Etna (Sicile): A nouveau des panaches de cendre // Ash plumes again

De nouvelles abondantes émissions de cendre sont de nouveau observées sur l’Etna. La cendre provient du Cratère NE où l’on observe également une activité strombolienne. Pour le moment, la cendre est emportée vers le SE par le vent. L’aéroport de Catane est en pré-alerte pour le cas où la situation évoluerait.

Source : La Sicilia.

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Voluminous ash plumes are again observed on Mount Etna. The ash is coming from the NE Crater where one can also observe strombolian activity. For the moment, the ash is blown towards the SE by the wind. Catania Airport is on a pre-alert in case the situation should change.

Source: La Sicilia.

Capture d’image de la webcam ce matin à 9 heures

A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai // Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai

En 2015, une nouvelle terre a fait surface dans le Pacifique Sud. L’éruption très spectaculaire d’un volcan sous-marin a fait jaillir de la cendre et de la lave pendant plus d’un mois. Lorsque les matériaux émis se sont mélangés à l’eau de mer, ils se sont solidifiés pour former, en l’espace d’un mois, une nouvelle île qui s’est nichée entre deux masses de terre existantes: Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, d’où son nom: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH). [voir les notes dans ce blog à ce sujet]
Les éruptions volcaniques sous-marines forment souvent de nouvelles petites îles, mais leur durée de vie est généralement très courte. Les vagues les érodent rapidement et elles disparaissent dans la mer. A l’image de Surtsey (Islande) en 1963, HTHH, n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle est devenue une île de plus d’un kilomètre de large et long, et près de 120 mètres de hauteur. En 2017, les scientifiques de la NASA ont estimé qu’elle durerait entre six et trente ans, ce qui fournirait aux chercheurs un aperçu unique du début de la vie et de l’évolution d’une nouvelle terre.
A partir des processus observés sur HTHH, les chercheurs pensent qu’ils seront en mesure d’obtenir un aperçu des caractéristiques d’autres planètes comme Mars. En effet, beaucoup de phénomènes observés sur Mars l’ont été grâce à l’expérience d’interprétation des phénomènes terrestres. Les scientifiques de la NASA pensent qu’il y a eu des éruptions sur Mars à une époque où il y avait de l’eau à la surface de la planète. Ils espèrent pouvoir utiliser la nouvelle île des Tonga et son évolution pour comprendre un environnement océanique ou un environnement lacustre éphémère.
Des scientifiques du Goddard Space Flight Center de la NASA et de l’Université de Columbia se sont rendus sur l’île en octobre 2018 et l’ont explorée pour la première fois. Avant cela, leur seule approche du paysage était à partir d’images satellitaires. Après avoir passé les trois dernières années à créer un modèle 3D de HTHH, ils ont pu naviguer le long de la côte nord de l’île en prenant des mesures GPS et ont enfin mis le pied sur cette nouvelle terre.
Les chercheurs ont découvert que la majeure partie du sol était composée de graviers noirs. En outre, l’île n’était pas aussi plate qu’elle paraissait l’être sur les images satellites. Elle est certes assez plate, mais il y a des reliefs et les graviers ont formé de jolis motifs sous l’effet de l’action des vagues. Il y a aussi de l’argile qui descend du cône principal. On distingue ce matériau de couleur claire sur les images satellites. C’est en fait une boue très collante, et pas de la cendre comme le pensaient les visiteurs.
L’équipe scientifique a découvert de la végétation sur l’île, apparemment ensemencée par des fientes d’oiseaux. Les chercheurs ont d’ailleurs vu certains d’entre eux comme une chouette effraie et des centaines de sternes fuligineuses
Ils ont également fait des relevés topographiques très précis afin de produire une carte 3D à haute résolution. Cela leur permettra de surveiller l’érosion de l’île au cours des prochaines années. L’île s’érode beaucoup plus rapidement que prévu. Les chercheurs se sont concentrés sur l’érosion sur la côte sud où les vagues viennent s’abattre, mais c’est toute l’île qui est en train de s’effondrer, avec d’énormes ravines d’érosion qui deviennent de plus en plus profondes avec le temps.
L’équipe scientifique a maintenant l’intention de déterminer le volume de l’île et la quantité de cendre émise au moment de l’éruption. L’intérêt est de calculer l’évolution du paysage 3D dans le temps, en particulier son volume qui n’a été mesuré que quelques fois sur d’autres îles de même type. C’est une première étape pour comprendre la vitesse et les processus d’érosion et pourquoi HTHH résiste plus longtemps que prévu aux assauts de l’océan.
Source: Newsweek.

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In 2015, a new land emerged in the South Pacific. The dramatic eruption of an underwater volcano sent ash and lava spewing into the sea for over a month. As the ash mixed with the warm water, it solidified into a rock and, over the course of a month, this rock built up enough to create a new island. The island was nestled in between two landmasses—Hunga Tonga and Hunga Ha’apai, hence its name: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH).

Underwater volcanic eruptions often form small new islands but they are normally very short-lived. The ocean waves quickly erode the rock and they disappear back into the sea. Imitating Surtsey (Iceland) in 1963, HTHH, did not vanish. Instead, it grew to be more than one kilometre wide and long, and almost 120 metres in height. In 2017, NASA scientists studying the island estimated it would last between six and 30 years, which would provide researchers with an unprecedented insight into the early life and evolution of a new land.

By understanding the processes taking place on HTHH, researchers believe they will be able to get an insight into the features on places like Mars. Indeed, many things observed on Mars are based on the experience of interpreting Earth phenomena. NASA scientists think there were eruptions on Mars at a time when there were areas of persistent surface water. As a consequence, they may be able to use the new Tongan island and its evolution as a way of understanding an oceanic environment or ephemeral lake environment.

NASA scientists from the Goddard Space Flight Center and from Columbia University travelled to the island in October 2018 and explored it for the first time. Before this, their only experience of the landscape was from satellite images. They had spent the last three years making a 3D model of HTHH. They were now able to sail around the northern coast of the island taking GPS measurements, before finally setting foot on HTHH.

The scientists discovered that most of the ground was black gravel. Besides, the island was not quite as flat as it seemed from satellite. It is pretty flat, but there are some gradients and the gravels have formed some nice patterns from the wave action. There is also clay washing out of the cone. In the satellite images, one can see this light-coloured material. It is actually a very sticky mud, and not the ash the visitors expected.

The team discovered vegetation growing on the island, apparently having been seeded by bird droppings. They also saw a barn owl and hundreds of nesting sooty terns living on HTHH.

They also took high-precision measurements of the land in order to produce a higher-resolution 3D map. This will allow them to monitor the erosion of the island over the coming years. The island is eroding by rainfall much more quickly than they imagined. The researchers were focused on the erosion on the south coast where the waves are crashing down, but the whole island is going down, with huge erosion gullies which are getting deeper and deeper with the time.

The scientific team now plans to work out the volume of the island and how much ash erupted from the volcano’s vent. The interest is to calculate how much the 3D landscape changes over time, particularly its volume, which has only been measured a few times at other similar islands. It is the first step to understand erosion rates and processes and to decipher why HTHH has persisted longer than most people expected.

Source: Newsweek.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2019 (Crédit photo : Woods Hole Oceanographic Institution)

Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Cette photo prise au cours de la dernière mission sur l’île montre parfaitement les nombreuses ravines d’érosion, ainsi que les déchets qui ont envahi le littoral de cette île vierge (Crédit photo: NASA)

La naissance de l’île avait été très spectaculaire, avec de superbes cypressoïdes typiques des éruptions phréato-magmatiques.

Nouvelles des volcans du monde // News of volcanoes around the world

Avec la fin du ‘shutdown’ aux États-Unis, la Smithsonian Institution est à nouveau en mesure de publier ses rapports hebdomadaires sur l’activité volcanique dans le monde. Parmi les volcans les plus actifs, on remarque le Karangetang, le Merapi, le Planchon-Peteroa et le Fuego.

La lave en provenance du sommet du Karangetang (Sulawesi / Indonésie) a finalement atteint la mer le 6 février 2019. Plus de 110 habitants de cinq villages ont été évacués vers des endroits plus sûrs de l’île. Batubulan a été le premier village à être évacué, car une coulée de lave s’était approchée de la rivière et menaçait de couper la route reliant le village au reste de l’île. Aucun dégât important n’a été signalé dans le village.
Les autorités locales se disent « prêtes à procéder immédiatement à d’autres évacuations à l’aide de navires, et à évacuer les villages côtiers en cas d’urgence ».
Comme je l’ai déjà écrit, il est demandé à la population et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2,5 km du cratère principal et du cratère nord et à moins de 3 km dans les secteurs S, SE, O et SO. Les gens doivent également préparer des masques en cas de retombées de cendre et être vigilants, en particulier le long des berges de la rivière Batuawang, jusqu’à la plage.
Le niveau d’alerte du Karangetang reste à 3.
Voici la courte vidéo d’un bulletin d’informations télévisé montrant la lave en train d’entrer dans la mer.
https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

Le volume du dôme de lave au sommet du Merapi est actuellement estimé à 461 000 mètres cubes et est relativement stable. Plusieurs avalanches de blocs incandescents ont été enregistrées au cours des derniers jours. Ces matériaux ont dévalé la pente sur une distance de 200 à 700 mètres au sud-est dans la ravine de la rivière Gendol. Plusieurs écoulements pyroclastiques ont également été observés, avec de petites retombées de cendre dans la partie Est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Le SERNAGEOMIN a signalé une augmentation des émissions de cendre sur le Planchón-Peteroa à compter du 1er février 2019. Les panaches de cendre s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du volcan. Cette activité s’est accompagnée d’événements sismiques discrets et de très basse fréquence le 1er février. Le 3 février, les webcams ont montré des panaches de gaz et de cendre atteignant des hauteurs inférieures à 2 km. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Des explosions avec une moyenne de 15 événements par heure sont toujours détectées sur le Fuego. Elles génèrent des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans les zones sous le vent. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 300 mètres et provoquent des avalanches dans les ravines Seca, Ceniza, Trinidad et Las Lajas. Les ondes de choc font vibrer les fenêtres dans les localités proches du volcan.

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With the end of the shutdown in the United States, the Smithsonian Institution is again able to release its weekly reports about volcanic activity around the world. Among the most active volcanoes, one notices Karangetang, Merapi, Planchon-Peteroa and Fuego.

Lava travelling from the summit of Karangetang (Sulawesi / Indonesia) finally reached the sea on February 6th, 2019. Over 110 residents from five villages have been evacuated to safer locations across the island. The first village to be evacuated was Batubulan because a lava flow had approached the nearby river and threatened to cut the road connecting the village with the rest of the island. No significant damage was reported from the village.

Local authorities say they are “ready to immediately move in with ships and evacuate coastal villages if the danger level is declared as an emergency. »

As I put it before, people are asked not to approach the volcano within a 2.5 km radius of the main and northern crater and within 3 km in the S, SE, W and SW sectors. They should also prepare masks in the event of ashfall and be aware of all potential threats, especially along the banks of Batuawang river to the beach.

The alert level for Karangetang remains at 3.

Here is a short video of a TV news bulletin showing lava entering the sea.

https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

The volume of the lava dome at Merapi’s summit crater is currently estimated at 461,000 cubic metres and is relatively stable. Several incandescent rockfall events have been recorded in the past days, with material travelling 200-700 m SE in the Gendol River drainage. Several pyroclastic flows have also been observed, producing produced minor ashfall in areas E of the volcano. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are urged to remain outside of the 3-km exclusion zone.

SERNAGEOMIN has reported an increase in ash emissions at Planchón-Peteroa beginning on February 1st, 2019. Ash plumes are rising as high as 2 km above the volcano. This activity was accompanied by discrete, very-low-frequency seismic events which were only recorded on that day. On February 3rd, webcams showed gas-and-ash plumes rising to heights less than 2 km. The Alert Level remains at Yellow.

Explosions with a n average of 15 events per hour are still detected at Fuego, with ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. Ashfall has been reported in downwind areas. Incandescent material is ejected 300 metres high and causes avalanches that travel down the Seca, Ceniza, Trinidad and Las Lajas ravines. Shock wave cause the windows to vibrate in the communities near the volcano.

Vue de la lave du Karangetang arrivant dans la mer (Kompas TV)

L’éruption du Karangetang (Sulawesi / Indonésie)

Le Karangetang a montré une hausse d’activité au cours des derniers jours. Au moins 22 personnes ont été obligées de partir et de trouver refuge chez des parents le 4 février 2019, après que la lave ait atteint la rivière Malebuhe, près du village de Batubulan. La coulée de lave avait presque atteint la côte le 3 février, ainsi que des villages et des routes dans le district de Kepulauan Sitaro. Cependant, aucun dégât ni victime n’a été signalé.
Les volcanologues locaux redoutent que la coulée de lave génère des avalanches pyroclastiques avec l’effondrement du front de coulée sur le flanc escarpé du volcan.
Le niveau d’alerte du Karangetang est maintenu à 3 depuis le 21 décembre 2018, suite à une forte augmentation de la sismicité. La population locale et les visiteurs sont priés de ne pas s’approcher du volcan dans un rayon de 2,5 km du cratère principal et du cratère nord, et à moins de 3 km dans les secteurs sud, sud-est, ouest et sud-ouest. Il est conseillé aux habitants des localités proches du volcan de préparer des masques en cas de retombées de cendre. Il leur est également conseillé de ne pas rester le long des berges de la rivière Batuawang jusqu’à la plage.
De récentes photos et vidéos sur les réseaux sociaux ont montré que la lave avançait sur le versant du volcan où elle avait parcouru plus de 3 000 mètres depuis le sommet.
On peut lire sur le site web de la Smithsonian Institution que le Karangetang se trouve à l’extrémité nord de l’île de Siau, au nord de la Sulawesi. C’est un stratovolcan avec cinq cratères à son sommet, disposés long d’une ligne nord-sud. Il s’agit de l’un des volcans les plus actifs d’Indonésie, avec plus de 40 éruptions depuis 1675. Les éruptions du 20ème siècle se caractérisent par de fréquentes explosions, parfois accompagnées de coulées pyroclastiques provoquées par l’effondrement du dôme sommital. Il est également fait état de lahars.
Sources: The Watchers, Agence indonésienne de gestion des catastrophes.

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Mt Karangetang has shown an increase in activity during the past days. At least 22 people were forced to evacuate and taken to their relatives on February 4th, 2019, after lava reached the Malebuhe River near Batubulan village. The flow had almost reached the coastline on February 3rd, as well as villages and roads in the Kepulauan Sitaro district. However, there are no reports of damages or casualties.

Local volcanologisrs fear the lava flow might generate pyroclastic flows with the collapse of parts of the flow emplaced on the steep flank of the volcano.

The alert level for Karangetang has been kept at 3 since December 21st, 2018 after a sharp increase in seismicity. Residents and visitors are asked not to approach to volcano within a 2.5 km radius from the main and northern crater and within 3 km in the south, southeast, west and southwest sectors. All nearby communities are advised to prepare masks in the event of ashfall. They are also advised not to stay along the banks of the Batuawang River to the beach.

Recent photos and videos on social networks have shown the erupted lava advancing as a lava flow that had travelled more than 3 000 metres from the summit.

One can read on the Smithsonian Institution website that Karangetang lies at the northern end of the island of Siau, north of Sulawesi. It is a stratovolcano with five summit craters along a north-south line. It is one of Indonesia’s most active volcanoes, with more than 40 eruptions recorded since 1675. Eruptions in the 20th century included frequent explosive activity sometimes accompanied by pyroclastic flows caused by the collapse of the summit dome. Lahars have also been reported.

Sources: The Watchers, Indonesian disaster management agency.

La coulée de lave le 3 février 2019

L’activité du Karangetang depuis le mois de novembre

Carte à risques du Karangetang

(Source: Agence indonésienne de gestion des catastrophes)

Le point sur la sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) // Latest news about seismicity in Mayotte (Comoro Islands)

La sismicité continue à Mayotte, mais les relevés du BRGM (voir graphique ci-dessous) montrent qu’elle est moins intense qu’il y a quelques mois. Dans son bulletin du 30 janvier 2019, le Bureau indique qu’il a dénombré 98 séismes de magnitude supérieure ou égale à M 3.5 entre le 10 et le 30 janvier, (soit en moyenne 5 par jour) dont 13 séismes de magnitude supérieure ou égale M 4.0.

Depuis novembre 2018, le niveau d’activité sismique est stable et constant. Depuis le début de l’essaim sismique, les événements ont été localisés pour la plupart dans une zone située entre 30 et 40 km à l’est de Mamoudzou.

Le BRGM précise que l’apparition de l’essaim sismique en mai 2018 a surpris la communauté scientifique. La connaissance géologique de la zone de l’essaim étant limitée, la compréhension du phénomène se précise au fur et à mesure de l’observation des séismes. Différentes hypothèses sur leurs causes ont ainsi été étudiées. En plus des mesures sismiques, de nouvelles données ont été analysées en octobre et novembre 2018, notamment des données de déformation de la surface de l’île. Une équipe du Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure de Paris a ainsi montré que la phase actuelle de l’essaim s’explique par une composante volcanique.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le 11 novembre 2018, un signal atypique très basse fréquence a été détecté par les réseaux internationaux. Il est caractéristique d’un phénomène volcanique.

On arrive donc à hypothèse selon laquelle on se trouve devant une conjonction d’effets tectoniques et volcaniques pour expliquer la situation au large de Mayotte. Afin de mieux comprendre la situation, des possibilités de déployer de nouveaux instruments à terre et en mer sont à l’étude.

D’un point de vue sismique, la situation actuelle s’inscrit dans une sismicité connue et modérée dans le canal du Mozambique. L’archipel des Comores présente, le long de ses 500 kilomètres, une sismicité relativement diffuse dans un contexte tectonique et volcanique. Cette sismicité est régulière avec une fréquence relativement importante de séismes de magnitude proche de M 5 dans l’ensemble de la zone.

La sismicité à proximité immédiate de Mayotte est moins bien connue mais des séismes entraînant des dommages se sont déjà produits dans le passé, par exemple le 1er décembre 1993, avec une secousse de M 5.2. En revanche, aucun séisme destructeur de magnitude supérieure à M 6 n’a été enregistré à ce jour à proximité de Mayotte.

Source : BRGM.

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Seismicity continues in Mayotte, but the BRGM surveys (see graph below) show that it is less intense than a few months ago. In its bulletin of January 30th, 2019, the Bureau indicates that it counted 98 earthquakes with a magnitude greater than or equal to M 3.5 between January 10th and 30th, (ie an average of 5 events per day) including 13 earthquakes with a magnitude greater than or equal to M 4.0.
Since November 2018, the level of seismic activity has been stable and constant. Since the beginning of the seismic swarm, events have been located for the most part in an area between 30 and 40 km east of Mamoudzou.
BRGM states that the appearance of the seismic swarm in May 2018 surprised the scientific community. The geological knowledge of the zone of the swarm being limited, the understanding of the phenomenon becomes more precise with the observation of the earthquakes. Different hypotheses on their causes have thus been studied. In addition to seismic measurements, new data were analyzed in October and November 2018, including deformation data on the island’s surface. A team from the Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure of Paris has shown that the current phase of the swarm is explained by a volcanic component.
As I indicated earlier, on November 11th, 2018, an atypical, very low frequency signal was detected by international networks. It is characteristic of a volcanic phenomenon.
The final hypothesis is that we are confronted with a conjunction of tectonic and volcanic effects to explain the situation off Mayotte. To better understand the situation, opportunities to deploy new instruments on land and at sea are being explored.
From a seismic point of view, the current situation is part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel. The Comoros archipelago presents, along its 500 kilometres, a relatively diffuse seismicity in a tectonic and volcanic context. This seismicity is regular with a relatively large frequency of earthquakes with magnitudes close to M 5 in the whole area.
The seismicity in the immediate vicinity of Mayotte is less well known but earthquakes causing damage have already occurred in the past, for example on December 1st, 1993, with a an M 5.2 quake. However, no destructive earthquake with a magnitude greater than M 6 has been recorded so far near Mayotte.
Source: BRGM.

Source: BRGM

Etna (Sicile / Italie)

Sale temps pour le ski à Piano Provenzana! En fin de matinée, le Cratère Nord-Est de l’Etna a commencé à se racler la gorge et à émettre d’importants nuages de cendre. La direction empruntée par la cendre permet de laisser opérationnel l’aéroport de Catane. De telles émissions de cendre se produisent ponctuellement sur le volcan. Le tremor et la sismicité montrent qu’il ne devrait pas s’agir du début d’un nouvel épisode éruptif de grande ampleur.

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This is not the right moment to go skiing at piano Provenzana! Late this morning, Mount Etna’s North-East Crater started to emit dense ash clouds. However, the ash is being blown away from Catania Airport so that the airport is operating normally. Such ash emissions occur from time to time on the volcano. The tremor and seismicity show that it should not be the beginning of another significant eruptive episode.

Plus de surveillance terrestre du Mt Dutton (Alaska) // No more land monitoring of Mt Dutton (Alaska)

Dans un bulletin spécial, l’Alaska Volcano Observatory (AVO) vient d’indiquer qu’il n’est plus en mesure de surveiller sismiquement le Mont Dutton en raison de l’absence de réseau sismique en état de fonctionnement. En conséquence, l’Observatoire ne peut plus (1) observer si le Dutton est sur le point d’entrer en éruption, (2) ni confirmer ou infirmer les informations concernant l’activité de ce volcan.
Etant donné que le Mt Dutton n’est plus surveillé sismiquement, son niveau d’alerte volcanique – actuellement Normal – et sa couleur d’alerte aérienne – actuellement Verte – ne  seront plus répertoriés. Comme c’est le cas pour d’autres volcans dépourvus de réseau sismique en temps réel, l’AVO continuera à utiliser les données satellitaires et infrasoniques, les éclairs, les rapports de pilotes et d’observateurs au sol pour détecter les signes d’activité éruptive.
Le Mont Dutton se trouve dans la chaîne des Aléoutiennes, près de l’extrémité de la péninsule d’Alaska. C’est un stratovolcan recouvert de neige et de glace qui culmine à 1450 mètres d’altitude. Bien qu’il n’ait aucune activité éruptive historique, des essaims sismiques significatifs ont été enregistrés sur le volcan en 1984 et 1988.
La plupart des volcans de la péninsule d’Alaska sont situés loin des zones habitées. Le problème est qu’ils se trouvent sur les couloirs aériens des avions entre l’Amérique et l’Asie. Les nuages ​​de cendre qu’ils émettent pendant les éruptions peuvent devenir un danger pour les moteurs d’avion. Plusieurs catastrophes ont été évitées de justesse dans le passé à cause de ces nuages ​​de cendre.
Source: AVO.

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In a special bulletin, the Alaska Volcano Observatory (AVO) has just indicated it can no longer seismically monitor Mount Dutton volcano due to the lack of a functioning seismic network there. As a result, the Observatory is unable to (1) assess whether Dutton may be building towards an eruption and (2) quickly confirm or dismiss reports of activity at the volcano.
As a consequence, because Dutton is no longer seismically monitored, it will move from volcano alert level Normal and aviation colour code Green to « unassigned. » As at other volcanoes without real-time seismic networks, AVO will continue to use satellite data, regional infrasound, lightning, and reports from pilots and ground observers to detect signs of eruptive activity.
Mount Dutton is located near the tip of the Alaska Peninsula. It is a snow- and ice-covered stratovlocano which rises to an elevation of 1450 metres. Although it has no historic eruptive activity, intense earthquake swarms occurred at the volcano in 1984 and 1988.

Most volcanoes on the Alaska Peninsula are located far from inhabited areas. The problem is that they are on the route of planes between America and Asia. The ash clouds they emit during eruptions may become a danger to plane engines. Several accidents have been barely avoided in the past because of these ash clouds.

Source: AVO.

Vue du Mt Dutton (Crédit photo: USGS)