Géothermie, l’énergie du futur ? // Is geothermal the energy of the future ?

L’Islande est connue pour ses faibles émissions de gaz à effet de serre, en grande partie grâce à l’énergie géothermique produite sur plus de 30 sites volcaniques qui alimentent également ses célèbres sources chaudes. L’utilisation par l’Islande de la géothermie pour le chauffage et d’un mélange de géothermie et d’hydroélectricité pour l’électricité lui a permis d’avoir de la chaleur et de l’électricité à des prix abordables, sans être impactée par le hausse du prix du gaz naturel comme ce fut la cas pour le reste de l’Europe suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
À l’heure actuelle, l’énergie géothermique représente moins de 1 % de la production d’électricité aux États-Unis. Contrairement à l’éolien et au solaire, qui ne produisent de l’énergie que dans certaines conditions, l’énergie géothermique est beaucoup plus constante. Les sources d’énergie éolienne et solaire doivent être complétées par des centrales qui brûlent du charbon ou du gaz. La géothermie n’a pas ce problème. En revanche, le coût de son exploitation peut être élevé dans les endroits qui nécessitent un forage profond. En 2021, un kilowattheure d’électricité généré par la géothermie coûtait en moyenne 3,991 dollars dans les pays du G20, contre 0,857 dollars pour l’énergie solaire et 1,325 dollars pour l’éolien terrestre.
Les progrès technologiques récents, tels que les systèmes EGS peuvent résoudre ce problème. [Remarque personnelle : EGS est l’abréviation de Enhanced Geothermal System, traduit littéralement par système géothermique amélioré, mais EGS est couramment utilisé sous l’appellation française ‘principe des systèmes géothermiques stimulés’ ou encore ‘géothermie profonde des réservoirs’ que nous utiliserons ici]. Dans un EGS, comme dans un puits de fracturation hydraulique, un fluide est injecté profondément sous terre, provoquant l’ouverture de fractures dans la roche, ce qui permet au fluide chaud de remonter vers la surface. En juin 2022, le Département Américain de l’Energie a annoncé un investissement de 165 millions de dollars dans la recherche et le déploiement de l’énergie géothermique. Le secteur privé prend également des mesures timides en matière d’énergie géothermique et un grand nombre de jeunes entreprises ont levé des millions de dollars en capital.
En janvier 2022, une entreprise danoise a signé un accord pour développer la plus grande centrale de chauffage géothermique de l’Union européenne. Des entreprises islandaises développent actuellement des projets de chauffage et d’énergie géothermiques dans d’autres pays. Dans le cadre d’un partenariat entre l’islandais Orka Energy Holding et le chinois Sinopec, la province chinoise de Xiong, qui compte 390 000 habitants, est en train de se convertir à la géothermie pour le chauffage résidentiel. Des puits d’environ 1 500 à 1 900 mètres de profondeur font remonter de l’eau à 70°C qui sert à chauffer les habitations. Dans cette région où les familles brûlaient auparavant du charbon pour se chauffer, le résultat est une réduction spectaculaire des émissions de carbone et de brouillard. Orka et la société islandaise Mannvit construisent également des centrales électriques qui produiront de l’électricité à partir de la géothermie dans des pays comme la Slovénie et la Hongrie.
Aux États-Unis, la géothermie représente 6 % de l’électricité produite en Californie et 10 % dans des états comme le Nevada. Hawaii, l’Utah, l’Oregon et l’Idaho qui ont également des centrales géothermiques. Comme en Islande, où 27 % de l’électricité et du chauffage de 90 % des foyers proviennent de la géothermie, ces États de l’ouest américain ont une activité volcanique qui fait remonter la chaleur près de la surface de la Terre. Cela rend la géothermie plus économiquement viable que dans la moitié Est des États-Unis où la chaleur est enfouie plus profondément sous terre.
Les détracteurs de la géothermie attirent l’attention sur les problèmes techniques liés au forage profond. Certaines sociétés espèrent faciliter le forage profond grâce à l’EGS, qui pourrait permettre un essor géothermique similaire à la fracturation hydraulique. Cette dernière a transformé l’extraction du pétrole et du gaz, mais pour le moment le coût de cette technologie reste trop élevé dans le secteur géothermique. On s’attend toutefois à ce qu’au cours de la prochaine décennie, l’intensification de la recherche et du développement dans le domaine de l’EGS réduise suffisamment les coûts pour rendre l’énergie géothermique économiquement compétitive.
En Oregon, la société AltaRock a mis en place un projet de démonstration sur le volcan Newberry qui permet de faire remonter de l’eau à plus de 400°C à 4 200 m sous terre. A 374°C, l’eau atteint l’état supercritique auquel elle s’écoule avec la facilité du gaz tout en gardant la densité d’énergie d’un liquide. Pour obtenir une eau aussi chaude dans des États comme celui de New York, il faudrait descendre de 6 000 ou 9 000 mètres de profondeur. AltaRock travaille actuellement en laboratoire avec la société Quaise Energy sur l’utilisation de la technologie des ondes millimétriques. (voir ma note du 27 décembre 2022 à ce sujet)
Les sceptiques font d’autre part remarquer que les systèmes de géothermie profonde rencontreront de nombreux obstacles techniques. Il y aura de l’eau qui s’échappera dans les fractures de la roche, le besoin de matériaux capables de résister à des températures extrêmement élevées et le fait que les nouvelles techniques opérationnelles dans une zone ne le seront pas forcément partout, étant donné la variabilité de la géologie à travers le pays.
Il y a aussi les obstacles politiques et économiques potentiels, tels que les objections de la population locale qui – comme pour la fracturation hydraulique – peuvent s’inquiéter des séismes qui pourraient être déclenchés par l’injection de liquide à l’intérieur de la Terre. Il y a aussi des coûts élevés que les distributeurs d’électricité devraient supporter, comme l’acheminement des lignes de transmission vers les sites des futures centrales géothermiques et le fait qu’un processus à forte consommation d’eau peut ne pas être réalisable dans les zones affectées par la sécheresse et le manque d’eau.

Néanmoins, les compagnies pétrolières et gazières sont de plus en plus intéressées. Elles possèdent la technologie et le savoir-faire pour effectuer des forages profonds. De plus, cette technologie a évolué et s’est développée, et peut être directement appliquée à la géothermie.
Source : Yahoo Actualités.

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Iceland is known for its low greenhouse emissions thanks in part to its reliance on clean, geothermal energy derived from the more than 30 active volcanic systems that also power its famous hot springs. Iceland’s use of geothermal for heating and a mix of geothermal and hydropower for electricity has given it uninterrupted access to affordable heat and power, insulating its economy from the natural gas price shocks being felt by the rest of Europe since Russia’s invasion of Ukraine.

At present, geothermal energy accounts for less than 1% of the U.S. electricity portfolio. Unlike wind and solar energy, which do not produce as much energy in certain conditions, geothermal energy is much more constant. Wind and solar power sources need to be complemented with complementary plants which burn coal or gas. Geothermal does not have that problem. Yet the cost of tapping it can be expensive in places that require extensive digging. In 2021, a kilowatt hour of electricity generated by geothermal cost an average of $3,991 in G20 countries, compared to $857 for utility-scale solar power and $1,325 for on-shore wind

Recent technological advances, such as Enhanced Geothermal Systems (EGS) may solve that problem. In an EGS, much as in a fracking well, fluid is injected deep underground, causing fractures to open in the rock, which allows hot fluid to rise from far below. In June 2022, the U.S. Department of Energy (DOE) announced a $165 million investment in geothermal energy research and deployment. The private sector is also taking tentative steps into geothermal energy. A slew of geothermal energy startups have each raised millions of dollars in capital.

In January 2022, a Danish company signed an agreement to develop the largest geothermal heating plant in the European Union, and Icelandic companies are currently developing geothermal heating and energy projects in other countries. Under a partnership between Iceland’s Orka Energy Holding and China’s Sinopec, the 390,000-person Chinese county of Xiong is being converted to geothermal for residential heating. Wells roughly 1,500 to 1,900 meters deep bring up water at 70°C that is used to heat homes. In an area where families previously burned coal for heat, the result has been a dramatic cut in carbon emissions and smog. Orka and the Icelandic firm Mannvit are also building power plants that will produce electricity from geothermal in countries including Slovenia and Hungary.

In the U.S., geothermal accounts for 6% of the electricity produced in California and 10% in Nevada. Hawaii, Utah, Oregon and Idaho have geothermal plants as well. Like Iceland, where 27% of the electricity and heating in 90% of homes comes from geothermal, these western states have volcanic activity that brings heat close to the Earth’s surface. That makes geothermal more economically viable than in the eastern half of the U.S., where heat is buried deeper underground.

Skeptics of geothermal’s potential note the technological challenges to drilling deeper. Some energy companies hope to facilitate deeper drilling through EGS, which offers the possibility of a geothermal boom similar to the way fracking has transformed oil and gas extraction, but at the moment the cost is higher than other ressources. It is expected that over the next decade or so, increased research and development in EGS will bring the cost down enough to make geothermal energy economically competitive.

In Oregon, AltaRock is building a demonstration project at the Newberry Volcano to bring up water of more than 400°C from 4,200 m below ground. At 374°C, water reaches the supercritical state at which it flows with the ease of gas but carries the energy density of a liquid. Bringing up water that hot in states like New York would require going 6,000 to 9,000 meters below ground. AltaRock is currently working in a laboratory with the Quaise Energy company on using millimeter wave technology. (see my post of December 27th, 2022)

Skeptics point out that Enhanced Geothermal Systems will have plenty of technical obstacles. There will be water escaping into the rock cracks, the need for materials that can withstand incredibly high temperatures, and the fact that new techniques that work in one area may not apply everywhere, given the variability in geology around the country.

Then there are the potential political and economic roadblocks, such as objections of nearby residents who – like for fracking – may worry about earthquakes that could be triggered by injecting liquid into the Earth. There are also steep costs that utilities would have to bear, such as bringing transmission lines to the sites of future geothermal power plants and the fact that a water-intensive process may not be feasible in areas with water scarcity.

Nonetheless, oil and gas companies are increasingly interested. They have the technology and know-how to drill deep below the ground. Moreover, this technology has evolved and grown, and can be directly applied to geothermal power.

Source : Yahoo News.

Photos: C. Grandpey

Pompéi : réouverture au public de la Maison des Vettii // Pompeii : the House of Vettii again open to the public

Lors de ma dernière visite de Pompéi en avril 2022, je fus quelque peu déçu car la Maison des Vettii – Domus Vettiorum en latin – l’un des joyaux du site, était en cours de restauration et fermée au public. Mise au jour lors de fouilles archéologiques à la fin du19ème siècle, la domus a été fermée en 2002 pour des travaux de restauration urgents, notamment l’étayage de la toiture. Après une réouverture partielle en 2016, la maison a été de nouveau fermée en 2020 pour la dernière phase des travaux qui comprenait la restauration des fresques, du sol et des colonnades.
J’avais visité la Maison des Vettii dans les années 1990 et j’aurais aimé la revoir car j’avais été impressionné par sa richesse et sa beauté. Comme l’a dit le directeur de Pompéi, « la Maison des Vetti est un condensé de l’histoire de Pompéi, mais aussi de la société romaine dans une maison ».
Le 10 janvier 2023, la Maison a été officiellement inaugurée après 20 ans de restauration.
Cette maison cossue appartenait vraisemblablement à deux anciens esclaves devenus riches grâce au commerce du vin. Les Vetti étaient deux hommes – Aulus Vettius Conviva et Aulus Vettius Restitutus. En plus d’avoir une partie de leurs noms en commun, ils partageaient un passé, non pas en tant que descendants de familles romaines nobles habituées à l’opulence, mais en tant qu’esclaves devenus libres. C’est pourquoi leur maison offre aux visiteurs un témoignage exceptionnel de la vie domestique dans la cité romaine qui fut détruite par l’éruption du Vésuve en octobre 79 après JC. Les fresques qui ont été restaurées montrent la dernière mode en matière de décoration murale à Pompéi avant la catastrophe.
L’ouverture au public de la maison restaurée est un autre signe de la renaissance du site de Pompéi, qui est resté à l’abandon pendant des décennies de négligence bureaucratique, d’inondations et de pillages par des voleurs à la recherche d’artefacts à vendre. Grâce aux fonds européens et à une politique culturelle bien meilleure en Italie, Pompéi révèle régulièrement de nouveaux trésors exceptionnels.
À la Maison des Vettii, des travaux de restauration antérieurs, effectués avec l’application répétée de paraffine sur les murs décorés de fresques dans l’espoir de les préserver, les ont rendus presque méconnaissables avec le temps, car des couches très épaisses et opaques se sont formées, rendant difficile la lecture des fresques. Cependant, la cire a permis de les conserver remarquablement.
L’une des parties les plus remarquables de la Maison des Vetti est la salle à manger, connue sous le nom de Salle de Penthée. Une fresque représente Hercule enfant écrasant deux serpents, dans une illustration d’un épisode de la vie du héros grec. Selon la mythologie, Héra, la déesse épouse de Zeus, avait envoyé des serpents pour tuer Hercule parce qu’elle était furieuse qu’il soit né de l’union de Zeus avec une femme mortelle, Alcmène. Les propriétaires de la maison ont évidemment essayé de montrer leur nouveau statut à travers la culture et les peintures mythologiques grecques. C’était comme pour dire : « Nous avons réussi et nous faisons donc partie de l’élite du monde romain. » On remarquera aussi les bains et les tables en marbre qui entourent le jardin.
Source : CBS News Colorado.

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When I last visited Pompeii in April 2022, I was a bit disappointed because the House of Vettii – Domus Vettiorum in Latin – one of the jewels of the site, was being restored and closed to the public. First unearthed during archaeological excavations in the late 19th century, the domus was closed in 2002 for urgent restoration work, including shoring up roofing. After a partial reopening in 2016, it was closed again in 2020 for the final phase of the work, which included restoration of the frescoes and of the floor and colonnades.

I had visited the House in the 1990s and I would have liked to see it again as I had been impressed by its wealth and beauty. As Pompeii’s director put it, « the House of the Vetti is like the history of Pompeii and actually of Roman society within one house, »

On January 10th, 2023, the House was formally unveiled after 20 years of restoration.

The opulent house likely belonged to two former slaves who became rich through the wine trade. The Vettis were two men – Aulus Vettius Conviva and Aulus Vettius Restitutus. In addition to having part of their names in common, they shared a common past – not as descendants of noble Roman families accustomed to opulence, but rather as once enslaved men who were later freed. This is why their house offers visitors an exceptional testimony of domestic life in the Roman city that was destroyed by the eruption of Mt Vesuvius in October 79 AD. Given fresh life were frescoes from the latest fashion in Pompeii wall decoration before the disaster
The unveiling of the restored home is another sign of the rebirth of Pompeii, which followed decades of modern bureaucratic neglect, flooding and pillaging by thieves in search of artifacts to sell. Thanks to European funds and a much improved cultural policy in Italy, Pompeii is revealing frequent new and exceptional treasures.
At the House of Vettii, previous restoration work, which involved repeated application of paraffin over the frescoed walls in hopes of preserving them, resulted in them becoming very blurred over time, because very thick and opaque layers formed, making it difficult to read the frescoes. However, the wax served to preserve them remarkably.
One of the most remarkable parts of the House is the dining room, known as the Hall of Pentheus. A fresco depicts Hercules as a child, crushing two snakes, in an illustration of an episode from the Greek hero’s life. According to mythology, Hera, the goddess wife of Zeus, sent snakes to kill Hercules because she was furious that he was born from the union of Zeus with a mortal woman, Alcmena. The owners of the House evidently tried to show their new status also through culture and through Greek mythological paintings. It was like saying : ‘We’ve made it and so we are part of the elite of the Roman world.’ Ornamental marble baths and tables surround the garden.
Source : CBS News Colorado.

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) en janvier 2022 a été un événement exceptionnel qui ne cesse de surprendre les scientifiques. Il ne se passe guère une semaine sans qu’apparaisse un nouveau record. L’éruption a envoyé des ondes de choc dans le monde entier. Elle a déclenché des vagues de tsunami de grande ampleur et envoyé une énorme quantité de vapeur d’eau dans la stratosphère.
Un nouveau rapport scientifique nous informe que l’éruption a également déclenché plus de 25 500 éclairs en seulement cinq minutes et près de 400 000 en six heures. La moitié de tous les éclairs observés dans monde était concentrée autour du volcan au plus fort de l’éruption. Selon le rapport, l’éruption cataclysmique du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a pulvérisé tous les records.
Source : CNN.

Source: NASA

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Dans ma précédente note sur l’activité volcanique dans le monde, j’indiquais que la sismicité sur le Marapi (Sumatra / Indonésie) avait augmenté du 25 au 26 décembre 2022. Des panaches blancs diffus s’élevaient jusqu’à 100 m au-dessus du sommet du volcan. Le niveau d’alerte était maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Nous apprenons aujourd’hui que le Marapi est entré en éruption vers 23h00 (UTC) le 6 janvier 2023, avec une épaisse colonne de cendres qui s’élevait à environ 300 m au-dessus du sommet. Le 8 janvier, 164 randonneurs ont été évacués de la zone du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 (WASPADA) depuis le 3 août 2011. La dernière éruption du Marapi a eu lieu du 28 avril au 2 mai 2018, avec un VEI 2.
Source : VSI, médias d’information indonésiens.

 

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit à partir des bouches situés dans la partie centre-est du plancher du cratère de l’Halema’uma’u. L’activité reste concentrée dans la moitié Est du cratère et dans le bassin de la moitié ouest, là où se trouvait le petit lac de lave en 2021-2022. Une webcam donne des images en direct du lac de lave à cette adresse : https://www.youtube.com/usgs/live.
Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest. De faibles déformations du sol et un peu de sismicité sont enregistrées le long des deux zones.
Source : HVO.

 

Capture d’écran de la webcam en direct.

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L’éruption effusive de l’Etna (Sicile) se poursuit. La lave s’écoule tranquillement depuis sa source à la base NE du Cratère Sud-Est depuis le 27 novembre 2022. Les coulées se dirigent ensuite vers la Valle del Leone. Le 7 janvier 2023, le front de coulée se trouvait à 2170 m d’altitude et le champ de lave couvrait une superficie de 0,63 km2.

Source : INGV.

Capture image webcam

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On a observé une activité explosive et effusive sur le Stromboli (Sicile) au début du mois de janvier 2023 au niveau de quatre bouches dans la zone cratèrique Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et sur une bouche dans la zone cratèrique Centre-Sud. Les explosions étaient d’intensité variable et éjectaient des matériaux de 80 à 150 m de hauteur, à raison de 3 à 10 explosions par heure.
Le 2 janvier, la lave a débordé des bouches éruptives dans la zone Nord, après une intrnse période de spattering. La lave a coulé le long de la Sciara del Fuoco, en empruntant probablement le chenal qui s’était formé en octobre 2022. La coulée a été bien alimentée pendant quelques heures, mais l’écoulement a ensuite ralenti et s’est arrêté. La même activité s’est reproduite le 4 janvier, avec un nouveau débordement de lave.
Source : INGV.

Image caméra thermique INGV

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À partir de juillet 2022, le réseau sismique du Kawah Ijen (Indonésie) a détecté un nombre croissant de séismes volcaniques peu profonds, ce qui indiquait une augmentation de la pression dans le système hydrothermal. Cette sismicité a de nouveau augmenté le 1er janvier 2023. La température de l’eau du lac est passée de 16°C en décembre 2022 à 45,6°C le 5 janvier 2023. Lors d’une visite sur le terrain, les scientifiques ont indiqué que la couleur de l’eau était vert clair. . Des panaches blancs denses s’élevaient des bouches sur les berges du lac, avec une forte odeur de soufre. Le niveau d’alerte a été porté à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 7 janvier. Il est conseillé à la population locale, aux visiteurs et aux mineurs de ne pas s’approcher du cratère à moins de 1,5 km.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Semeru (Indonésie) continue. Le panache de vapeur et de cendres s’élève généralement à 200 – 500 m au-dessus du sommet. Une image de webcam publiée sur les réseaux sociaux le 8 janvier 2023 montrait une coulée de lave incandescente s’étirant sur 500 m depuis cratère sommital sur le flanc SE. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est invité à rester à au moins 5 km du sommet et à l’écart des ravines sur les flancs du Semeru, en raison des risques de lahar, d’avalanche et de coulée pyroclastique.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mont Young, anciennement Mount Cerberus, du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). De petites émissions de vapeur apparaissent quotidiennement sur les images de la webcam. Une activité explosive de faible intensité est observée sur le volcan. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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L’AVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne pour le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) suite à une réduction de l’activité volcanique au cours des derniers mois. La dernière activité éruptive a été une épisode explosif de courte durée dans la soirée du 1er juin 2020 et les émissions de SO2 ont été détectés pour la dernière fois le 29 juillet 2022.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption (Tonga archipelago) in January 2022 was an exceptional event and is a constant surprise to scientists. There is hardly a week without some new record. The eruption sent shockwaves around the world. Not only did it trigger widespread tsunami waves, but it also belched an enormous amount of water vapor into the Earth’s stratosphere.

A new scientific report informs us that the eruption set off more than 25,500 lightning events in just five minutes. Over the course of just six hours, the volcano triggered nearly 400,000 lightning events. Half of all the lightning in the world was concentrated around this volcano at the eruption’s peak. According to the report, the cataclysmic eruption shattered all records.

Source : CNN.

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In my previous post about volcanic activity in the world, I indicated that seismicity at Marapi (Sumatra / Indonesia) had increased during 25-26 December 2022. Diffuse white plumes were rising as high as 100 m above the summit. The Alert Level remained at 2 (on a scale of 1-4).

We now learn that Marapi started erupting at around 23:00 (UTC) on January 6th, 2023, with a thick ash column rising about 300 m above the summit. On January 8th, 164 climbers were evacuated from the area surrounding the volcano. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level has been kept at 2 (WASPADA) since August 3rd, 2011. The last eruption at Marapi took place from April 28th to May 2nd, 2018 (VEI 2).

Source : VSI, Indonesian news media.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues from vents on the central eastern portion of Halemaʻumaʻu crater floor. Activity is concentrated in the eastern half of the crater and within the basin in the western half of the crater that was the focus of activity in 2021–2022. A live-stream video of the lava lake is available at: https://www.youtube.com/usgs/live.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone. Low rates of ground deformation and seismicity continue along both.

Source : HVO.

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The effusive eruption of Mt Etna (Sicily) continues. Lava has been flowing quietly from its source at the NE base of the Southeast Crater since November 27th, 2022. The flows then head towards the Valle del Leone. On January 7th, 2023, the flow front was at an altitude of 2170 m and the lava field covered an area of 0.63 km2.

Source : INGV.

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Both explosive and effusive activity at Stromboli (Sicily) occurred early in January 2023 at four vents in Area N, within the upper part of the Sciara del Fuoco, and at one vent in the South-Central Crater area. The explosions were variable in intensity and ejected material 80-150 m at a rate of 3-10 explosions per hour.
On January 2nd, lava overflowed vents in the N area, after a period of intense spattering. It flowed down the Sciara del Fuoco, likely channeled in the ravine that had formed in October. The flow was well-fed for a couple of hours but then effusion slowed or stopped. The same activity occurred again, with a lava overflow, on January 4th.

Source : INGV.

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Beginning in July 2022 the seismic network at Kawah Ijen (Indonesia) began detecting increasing numbers of shallow volcanic earthquakes indicating increasing pressure at shallow depths within the hydrothermal system. This seismicity again increased on January1st, 2023. The temperature of the crater lake water rose from 16°C in December 2022 to 45.6°C on January 5th 2023. During a field visit, scientists noted that the color of the lake water was light green. Dense white plumes were rising from vents, and the sulfur odor was strong. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on January 7th. Residents, visitors, and miners are advised to not approach the crater within 1.5 km.

Source : CVGHM.

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The eruption of Semeru (Indonesia) continues. Steam and ash plume usually rise 200-500 m above the summit. A webcam image posted on social media on January 8th, 2023 showed an incandescent lava flow extending 500 m from the summit crater on the SE flank. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit, and away from drainages originating on Semeru, due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity at Semisopochnoi’s Mount Young, formerly Mount Cerberus (Aleutians / Alaska) continues. Daily minor steam emissions are visible in webcam images. Low-level explosive activity is observed on the volcano. The Aviation Color Code remains at Orange and the Volcano Alert Level remains at Watch.

Source : AVO.

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AVO has lowered both the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code for Cleveland (Aleutians / Alaska) due to reduced volcanic activity in the past months.The last eruptive activity was a short-lived explosion on the evening of June 1st 2020, and SO2 emissions were last detected on July 29th, 2022.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Les volcans de boue // Mud volcanoes

L’événement a défrayé la chronique en 2006 mais aujourd’hui il est tombé dans l’oubli et personne ne parle plus d’une catastrophe environnementale qui a eu lieu le 29 mai 2006 dans la régence de Sidoarjo en Indonésie. Au cours de la nuit, le sol s’est rompu et le matin les habitants ont vu des nuages de vapeur qui montaient dans le ciel. Pendant les semaines suivantes, de l’eau, de la boue brûlante et du gaz naturel ont pris le relais de la vapeur. L’éruption s’est intensifiée et la boue a commencé à se répandre sur les champs, entraînant l’évacuation de nombreux habitants. Les semaines ont passé et la boue a englouti des villages entiers. Le gouvernement indonésien a commencé à construire des digues pour contenir cette boue et arrêter sa propagation. Lorsque la boue a recouvert les premières digues, il a fallu en construire de nouvelles. Le gouvernement a finalement réussi à arrêter l’avancée de la boue, mais les coulées avaient anéanti une douzaine de villages et obligé 60 000 personnes à partir.
Aujourd’hui, plus de 16 ans plus tard, l’éruption de Lusi continue, mais à un rythme beaucoup plus lent. La boue couvre une superficie d’environ 7 kilomètres carrés et est contenue derrière une série de digues d’une hauteur pouvant atteindre 30 mètres.
La catastrophe environnementale s’est accompagnée de batailles judiciaires visant à retrouver les coupables. Le début de l’éruption a eu lieu à proximité d’un puits de forage de gaz et tous les regards se sont tournés vers la compagnie pétrolière responsable du forage – Lapindo Brantas. Selon cette société, l’éruption était naturelle; elle avait été déclenchée par un séisme qui s’était produit plusieurs jours auparavant. En 2009, la Cour suprême indonésienne a rejeté les accusations de négligence dirigées contre l’entreprise. La même année, la police a abandonné les poursuites contre Lapindo Brantas et plusieurs de ses employés, invoquant un manque de preuves. Bien que les procès fassent partie du passé, le débat se poursuit, avec des groupes de recherche internationaux qui essayent de faire la lumière sur la – ou les – cause(s) de cet événement.

Lusi – une contraction de Lumpur Sidoarjo, qui signifie « boue de Sidoarjo » – est un exemple parfait de volcan de boue. Ces volcans se forment lorsqu’un ensemble de boue, de fluides et de gaz éclate à la surface de la Terre. Dans de nombreux cas, la boue remonte assez doucement à la surface, La surpression s’intensifie à l’intérieur de la Terre lorsque les fluides souterrains sont incapables de s’échapper sous le poids des sédiments sus-jacents. Les surpressions sont souvent observées lors de forages pétroliers et gaziers et sont généralement prévues. Le principal moyen utilisé pour gérer les surpressions consiste à remplir le puits de forage avec une boue de forage dense dont le poids suffit pour contenir les surpressions. En revanche, si le puits est foré avec un poids de boue insuffisant, le fluide en surpression peut se précipiter dans le puits de forage et exploser à la surface, entraînant une éruption spectaculaire. De telles éruptions se sont produites en 1901 au Texas et en 2010 dans le golfe du Mexique. Lors de ces événements, c’était du pétrole, et non de la boue, qui jaillissait des puits. Les éruptions peuvent être violentes et même tuer des personnes se trouvant à proximité, comme cela s’est produit dans les Macalube di Aragona (Sicile) en septembre 2014. De plus, la majeure partie du gaz émis par un volcan de boue est du méthane, qui est très inflammable et génère des éruptions de feu spectaculaires comme celle d’Otman Bozdagh en Azerbaïdjan :
https://youtu.be/FjzYUdlSs5w
Les volcans de boue sont utiles aux scientifiques car ce sont des fenêtres permettant de savoir ce qui se passe dans les profondeurs de la Terre. Ils peuvent faire remonter des matériaux situés jusqu’à 10 kilomètres sous la surface. Leur chimie et leur température peuvent fournir des informations utiles sur les processus profonds à l’intérieur de la Terre. Par exemple, l’analyse de la boue de Lusi a révélé que l’eau était chauffée par une chambre magmatique souterraine associée au complexe volcanique voisin d’Arjuno-Welirang.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités.

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The event made the headlines in 2006 but today it is forgotten and nobody tells about this environmental disaster. On May 29th, 2006 in Sidoarjo Regency (Indonesia), the ground ruptured overnight and spewed out steam. In the following weeks, water, boiling-hot mud and natural gas were added to the mixture. When the eruption intensified, mud started to spread over the fields, forcing the evacuation of many residents. Weeks passed, and the spreading mud engulfed entire villages. The Indonesian government began to build levees to contain the mud and stop the spread. When the mud overtopped these levees, they built new ones behind the first set. The government eventually succeeded in stopping the mud’s advance, but not before the flows had wiped out a dozen villages and forced 60,000 people to relocate.

Today, more than 16 years after the eruption began, the Lusi structure in Indonesia continues to erupt, but at a much slower rate. Its mud covers a total area of roughly 7 square kilometers and is contained behind a series of levees that have been built up to a height of 30 meters.

The evironmental disaster was accompanied by legal battles aimed at finding the culprits. The initial rupture occurred close to a drilling gas exploration well, which led to accusations that the oil company responsible for the well – Lapindo Brantas – was at fault. The operator of the well countered that the eruption was natural, triggered by an earthquake that had occurred several days earlier. In 2009, the Indonesian supreme court dismissed a lawsuit charging the company with negligence. The same year, police dropped criminal investigations against Lapindo Brantas and several of its employees, citing a lack of evidence. Although the lawsuits have been settled, the debate continues, with international research groups lining up on both sides of the dispute.

The Indonesian Lusi structure – a contraction of Lumpur Sidoarjo, meaning “Sidoarjo mud” – is an example of a geological feature known as a mud volcanoes. They form when a combination of mud, fluids and gases erupt at the Earth’s surface. Overpressure within the Earth builds up when underground fluids are unable to escape from beneath the weight of overlying sediments. Overpressures are commonly encountered during drilling for oil and gas and are typically planned for. A primary way of dealing with overpressures is to fill the wellbore with dense drilling mud, which has sufficient weight to contain the overpressures. If the well is drilled with insufficient mud weight, any overpressured fluids can rush up the wellbore to explode out at the surface, leading to a spectacular blowout. Famous examples of blowouts occurred in1901 in Texas and in 2010 in the Gulf of Mexico. In those cases it was oil, not mud, that burst out of the wells .In most cases the mud bubbles up to the surface rather quietly. But sometimes the eruptions are quite violent and may even kill people standing close by as this happened at the Macalube di Aragona (Sicily) in September 2014. Furthermore, most of the gas coming out of a mud volcano is methane, which is highly flammable. This gas can ignite, creating spectacular fiery eruptions like the one at Otman Bozdagh in Azerbaijan :

https://youtu.be/FjzYUdlSs5w

Mud volcanoes are useful to scientists as windows into conditions deep inside the Earth. They can involve materials from as deep as 10 kilometers below the Earth’s surface, so their chemistry and temperature can provide useful insights into deep-Earth processes. For example, analysis of the mud erupting from Lusi has revealed that the water was heated by an underground magma chamber associated with the nearby Arjuno-Welirang volcanic complex.

Source : The Conversation, Yahoo News.

 

Lusi: une catastrophe humaine, écologique et économique  (Crédit photo:  Wikipedia)

Volcan de boue dans les Macalube di Aragona (Photo: C. Grandpey)