont précédé l’éruption de 2021, avec une libération de contraintes tectoniques dans la croûte terrestre. Cependant, pendant plusieurs jours avant l’éruption, la déformation du sol et l’activité sismique ont diminué dans la zone autour du site de l’éruption. Ce schéma précurseur est donc différent de ceux qui précèdent de nombreuses autres éruptions dans le monde, qui montrent souvent une augmentation de la déformation du sol et de la sismicité peu de temps avant le début de l’éruption, signe que le magma se fraye un chemin vers la surface.
Les auteurs de l’article expliquent que la situation observée sur le Fagradalsfjall a été provoquée par l’interaction entre le flux magmatique et les contraintes au niveau des plaques tectoniques. Lorsque le magma se fraye un chemin à travers la croûte avant une éruption, une contrainte tectonique est parfois libérée, ce qui provoque des séismes et une déformation du sol. Un déclin de la sismicité et de la déformation peut indiquer que ce processus touche à sa fin et que le magma est prêt à percer la surface.
Au cours de la période de trois semaines qui a précédé l’éruption de Fagradalsfjall, il y a eu à la fois une déformation de surface considérable et une forte sismicité. La cause était la mise en place d’un dyke magmatique vertical entre la surface et 8 km de profondeur. Dans le même temps, des contraintes tectoniques dans la croûte ont été libérées. Des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,6 ont été enregistrés dans les zones voisines.
Les scientifiques pensent que la baisse de la sismicité dans les jours qui ont précédé l’éruption peut s’expliquer par le fait que le magma avait alors presque atteint la surface, là où la croûte est la plus faible et où il y a donc moins de résistance.
Cette situation montre qu’il faut tenir compte de la relation entre les volcans et les contraintes tectoniques dans la prévision des éruptions. Une libération des contraintes tectoniques, suivie d’une diminution de la déformation et de la sismicité, peut précéder un certain type d’éruption.

Le deuxième article – intitulé « Déplacement rapide d’une source magmatique profonde sur le volcan Fagradalsfjall » – traite des changements dans la composition de la lave dans la Geldingadalir au cours de l’éruption.
Les scientifiques ont fréquemment échantillonné la lave au cours des 50 premiers jours de l’éruption et ils ont mesuré les gaz volcaniques autour du site éruptif. Ces mesures ont révélé que la lave du Fagradalsfjall provenait directement d’un réservoir magmatique à grande profondeur, à la frontière entre la croûte et le manteau, autrement dit la zone proche du Moho.
Une éruption avec du magma provenant directement de la zone proche du Moho n’a pas été observée dans d’autres éruptions en temps réel. Dans ces cas précédents, le magma provenait de profondeurs moindres de la croûte terrestre. On manque d’informations sur les parties les plus profondes des systèmes magmatiques. L’éruption du Fagradalsfjall a fourni à la communauté scientifique de nouvelles connaissances sur les processus impliqués.
Au début de l’éruption de 2021, la lave était relativement riche en magnésium, comparée à la lave d’autres éruptions historiques en Islande, ce qui révèle un apport de magma particulièrement chaud. Il y avait aussi beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) dans les gaz volcaniques émis par la bouche éruptive, ce qui confirme un apport de magma très profond. Selon les scientifiques, cela montre que le magma a subi peu de refroidissement en remontant à travers la croûte jusqu’à la surface. On pense que le réservoir magmatique se trouvait à une quinzaine de kilomètres sous la surface.

L’étude de l’éruption révèle également que la composition de la lave du Fagradalsfjall a radicalement changé au fur et à mesure que l’éruption progressait. Cela laisse supposer que pendant l’éruption un nouveau magma est arrivé en provenance de profondeurs plus importantes que le magma déjà présent dans le réservoir.
Les scientifiques expliquent que l’on sait depuis longtemps que différents types de magma peuvent se mélanger en profondeur, dans les systèmes magmatiques, avant une éruption. Cette éruption présente des preuves en temps réel que ces processus se produisent.
De plus, les modifications de la composition des produits volcaniques montrent que du nouveau magma peut s’introduire rapidement dans un réservoir profond, dans un délai d’environ 20 jours, et se mélanger au magma déjà présent dans le réservoir, en déclenchant potentiellement l’éruption.
Ces découvertes peuvent aider à mieux comprendre les volcans et la géochimie du manteau et pourraient contribuer à l’élaboration de modèles de systèmes magmatiques partout dans le monde.

Source: Met Office islandais, Université d’Islande, The Watchers.

Il sera maintenant intéressant de comparer les conclusions de l’éruption de 2021 avec celles de l’éruption de 2022. Il faudra voir si la dernière éruption se situe dans le prolongement de celle de 2021 ou s’il s’agit de deux événements indépendants l’un de l’autre.

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We are not good at predicting eruptions, but we are dood at describing what happened.

Scientists from the University of Iceland, the Icelandic Met Office (IMO) have published two papers in the journal Nature, presenting new findings from the 2021 eruption at Fagradalsfjall. It was the first eruption on the Reykjanes Peninsula after 800 years of dormancy.

The studies show that the precursors to the eruption were unusual compared to many other eruptions across the world and that the composition of the lava changed as the eruption continued.

Researchers closely observed the seismic activity on Reykjanes Peninsula, which began in December 2019, culminated with the eruption on March 19th, 2021 and continued for around half a year.

One of the papers – titled “Deformation and seismicity decline before the 2021 Fagradalsfjall eruption” -discusses the precursors to the eruption and how they differ from the precursors of many other eruptions around the world.

There was a significant seismic activity on the Reykjanes Peninsula in the weeks leading up to the 2021 eruption, marked by tectonic stress release in the crust. However, for several days before the eruption, deformation and seismic activity declined in the area around the eruption site. This precursory pattern is different from those preceding many other eruptions around the world, which often show escalating rates of ground displacement and seismicity shortly before the eruption onset, as the magma forces its way to the surface.

The scientists behind the paper explain that the behaviour at Fagradalsfjall was caused by the interplay between magma flow and plate tectonic stress. As magma forces its way through the crust before an eruption, tectonic stress may be released, causing earthquakes and ground deformation in the early stages. A decline in seismicity and deformation may indicate that this process is coming to an end and that the magma may erupt.

During the three-week period preceding the eruption at Fagradalsfjall, there was both considerable surface deformation and a large number of earthquakes. This was caused by the emplacement of a vertical magma-filled dyke between the surface and a depth of 8 km. At the same time, tectonic stress in the crust was released. Earthquakes occurred in nearby areas, up to magnitude M 5.6.

The scientists also suggest that the decline in seismicity in the days before the eruption could be explained by the fact that the magma had then almost reached the surface, where the crust is weakest and there is therefore less resistance.

This situation shows that consideration must be given to the relationship between volcanoes and tectonic stress in eruption forecasting. A release of tectonic stress followed by a decline in deformation and seismicity rate may be a precursory activity for a certain type of eruption.

The second paper – titled “Rapid shifting of a deep magmatic source at Fagradalsfjall volcano, Iceland” – discusses the changes to the composition of the lava that flowed through Geldingadalir and the surrounding area as the eruption continued.

Scientists sampled the lava frequently during the first 50 days of the eruption and measured the volcanic gases around the eruption site. This revealed that the lava at Fagradalsfjall was directly sourced from a magma reservoir at great depth, at the boundary between the crust and the mantle – the near-Moho zone.

Eruption directly from the near-Moho zone has not been observed in other eruptions with real-time investigation. In these previous cases, the magma came from shallower levels in the crust. Until now, there has therefore been a lack of information about the deepest parts of magmatic systems. The eruption at Fagradalsfjall has provided the scientific community with new knowledge of the processes involved.

At the start of the eruption, the lava was relatively rich in magnesium in comparison with lava from other historical eruptions in Iceland, indicating an unusually hot magma supply. There was also a lot of carbon dioxide in the volcanic gases emitted from the eruption vent, indicating an unusually deep magma supply. The scientists explain that this suggests that the magma underwent little cooling on its way up through the crust to the surface. It is believed that the magma reservoir was located about 15 km from the surface.

The research also revealed that the composition of the lava at Fagradalsfjall radically changed as the eruption progressed. This suggests that during the eruption, a new magma was generated at greater depths than the magma already present in the reservoir.

The scientists point out that it has long been argued that different kinds of magma can mix deep in magmatic systems before an eruption. This study presents real-time evidence that these processes do occur.

Furthermore, changes to the composition of volcanic products show that new magma can flow into a deep reservoir rapidly, in a timescale of around 20 days, mixing with the magma already in the reservoir and potentially triggering the eruption.

These findings may aid our understanding of volcanoes and the geochemistry of the mantle and could support the development of models of magmatic systems all over the world.

Source: Icelandic Met Office, University of Iceland, The Watchers.

It will now be interesting to compare the conclusions of the 2021 eruption with those of the 2022 eruption. It will be particularly interesting to see if the last eruption is a continuation of that of 2021 or if they are two distinct events.

Captures d’écran de l’éruption de 2021

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Les services géologiques des Tonga indiquent qu’une nouvelle éruption sous-marine a débuté à Home Reef le 10 septembre 2022, au vu d’un panache de gaz observé sur des images satellitaires. L’éruption a formé une nouvelle petite île, d’environ 70 mètres de diamètre et s’élevant à environ 10 m au-dessus de la surface de l’océan. Les émissions de gaz n’ont pas dépassé 1 km au-dessus de la mer. Une nouvelle activité sous-marine a été détectée les 12 et 13 septembre et une anomalie thermique a été identifiée sur une image satellite le 13 septembre. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) et il a été demandé aux marins de rester à 5 km du volcan. Les émissions de gaz ont persisté au moins jusqu’au 14 septembre, avec des panaches s’élevant à moins de 1 km de hauteur.

Apparition d’une nouvelle île à Home Reef lors d’une éruption en aoüt 2006 (Source: GVN)

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Le HVO indique que sur le Kilauea (Hawaii) la lave continue d’être émise depuis une bouche au bas de la paroi ouest du cratère de l’Halema`uma`u. Elle entre dans le lac de lave et s’écoule sur le plancher du cratère. Une partie de la surface du lac est active en permanence. Le 12 septembre 2022, on estimait qu’environ 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis par la bouche active depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021. Le plancher du cratère s’est ainsi élevé de 143 m. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique restent respectivement à Orange et Watch (Vigilance).

Crédit photo: HVO

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Le PVMBG indique que l’éruption du Lewotolok (Indonésie) se poursuit avec des émissions de vapeur et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 500 m au-dessus du sommet. L’incandescence est parfois observée au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km du cratère sommital et à 4 km du cratère sur le flanc SE.

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L’OVSICORI indique que l’activité du Poás (Costa Rica) est en hausse depuis la mi-août, en particulier l’activité sismique. Les émissions de SO2 autour du cratère sont en général stables à 100 tonnes par jour, bien que les concentrations puissent atteindre 300 à 500 tonnes par jour. Le volume d’eau à l’intérieur du lac Boca A a considérablement augmenté entre août 2021 et septembre 2022, avec 1,4 million de mètres cubes entre juillet et septembre. Les cellules de convection dans le lac sont plus actives et une nouvelle cellule s’est formée dans la partie N du lac (au-dessus de la bouche Boca C) depuis la mi-août. Selon l’OVSICORI, ces données indiquent des modifications dans le système hydrothermal peu profond et ne correspondent à aucune remontée de magma.

Crédit photo: OVSICORI

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Le PVMBG indique que l’éruption du Semeru (Indonésie) se poursuit. Les événements éruptifs génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent de 300 à 700 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet.

Photo: C. Grandpey

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L’activité du Yasur (Vanuatu) reste intense. Le niveau d’alerte est maintenu à 2, sur une échelle de 0 à 4. Des émissions de cendres et de gaz et de fortes explosions continuent d’être enregistrées, avec des bombes qui retombent dans et autour du cratère. Il est rappelé au public de ne pas s’approcher à moins de 600 m du cône.
Source : Géohazards.

Source: Geohazards

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Aucune nouvelle mise à jour n’a été publiée par l’OVPF suite à la crise sismique du 7 septembre 2022 sur le Piton de la Fournaise (île de la Réunion) qui devait être suivie d’une éruption à très court terme. L’intrusion magmatique semble s’être arrêtée. L’Observatoire explique que le processus de recharge du réservoir peu profond peut prendre des jours ou des semaines avant que le magma n’atteigne la surface, mais le processus peut également s’arrêter sans éruption. En d’autres termes, personne ne sait ce qui va se passer! La prévision éruptive est loin d’être parfaite. Ce n’est pas très grave sur ce volcan car aucune zone habitée n’est vraiment menacée.

Photo: C. Grandpey

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The Tonga Geological Services indicates that a new submarine eruption at Home Reef began at on September 10th, 2022, based on a volcanic gas plume detected in satellite images. The eruption formed a new small island, about 70 meters in diameter and rising about 10 m above the ocean surface. Gas emissions rose less than 1 km above the sea. Submarine activity was detected on Septmber 12th and 13th, and a thermal anomaly was identified in a satellite image on September 13th. The Aviation Color Code was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) and mariners were advised to stay 5 km away from the volcano. Gas emissions persisted at least through September 14th, with plumes rising less than 1 km.

Source: Tonga Geological Services, Government of Tonga.

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HVO indicates that lava continues to be emitted by a vent in the lower W wall of Kilauea’s Halema`uma`u Crater. It enters the lava lake and flows onto the crater floor. Part of the lake’s surface is continuously active. By September 12th, 2022, about 111 million cubic meters of lava had been erupted from the vent since the start of the eruption on September 29th, 2021, raising the crater floor by 143 m. The Aviation Color Code and the Volcano Alert Level remain at Orange and Watch, respectively.

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PVMBG indicates that the eruption at Lewotolok (Indonesia) continues with steam and ash emissions that rise as high as 500 m above the summit. Incandescence is sometimes observed above the crater rim. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater and 4 km away from the crater on the SE flank.

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OVSICORI indicates that activity at Poás (Costa Rica) has increased since mid-August, with increased seismicity. SO2 emissions around the crater are mainly stable at 100 tons per day, though the concentrations may reach about 300-500 tons per day. The volume of water in Boca A lake significantly increased during August 2021-September 2022, stabilizing at 1.4 million cubic meters between July and September. Convection cells in the lake are more active and a new one has formed in the N part of the lake (over the Boca C vent) since mid-August. According to OVSICORI, these data indicate disturbances in the shallow hydrothermal system and do not reflect any magma ascent.

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PVMBG indicates that the eruption of Semeru (Indonesia) continues. Eruptive events produce ash plumes that rise 300-700 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit.

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Activity at Yasur (Vanuatu) continues at a high level. The Alert Level is kept at 2, on a scale of 0-4. Ash-and-gas emissions and loud explosions continue to be recorded, with bombs falling in and around the crater. The public is reminded not to enter the restricted area within 600 m around the cone.

Source : Geohazards.

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No new update has been released by OVPF following the seismic crisis of September 7th, 2022 on Piton de la Fournaise (Reunion Island) which was supposed to be followed by an eruption in the very short term. However, the magma intrusion seems to have stopped. The observatory explains that the recharge process of the shallow reservoir may take days or weeks before magma reaches the surface, but the process may also stop with no eruption. In other words, nobody knows what will happen next ! Eruptive prediction is far from perfect. It does not really matter on this volcano as no populated area is really at risk.

La géodésie sur les volcans // Volcano geodesy

Plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour analyser le comportement des volcans et tenter de prévoir les éruptions : sismicité, température et composition des gaz, déformation du sol… Ce dernier paramètre est le domaine de la géodésie qui consiste à mesurer la déformation et l’évolution de la surface de la Terre. Un article récemment publié par le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) nous donne plus de détails sur cette technologie.
Les principales données géodésiques actuellement utilisées par les scientifiques du HVO pour mesurer la déformation de surface sur le Kilauea sont fournies par les images GNSS (système global de navigation par satellite, qui comprend le GPS), l’inclinaison du sol (tilt en anglais) et l’interférométrie radar (InSAR).

Sur le Kilauea, le réseau de surveillance géodésique comprend plus de 70 stations GNSS et 15 inclinomètres qui enregistrent et transmettent des données en continu. Ces instruments nécessitent une maintenance; de plus, ils doivent être réactualisés périodiquement en raison de leur âge et doivent être remplacés s’ils sont détruits par l’activité volcanique comme en 2018.
A l’heure actuelle à Hawaii, le travail des scientifiques se focalise sur la reconstruction et l’amélioration du réseau géodésique afin de mieux détecter les risques liés à l’activité volcanique. Une partie du travail consiste à remplacer les instruments obsolètes et à améliorer le fonctionnement des instruments de surveillance en temps quasi réel dans des zones les plus sensibles du sommet du Kilauea et des zones de rift. Le rôle de ces instruments est de pouvoir détecter rapidement les mouvements du magma.
En 2018, des coulées de lave ont détruit 3 stations GNSS dans la Lower East Rift Zone (LERZ). Trois autres stations GNSS ont été détruites lors de l’effondrement de la caldeira sommitale du Kilauea. De nouvelles stations GNSS ont été rapidement déployées à proximité pour permettre une surveillance continue pendant la crise éruptive de 2018. Ces stations déployées rapidement comprennent des antennes GNSS montées sur trépied et qui appartiennent à la configuration utilisée pour les situations temporaires d’une durée de plusieurs jours à plusieurs semaines.
Bon nombre de ces sites où des antennes ont été installées rapidement ont été supprimés après 2018. Cependant, environ 13 d’entre eux sont toujours utilisés pour la surveillance en cas d’urgence et restent sur des trépieds temporaires. Ces sites seront modernisés et de nouveaux sites seront également mis en place pour remplacer ceux détruits en 2018.
Le HVO a déployé 3 nouvelles stations GNSS à fonctionnement semi-continu suite à l’éruption du Kilauea en décembre 2020. Ces stations ont permis aux scientifiques d’avoir une vue plus complète du retour du magma vers le sommet.
De même, le HVO a déployé un équipement GNSS à réponse rapide sur 2 repères préexistants lors de l’intrusion magmatique au niveau de la caldeira sud du Kilauea en août 2021. Cela a permis aux scientifiques de suivre la migration du magma depuis la caldeira vers le sud.
Dans l’article, l’Observatoire explique que le réseau géodésique permet aux scientifiques de surveiller les déformations du sol sur les volcans, de réagir face aux éruptions et de mieux comprendre le stockage et le mouvement du magma sous terre.
Source : USGS, HVO.

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Several parameters need to be taken into account to analyse the behaviour of volcanoes and try to predict eruptions: seismicity, gas temperature and composition, ground deformation… This last parameter is the domain of geodesy which is the study of measuring and understanding how the Earth’s surface deforms and changes. As article recently published by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) gives us more details about this technology.

The main geodetic datasets currently used by HVO scientists to measure surface deformation on Kilauea Volcano are GNSS (global navigation satellite system, which includes GPS), tilt, and satellite radar (InSAR) imagery.

On Kilauea, geodetic monitoring network includes over 70 GNSS stations and 15 tiltmeters that continuously record and transmit data. These instruments require routine maintenance, must be upgraded periodically due to age, and must be replaced if destroyed by volcanic activity such as in 2018.

Current upgrades focus on rebuilding and improving HVO’s geodetic network in order to better detect and respond to volcanic hazards related to Hawaiian Volcanoes. Some of the network upgrades include replacing out-of-date instruments and improving the network of near real-time monitoring instruments at critical areas on Kilauea’s summit and rift zones to support early detection of magma movement.

In 2018, lava flows destroyed 3 GNSS stations in the lower East Rift Zone. Another 3 GNSS stations were destroyed in the caldera collapses at Kilauea’s summit. New GNSS stations were rapidly deployed at nearby locations to allow for continued monitoring during the 2018 crisis. These rapidly deployed stations included GNSS antennas mounted on surveys tripods, which is a set-up used for temporary deployments that last several days to weeks.

Many of these rapidly deployed sites were removed after 2018. However, approximately 13 of them are still being used for emergency monitoring and remain on temporary tripods. These sites will be upgraded and new sites will also be installed to replace those destroyed in 2018.

HVO has deployed 3 new semi-continuous GNSS stations in response to the December 2020 Kilauea eruption. These stations gave scientists a more complete view of magma returning to the summit.

Similarly, HVO deployed rapid-response GNSS equipment at 2 pre-existing benchmarks during the Kilauea south caldera intrusion event in August 2021, allowing scientists to track the migration of magma from the south caldera to farther south.

In the article, the Observatory explains that the geodetic network ensures that scientists can monitor changes in the shape of volcanoes, respond to eruptions, and understand magma storage and movement underground.

Source: USGS, HVO.

Station géodésique GNSS sur le plancher de la caldeira du Kilauea (Crédit photo : HVO)

Exemple d’interférogramme InSAR du Kilauea pendant l’éruption de 2018 (Source: NASA / Université de Liverpool).