Désaccords et incertitudes en Islande // Disagreements and uncertainties in Iceland

Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de géoscientifiques nous apprend que l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes serait principalement due à l’accumulation de contraintes à long terme le long de la limite entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, plutôt qu’à des essaims sismiques correspondant au parcours du magma à travers la croûte terrestre.

Image de l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes

Parmi les chercheurs à l’origine de cette étude figurent Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie, Halldór Geirsson, professeur de géophysique, et Gregory De Pascale, professeur associé de géologie à la faculté des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. L’étude repose sur des mesures exhaustives effectuées sur la péninsule de Reykjanes entre 2021 et 2025.
Þórðarson indique que la croûte terrestre s’est élargie de près de quatre mètres durant cette période, dont 2,50 mètres le 10 novembre 2023, jour de l’évacuation de la ville de Grindavík. Selon lui, l’expansion crustale, les mouvements de failles et le magma interagissent tous le long de la limite de plaques.

Fracturation du sol à Grindavik (Crédit photo : Iceland Review)

Þórðarson insiste sur un point qu’il a abordé à plusieurs reprises ces derniers mois : les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur ce qui s’est passé sur la péninsule de Reykjanes depuis 2021 et, selon lui, ces divergences sont inhérentes à la démarche scientifique. Il ajoute que, même si les chercheurs travaillent avec les mêmes données, les interprétations peuvent différer car nombre de mesures sont des observations indirectes, et non directes, de ce qui se passe sous la surface. [Remarque personnelle : J’aimerais ajouter que Þorvaldur Þórðarson lui-même s’est souvent trompé dans ses prévisions d’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes !]
Selon Þórðarson, l’un des enseignements les plus importants des événements récents est qu’une incertitude considérable persiste et que personne ne sait vraiment ce qui se passe exactement sous terre. Il souligne l’importance pour les scientifiques de discuter de leurs découvertes et de travailler à des interprétations largement consensuelles.
La nouvelle étude remet en question l’interprétation adoptée par le Met Office islandais, selon laquelle les épicentres des séismes suivent le parcours du magma à travers la croûte terrestre. Selon cette interprétation, l’essaim sismique de novembre 2023 indiquerait la présence de magma sous une grande partie de la région.
Les chercheurs affirment, quant à eux, que les données montrent que des mouvements de failles décrochantes se sont produits en premier, au moment où les plaques tectoniques glissaient horizontalement l’une contre l’autre. Ce n’est que plus tard que le processus a évolué vers une expansion crustale, avec ouverture de la croûte terrestre. Selon l’étude, les importantes fractures et l’affaissement observés à Grindavík en 2021 étaient principalement dus à la rupture au niveau de la limite de plaques. Cette limite a cédé car elle était soumise à une tension constante depuis 800 ans, elle avait atteint sa limite. C’est à ce moment que l’intrusion magmatique sous Fagradalsfjall s’est produite. En réalité, cette intrusion n’a fait qu’accroître légèrement la contrainte exercée sur le système.
En conséquence, selon les chercheurs, le magma est une conséquence plutôt que la cause des mouvements de plaques. Cette conclusion est cohérente avec le fait que la plupart des éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur se sont produites dans une zone très restreinte, le long d’une fissure d’environ 500 mètres de long entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell.
Un point essentiel de cette nouvelle étude est que les mouvements des limites de plaques islandaises doivent être replacés dans un contexte géologique plus large. Les mouvements observés en Islande, avec la partie ouest du pays qui se déplace vers l’ouest et la partie est qui se déplace vers l’est, et une limite de plaques qui traverse le pays et génère cette activité volcanique, résultent de processus bien plus vastes qu’une simple intrusion magmatique dans la croûte superficielle islandaise.

Image de la gigantesque zone de faille – ici à Thingvellir – qui fait s’écarter l’ouest et l’est de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Ce processus est régi par la convection magmatique au sein du manteau terrestre. Une petite intrusion magmatique en Islande ne déplacera pas à elle seule les limites des plaques, mais tout cela fait partie du même système. En conséquence, comprendre ce qui se passe en Islande permet de comprendre le processus dans sa globalité.

 Illustration du processus d’accrétion (Source: Suffolk University)

Au vu de cette étude, on peut dire qu’il reste encore beaucoup à faire pour comprendre le lien entre la tectonique et le volcanisme en Islande. En attendant, l’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent à Svartsengi, sans que personne ne sache si et quand une nouvelle éruption se produira.
Source : Iceland Monitor.

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A new study by an international team of geoscientists suggests that volcanic activity on Iceland’s Reykjanes Peninsula is being driven primarily by the long-term accumulation of stress along the boundary between the North American and Eurasian tectonic plates, rather than by earthquake swarms marking the path of magma forcing its way through the Earth’s crust.

Among the researchers behind the study are Þorvaldur Þórðarson, Professor of Volcanology, Halldór Geirsson, Professor of Geophysics, and Gregory De Pascale, Associate Professor of Geology at the University of Iceland’s Faculty of Earth Sciences. The study is based on extensive measurements collected on the Reykjanes Peninsula between 2021 and 2025.

Þórðarson says the Earth’s crust widened by nearly four meters during the study period, including as much as 2.5 meters on November 10, 2023, when the town of Grindavík was evacuated. In his opinion, crustal spreading, fault movements and magma all interact along the plate boundary.

Þórðarson emphasizes a point he has made repeatedly in recent months: scientists are not in complete agreement about what has happened on the Reykjanes Peninsula since 2021, and such disagreement is a normal part of the scientific process. He adds that although researchers are working with the same data, interpretations can differ because many of the measurements are indirect rather than direct observations of what is occurring beneath the surface. [Personal remark : I’d like to add that Þorvaldur Þórðarson himself was often wrong about his predictions of volcanic activity on the Reykjanes Peninsula in the past months!]

According to Þórðarson, one of the most important lessons from the recent events is that significant uncertainty remains and that no one yet has definitive answers about exactly what is happening underground. He stresses the importance of scientists discussing their findings and working toward interpretations that can be broadly supported.

The new study challenges the interpretation adopted by the Icelandic Meteorological Office that earthquake epicenters trace the path of magma moving through the crust. Under that interpretation, the earthquake swarm of November 2023 would indicate that magma is present beneath a large portion of the region.

Instead, the researchers argue that the data suggest strike-slip fault movements occurred first, with tectonic plates sliding horizontally past one another. Only later did the process evolve into crustal spreading, during which the crust opened up.

The study proposes that the extensive fracturing and subsidence seen in Grindavík in 2021 were primarily the result of the plate boundary itself rupturing. The boundary broke because it had been under tension for 800 years and reached its limit. This when the magma intrusion beneath Fagradalsfjall occurred. In reality, that intrusion simply added a little extra strain to the system.
The researchers’ interpretation is therefore that magma is a consequence rather than the cause of the movements. This is consistent with the fact that most of the eruptions at the Sundhnúkur crater row occurred within a very confined area, along a fissure approximately 500 meters long between Stóra-Skógfell and Sýlingarfell.

A major point of the new study is that the movement of Iceland’s plate boundaries should be placed into a broader geological context. The movements observed in Iceland, where the western part of the country is moving westward and the eastern part is moving eastward, with a plate boundary running across the country and generating all of this volcanic activity, are the result of processes that are vastly larger than a magma intrusion in the shallow crust of Iceland.

The process is managed by magma convection within Earth’s mantle. A small magma intrusion in Iceland is not going to move the plate boundaries, but it is all part of the same system, and understanding what is happening in Iceland helps understand the process as a whole.

In short, a lot remains to be done to understand the link between tectonics and colcanism in Iceland. Meantime, magma accumulation and ground uplift are continuaing at Svartsengi, but nobody knows if and when an eruption will occur

Source : Iceland Monitor.

Rayures rouges dans des grottes préhistoriques // Red stripes in prehistoric caves

Bacon Hole est une grotte située dans les falaises calcaires de Gower, une péninsule du sud-ouest du Pays de Galles. En 1912, une équipe de géologues et d’archéologues découvrit, au fond de la grotte, un panneau recouvert de onze lignes horizontales de couleur rouge.

Le panneau en 2024 (à gauche) et une version améliorée par logiciel photo (à droite) [Source : Nash et al. 2026 / Quaternaire]

À l’époque, cette découverte fit grand bruit des deux côtés de l’Atlantique. Les experts affirmaient qu’il s’agissait du premier exemple connu d’art rupestre du Paléolithique supérieur (entre 50 000 et 12 000 ans) en Grande-Bretagne.
Cependant, dès 1928, d’autres scientifiques mirent en doute l’explication humaine ; selon eux, il s’agissait d’un phénomène naturel.
Le débat tomba dans l’oubli, mais en 2022, une équipe internationale de chercheurs redécouvrit le panneau et parvint à analyser scientifiquement la composition de la peinture et à estimer son année de création. Dans une étude publiée en mai 2026 dans la revue Quaternary, les chercheurs expliquent avoir procédé à la datation uranium-thorium de la croûte de calcite recouvrant le panneau. Il en ressort que les lignes horizontales ont été créées il y a au minimum 18 300 à 15 700 ans.
L’équipe scientifique a également découvert que la teinte rougeâtre des lignes était due à l’hématite, un composé d’oxyde de fer naturellement sécrété par les roches dans d’autres parties de la grotte. L’équidistance des lignes suggère qu’elles ont été tracées par l’homme selon un schéma délibéré et structuré.
Il est difficile de déterminer précisément l’usage de Bacon Hole au Paléolithique supérieur. Les chercheurs indiquent que la présence d’art rupestre dans les parties les plus profondes et les plus sombres de Bacon Hole laisse penser qu’au moins certaines zones de la grotte pouvaient revêtir une signification symbolique ou rituelle. Ils ajoutent qu’il est difficile de spéculer sur la signification que les anciens chasseurs-cueilleurs ont pu donner à ces lignes rouges tracées sur la paroi de la grotte il y a des milliers d’années.

L’un des archéologues a interprété l’art rupestre du Paléolithique supérieur comme une forme de « magie sympathique », un terme anthropologique désignant l’idée que l’art pouvait influencer le monde réel. « Par exemple, si des chasseurs paléolithiques dessinaient un bison sur la paroi d’une grotte, c’était pour favoriser une chasse fructueuse. »
Tout cela montre la difficulté d’interpréter certains arts rupestres préhistoriques.

Source : presse anglosaxonne.

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Des rayures rouges ont également été découvertes dans la grotte Chauvet-Pont-d’Arc, en Ardèche.

Comme je l’ai indiqué dans une note publiée le 11 janvier 2016, selon une équipe française de physiciens et de préhistoriens, les gerbes rouges qui illuminent le « Sacré-Cœur », l’un des panneaux ornant la grotte Chauvet, représenteraient des éruptions volcaniques du Bas-Vivarais voisin. Ces volcans sont âgés de 36 000 ans, d’après une datation par isotopes d’argon, ce qui correspond à l’occupation humaine de la grotte.
Certes, les hommes qui vivaient dans la grotte ont probablement été témoins des éruptions volcaniques, mais personne ne peut affirmer avec certitude que les stries rouges sur le panneau de la grotte représentent ces éruptions.
Les exemples de représentations de volcans dans des grottes préhistoriques sont rares. Le site de Çatalhöyük, en Turquie, vieux de 8 000 ans, était autrefois considéré comme la plus ancienne représentation d’une éruption. La question est de savoir si la fresque de Çatalhöyük représente réellement un volcan. Tous les experts ne sont pas d’accord !
Beaucoup de volcanologues ont tendance à voir des volcans partout et l’idée d’un lien entre les stries rouges de la grotte Chauvet et l’activité volcanique de Vivarais est intéressante, mais cette hypothèse est trop récente pour être définitive et elle reste à prouver.

De toute évidence, les stries rouges de la grotte de Bacon Hole au Pays de Galles ne font pas référence à des volcans car il n’y avait pas d’éruptions à proximité. Les fresques de la grotte Chauvet ne sont pas suffisamment explicites pour affirmer avec certitude qu’elles représentent un volcan en éruption.
Les grottes préhistoriques contiennent très peu de paysages et présentent principalement des images symboliques d’animaux et parfois d’êtres humains. Selon le regretté généticien Axel Kahn avec qui j’ai eu l’occasion d’aborder le sujet, les hommes préhistoriques ne représentaient pas de paysages ni de volcans car la nature faisait partie intégrante de leur environnement quotidien et ils n’éprouvaient pas le besoin de la représenter sur les parois des grottes. Les êtres vivants revêtaient une importance bien plus grande dans leur existence, voire pour leur survie.

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Bacon Hole is a cave in the limestone cliffs of Gower, a peninsula in southwest Wales. In 1912, a team of geologists and archaeologists found a panel deep within the cave covered in a series of 11 horizontal lines.

The discovery made waves on both sides of the Atlantic as the experts claimed the lines were the first known Upper Paleolithic (50,000 to 12,000 years ago) rock art in Britain.

But by 1928, skeptics had cast doubt on the explanation of the lines as human-made and suggested they were a natural phenomenon.

The debate died down, but in 2022, an international team of researchers rediscovered the panel and were able to scientifically analyze the composition of the paint and estimate its year of creation.

In a study published in May 2026 in the journal Quaternary, the researchers used uranium-thorium dating of the calcite crust overlaying the panel to show that the horizontal lines were created, at a minimum, 18,300 to 15,700 years ago.

The scientific team also discovered that the lines were red-hued because of hematite, an iron-oxide compound naturally secreted by rocks in other parts of the cave. The fact that the lines were equidistant from one another suggests they were made by humans in a deliberate and structured pattern.

It is difficult to determine exactly how Bacon Hole was used during the Upper Palaeolithic. The researchers say that the presence of rock art in the deeper, darker parts of Bacon Hole suggests that at least some areas of the cave may have held symbolic or ritual significance. They add that it is challenging to speculate as to what ancient hunter-gatherers may have meant when they inked nearly a dozen red lines on a cave wall thousands of years ago. One of the archaeologists who originally found the lines often interpreted Upper Paleolithic cave art as « sympathetic magic, » an anthropological term referring to the idea that art could influence the real world. For instance, if Paleolithic hunters drew a bison on a cave wall, it was intended to bring about a successful bison hunt.

This shows how difficult it is to interpret some of the art in prehistoric caves.

Source: Anglo-Saxon press.

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Red stripes were also discovered in the Grotte Chauvet , Ardèche, France. As I put it in a post published on 11 January 2016, according to a French team of physicists and prehistorians, the red sheaves splashing the « Sacred Heart », one of the panels that adorn the cave of Chauvet-Pont-d’Arc represent eruptions of volcanoes in nearby Bas-Vivarais. Volcanoes that ejected the fountains of lava are 36 000 years old, according to a dating with argon isotopes consistent with that of the human occupation of the cave.
Sure, the men who lived in the cave probably saw the volcanic eruptions, but nobody can affirm for sure that the red stripes on the panel in the cave represent these eruptions.

In prehistoric times, there are few examples of representations of volcanoes. The site of Çatalhöyük, Turkey, 8,000 years old, was previously considered offering the oldest representation of an eruption. The question is to know whether the mural of Çatalhöyük is really a volcano !. Everyone does not agree.

Many volcanologists tend to see volcanoes everywhere. The idea of a link between the red sheaves of the Chauvet Cave and volcanic activity in Vivarais is interesting but the assumption is too recent to be definitive and it remains unproven. The frescoes in the cave are not suggestive enough to be sure that they represent an erupting volcano.
Prehistoric caves contain very few landscapes and mainly include symbolic images of animals and sometimes humans. According to the late geneticist Axel Kahn, prehistoric men did not represent scenes of landscapes and volcanoes because this nature was their daily environment and they did not feel the need to represent it on the walls of the caves. Living beings were of much greater importance in their lives, even their survival.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Dans ses derniers bulletins, l’IGP indique qu’aucune activité explosive n’est actuellement observée sur le Sabancaya (Pérou), mais les panaches de cendres montent jusqu’à 2500 mètres d’altitude. L’Institut a émis un bulletin d’alerte concernant les retombées de cendres et recommande à la population de prendre les mesures nécessaires pour se protéger.

Source : IGP

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Avec plusieurs jours de retard sur les prévisions initiales de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO), les fontaines de lave de l’Épisode 48 du Kilauea sont finalement apparues vers 4h40 (heure locale) le 1er juin 2026. Une activité éruptive précurseure avait débuté vers 17h40 (heure locale) le 30 mai 2026. Plusieurs émissions de lave ont été observées à la bouche éruptive sud. Des projections de lave ont été constatées à la bouche nord, mais sans débordements. Vers 4h00 le 1er juin, une fontaine en forme de dôme est apparue à la bouche nord, tandis que son homologue sud est devenu inactive. Le Kilauea a ensuite offert son spectacle habituel de fontaines de lave 150m-200m de hauteur selon le HVO) à la bouche nord.

Des cendres et des téphras atteignant plusieurs centimètres de diamètre, ainsi que des mèches de cheveux de Pélé, ont été signalés au belvédère d’Uēkahuna, dans le parc national. Des téphras sont également tombés sur la Highway 11 et près du camping de Nāmakanipaio. De fines cendres et des cheveux de Pélé ont été signalés à Volcano Village, dans les Mauna Loa Estates et les Ohia Estates.

L’Épisode de fontaines de lave a pris fin le 1er juin à 13h37 (heure locale), après 9 heures d’activité à la bouche nord. Cet épisode éruptif dans le cratère de l’Halema’uma’u détient désormais le record du nombre d’épisodes de fontaines de lave jamais enregistrés pour une éruption de ce type. Il dépasse l’éruption du Pu’uO’o pendant laquelle on avait comptabilisé 47 fontaines. La dernière minute de l’Épisode 48 a été marquée par de puissantes émissions de gaz à la bouche nord. La bouche sud n’a présenté aucune fontaine. Le débit effusif instantané a culminé à environ 320 mètres cubes par seconde juste avant 6h00. Le débit moyen a été de 185 mètres cubes par seconde pour l’ensemble de l’épisode. On estime à 5,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. La lave a recouvert environ 40 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Source : HVO.

Capture d’image de la webcam V3

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Suite à la dernière éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion), l’OVPF procède à un suivi régulier de la plateforme qui s’est formée sur le littoral. Cela permet d’observer l’évolution de sa surface et de son refroidissement.

L’Observatoire a constaté une réduction de 11% de sa surface par l’action de l’érosion passant de 8,2 hectares le 7 avril à 7,3 hectares le 1er juin 2026.

Le refroidissement de la lave se poursuit, mais des points chauds (325–350°C) persistent encore au niveau de certaines fractures, comme on peut le voir sur l’image thermique ci-dessous en date du 1er juin 2026.

Source : OVPF.

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L’éruption de Titan Ridge (mer de Bismarck) se poursuit. Après une baisse d’activité pendant quelques jours, le nombre de signaux hydroacoustiques a considérablement augmenté les 28 et 29 mai 2026, signalant la reprise d’une activité irrégulière. L’activité s’est poursuivie du 29 mai au 2 juin, d’après les observations satellitaires et les données hydroacoustiques. Le 1er juin, un panache de vapeur s’élevait d’une partie de la zone éruptive nord-est et dérivait vers l’est et le sud-est. Une zone d’eau colorée s’étendait jusqu’à 8 km au sud-est de la bouche éruptive nord-est. Des radeaux de pierre ponce associées à ce panache d’eau colorée flottaient à quelques centaines de mètres de la zone éruptive. Du 2 au 4 juin, le panache éruptif s’est élevé jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer.
Source : Observatoire volcanologique de Rabaul (RVO).

Source: NASA

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Selon le VAAC de Tokyo, une éruption sur l’Ivao Group (Russie) aurait généré un panache de cendres s’élevant à 2,7 km au-dessus du niveau de la mer.
L’Ivao Group est un ensemble de cônes de scories situé dans la partie sud de l’île volcanique inhabitée d’Urup, dans l’archipel des Kouriles.

Crédit photo : GVN

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L’activité volcanique dans le monde ne montrant pas de variations significatives, on peut s’attarder sur la situation dans les Champs Phlégréens (Italie).

Dans son bulletin du 2 juin 2026, l’INGV indique que durant la semaine du 25 au 31 mai 2026, 37 séismes de magnitude Md ≥ 0,0 (Mdmax = 1,9 ± 0,3) ont été localisés sur un total de 65 événements avec des magnitudes comprises entre (Md compris entre -0,8 et 1,9. Ces séismes ont été enregistrés principalement dans le secteur oriental de la caldeira, ce qui correspond à la zone d’Agnano–Solfatara–Pisciarelli, avec quelques événements également localisés dans le golfe de Pouzzoles. La profondeur des hypocentres varie entre 0,9 et 4,0 km environ.
Depuis début février 2026, la vitesse moyenne de soulèvement du sol dans la zone de déformation maximale est d’environ 10 ± 3 mm par mois.

Évolution du soulèvement du sol à la station Rione Terra de Pouzzoles

Les paramètres géochimiques confirment la tendance à long terme au réchauffement du système hydrothermal et à l’augmentation des débits des émissions gazeuses. La température de la fumerolle Bocca Grande, dans la Solfatara, affiche une tendance à la hausse et atteint environ 173 °C. La fumerolle de Pisciarelli présente une température moyenne d’environ 95 °C.
Dans la conclusion de son rapport, l’INGV indique qu’aucun signe ne laisse présager de changements significatifs de l’activité à court terme dans les Champs Phlégréens.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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In its latest bulletins, the IGP (Peru Institute of Geophysics and Volcanology) indicates that no explosive activity is currently observed at Sabancaya (Peru), but ash plumes are rising to an altitude of 2,500 meters. The Institute has issued an alert bulletin regarding ashfall and recommends that the population take the necessary precautions.

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Several days behind the initial HVO forecasts, the lava fountains of Kilauea‘s Episode 48 finally appeared at about 4:40 a.m. (local time), on June 1, 2026. Precursory eruptive activity began around 5:41 p.m. (local time) on May 30, 2026. There were several emissions of lava from the south vent. Spattering was observed at the north vent, but no overflows. At about 4:00 a.m. on June 1, a dome-shaped fountain appeared at the north vent while the south vent became inactive. Then, Kilauea started its usual show of lava fountains (150-200m high, according to HVO) at the north vent.

Ash and tephra up to several centimeters in diameter and strands of Pele’s hair have been reported at the Uēkahuna overlook in Hawaiʻi Volcanoes National Park.Tephra also fell on Highway 11 near the Nāmakanipaio campground. Fine ash and Peleʻs hair has been reported from Volcano village, Mauna Loa Estates, and Ohia Estates.

Lava fountaining of Episode 48 ended at 1:37 p.m. (local time) on June 1 after 9 hours of activity at the north vent. The Halemaʻumaʻu eruption now has the most fountaining episodes ever recorded for an eruption of this type, edging out the Pu‘u‘ō‘ō eruption which had 47 fountain episodes. The last minute of Episode 48 was marked by gas jetting at the north vent. The south vent never fountained during this episode. The instantaneous effusion rate peaked at about 320 cubic meters per second just before 6:00 a.m., with an average effusion rate of 185 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 5.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 40% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

Source : HVO.

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Following the latest eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), the OVPF is regularly monitoring the lava platform that formed on the coastline. This allows to observe the evolution of its surface area and its cooling.
The Observatory has noted an 11% reduction in its surface area due to erosion, from 8.2 hectares on April 7 to 7.3 hectares on June 1, 2026. The lava continues to cool, but hotspots (325–350°C) still persist at certain fractures, as can be seen in the thermal image above, dated June 1, 2026.

Source: OVPF.

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The eruption at Titan Ridge (Bismarck Sea) continues. After a decrease in activity over a couple of days the number of hydroacoustic signals significantly increased during 28-29 May 2026, signifying the resumption of semi-continuous activity. Activity was ongoing during 29 May-2 June based on satellite views and hydroacoustic data. By 1 June a steam plume was rising from part of the NE vent area and drifting E and SE. A shallow plume of discolored water drifted as far as 8 km SE from the NE vent. Hot pumice associated with the plume of discolored water was seen floating within a few hundred meters of the vent area. During 2-4 June the eruption plume rose as high as 5 km a.s.l.

Source: Rabaul Volcano Observatory (RVO).

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According to the Tokyo Volcanic Ash Advisory Center (VAAC) a possible eruption at the Ivao Group (Russia) may have generated an ash plume that rose 2.7 km above sea level.

The Ivao Group is a group of cinder cones located in the southern part of the uninhabited, volcanic Urup Island, in the Kuril Archipelago, Russia.

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As volcanic activity worldwide does not show significant variations, we can focus on the situation in the Phlegraean Fields (Italy).
In its bulletin of June 2, 2026, the INGV indicates that during the week of May 25-31, 2026, 37
earthquakes of magnitude Md ≥ 0.0 (Mdmax = 1.9 ± 0.3) were located out of a total of 65 events with magnitudes between -0.8 and 1.9. These earthquakes were recorded mainly in the eastern sector of the caldera, corresponding to the Agnano–Solfatara–Pisciarelli area, with some events also located in the Gulf of Pozzuoli. The depth of the hypocenters varies between approximately 0.9 and 4.0 km.
Since the beginning of February 2026, the average rate of
ground uplift in the area of ​​maximum deformation has been approximately 10 ± 3 mm per month.
Geochemical parameters confirm the long-term trend of warming in the hydrothermal system and an increase in gas emission rates. The temperature of the Bocca Grande fumarole in the Solfatara shows an upward trend, reaching approximately 173°C. The Pisciarelli fumarole has an average temperature of around 95°C.
In the conclusion of its report, the INGV indicates that there are no signs of significant changes in activity at Campi Flegrei in the short term.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Kilauea (Hawaï) : Épisode 48 !

Avec plusieurs jours de retard sur les prévisions initiales de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO), les fontaines de lave de l’Épisode 48 du Kilauea sont finalement apparues vers 4h40 (heure locale) le 1er juin 2026. Une activité éruptive précurseure avait débuté vers 17h40 (heure locale) le 30 mai 2026.

95 émissions de lave ont été observées à la bouche éruptive sud. Des projections de lave ont été constatées à la bouche nord, mais sans débordements. Vers 4h00 le 1er juin, une fontaine en forme de dôme est apparue à la bouche nord, tandis que son homologue sud est devenu inactive.

Le Kilauea a ensuite offert son spectacle habituel de fontaines de lave 150m-200m de hauteur selon le HVO) à la bouche nord. Il se poursuit au moment où j’écris ces lignes.

Des cendres et des téphras atteignant plusieurs centimètres de diamètre, ainsi que des mèches de cheveux de Pélé, ont été signalés au belvédère d’Uēkahuna, dans le parc national. Des téphras tombent également sur la Highway 11 et près du camping de Nāmakanipaio. De fines cendres et des cheveux de Pélé ont été signalés à Volcano Village, dans les Mauna Loa Estates et les Ohia Estates, au nord-est du parc national.

La webcam V3 est un excellent moyen d’observer l’éruption :
https://www.youtube.com/watch?v=gXKuUyKt8mc

L’Épisode de fontaines de lave a pris fin le 1er juin à 13h37 (heure locale), après 9 heures d’activité à la bouche nord. Cet épisode éruptif dans le cratère de l’Halema’uma’u détient désormais le record du nombre d’épisodes de fontaines de lave jamais enregistrés pour une éruption de ce type. Il dépasse l’éruption du Pu’uO’o pendant laquelle on avait comptabilisé 47 fontaines. La dernière minute de l’Épisode 48 a été marquée par de puissantes émissions de gaz à la bouche nord. La bouche sud n’a présenté aucune fontaine. Le débit effusif instantané a culminé à environ 320 mètres cubes par seconde juste avant 6h00. Le débit moyen a été de 185 mètres cubes par seconde pour l’ensemble de l’épisode. On estime à 5,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. La lave a recouvert environ 40 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Source : HVO.

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Several days behind the initial HVO forecasts, the lava fountains of Kilauea’s Episode 48 finally appeared at about 4:40 a.m. (local time), on June 1, 2026. Precursory eruptive activity began around 5:41 p.m. (local time) on May 30, 2026. There were 95 emissions of sluggish lava from the south vent. Spattering was observed the north vent, but no overflows. At about 4:00 a.m. on June 1, a dome-shaped fountain appeared at the north vent while the south vent became inactive. Then, Kilauea strated its usual show of lava fountains (150-200m high, according to HVO) at the north vent. It is going on while I’m writing this post.

Ash and tephra up to several centimeters in diameter and strands of Pele’s hair have been reported at the Uēkahuna overlook in Hawaiʻi Volcanoes National Park.Tephra is also falling on Highway 11 near and west of the Nāmakanipaio campground. Fine ash and Peleʻs hair has been reported from Volcano village, Mauna Loa Estates, and Ohia Estates to the northeast of the National Park.

Webcam V3 is a good meands to enjoy the eruption :

https://www.youtube.com/watch?v=gXKuUyKt8mc

Lava fountaining of Episode 48 ended at 1:37 p.m. (local time) on June 1 after 9 hours of activity at the north vent. The Halemaʻumaʻu eruption now has the most fountaining episodes ever recorded for an eruption of this type, edging out the Pu‘u‘ō‘ō eruption which had 47 fountain episodes. The last minute of Episode 48 was marked by gas jetting at the north vent. The south vent never fountained during this episode. The instantaneous effusion rate peaked at about 320 cubic meters per second just before 6:00 a.m., with an average effusion rate of 185 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 5.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 40% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

Source : HVO.