Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde depuis le dernier bulletin :

Il n’y a pas d’éruption en ce moment sur la péninsule de Reykjanes (Islande), mais un intense essaim sismique s’est produit ces derniers jours et une activité volcano-tectonique complexe affecte actuellement la région.

La dernière image InSAR, acquise le 31 octobre 2023, révèle 5 à 6 cm de mouvements de sol sur les 12 jours précédents, avec une inflation centrée juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. Le même signal de mouvement du sol a été détecté par les stations GPS de la région à partir du 27 octobre. Les données GPS du 1er novembre indiquent que le mouvement du sol se poursuit dans la région. En analysant à la fois les observations sismiques, géodésiques et satellitaires, les scientifiques islandais ont conclu qu’une intrusion magmatique a lieu à environ 4 km de profondeur, juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. À l’heure actuelle, rien n’indique que l’intrusion se rapproche de la surface.

Dans une mise à jour publiée le 2 novembre au soir, le Met Office indique que les données GPS des dernières 24 heures montrent que le soulèvement du sol se poursuit au même rythme dans la zone au nord-ouest du mont Þorbjörn. La sismicité reste soutenue; l’événement le plus significatif avait une magnitude de M3.7 à une profondeur d’environ 5 km. Une analyse plus détaillée des données GPS confirme qu’une intrusion magmatique est en formation à une profondeur de 4 à 5 km sous la zone au nord-ouest du Mt Þorbjörn. D’autres séismes sont à prévoir dans les prochains jours car l’intrusion magmatique génère des contraintes dans la région.

Source : Met Office.

 

Image InSAR de la péninsule de Reykjanes, du 19 au 31 octobre 2023. Le signal de déformation du sol le plus important est centré au nord-ouest du mont Þorbjörn.

Un nouvel essaim sismique est en cours ce matin du 3 novembre 2023, avec des événements atteid M 4,2, M 4,1 et M 3,5 avec des hypocentres à 3-4 km de profondeur dans la région de Grindavik. Le magma joue avec les nerfs des islandais. Tout le monde redoute une éruption dans le secteur du mont Þorbjörn, ç proximité de la centrale électrique de Svartensgi et du Lagon Bleu.

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Le Service géologique colombien (SGC) indique que le 25 octobre 2023, le volcan Puracé a connu une augmentation significative de l’activité sismique, avec des événements atteignant M 1,0 à des profondeurs comprises entre 1 et 4 km. Ces séismes ont coïncidé avec une augmentation du dégazage et des valeurs de CO2 toujours élevées. La plupart ont été détectés au sud-est du cratère.
La dernière éruption du Puracé a eu lieu le 29 mars 2022 avec un VEI 1.

 

Crédit photo : Wikipedia

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Le 29 octobre 2023, le KVERT indiquait que l’éruption explosive-effusive se poursuivait sur le Klyuchevskoi (Kamchatka), avec des nuages de cendres qui montaient jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne était maintenue à l’Orange. Le volcan présentai une activité explosive de type strombolien. Les fontaines de lave pouvaient atteindre 500 m de hauteur et alimentaient les coulées de lave dans les ravines Apakhonchichsky et Kozyrevsky sur le versant sud du volcan.

L’activité a considérablement augmenté le 31 octobre,. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. La colonne de cendres atteignait jusqu’à 14 km d’altitude. Cette hausse d’activité s’est accompagnée de puissantes fontaines de lave atteignant parfois plus de 500 m de hauteur. Elles ont fait s’édifier un cône de scories au sein du cratère principal.

Aucun blessé n’est à déploré, mais les écoles ont été fermées par précaution à Ust-Kamchatsk et à Klyuchy.

 

Crédit photo: KVERT

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Le PVMBG informe le public que l’activité sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a augmenté le 28 octobre 2023, incitant les autorités indonésiennes à établir une zone d’exclusion de 5 km autour du cratère principal. Une hausse du tremor a également été enregistrée, ce qui correspond aux mouvements du magma et à l’évacuation des gaz volcaniques. De telles conditions pourraient conduire à des éruptions explosives, effusives ou les deux à la fois.
L’édifice volcanique connaît une phase d’inflation atteignant entre 15 et 50 microradians, ce qui indique une forte pression interne et confirme les données sismiques.
L’Anak Krakatau reste un sujet de préoccupation en raison de son activité continue depuis l’éruption de 2018 qui a radicalement modifié sa morphologie et déclenché un tsunami en décembre de la même année. Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

Episode éruptif sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

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Il n’y a toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). L’activité persiste au sud-sud-ouest du sommet, avec une légère diminution de la sismicité, en relation avec un événement intrusif qui a commencé début octobre. Le HVO indique que l’activité observée actuellement pourrait continuer à montrer des variations en fonction des changements dans l’arrivée de magma dans la zone. Le sommet du Kilauea montre toujours une forte inflation de sorte qu’une activité éruptive est possible dans les semaines ou mois à venir. Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de Rift Est et de la zone de Rift Sud-Ouest.

 

Carte montrant l’activité au sommet du Kīlauea. Les cercles jaunes indiquent les emplacements des séismes enregistrés par le HVO du 4 au 24 octobre 2023. Les franges colorées indiquent les zones de déformation du sol mesurées par satellite (InSAR) du 24 septembre au 10 octobre. Une dizaine de centimètres de soulèvement du sol ont été détectés au cours de cette période. Chaque cycle de couleur représente 1,5 cm de soulèvement du sol vers le satellite, en relation avec une intrusion magmatique. (Source : USGS)

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Au Pérou, la situation est globalement stable sur l’Ubinas et le Sabancaya. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange pour les deux volcans.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Une hausse de l’activité sismique est observée sur le Mont St. Helens (État de Washington / USA) depuis le 15 juillet 2023, avec plus de 400 événements. Il s’agit de la plus forte augmentation de l’activité sismique depuis la fin de la dernière éruption en 2008. Aucun changement significatif n’a été observé dans les autres paramètres de surveillance et il n’y a aucun signe d’éruption imminente.
Le séisme le plus important avait une magnitude de M 2,4 le 27 août. La profondeur de ces événements sismiques variait entre 4 et 8 km sous le plancher du cratère. Cependant, aucune variation n’a été observée dans la déformation du sol, les gaz volcaniques ou leur température.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Normal et la couleur de l’alerte aérienne reste au Vert.
Source : USGS.

Le dôme de lave du St Helens en septembre 2008 (Photo : C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world since the last bulletin :

There is no eruption at the moment on the Reykjanes Peninsula (Iceland) bu there has been a significant seismic swarm in the past days and an episode of complex volcano-tectonic unrest is currently affecting the area.

The latest satellite radar image, acquired late on 31 October 2023, reveals 5 to 6 cm of ground movements over 12 days, centered just northwest of Mt. Þorbjörn. The same displacement signal is seen by GPS stations in the region, beginning on 27 October. The GPS results from 1 November indicated that ground displacements continue in the region. Combining seismic, geodetic, and satellite-based observations, Icelandic scientists infer that a volcanic intrusion is located at about 4 km depth just northwest of Mt. Þorbjörn. Presently, there are no indications that the volcanic intrusion is becoming shallower.

In an update released on November 2nd in the evening, the Met Office indicates that GPS data from the last 24 hours show that uplift continues at a similar rate in the area northwest of Mt. Þorbjörn. Seismicity is still sustaines; the largest event was M3.7 at a depth of about 5 km. More detailed analysis of recent GPS data confirms that a magma intrusion is forming at a depth of 4-5 km under the area northwest of Þorbjörn. More earthquakes are expected in the coming days because the magma intrusion causes increased tension in the area.

A new seismic swarm is underway this morning of November 3rd, 2023, with events reaching M 4.2, M 4.1 and M 3.5 with hypocenters at 3-4 km depth in the Grindavik region. The magma plays with the nerves of the Icelanders. Everyone fears an eruption in the area of Mount Þorbjörn, near the Svartensgi power station and the Blue Lagoon.

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The Colombian Geological Service (SGC) indicates that on October 25th, 2023, Puracé Volcano experienced a significant increase in seismic activity, with events up to M 1.0 at depths between 1 and 4 km. These quakes coincided with higher degassing levels and persistent high CO2 values.

The earthquakes were detected to the southeast of the crater.

The last eruption of Puracé Volcano was recorded on March 29th, 2022 with a VEI 1.

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On October 29th, 2023, KVERT indicated that the explosive-effusive eruption was continuing at Klyuchevskoi (Kamchatka), with ash clouds up to10 km above sea level. The Aviation Color Code remained at Orange. The volcano displayed explosive activity of the Strombolian type. Lava fountains could be as high as 500 m, feeding lava flows along the Apakhonchichsky and Kozyrevsky drainages on the southern slopes of the volcano.

Activity increased significantly on October 31st, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code from Orange to Red. The ash column reached up to 14 km above sea level. This increased activity was characterized by violent lava fountaining at the summit, with jets of lava sometimes higher than 500 m, contributing to the construction of a growing cinder cone within the main crater.

There were no reports of injuries, but officials ordered schools in Ust-Kamchatsk and Klyuchy to close as a precaution.

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PVMBG informs the public that seismic activity at Anak Krakatau (Indonesia) increased on October 28th, 2023, prompting Indonesian authorities to set up a 5 km exclusion zone around the main crater. An increase in tremor signals has been recorded, showing the movement of magma and the exsolution of volcanic gases. Such conditions could lead to explosive, effusive, or combined forms of éruptions.

The volcano’s edifice is inflating, registering a range between 15 – 50 microradians. indicates an increased internal pressure, corroborating the seismic data.

Anak Krakatau remains a point of concern due to its continuous eruptive activity since its 2018 eruption, which dramatically altered its morphology and triggered a tsunami in December the same year. The alert level is kept at 2.

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There is still no eruption at Kilauea (Hawaii). Unrest is continuing to the south-southwest of the summit, with a slight decrease in seismicity, in association with an intrusive event that began in early October. HVO indicates that this unrest may continue to wax and wane with changes to the input of magma into the area. The summit of Kilauea remains at a high level of inflation and eruptive activity is possible in the coming weeks or months. No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or the Southwest Rift Zone.

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In Peru, the situation is stable at Ubinas and Sabancaya volcanoes. The alert level is kept at Orange for both volcanoes.
Source: IGP.

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An increase in seismic activity has been observed at Mount St. Helens (Washington State / USA) since July 15th, 2023, with more than 400 earthquakes. It is the largest increase in earthquake rates since the last eruption ended in 2008. No significant changes have been observed in other monitoring parameters and there are no signs of an imminent eruption.

The most significant event had a magnitude of M 2.4 on August 27th. The depth of these seismic events ranged between 4 to 8 km below the crater floor. However, no alterations have been observed in ground deformation, volcanic gas, or thermal emissions.

The volcano Alert Level remains at Normal and the Aviation Color Code is still Green.

Source : USGS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Effets d’un environnement volcanique sur la santé // Health effects of a volcanic environment

La mission scientifique sur le Mont Michael (île Sanders) a permis aux scientifiques de faire des observations intéressantes sur l’environnement volcanique. Ils avaient établi leur camp de base sur un champ de neige au pied du volcan et ils pensaient pouvoir faire fondre cette neige pour leurs besoins en eau. Malheureusement, les tests d’acidité ont révélé que l’eau n’était pas potable car la neige avait été polluée par les gaz volcaniques. Ils ont dû utiliser l’eau produite par le désalinisateur à bord du voilier qui leur avait permis d’atteindre l’île.

Cette situation vécue par l’expédition doit nous rappeler qu’environ un dixième de l’humanité vit dans un rayon de moins de 100 km d’un volcan actif, avec les risques que cela comporte. La vapeur d’eau, à laquelle se mêlent le CO2 et le SO2, constitue plus de 90% d’un panache volcanique, en sachant que la lave émet également du fluor, du chlore et du brome en s’approchant de la surface, autrement dit d’autres éléments acides.

Ce qui est observé à petite échelle sur l’île Saunders se retrouve dans des régions volcaniques plus vastes comme la Grande Ile d’Hawaii où les gaz émis par le Kilauea en période éruptive génèrent un brouillard volcanique baptisé vog – contraction de volcanic smog – qui présente des risque pour la santé. Il est recommandé aux personnes souffrant de troubles respiratoires d’éviter de sortir et de s’adonner à une activité physique. Les horticulteurs situés sous le panache de vog constatent des dégâts sur leur s plantations à cause des pluies acides.

S’agissant de l’eau en milieu volcanique, elle peut avoir des effets sur la santé si elle n’est pas traitée. Une étude très sérieuse réalisée par des chercheurs américains a montré que la population d’Ambrym au Vanuatu est exposée à la fluorose qui, comme son nom l’indique est due à un excès de fluor dans l’organisme. Cette pathologie se manifeste particulièrement au niveau des dents qui prennent une couleur marron. Selon les scientifiques, la fluorose dentaire à Ambrym est liée au dégazage du volcan dont les composés fluorés contaminent l’eau de pluie consommée par les habitants de la région. Des observations similaires ont été faites dans d’autres régions volcaniques comme celle du Kawah Ijen en Indonésie où le trop-plein du lac devient une petite rivière qui irrigue ensuite les cultures, de riz et de canne à sucre. Cette eau d’un pH de 3 à 4,5 et trop riche en fluorure est nocive pour la santé. On a remarqué que les populations autour du Kawah Ijen avaient les dents plus noires qu’ailleurs en Indonésie à cause de l’eau rejetée par le volcan.

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The scientific mission to Mount Michael on Sanders Island allowed scientists to make interesting observations on the volcanic environment. They had established their base camp on a snowfield at the base of the volcano and they believed they could melt this snow for their water needs. Unfortunately, acidity tests revealed that the water was not drinkable because the snow had been polluted by volcanic gases. They had to use the water produced by the desalinator on board the sailboat that allowed them to reach the island.
This situation experienced by the expedition should remind us that around a tenth of humanity lives within a radius of less than 100 km from an active volcano, with the risks that this entails. Water vapor, mixed with CO2 and SO2, constitutes more than 90% of a volcanic plume, without forgetting that lava also emits fluorine, chlorine and bromine, other acidic elements, as it approaches the surface.
What is observed on a small scale on Saunders Island is found in larger volcanic regions such as Hawaii Big Island where the gases emitted by Kilauea during an eruptive period generate a volcanic fog called vog which presents health risks. It is recommended that people suffering from respiratory problems avoid going out and engaging in physical activity. Horticulturists located under the vog plume observe damage to their plantations, due to acid rain.
Regarding water in a volcanic environment, it can have health effects if it is not treated. A very serious study carried out by American researchers has shown that the Ambrym population in Vanuatu is exposed to fluorosis which, as its name suggests, is due to excess fluoride in the body. This pathology particularly affects the teeth which take on a brown color. According to scientists, dental fluorosis in Ambrym is linked to degassing from the volcano, whose fluorinated compounds contaminate the rainwater consumed by residents. Similar observations have been made in other volcanic regions such as Kawah Ijen in Indonesia where the overflow from the lake becomes a small river which then irrigates crops of rice and sugar cane. This water with a pH of 3 to 4.5 and too rich in fluoride is harmful to health. It was noticed that the populations around Kawah Ijen had blacker teeth than elsewhere in Indonesia because of the water released by the volcano.

Panaches de vapeur et de gaz du Kilauea (Photos: C. Grandpey)

Le lac de lave de l’île Saunders (Iles Sandwich du Sud) / The lava lake on Saunders Island (South Sandwich Islands)

Dans deux notes publiées le 17 et le 25 août 2019, j’indiquais qu’un nouveau lac de lave avait été détecté par des satellites dans le cratère du Mont Michael, un stratovolcan actif coiffé d’un glacier sur l’île Saunders, l’une des île Sandwich du Sud, un arc volcanique dans l’Atlantique sud, résultat de la subduction de la plaque sud-américaine sous la plaque des Sandwich. Le volcan se trouve à environ 2 500 km environ à l’est d’Ushuaia (Argentine), localité elle-même située à proximité de la pointe méridionale de l’Amérique du Sud.

Source : NASA

Toutefois, les seules données thermiques étaient insuffisantes pour confirmer l’existence d’un lac de lave. Une vingtaine d’années plus tard, des cinéastes ont accompagné des scientifiques et des alpinistes lors de la première ascension du Mont Michael, un volcan situé sur l’île Saunders dans les îles Sandwich du Sud, et ont confirmé qu’il contenait bien un lac de lave.
L’équipe scientifique et cinématographique a tenté d’atteindre le sommet du Mont Michael en 2020, mais les mauvaises conditions météorologiques l’ont forcée à abandonner à mi-parcours.

Une nouvelle ascension a été couronnée de succès en novembre 2022. En plus de confirmer la présence d’un lac de lave, l’objectif de la mission était de collecter des données pour améliorer les modèles d’activité volcanique.
Dès le moment où l’équipe a pris la mer pour atteindre l’île, elle a rencontré une série d’obstacles qui ont menacé le succès de l’expédition. Traverser l’océan Austral jusqu’à l’île Saunders n’a pas été facile, mais l’expédition a été récompensée par la vue spectaculaire sur le volcan à l’arrivée sur l’île.

La plus grande difficulté a été la première ascension du Mont Michael, essentiellement à cause du froid et des conditions météorologiques défavorables. Les hommes ont finalement atteint le sommet, mais la visibilité était trop mauvaise pour distinguer le lac. Lors de la deuxième ascension, l’équipe a finalement pu observer le cratère du Mont Michael. Il était bien plus grand qu’ils ne l’avaient imaginé.

Au fond du trou béant, ils ont pu apercevoir le lac de lave, mais pas de leurs propres yeux. C’est l’écran de contrôle d’un drone envoyé au-dessus du cratère qui a révélé ce qui ressemblait plus à une mare qu’à un véritable lac de lave. Cela me rappelle la dernière expédition de Jean-Louis Etienne sur l’Erebus en Antarctique en 1993-1994. Il avait fallu que le photographe de l’équipe scientifique utilise un zoom très puissant pour obtenir une image du lac de lave dont la surface se trouvait à grande profondeur dans le cratère du volcan.
Source  : Live Science, Yahoo Actualités. Vous pourrez aussi lire un très intéressant reportage sur la dernière expédition dans le numéro de novembre 2023 du National Geographic France.

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Il est bon de rappeler que les lacs de lave apparaissent sur les volcans à conduit ouvert. Pour qu’un lac de lave se forme, la pression doit être assez forte pour pousser la lave jusqu’à la surface. Pour que le lac subsiste, la pression doit continuer à s’exercer. Le rapport entre la chaleur interne de la colonne de magma et le taux de refroidissement doit montrer un équilibre parfait pour maintenir la lave en fusion.

Plusieurs autres volcans sont censés héberger des lacs de lave permanents ou intermittents : Erebus (île de Ross, Antarctique), Erta Ale (Éthiopie), Nyiragongo (RDC), Ambrym (Vanuatu), Masaya (Nicaragua), Kilauea(Hawaï), Karthala (Comores), Ol Doinyo Lengai (Tanzanie), Villarriva (Chili), Turrialba (Costa Rica), Piton de la Fournaise (La Réunion). Toutefois, la présence de ces lacs de lave est aléatoire.
Le 13 mars 2020, j’ai écrit une note sur ce blog indiquant que très peu de volcans abritent actuellement des lacs de lave :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/03/13/les-lacs-de-lave-se-font-rares-sur-terre-very-few-lava-lakes-on-earth/

Photos: C. Grandpey

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In two posts released on August 17th and 25th, 2019, I indicated that a new lava lake had been detected by satellites in the crater of Mount Michael, an active and exceedingly remote glacier-clad stratovolcano on Saunders Island in the South Sandwich Islands, a volcanic arc in the South Atlantic Ocean which is the result of the subduction of the south American plate beneath the Sandwich plate.. The volcano is about 2,500 kilometres roughly east of Ushuaia, Argentina, near the southern tip of South America.

With nothing but thermal data, however, volcanologists were unable to confirm the existence of a lava lake. Two decades later, filmmakers followed scientists and mountaineers during the first ascent of Mount Michael, a volcano on Saunders Island in the South Sandwich Islands, and confirmed it contained the lake.

A team of explorers first tried to reach the summit of Mount Michael in 2020, but poor weather conditions forced them to abandon the effort halfway through. The successful ascent finally occurred in November 2022. Besides getting a glimpse of the lava lake, the mission’s objective was to collect data to improve models of volcanic activity.

From the moment the team set sail to reach the island, they encountered a series of obstacles that threatened the success of the expedition. Navigating across the Southern Ocean to Saunders Island was not easy, but the expedition was rewarded with the spectacular view of the volcano upon arrival.

The biggest challenge was the initial climb up Mount Michael, essentially because of the cold and adverse weather conditins. The explorers eventually reached the summit, but visibility was too poor to make out the lake. On a second ascent, the team finally glimpsed Mount Michael’s crater. It was much bigger than they had imagined.

At the bottom of the gaping hole, they were able to see the lava lake, but not with their own eyes. It was the control screen of a drone sent above the crater which revealed what looked more like a pool than a real lava lake. This reminds me of Jean-Louis Etienne’s last expedition to Mount Erebus in Antarctica (1993-1994). The scientific team’s photographer had to use a very powerful telezoom to obtain an image of the lava lake whose surface was at great depth at the bottom of the crater.

Source : Live Science, Yahoo News.

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It is worth remembering that lava lakes appear on open conduit volcanoes. For a lava lake to form, the pressure must be strong enough to push the lava to the surface. For the lake to survive, the pressure must continue to be exerted. The ratio between the internal heat of the magma column and the cooling rate must show a perfect balance to keep the lava molten.

Several other volcanoes may harbour permanent or intermitent lava lakes : Erebus (Ross Island, Antarctica), Erta Ale (Ethiopia), Nyiragongo (DRC), Ambrym (Vanuatu), Masaya (Nicaragua), Kilauea(Hawaii), Karthala (Comoros), Ol Doinyo Lengai (Tanzania), Villarriva (Chile), Turrialba (Costa Rica), Piton de la Fournaise (Reunion Island). However, the presence of these lava lakes is random.

On March 13th, 2020, I wrote a post indicating that very few volcanoes currently harbour lava lakes :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/03/13/les-lacs-de-lave-se-font-rares-sur-terre-very-few-lava-lakes-on-earth/

Et si une éruption se produisait à côté de la centrale de Svartsengi ? // What if an eruption occurred close to the Svartsengi power plant ?

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un séisme de M 4,2 a frappé la péninsule de Reykjanes le 30 octobre 2023, à 6 km de profondeur. L’événement a été ressenti dans de nombreux endroits, y compris à Reykjavik. L’épicentre se trouvait à Sýlingarfell, à environ trois kilomètres à l’est du Blue Lagoon, et donc très proche de la centrale électrique de Svartsengi.
Dans la matinée du 31 octobre 2023, un essaim sismique a été enregistré à Þorbjörn. Il a duré près de 2 heures et a été d’une intensité exceptionnelle. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M3,7. L’épicentre se trouvait juste à l’est du centre du soulèvement du sol observé ces derniers jours. La profondeur des séismes a été estimée entre 5 et 1,5 km.
Le Met Office islandais (IMO) explique que l’essaim sismique est un signe évident du mouvement du magma en profondeur. L’IMO cherche à déterminer si l’activité micro-sismique se rapproche de la surface, ce qui pourrait être le signe que le magma se fraye un chemin à travers la croûte terrestre. À l’heure actuelle, rien n’indique que l’activité sismique se rapproche de la surface, mais la situation peut changer rapidement.

Avec ces nouvelles inquiétantes, beaucoup de gens se demandent ce qu’il adviendrait de l’approvisionnement en électricité et en eau chaude dans le sud de l’Islande si une éruption mettait à l’arrêt la centrale électrique. Selon le ministre des Infrastructures, il est difficile de réagir à une situation où le fonctionnement des infrastructures est perturbé par l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes. Il n’existe pas de source de chaleur alternative dans le sud de l’Islande, et c’est le même cas pour les autres centrales électriques du pays.
C’est pourquoi le soulèvement du sol à Svartsengi est très inquiétant et il existe un risque réel de pénurie d’électricité et d’eau chaude en cas de catastrophe. Le ministre a déclaré : «Bien sûr, la situation a été analysée par un groupe de gestionnaires d’infrastructures sous la direction de la Première ministre. Bien sûr, la situation est telle que dans le pire des cas, si une éruption avait lieu à proximité de la centrale électrique de Svartsengi, il serait alors très difficile de réagir. […] Nous vivons en Islande et nous ne pouvons pas contrôler les forces naturelles. Nous pouvons essayer de réagir le mieux possible, mais il nous est impossible de disposer de tous les dispositifs et autres gadgets pour faire face à tous les événements qui peuvent survenir en Islande. »
Une solution serait d’évaluer les problèmes d’approvisionnement en chaleur dans d’autres endroits que la péninsule de Reykjanes. Un rapport préparé par le ministère de l’Énergie et du Changement climatique a montré que dans de nombreuses régions du pays, il faudrait accroître l’approvisionnement en chaleur.
Source  : Office météorologique islandais, Iceland Monitor.

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As I put it in a previous post, an M 4.2 earthquake hit the Reykjanes peninsula on October 30th, 2023, at a depth of 6 km. It was felt in many places, including in the capital area. The epicenter of the earthquake was at Sýlingarfell, about three kilometers east of the Blue Lagoon, and therefore closer to the power plant in Svartsengi.

In the morning of October 31st, 2023, a seismic swarm began at Þorbjörn, which lasted for almost 2 hours and was exceptionally intense. The largest event in the swarm measured M3.7. The center of the activity was just east of the centre of the uplift observed in recent days. The depth of the quakes was estimated between 5 and 1.5 km.

The Icelandic Met Office (IMO) says that the seismic swarm is a clear sign of magma movements at depth. The IMO is looking to see if micro-seismic activity increases closer to the surface, which could be a sign that magma is breaking its way through the earth´s crust. Presently, there are no signs that earthquake activity is becoming shallower. However, the situation could change quickly.

With these worrisome pieces of news, many people wonder what would happen to the electricity and hot water supply in South Iceland if an eruption brought the power station to a halt. According to the Minister of Infrastructure, it is difficult to respond to a situation where infrastructure is deterred by volcanic activity on the Reykjanes peninsula. There is no alternate heat source for the South Iceland peninsula, like is the case with powerplants in the country.

Therefore, the landrising at Svartsengi is alarming and risks depleted electricity and hot water in the event of a disaster. Said the Minister : “Of course, the situation has been analysed by a group of infrastructure managers under the Prime Minister. Of course, the situation is such that in worst case scenarios, near Svartsengi powerplant, then it will be very difficult to respond to that. […] We live in Iceland and we can’t control the natural forces. We can try to react as much as possible, but it is impossible for us to have all the possible response devices and gadgets for all the possible events that can occur in Iceland”

A solution would be to evaluate, heat-supply issues in more places than on Reykjanes peninsula. A report prepared by the Ministry of Energy and Climate Change has shown that in too many places around the country heat-supply needs to be ramped up.

Source : Icelandic Met Office, Iceland Monitor.

Photos: C. Grandpey