Maintien du niveau d’alerte maximum sur l’Agung (Bali / Indonésie) // Alert level kept at its maximum on Mt Agung (Bali / Indonesia)

Les autorités indonésiennes ont décidé de maintenir le niveau d’alerte de l’Agung à 4 (AWAS), le maximum), en dépit d’une baisse de la sismicité au cours de la semaine dernière. Par exemple, on n’enregistrait plus que 80 événements sismiques profonds, 74 secousses superficielles et 4 événements tectoniques locaux le 26 octobre. Les autorités ont également conservé la zone de danger comprise entre 9 km et 12 km autour du volcan, même si le gouvernement provincial de Bali avait proposé de l’abaisser à 6 km. Une nouvelle décision concernant le niveau d’alerte sera prise le 9 novembre 2017.
Le niveau d’alerte maximum a été décrété le 22 septembre 2017. Le gouvernement a estimé que la situation actuelle coûterait jusqu’à 2 milliards de roupies en raison de séjours touristiques annulés, d’opérations minières interrompues et d’heures de travail perdues.
Une réunion de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui devait avoir lieu à Bali a été déplacée à Genève suite à l’augmentation de l’activité volcanique sur le Mont Agung,
Source: The Jakarta Post.

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Indonesian officials have decided to maintain the highest alert status for Mount Agung, even though seismicity dropped significantly over the past week. Authorities also left intact the danger zone of between 9km and 12km around the volcano, even though the provincial government in Bali had proposed to lower it to 6km. A new decision about the alert level will be taken on November 9th 2017.

The highest alert status was declared on September 22nd and the government has estimated that it has cost up to 2 billion rupiah based on cancelled tourist visits, halted mining operations and lost working hours.

A meeting of the World Meteorological Organization (WMO) due to take place in Bali has been moved to Geneva, Switzerland, following an increase in the volcanic activity of Mount Agung,

Source: The Jakarta Post.

Source: Wikipedia

Localisation des coulées de lave pahoehoe sur le Kilauea (Hawaii) // Locating pahoehoe lava flows on Kilauea Volcano (Hawaii)

Les coulées de lave pahoehoe constituent l’un des spectacles les plus populaires sur les volcans de type hawaïen, que ce soit sur la Grande Ile d’Hawaii ou sur l’Ile de la Réunion, par exemple. Lorsqu’elles sont accessibles, ces coulées avec leurs magnifiques cordages attirent des milliers de touristes chaque année. Cependant, à côté de leur aspect esthétique, les coulées de lave pahoehoe représentent un réel danger pour les zones habitées. Elles ont détruit une grande partie du village de Kalapana, recouvert la plus grande partie de la subdivision des Jardins Royaux et ont récemment menacé la bourgade de Pahoa.
Le problème avec les coulées pahoehoe, c’est que leur trajet est difficile à suivre et à prévoir, en grande partie en raison de leur comportement en fonction de la configuration du terrain. Lorsque la surface d’un épanchement pahoehoe se refroidit, des tunnels de lave peuvent se former et conduire la lave sous la surface d’écoulement. Cette lave peut alors émerger au niveau du front de la coulée active, ou sous forme de coulées éphémères qui s’échappent du réseau de tunnels. Ces émissions sporadiques peuvent se produire dans de nombreuses zones différentes le long d’une coulée à un moment donné et sont souvent dispersées sur des zones couvrant plusieurs kilomètres sur les flancs du Kilauea. La dispersion de ces sorties de lave éphémères rend difficile la surveillance des coulées pahoehoe. À certains égards, leur contrôle est souvent beaucoup plus difficile que celui des coulées a’a qui s’épandent souvent en un seul chenal de lave bien défini.
Jusqu’à récemment, les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) étaient dans l’incapacité de cartographier de manière fiable les bordures des coulées pahoehoe. Leur progression et élargissement donnaient une image de l’évolution du comportement de la lave, mais il était difficile de déterminer exactement l’emplacement de toutes les coulées éphémères à la surface de la coulée principale. En effet, ces émissions de lave ponctuelles se situent généralement bien à l’écart du front et des bordures des coulées. Parfois, elles avancent en direction de la bordure de coulée et entraînent la coulée principale dans une nouvelle direction.
Ces dernières années, les géologues du HVO ont développé une nouvelle technique pour cartographier l’activité sur l’ensemble de la surface d’une coulée pahoehoe. Au cours des survols en hélicoptère, ils utilisent désormais une caméra thermique portative pour recueillir une série d’images qui se chevauchent sur toute la longueur de la coulée de lave, depuis la source jusqu’à l’entrée dans l’océan. Ils utilisent ensuite un logiciel informatique pour assembler les images individuelles en une grande mosaïque. Ce type de logiciel utilise les images qui se chevauchent pour calculer la position 3D exacte de chaque pixel de l’image à la surface de la Terre. Les géologues insèrent quelques coordonnées connues dans la mosaïque d’images, comme des « points de contrôle au sol » (waypoints), qui permettent d’obtenir une «géo référence» de la mosaïque et sa position exacte à la surface de la Terre.
Cette mosaïque d’images thermiques est en soi une carte thermique de la surface de la coulée et elle révèle l’emplacement exact de toutes les émissions de lave actives à la surface de la coulée. La carte fournit ainsi une image très précise de l’activité de surface, ce qui permet aux géologues du HVO de mieux anticiper la progression de la lave. Un autre avantage est que les scientifiques peuvent cartographier avec précision la trajectoire du tunnel de lave principal qui présente une ligne de température plus élevée à la surface.
Ce logiciel montre avec quelle rapidité évolue la technologie. Il montre également comment de nouvelles techniques peuvent améliorer la capacité de surveillance des volcans hawaïens.
Source: USGS / HVO.
En ce qui me concerne, j’ai étudié le processus de refroidissement de la lave pahoehoe sur le Kilauea, en collaboration avec le HVO et le Parc National. Un résumé de ce travail se trouve sous le titre de ce blog.

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Pahoehoe lava flows are a common and spectacular feature on Hawaiian volcanoes. When they are accessible, they attract thousands of tourists every year. However, together with their aesthetic aspect, pahoehoe lava flows are a serious hazard to residential areas. They destroyed much of the town of Kalapana, buried most of the Royal Gardens subdivision, and most recently threatened the town of Pahoa.

A challenge with pahoehoe flows is that they are difficult to track and forecast, in large part owing to how they spread out on the ground. As the surface of a pahoehoe lava flow cools, lava tubes can develop and transport lava beneath the flow surface. This lava emerges at the active flow front, and on the flow surface in “breakouts” from the tube system. These lava breakouts can occur in many different areas along the length of a flow at any given time and are often scattered over areas spanning kilometres on Kilauea volcano. The scattered nature of breakouts is the main challenge for monitoring and forecasting pahoehoe flows. In some ways, monitoring pahoehoe flows can be much more difficult than monitoring aa flows, which are often focused in a single, well-defined lava channel.

Until recently, geologists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) could only effectively map the margins of a pahoehoe flow. The advance and expansion of the flow margins provided a picture of evolving behaviour at the edge of the flow, but it was difficult to map out exactly where all the breakouts on the flow surface were located. Indeed, these breakouts are commonly positioned well away from the flow front and margins. Sometimes they advance to reach the flow margins, and drive the flow in a new direction.

Over the past few years, HVO geologists developed a new technique to map activity across the entire surface of a pahoehoe flow. During their routine helicopter overflights, they use a handheld thermal camera to collect a series of overlapping, oblique images along the entire length of the lava flow, from the vent to the ocean entry. They then use a computer software to stitch the individual images into a large mosaic. This type of software uses the overlapping images to calculate the exact 3-D position of each image pixel on the surface of the Earth. Geologists insert a handful of known coordinates in the image mosaic as “ground control” points, which provide “georeference” for the mosaic and orients it to its correct position on the Earth’s surface.

This mosaic of thermal images is basically a thermal map of the lava flow surface, and reveals the exact location of all the active surface breakouts. The map provides a highly accurate picture of surface activity, improving HVO’s ability to anticipate where lava might advance. The added benefit is that geologiqts can precisely map the path of the main lava tube, which produces a subtle line of warm temperatures on the surface.

This software is another example of how rapidly technology is changing. It also shows how new techniques can improve the ability to monitor Hawaiian volcanoes.

Source : USGS / HVO.

As far as I am concerned, I studied the cooling process of paehoe lava flows on Kilauea volcano, in collaboration with HVO and the national Park. An abstract of this study can be found under the title of this blog.

Carte physique et image thermique des coulées de lave du Kilauea le 12 octobre 2017 (Source : HVO).

Coulées éphémères sur le Kilauea (Photos: C. Grandpey)

Vers un réveil du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) ? // Towards a reawakening of Piton de la Fournaise (Reunion Island)?

Dans son bulletin mensuel du 2 octobre 2017, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) indiquait, graphique à l’appui, que « suite à la phase de ré-augmentation de la sismicité volcano-tectonique superficielle sous les cratères sommitaux à la fin de l’éruption du 14 juillet-28 août 2017 et jusqu’à la fin du mois d’août, la sismicité a diminué au cours du mois de septembre pour atteindre une moyenne de moins d’un événement par jour. »

Le dernier bulletin du 25 octobre 2017 a une tonalité bien différente. On apprend que « depuis la mi-Octobre, un changement est observé sur les enregistrements de l’Observatoire, avec une reprise de l’inflation du volcan, de faibles concentrations de SO2 (couplé à du CO2) et de H2S (couplé à la vapeur d’H2O) dans les émissions sommitales, ainsi qu’une légère sismicité sous les cratères sommitaux. »

L’OVPF conclut en disant que « tous ces paramètres seront à suivre et à confirmer ces prochains jours. » Il n’est donc pas impossible que l’on se dirige vers une nouvelle éruption à plus ou moins long terme.

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NDLR: Il est à noter que la prévision volcanique sur le Piton de la Fournaise à la Réunion est beaucoup moins contraignante que sur le Mt Agung à Bali ! Ici, point de nuées ardentes destructrices ; juste des coulées de lave qui prennent en général la direction de l’Enclos Fouqué, sans menacer les zones habitées. Il n’y a donc aucune nécessité d’évacuer des dizaines de milliers d’habitants. Si, par malchance, des fractures s’ouvrent en dehors de l’Enclos, l’évacuation des personnes menacées peut se faire rapidement.

Au vu de la sismicité actuelle, si une éruption devait avoir lieu, la lave emprunterait son trajet habituel. En conséquence, peu importe que l’éruption se produise dans une semaine ou dans un mois. A Bali, la prévision volcanique prend une autre dimension. Il faut y ajouter la prévention et la protection des populations. Dans ces deux domaines, les limites de nos capacités sont vite atteintes !

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 In its monthly bulletin of October 2nd, 2017, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (OVPF) indicated that “following the new increase phase of shallow volcano-tectonic seismicity under the summit craters at the end of the las eruption (July 14th-August 28th, 2017) and until the end of August, seismicity had decreased during the month of September to an average of less than one event per day.”
The last bulletin of October 25th, 2017 has a very different tone. We learn that “since mid-October, a change has been observed in the Observatory’s recordings, with new volcano inflation, low concentrations of SO2 (coupled with CO2) and H2S (coupled with the H2O vapour) in the summit emissions, as well as a slight seismicity under the summit craters.”
OVPF concludes by saying that “all these parameters will be monitored and confirmed in the coming days.” Thus, it is not impossible that we are headed for a new eruption.

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It should be noted that volcanic prediction on the Piton de la Fournaise on Reunion Island is much less restrictive than on Mt Agung on Bali! Here, there are no destructive pyroclastic flows; just lava flows that usually travel toward the Enclos Fouqué, without threatening the populated areas. There is therefore no need to evacuate tens of thousands of inhabitants. If, unfortunately, fractures open outside the Enclos, the evacuation of threatened people can be done quickly.
Given the current seismicity, if an eruption were to occur, lava would follow its usual path. As a result, it does not matter whether the eruption occurs within a week or a month. In Bali, volcanic prediction takes another dimension. One also needs to take into account the prevention and the protection of the populations. In these two domains, the limits of our capacities are quickly reached!

Source: Wikipedia

Surveillance du Cumbre Vieja (La Palma / Iles Canaries) // Monitoring of Cumbre Vieja Volcano (La Palma / Canary Islands)

Un essaim sismique avec des événements entre M 1,5 et M 2,7 a débuté sous le volcan Cumbre Vieja, sur l’île de La Palma aux Iles Canaries, le samedi 7 octobre 2017 (voir ma note du 9 octobre 2017). Au total, 68 événements ont été enregistrés sous le volcan. Les autorités ont déclaré à l’époque qu’elles allaient intensifier la surveillance du volcan.

Confirmant cette promesse, un programme spécial de surveillance hydrogéochimique a été mis en place afin d’améliorer la surveillance du volcan. Les scientifiques prélèveront des échantillons d’eaux souterraines afin d’en analyser le pH, la conductivité, la température et l’activité gazeuse dissoute trois fois par semaine à quatre endroits du Cumbre Vieja. Dans le même temps, une équipe de l’Institut Géographique National (IGN) surveillera les environs du volcan 24 heures sur 24.
Alors que certains scientifiques pensent qu’une éruption pourrait potentiellement créer un raz-de-marée, des universitaires ont fait remarquer qu’un méga tsunami était peu probable. En fait, la possibilité d’un effondrement catastrophique du volcan Cumbre Vieja est une question très controversée parmi les géologues. Il y a certainement eu de gros morceaux de l’île volcanique qui se sont détachés dans un passé lointain, vraisemblablement en relation avec l’activité volcanique. Cependant, il n’y a aucune preuve que ce genre d’événement majeur se soit produit au cours des 10 000 dernières années, et aucun signe qu’un tel effondrement ait été suffisamment important et soudain pour générer de puissants tsunamis. C’est théoriquement possible, mais la plupart des géologues pensent que des effondrements plus petits et plus localisés sur les flancs escarpés du volcan sont plus probables. Ils pourraient générer des tsunamis locaux avec des vagues destructrices de quelques mètres de hauteur, mais sûrement pas des tsunamis transocéaniques.
Source: The Independent.

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A seismic swarm with events between M 1.5 and M 2.7 started under Cumbre Vieja volcano on the island of La Palma in the Canary Islands on Saturday, October 7th, 2017 (see my post of October 9th 2017). A total of 68 earthquakes had been recorded under the volcano.  Authorities said they would increase the monitoring of the volcano.

Confirming this promise, a special hydrogeochemical monitoring programme has been set up in order to improve the surveillance of the volcano. Scientists will take samples of subterranean waters and PH levels, conductivity, temperature and dissolved gas activity three times a week at four locations in Cumbre Vieja. Meanwhile, a team from the National Geographic Institute (IGN) is monitoring the site around the volcano 24 hours a day.

While experts have warned that an eruption holds the potential of creating a tidal wave, academics have been quick to point out a mega tsunami is unlikely. The possibility of a catastrophic collapse of the volcano is a really controversial issue amongst geologists. There has certainly been large chunks of the volcanic island that have detached in the distant past, presumably associated with volcanic activity. However, there is no evidence that this kind of major event happened in the last 10,000 years, and no signs that the collapse was so big and sudden that it produced huge tsunamis. It is theoretically possible, but most geologists think that smaller more localised collapses of the steep sides are more likely. They could generate local tsunamis with destructive waves a few metres high, but transoceanic tsunamis are unlikely.

Source: The Independent.

Cumbre Vieja vu depuis l’espace (Source: NASA Visible Earth)