1er avril 2026 : Hawaï n’oublie pas le tsunami de 1946 // April 1st, 2026 : Hawaii remembers the 1946 tsunami

Cette année à Hawaï, en ce 1er avril 2026, le test mensuel du système d’alerte par sirène coïncide avec le 80ème anniversaire du tsunami de 1946 qui a frappé les îles hawaïennes, causant la mort de 158 personnes.
Le 1er avril 1946, Hilo et la côte environnante furent frappées par le tsunami le plus dévastateur de l’histoire moderne d’Hawaï. Le raz-de -marée fut déclenché par un séisme de magnitude M7,4 (bien que certains scientifiques l’estiment aujourd’hui plus proche de M8,5) survenu au milieu de la nuit au large des côtes de l’Alaska. Moins de cinq heures plus tard, des vagues monstrueuses en provenance des îles Aléoutiennes, déferlèrent sur l’État d’Hawaï.

L’USGS précise que, historiquement, deux tsunamis se sont produits durant la première semaine d’avril. Le premier eut lieu le 2 avril 1868 ; il fut provoqué par le puissant séisme qui se produisit ce jour-là près de Pahala. Le séisme de 1868 est estimé à une magnitude d’environ M8,0. 46 personnes ont péri et plusieurs villages hawaïens ont été entièrement détruits par le tsunami qui a suivi. Des témoins oculaires ont estimé la hauteur de la vague entre 7 et 9 mètres.

Plus récemment, le 1er avril 1946, un tsunami provoqué par un important séisme dans les îles Aléoutiennes a causé de graves dégâts à Hawaï.

Un tsunami se caractérise généralement par une succession de vagues qui viennent submerger le rivage. Entre les vagues, généralement espacées de 12 à 20 minutes, le niveau de l’eau baisse et découvre les fonds marins. Souvent, le premier signe de l’arrivée d’un tsunami est un retrait soudain de l’eau du rivage.
En 1946, chacune des huit premières vagues a atteint sa hauteur maximale à des endroits différents. De plus, la première vague n’est pas nécessairement la plus importante. Il est déconseillé de retourner dans les zones côtières basses évacuées avant que toutes les vagues ne soient passées. Les vagues ont atteint une hauteur maximale de 16 mètres au-dessus du niveau de la mer près de l’embouchure de la vallée de Pololu et de 8 mètres à Hilo. À Kaua’i, la hauteur maximale de la vague était de 13 mètres ; à O’ahu, de 9 mètres ; à Moloka’i, de 16 mètres ; et à Maui, de 10 mètres. Dans tous les cas, l’eau a atteint sa hauteur maximale sur la côte nord. À Hawaï, 124 personnes ont péri et près de 600 maisons ont été détruites ou endommagées. Ailleurs dans l’archipel, 38 autres personnes ont trouvé la mort et environ 800 maisons ont été détruites ou endommagées.

Un autre tsunami dévastateur a frappé l’archipel hawaïen le 23 mai 1960. Il a été provoqué par le séisme de Valdivia, de magnitude M9,5, survenu le long des côtes chiliennes. Il s’agit de la plus forte magnitude jamais enregistrée. Ce tsunami a causé peu de dégâts ailleurs dans l’archipel, mais la baie de Hilo a été durement touchée. 61 personnes ont perdu la vie et environ 540 maisons et commerces ont été détruits ou gravement endommagés. Dans la baie d’Hilo, la hauteur des vagues a atteint 10 mètres, contre seulement 1 à 5 mètres ailleurs.

Comme le montrent ces exemples, deux types de tsunamis ont causé des dégâts à Hawaï : ceux générés par de grands séismes lointains et ceux générés par des séismes locaux. Aujourd’hui, les tsunamis générés par des séismes lointains sont suivis par le Tsunami Warning Center (TWC), le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, situé à Oahu. Le délai minimal entre le séisme et l’arrivée du tsunami à Hawaï est d’environ 4,5 heures pour les séismes dont : l’épicentre se situe dans le centre des îles Aléoutiennes. Les tsunamis générés par des séismes ailleurs dans le Pacifique peuvent mettre jusqu’à 15 heures pour arriver à Hawaï, notamment pour ceux d’Amérique du Sud. Ces délais sont suffisants pour émettre des alertes et évacuer les zones basses des îles. En revanche, les tsunamis générés par des séismes locaux peuvent survenir très rapidement. Bien que seuls quelques séismes locaux aient été suffisamment puissants pour générer un tsunami au cours de l’histoire, ceux de magnitude M8,0 en 1868 et de magnitude M7,2 en 1975 ont provoqué des tsunamis dévastateurs.

Illustration de la vitesse de propagation des vagues d’un tsunami (Source : TWC)

Avec la croissance démographique sur le littoral hawaïen, tout tsunami d’origine locale représente une sérieuse menace pour les vies et les biens. En raison du court laps de temps (quelques minutes seulement à proximité de l’épicentre) entre un séisme local et le tsunami qu’il peut engendrer, il est peu probable que des alertes adéquates permettant une évacuation ordonnée soient émises. La meilleure solution pour les habitants qui ressentent le séisme est de se réfugier immédiatement sur des points hauts s’ils se trouvent près de la côte, en zone basse. Les pages de la Protection Civile dans l’annuaire téléphonique contiennent des cartes des zones côtières de l’île d(Hawaï indiquant les zones inondables par un tsunami et les itinéraires d’évacuation.

Source : USGS.

Photo: C. Grandpey

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This year in Hawaii, on April 1st, 2026, the monthly all-hazard siren system test aligns with the 80th anniversary of the devastating 1946 tsunami that struck the Hawaiian Islands, leading to the tragic loss of over 100 lives.

On April Foolʻs Day 1946, Hilo and the surrounding coast were hit by the most devastating tsunami in Hawaiʻi’s modern history. The death toll was 158. The tsunami was triggered by an M7.4 earthquake (although some scientists now say it was closer to M8.5) that happened in the middle of the night off the Alaskan coast. Less than five hours later, the monster waves rolled in from the Aleutian Islands, surprising the State of Hawaiʻi.

The USGS specifies that in historical times, two tsunamis occurred during the first week of April. The first of these occurred on April 2, 1868 ; it resulted from the great earthquake that took place that day near Pahala. The 1868 event is estimated to have had a magnitude of about M8.0. Reports indicate that 46 people were killed and several entire Hawaiian villages were destroyed by the tsunami generated from the earthquake. Eyewitnesses estimated that the wave was 7 to 9 meters high.

More recently, on April 1, 1946, a tsunami generated from a large earthquake in the Aleutian Islands caused severe damage in Hawai`i. There is usually a succession of waves during a tsunami, with each crest flooding the shore. Between the crests, which are commonly 12-20 minutes apart, the water level drops and exposes the shallow sea floor. Often, the first indication of the arrival of a tsunami is a sudden withdrawal of water from the shore.

In 1946, each of the first eight wave crests was largest at one place or another; thus, the first wave is not necessarily the largest. One should not return to evacuated low-lying coastal areas until the entire wave series has arrived. The waves reached a maximum height above sea level of 16 meters near the mouth of Pololu valley and of 8 meters at Hilo. On Kaua`i, the maximum height of the wave was 13 meters; on O`ahu, 9 meters; on Moloka`i, 16 meters; and on Maui, 10 meters. In all cases, the water reached its maximum height on the north shore. On Hawai`i, 124 people were killed and almost 600 homes destroyed or damaged. Elsewhere in the islands, 38 additional people were killed and about 800 homes were destroyed or damaged.

Another damaging tsunami hit the islands on May 23, 1960. It was generated by the M9.5 Valdivia earthquake along the coast of Chile. Ite margest magnitude ever recorded. This tsunami caused little damage elsewhere in the islands but the Hilo Bay area was hard hit. 61 people lost their lives and about 540 homes and businesses were destroyed or severely damaged. The wave heights in Hilo Bay reached 10 meters compared to only 1-5 meters elsewhere.

As these examples demonstrate, there are two classes of tsunami that have caused damage in Hawaii: those generated by large, distant earthquakes and those generated by local earthquakes. Today, tsunami generated by distant earthquakes are tracked by the Pacific Tsunami Warning Center on O`ahu. The minimum elapsed time between the earthquake and the arrival of the tsunami in Hawaii is about 4.5 hours for earthquakes in the central Aleutian Islands. Tsunami generated by earthquakes elsewhere around the rim of the Pacific Ocean have elapsed times of as long as 15 hours (for those from South America). These times are adequate to issue warnings and evacuate low-lying areas on the islands. However, tsunami generated by local earthquakes may have extremely short time periods between the earthquake and the tsunami. Although only a few local earthquakes have been large enough to generate tsunami during historical times, the M8.0 event in1868 and the M7.2 in1975 produced tsunami that were large enough to kill people.

With the increasing population along the coastlines of Hawaii, any future locally-generated tsunami pose an even greater threat to life and property. Because of the short time period (as little as a few minutes if you are near the earthquake epicenter) between a local earthquake and a tsunami it could generate, it is unlikely that adequate warnings of orderly evacuation can occur. The best solution for residents who feel the earthquake is to immediately move to higher ground if they are near the coast at low elevation. The Civil Defense pages in the phone book include maps of coastal areas around the island showing the areas where tsunami inundation can occur and the evacuation routes to use.

Source : USGS.

Exploiter le Groenland ? Pas si facile que ça ! // Exploiting Greenland? Not so easy!

Donald Trump a toujours évoqué la possibilité d’une annexion du Groenland. Il a insisté sur le fait que les États-Unis contrôleraient l’île, actuellement territoire autonome du Danemark, et que si ses propositions étaient rejetées, il pourrait s’emparer du Groenland par la force, ou, comme l’a suggéré le secrétaire d’État Marco Rubio aux membres du Congrès le 6 janvier 2026, il pourrait carrément l’acheter.
Lors d’une audition au Congrès en 2025, l’importance du Groenland pour les États-Unis a été largement débattue. Les sénateurs et les experts ont beaucoup parlé de la position stratégique de l’île et de l’importance de ses ressources naturelles : minéraux critiques, combustibles fossiles et énergie hydroélectrique. Toutefois, personne n’a mentionné les dangers, dont beaucoup sont exacerbés par le réchauffement climatique, auxquels ceux qui convoitent l’île seront inévitablement confrontés. Ils devraient se souvenir que le climat arctique évolue au Groenland plus rapidement que partout ailleurs sur Terre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de pilotes militaires américains, désorientés par un épais brouillard et à court de carburant, se sont écrasés sur la calotte glaciaire. Aujourd’hui amplifiés par le réchauffement climatique, les risques naturels rendent l’extraction des ressources et les activités militaires au Groenland incertaines, coûteuses et potentiellement mortelles.
Le littoral groenlandais est sujet aux éboulements. Ce danger provient du fait que la côte est une zone habitée où la roche n’est pas recouverte par la calotte glaciaire. Par endroits, cette roche renferme des minéraux essentiels, comme l’or, ainsi que d’autres métaux rares utilisés dans la technologie, notamment pour les circuits imprimés et les batteries de véhicules électriques. Aujourd’hui, la glace ayant fondu, les parois quasi verticales des vallées ne sont plus soutenues et s’effondrent. En 2017, un pan de montagne du nord-ouest du Groenland s’est effondré de 900 mètres dans les eaux profondes du fjord en contrebas. Quelques instants plus tard, la vague provoquée par cet éboulement a engendré un tsunami qui a submergé les villages de Nuugaatsiaq et d’Illorsuit. L’eau, chargée de blocs de glace, a arraché des maisons de leurs fondations tandis que les habitants et leurs chiens de traîneau fuyaient pour sauver leur vie. À la fin de la catastrophe, on a dénombré quatre morts et les deux villages étaient détruits.

En 2023, un autre glissement de terrain a déclenché un tsunami qui a déferlé pendant neuf jours dans un fjord du Groenland.
Il n’existe aucun réseau routier digne de ce nom au Groenland. Le seul moyen envisageable de transporter du matériel lourd, des minéraux et des combustibles fossiles sera la voie maritime. Les quais, les mines et les bâtiments situés à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer seront vulnérables aux tsunamis provoqués par les glissements de terrain.
Le réchauffement climatique accélère la fonte des glaces du Groenland. Cette fonte menace les infrastructures de l’île et le mode de vie des populations autochtones, qui, au fil des millénaires, ont adapté leurs systèmes de transport et d’alimentation à la présence de neige et de glace. Des inondations record, alimentées par la fonte de la calotte glaciaire, ont récemment emporté des ponts qui existaient depuis un demi-siècle. Les icebergs du Groenland menacent les plateformes pétrolières. Le réchauffement climatique accélère la marche en avant des glaciers groenlandais, provoquant le vêlage d’un nombre croissant d’icebergs dans l’océan. Certains dérivent vers le Canada, mettant en danger les plateformes pétrolières canadiennes. Des navires sont en faction, prêts à remorquer les icebergs menaçants.
La fonte des glaces du Groenland et l’écoulement de l’eau dans l’océan entraînent une modification du niveau de la mer, parfois contre-intuitif. Au large de l’île, le niveau de la mer s’élève d’environ 2,5 centimètres tous les six ans. Mais près de la calotte glaciaire, c’est la terre ferme qui s’élève. Libérée du poids de la glace, le substrat rocheux sous le Groenland subit un rebond isostatique, un phénomène déjà observé en Islande. Cette élévation du sol est rapide, près de 2 mètres par siècle. Bientôt, de nombreux ports du Groenland pourraient devenir trop peu profonds pour accueillir des navires.

L’histoire montre que par le passé de nombreuses entreprises militaires au Groenland ont échoué faute d’avoir tenu compte du climat rigoureux et de la dynamique de la calotte glaciaire. Les bases américaines construites à l’intérieur de la calotte glaciaire, comme Camp Century, ont rapidement été détruites par la déformation de la neige qui les enveloppait. Les exigences actuelles de Trump, qui souhaite que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland pour exploiter ses ressources, pourraient, elles aussi, s’avérer une vision à court terme.
Source : The Conversation.

Entrée de Camp Century (Crédit photo: Wikipedia)

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Donald Trump has always talked about taking over Greenland. He has insisted that the U.S. will control the island, currently an autonomous territory of Denmark, and that if his overtures are rejected he will perhaps seize Greenland by force, or, as Secretary of State Marco Rubio reportedly suggested to members of Congress on January 6, 2026, buy the island.

During a Congress hearing in 2025, there was a lot of talk about Greenland’s importance to the U.S. Senators and experts focused on the island’s strategic value and its natural resources: critical minerals, fossil fuels and hydropower. No one mentioned the hazards, many of them exacerbated by global warming, that those longing to exploit the island will inevitably encounter. They should remember that the Arctic’s climate is changing more rapidly than anywhere on Earth. During World War II, dozens of U.S. military pilots, disoriented by thick fog and running out of fuel, crashed onto the ice sheet. Now amplified by climate change, natural hazards make resource extraction and military endeavors in Greenland uncertain, expensive and potentially deadly.

Greenland’s coastal landscape is prone to rockslides. The hazard arises because the coast is where people live and where rock isn’t hidden under the ice sheet. In some places, that rock contains critical minerals, such as gold, as well as other rare metals used for technology, including for circuit boards and electrical vehicle batteries. The unstable slopes reflect how the ice sheet eroded the deep fjords when it was larger. Now that the ice has melted, nothing buttresses the near-vertical valley walls, and so, they collapse. In 2017, a northwestern Greenland mountainside fell 900 meters into the deep waters of the fjord below. Moments later, the wave that rockfall generated a tsunami that washed over the nearby villages of Nuugaatsiaq and Illorsuit. The water, laden with icebergs and sea ice, ripped homes from their foundations as people and sled dogs ran for their lives. By the time it was over, four people were dead and both villages lay in ruin. In 2023, another rockslide triggered a tsunami that sloshed back and forth for nine days in a Greenland fjord.

There’s no network of paved roads across Greenland. The only feasible way to move heavy equipment, minerals and fossil fuels would be by sea. Docks, mines and buildings within tens of meters of sea level would be vulnerable to rockslide-induced tsunamis.

Global warming is speeding the melting of Greenland’s ice. That melting is threatening the island’s infrastructure and the lifestyles of native people, who over millennia have adapted their transportation and food systems to the presence of snow and ice. Record floods, fed by the melting of the ice sheet, have recently swept away bridges that stood for half a century.

Greenland’s icebergs can threaten oil rigs. As the warming climate speeds the flow of Greenland’s glaciers, they calve more icebergs in the ocean. The problem is worse close to Greenland, but some icebergs drift toward Canada, endangering oil rigs there. Ships stand guard, ready to tow threatening icebergs away.

As Greenland’s ice melts and water flows into the ocean, sea level changes, but in ways that might not be intuitive. Away from the island, sea level is rising about 2.5 centimeters each six years. But close to the ice sheet, it’s the land that’s rising. Gradually freed of the weight of its ice, the rock beneath Greenland , rebounds in a phenomenon called isostatic rebound, already observed in Iceland. That rise is rapid – nearly 2 meters per century. Soon, many harbors in Greenland may become too shallow for ship traffic.

History clearly shows that many past military and colonial endeavors failed in Greenland because they showed little consideration of the island’s harsh climate and dynamic ice sheet. American bases built inside the ice sheet, such as Camp Century, were quickly crushed as the encasing snow deformed. Trump’s demands today for American control of the island to exploit its resources might similarly be shortsighted.

Source : The Conversation.

https://theconversation.com

Stromboli n’oublie pas… // Stromboli hasn’t forgotten…

Ce soir à Stromboli, comme le veut la tradition, les guides accompagneront les quelques touristes présents jusqu’à l’altitude maximale autorisée pour porter un toast à la nouvelle année, avec le feu d’artifice naturel proposé par le volcan. L’activité – strombolienne, bien sûr – se caractérise actuellement par des projections de matériaux au niveau de la zone cratèrique Nord. La petite coulée de lave observée ces derniers jours n’est plus alimentée.

La soirée du 31 décembre 2025 sera aussi l’occasion de se souvenir du tsunami qui a frappé les côtes le 30 décembre 2002, il y a 23 ans, suite à un important glissement de terrain sur la Sciara del Fuoco. Les vagues de ce tsunami ont également atteint les îles voisines ainsi que les côtes siciliennes et calabraises. Il y a eu des dégâts matériels importants, mais heureusement, aucune victime.
Depuis cette époque, beaucoup de choses ont changé et des mesures ont été prises avec des systèmes innovants capables d’alerter rapidement la population de l’île et les zones côtières potentiellement menacées par un tel événement.
Grâce au système Salt Eolie, unique en son genre en Europe, Stromboli est devenue plus sûre. Il s’agit d’un système d’alerte par sirènes diffusant une série de signaux sonores, alternant avec des annonces vocales en plusieurs langues. Ce système permet de communiquer clairement à la population la nature précise de l’alerte, qu’il s’agisse d’un tsunami ou d’une éruption paroxystique.
En juin 2025, Salt Eolie a été intégré au système national de surveillance géré par la Direction nationale de la protection civile (DPC). Cette intégration permet une chaîne d’alerte entièrement automatisée.

On attend un test grandeur nature, en espérant que tout ira bien…
Source : La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

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Tonight at Stromboli, as the tradition goes, the guides will accompany the few tourists present to the maximum permitted altitude to toast the New Year with the volcano’s natural fireworks display. The activity—Strombolian, of course—is currently characterized by the ejection of material from the northern crater area. The small lava flow observed in recent days is no longer fed.
The evening of December 31, 2025, will also be an opportunity to remember the tsunami that struck the coast on December 30, 2002, 23 years ago, following a major landslide on the Sciara del Fuoco. The waves of this tsunami also reached the neighboring islands as well as the Sicilian and Calabrian coasts. There was significant material damage, but fortunately, no casualties.
Since then, much has changed, and measures have been implemented with innovative systems capable of quickly alerting the island’s population and coastal areas potentially threatened by such an event.
Thanks to the Salt Eolie system, unique in Europe, Stromboli has become safer. This siren-based warning system broadcasts a series of audible signals, alternating with voice announcements in several languages. This system clearly communicates the precise nature of the alert to the population, whether it be a tsunami or a paroxysmal eruption.
In June 2025, Salt Eolie was integrated into the national monitoring system managed by the National Department of Civil Protection (DPC). This integration enables a fully automated alert chain.

A full-scale test is awaited, with hopes that everything will go smoothly…
Source: La Sicilia.

Câbles à fibre optique et vêlage des glaciers // Fiber optic cables and glacier calving

Pour le grand public, les câbles à fibre optique représentent avant tout la technologie qui achemine Internet au domicile. En réalité, ces câbles ont bien d’autres applications. Ils sont notamment capables de détecter les signaux du milieu environnant. Une technologie, la détection acoustique distribuée (DAS), est si sensible qu’elle pourrait même, dans les années à venir, avertir de l’imminence d’un séisme. La DAS permet de détecter des signaux de contrainte de fréquence acoustique, tout au long d’un tronçon de fibre (d’où le qualificatif de « distribuée »), par opposition à un sismomètre classique qui donne une mesure ponctuelle.
Des chercheurs ont récemment posé un câble à fibre optique sur le plancher océanique près d’un glacier du Groenland. La technique a révélé avec une précision inédite ce qui se passe lors d’un vêlage, lorsque des blocs de glace s’effondrent dans l’océan. Cela pourrait permettre de mieux comprendre les processus à l’origine de la détérioration rapide de la calotte glaciaire du Groenland.
Avant même que l’homme ne commence à modifier le climat, les glaciers du Groenland vêlaient naturellement. Lorsque les températures étaient plus basses, la calotte glaciaire se régénérait rapidement grâce aux chutes de neige.

Photo : C. Grandpey

Aujourd’hui, avec la hausse des températures, la fonte des glaces augmente la quantité d’eau de fonte qui s’écoule sous les glaciers, les lubrifie et accélère leur vitesse de progression. En conséquence, le Groenland perd désormais beaucoup plus de glace qu’il n’en régénère.
Le problème est que la plupart des modèles scientifiques sous-estiment la quantité de glace qui fond à l’endroit où les glaciers groenlandais sont en contact avec les fonds marins. Cela n’est pas dû à un manque d’efforts de la part des glaciologues ; il est surtout trop dangereux de s’approcher d’un vêlage pour recueillir des données.
C’est pour cela que les chercheurs ont tendu 10 kilomètres de câble à fibre optique parallèlement au front de vêlage d’un glacier dans un fjord du sud du Groenland . Chaque fois que le glacier se fracture et laisse tomber de la glace dans l’eau, il « pince » le câble, un peu comme un guitariste qui pince une corde. Ces vibrations diffusent la lumière à l’intérieur de la fibre optique vers deux « récepteurs » sur terre, alimentés par des panneaux solaires et des batteries. L’un d’eux traite les données DAS, là où l’acoustique se propage dans l’eau, tandis que l’autre détermine les variations de température dans le fjord.
Lors d’un vêlage, un mur d’eau s’éloigne du front du glacier, mais le système DAS est également en mesure de détecter le mouvement de l’eau sous la surface. Des vagues, parfois gigantesques, s’agitent le long du câble sous-marin, soulevant et abaissant l’interface entre les eaux froides de surface et les eaux chaudes profondes.

Vêlage du glacier Sawyer en Alaska (Vidéo : C. Grandpey) :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY

En général, l’eau plus chaude et plus salée plonge vers le fond car elle est plus dense, tandis que l’eau plus froide et plus douce issue de la fonte du glacier reste à la surface. Cette eau froide forme également une sorte de couche isolante au bord du glacier, empêchant la fonte de se poursuivre. Or, le câble à fibre optique montre que lorsqu’un pan de glace tombe dans le fjord, il fait remonter les eaux plus chaudes à la surface et perturbe la couche isolante, ce qui favorise la fonte du glacier. De plus, à mesure que l’iceberg s’éloigne du glacier, il brasse encore plus d’eau, un peu comme un bateau qui crée son propre sillage, phénomène invisible sous la surface.
Contrairement aux scientifiques qui naviguent autour d’un front de vêlage, les câbles à fibre optique collectent de nombreuses données, sans danger pour l’homme. Les chercheurs n’ont pu exploiter leur câble que pendant trois semaines, mais ils prévoient de mener d’autres études en utilisant des relevés à des échelles de temps beaucoup plus longues, afin de surveiller l’évolution du vêlage tout au long de l’année. S’ils parviennent à déployer davantage de câbles près des zones habitées le long des côtes du Groenland, ils pourraient même concevoir un système d’alerte précoce pour les tsunamis provoqués par le vêlage des glaciers.
Source : Grist via Yahoo News.

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For the general public, fiber optic cables are above all known as the technology that brings the Internet to their homes. Actually, the cables have many more applications. In particular, they are able to detect signals from the surrounding environment: Known as distributed acoustic sensing, or DAS, the technology is so sensitive that it may one day in the coming years even warn you of an impending earthquake.

Today, researchers have laid a fiber optic cable on the seafloor near a glacier in Greenland, revealing in unprecedented detail what happens during a calving event, when chunks of ice drop into the ocean. That, in turn, could help better understand the hidden processes driving the rapid deterioration of the island’s ice sheet.

Even before humans started changing the climate, Greenland’s glaciers were calving naturally. When temperatures were lower, the ice sheet was also readily regenerating as snow fell.

As temperatures have climbed, more melting is creating more meltwater, which flows underneath glaciers, lubricating them and accelerating their speed. Accordingly, Greenland now sheds much more ice than it regenerates.

The challenge is that most models underestimate the amount of ice melting where Greenland’s glaciers touch the sea. This is not due to a lack of effort from glaciologists ; it’s just extremely dangerous to get up close to massive chunks of falling ice to collect data.

Taking a different aproach in a fjord in south Greenland, researchers strung 10 kilometers of cable parallel to a glacier’s “calving front.” Whenever the glacier fractured, or dropped ice into the water, it “plucked” the cable, like a guitarist plucking a string. These vibrations scattered light in the fiber optics back to two “interrogator” devices, powered by solar panels and batteries, on land. One of these handled the DAS data, or the acoustics propagating through the water, while the other determined temperature changes in the fjord.

During a calving event, a wall of water rushes away from the ice. But the DAS system also picked up a hidden movement of water beneath the surface, as the waves, which can be huge, pulsed across the seafloor cable, raising and lowering the interface between cold surface waters and warm deep waters.

Typically, warmer, saltier water sinks to the bottom because it is denser, while colder, fresher water from glacial melt sits at the surface. The latter also forms a sort of insulating layer at the edge of the glacier, preventing more melting. But the fiber optic cable shows that as an iceberg drop into the fjord, it stirs those warmer waters to the surface and disturbs the insulating layer, thus encouraging more melting of the glacier. And as the iceberg drift away from the glacier, it stirs still more water, like a boat creating its own wake, but invisible under the surface.

In contrast to scientists boating around a calving front, fiber optic cables cheaply, safely, and passively collect a lot of of data. The researchers were only able to operate their cable for three weeks, but they plan to do further studies that use readings from much longer timescales, monitoring how calving changes throughout the year. If they’re able to deploy more cables near Greenland’s coastal cities, they might even be able to design an early-warning system for ice-induced tsunamis.

Source : Grist via Yahoo News.