Holuhraun (Islande): Les effets de l’éruption // The aftermath of the eruption

drapeau francaisMaintenant que l’éruption dans l’Holuhraun est terminée, il est intéressant de voir les effets qu’elle a pu avoir, et qu’elle aura, sur les personnes et l’environnement.

L’Agence Islandaise pour l’Environnement a révélé que la pollution de l’air par les gaz volcaniques a été supérieure à la limite sanitaire admise pendant 107 heures à Höfn, dans le sud-est de l’Islande. Les habitants de Höfn ont subi la pollution de l’air pendant plus d’heures que toutes les autres localités du pays. Le niveau de dioxyde de soufre (SO2) enregistré dans une zone habitée atteignait 21 000 ug / m3 à la fin du mois d’octobre. Lorsque le niveau est supérieur à 2,000 ug / m3 – qui a été enregistré à travers le pays – des alertes sont émises et il est demandé aux habitants de rester à l’intérieur avec les fenêtres fermées. Une concentration horaire de 350 ug / m3 est la limite autorisée pour la protection de la santé humaine en Islande.

Le SO2 émis par l’éruption dans l’Holuhraun s’élevait en moyenne à 20 000 – 60 000 tonnes par jour. Il s’agit de l’éruption avec la plus forte émission de gaz en Islande depuis le 18ème siècle. En comparaison, le total des émissions de SO2 par tous les états membres de l’Union Européenne est estimé à 14 000 tonnes par jour.

Le nouveau champ de lave continue à dégazer et la concentration de gaz volcaniques sur le site de l’éruption a atteint des niveaux mortels une semaine après la fin de l’éruption au début du mois de mars. Les touristes peuvent maintenant s’approcher à une vingtaine de mètres de la nouvelle lave, mais aller plus avant reste dangereux et interdit.

L’effet de la pollution sur la végétation, les lacs et les rivières est encore inconnu. Les échantillons prélevés dans toutes les régions ont indiqué que la neige a été acidifiée par les gaz volcaniques. La pollution atteindra probablement son niveau maximal immédiatement après le dégel du printemps, mais ce ne sera probablement pas un problème durable. Quand viendra l’été, les fermiers pourront probablement laisser sortir les moutons et les envoyer vers les hauts plateaux, comme c’est la tradition en Islande. Les randonneurs pourront recommencer à boire l’eau de ruisseaux.

Source: Iceland Review.

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drapeau anglaisNow that the eruption in Holuhraun is over, it is important to see what effects it had, and will have, on people and the environment.

The Environment Agency has revealed that the air pollution caused by volcanic gases was above the health protection limit for a total of 107 hours in Höfni n Southeast Iceland. Inhabitants in Höfn were subject to air pollution for more hours than in any other community in the country. Sulphur dioxide (SO2) picked up in an inhabited area 21,000 µg/m3, in late October. At levels above 2,000 µg/m3—which have been recorded across the country—warnings are issued and people advised to stay inside with the windows closed. An hourly concentration of 350 µg/m3 is the  limit for the protection of human health in Iceland.

The SO2 emitted by the eruption amounted to 20,000 – 60,000 tons per day, which makes Holuhraun the most gas-intensive eruption in Iceland since the 18th century. For comparison, the total SO2 emission by all European Union member states is 14,000 tons per day.

The new lava field is still degassing and volcanic gas concentration at the eruption site reached fatal levels one week after the eruption ended in early March. Tourists can now travel within 20 metres of the new lava but traversing the lava remains dangerous and is still forbidden.

The effect of the pollution on vegetation, lakes and rivers is still unknown. Samples taken in all regions have indicated that snow has turned acidic as a result of the volcanic gases. Pollution levels are likely to peak immediately after spring thaw but that it won’t probably be a lasting problem. When summer comes, it will probably be safe to release sheep to the highlands, as is customary in Iceland, and for hikers to drink water from brooks.

Source: Iceland Review.

Holuhraun-blog

La fracture quelques jours après la fin de l’éruption  (Crédit photo:  Met Office islandais).

Les gaz de l’éruption islandaise // The gases of the Icelandic eruption

drapeau francaisCela fait maintenant plus de cinq mois que les météorologues islandais et le Scientific Advisory Board (conseil consultatif scientifique) diffusent des mises à jour quotidiennes sur le déplacement des panaches de gaz nocifs émis par l’éruption dans l’Holuhraun. Les gaz majoritaires sont le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde de carbone (CO2). Les autres gaz représentent des quantités beaucoup plus faibles. Le SO2 – qui provoque des problèmes respiratoires et oculaires, ainsi que des maux de gorge – est responsable de la plupart des problèmes de santé liés à l’éruption. Le CO2 peut représenter un danger pour les scientifiques qui travaillent à proximité du site éruptif.
Les émissions de gaz actuelles sont les plus dangereuses que l’Islande ait connues depuis plus de 200 ans, avec l’éruption du Laki en 1783. Afin d’évaluer ces émissions, les autorités islandaises ont installé 27 capteurs automatiques de SO2 à travers le pays, associés à d’autres appareils de mesure portables, dont certains sont fixés à des véhicules de police. Selon la direction du vent, les panaches de SO2 peuvent affecter n’importe quelle région du pays, avec des pointes dépassant parfois 2000 µg / m3 en différents endroits tout au long de la journée. L’Agence pour l’Environnement a indiqué que 350 µg / m3 pour une période d’une heure et 125 µg / m3 pour une période de 24 heures étaient les limites d’exposition acceptables au dioxyde de soufre. Lorsque la concentration augmente, des alertes sont diffusées via Facebook et par SMS. Les Islandais sont alors invités à éviter les sorties et les activités physiques. Des niveaux supérieurs à 600 µg / m3 sont considérés comme dangereux pour les personnes qui ont des problèmes de santé et sont donc plus susceptibles d’éprouver des problèmes respiratoires. Dans ce cas, elles sont invitées à rester à l’intérieur avec les fenêtres fermées.
Toutefois, la principale préoccupation est sur le long terme avec des effets mal connus de l’exposition à de faibles quantités de SO2. Un aspect inquiétant du SO2 est sa réaction avec l’eau qui le fait se transformer en acide sulfurique (H2SO4), beaucoup plus difficile et plus coûteux à contrôler. L’acide sulfurique persiste sur de plus longues périodes de temps que le SO2, et aussi plus loin du centre éruptif, comme ce fut le cas pendant l’éruption du Laki en 1783, avec quelque 20 000 morts en Grande-Bretagne.
Les panaches de SO2 ont parfois atteint Reykjavik sur la côte ouest, mais c’est la partie orientale de l’Islande qui a été la plus fortement exposée à des concentrations de gaz élevées. Les écoles ont parfois été fermées et les ventes de médicaments contre l’asthme ont grimpé en flèche. Le 11 janvier, un appareil portable a relevé 7,800 µg / m3 à 80 km à l’est de l’éruption.
Les agriculteurs de l’est de l’Islande sont inquiets eux aussi. Leur bétail pourrait se retrouver affecté à long terme car les animaux sont restés confinés pendant longtemps à l’intérieur de structures où la circulation de l’air n’est pas bonne. Il ne serait pas surprenant que les plus jeunes bêtes se retrouvent avec des problèmes de santé, tels que des faiblesses respiratoires. En outre, avec le printemps, d’autres effets secondaires de l’éruption pourraient apparaître. L’acide sulfurique est actuellement mélangé à la neige. C’est seulement au moment de la fonte printanière que l’on saura à quel point le H2SO4 a affecté l’eau, le sol et la végétation.
Source: Al Jazeera.

A noter la présence de nouvelles webcams: http://webcams.mogt.is/

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drapeau anglaisFor the past five months, Icelandic weather forecasters and the Scientific Advisory Board have included daily updates on the movement of noxious gas plumes emitted by the ongoing Holuhraun volcanic eruption. Most of the gas is sulphur dioxide (SO2) and carbon dioxide ((CO2). The other gases occur in much lower quantities. SO2, which causes respiratory, eye and throat problems, is responsible for most of the eruption-related health issues. CO2 can be dangerous to the scientists who work near the volcano itself.

The current gas emissions are the most dangerous the country has experienced in more than 200 years, since the Laki eruption in 1783.With volcanic gas emissions at such high levels, Icelandic authorities have installed 27 automatic monitors around the country that measure SO2, along with portable meters, some of which are attached to police vehicles. Depending on wind conditions, SO2 fumes can get blown around and affect the entire country, sometimes exceeding 2,000 µg/m3 at different points throughout a day. The Environment Agency set 350 µg/m3 for a one-hour period and 125 µg/m3 for a 24-hour period as acceptable exposure limits to sulphur dioxide. When the concentration rises, advisories are posted online, via Facebook and by SMS, and Icelanders are advised to avoid going outdoors and engaging in physical activity. Levels more than 600µg/m3 are considered dangerous for people who have existing health conditions and are more likely to experience respiratory problems. At these levels, such people are advised to stay indoors with the windows closed.

However, the main concern is about the longer-term and lesser-known affects of exposure to low levels of SO2. A worrying aspect of SO2 is when it reacts with water and turns into sulphuric acid (H2SO4) that becomes far harder and more expensive to monitor. H2SO4 becomes apparent over a longer time period than SO2 and typically further from the centre of the eruption, like during 1783 Laki eruption that killed an estimated 20,000 people in Britain.

Occasionally, SO2 plumes have reached Reykjavik on the west coast. But eastern Iceland has been particularly exposed to high gas concentrations. Schools have sometimes been closed and sales of asthma drugs have spiked in the country’s east. On January 11th, a portable meter picked up a reading of  7,800 µg/m3 about 80 km east of the eruption.

Farmers in eastern Iceland are now worried their livestock could wind up with long-term damage, as they have been holed up inside the sheds with poor air circulation. It wouldn’t come as a surprise if the youngest sheep ended up with some health problems, such as weaker lungs. Besides, with springtime, other side effects of the eruption could become apparent. Sulphuric acid is currently stored in the snow. It is only when the snow melts in the spring that H2SO4 will affect the water, soil and vegetation.

Source: Al Jazeera.

New webcams to see the eruption: http://webcams.mogt.is/

Gaz-Islande

Nuages de gaz de l’éruption dans l’Holuhraun  (Crédit photo:  Peter Hartree / Wikipedia)

Américains et réchauffement climatique // Americans and global warming

drapeau francaisLe journal alaskien Alaska Dispatch News a publié un article qui en dit long sur les mentalités des politiciens américains à propos du changement climatique et du réchauffement de notre planète.
Lisa Murkowski est sénatrice de l’État d’Alaska et membre du Parti Républicain. Lorsque le 114ème Congrès se réunira en janvier, elle présidera probablement la Commission Sénatoriale pour l’Energie et les Ressources Naturelles, l’une des nombreuses commissions qui abordent les sujets liés au climat et à la politique énergétique.
Contrairement à de nombreux autres sénateurs, Murkowski ne nie pas le changement climatique mais sa position n’a jamais été vraiment tranchée sur ce sujet
Le soir des élections, Murkowski a déclaré que l’Alaska connaissait des températures plus chaudes et que la glace devenait moins épaisse en ajoutant que «c’est une chose à laquelle nous devons nous attaquer. » Il est toutefois difficile de savoir ce qu’elle entend par là car elle n’est « apparemment pas si sûre de la cause, et si l’homme est responsable. » Allez savoir pourquoi, elle a évoqué un volcan en Islande [NDRL : L’éruption dans l’Holuhraun] et déclaré : «Les émissions rejetées dans l’air par ce volcan sont des milliers de fois supérieures à celles provenant  de tous les véhicules et de toutes les usines en Europe. »
La déclaration de Murkowski a déclenché de nombreuses réactions. Michael Oppenheimer, professeur à l’Université de Princeton et spécialiste du climat, l’a qualifiée de « fausse, mauvaise et très trompeuse ». « C’est tout simplement faux, je ne sais pas où elle a trouvé ces chiffres. »
Oppenheimer a déclaré que c’était l’inverse qui se produisait: les émissions annuelles de l’Europe sont 10 fois supérieures aux émissions annuelles de tous les volcans réunis. Il a ajouté que l’argumentation de Murkowski oubliait un point essentiel: Les humains ajoutent du dioxyde de carbone à ce qui était autrefois un système équilibré.

Le bureau de Murkowski n’a pas voulu commenter la déclaration de la sénatrice. Oppenheimer a expliqué que «les 35 000 tonnes de SO2 vomies quotidiennement par l’Holuhraun sont sûrement considérables – au même niveau que la production mensuelle d’une grande centrale – mais à côté de toutes les autres sources naturelles et anthropiques de SO2, ce n’est pas beaucoup. Donc, peu importe comment vous les interprétez, les commentaires de Murkowski sont un «non-sens».
Il est facile de comprendre pourquoi la position de Lisa Murkowski est si floue. Depuis son entrée en fonction en 2002, l’industrie du pétrole et du gaz – la principale ressource économique de l’Alaska – a largement contribué à sa réélection. En 2004, son comité de campagne a accepté volontiers les 204 063 dollars alloués par l’industrie pétrolière et gazière, ce qui représentait environ 3,6 pour cent de tout l’argent récolté. Depuis cette époque, l’argent du pétrole n’a fait qu’augmenter. Cette année, l’industrie a octroyé 568,581 dollars pour sa campagne. L’industrie dépendant des volcans, quant à elle, n’a rien donné !

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThe Alaskan newspaper Alaska Dispatch News has released an article that reveals a lot about the mentalities of U.S. politicians about climate change and global warming.

Lisa Murkowski is a senior senator from the State of Alaska and a member of the Republican Party. When the 114th Congress convenes in January, she will likely take over as a chair of the Senate Energy and Natural Resources Committee, one of several committees whose work deals directly with climate and energy policy.

Unlike many other senators, Murkowski doesn’t deny that the climate is changing but her position has never been very clear-cut on the topic

On Election Night, Murkowski declared that Alaskans are experiencing warmer temperatures and thinner ice and said that « this is something that we must address. » But it’s difficult to know what she means by that, because Murkowski is « apparently not so sure what the cause is, or whether mankind is to blame. » For some reason, she brought up a volcano (Holuhraun) in Iceland. « The emissions that are being put in the air by that volcano are a thousand years’ worth of emissions that would come from all of the vehicles, all of the manufacturing in Europe, » she said.

Murkowski’s declaration triggered several reactions. Princeton professor Michael Oppenheimer, a climate scientist, called her statement « untrue, » « wrong, » and « highly deceptive ». Said he: « It’s simply untrue. I don’t know where she gets that number from. »

Oppenheimer said it was actually the other way around: Annual emissions from Europe are 10 times bigger than the annual emissions of all volcanoes put together. And he added the argument misses a bigger point: Humans are adding carbon dioxide to what was a balanced system.

Murkowski’s office would not comment on the senator’s declaration. Oppenheimer explained that “the 35,000 tons of SO2 Holuhraun has spewed out daily may be a lot – on par with a large power plant’s monthly output – but against all the other natural and manmade sources of SO2, it’s not that much. So no matter how you slice it Murkowski’s comments were « nonsense. »

It is easy to understand why Lisa Murkowski’s position is so unclear. Since entering office in 2002, the oil and gas industry – Alaska’s main economic resources – has been the largest contributor to Murkowski’s reelection bids. In 2004, her campaign committee accepted $204,063 from oil and gas industry sources, about 3.6 percent of all the money she raised. Both the amount of oil money and its proportion of her total fundraising have steadily increased since then. This year, the industry contributed $568,581 to her campaign. The volcano industry hasn’t contributed anything.

Source: Alaska Dispatch News.

Holuhraun-gas

Exemple du nuage de SO2 en Islande  (Source: Met Office islandais)

Mayon (Philippines): Situation globalement stable

drapeau francaisIl n’y a pas eu d’évolution significative sur le Mayon au cours des derniers jours. Le Philvocs indique que le volcan reste instable en raison de la déformation lente mais constante de l’édifice induite par des mouvements de magma. Les dernières mesures de déformation du sol (entre le 9 et le 13 novembre) ont révélé un dégonflement de l’édifice qui reste malgré tout gonflé par rapport aux mesures de référence effectuées à partir de 2010. Selon l’Observatoire, « le dégonflement peut avoir été provoqué par une dépressurisation à court terme du magma intrusif en profondeur ou par du magma qui a remonté vers la surface ».
Dans le même temps, l’activité sismique reste faible avec seulement quelques chutes de blocs chaque jour, ce qui correspond à la lente intrusion du magma en profondeur.
Aucune incandescence n’est actuellement observée au niveau du cratère.
Les émissions de SO2 dans le cratère atteignent en moyenne 106 tonnes / jour, ce qui est en dessous du niveau de référence.
Le niveau d’alerte reste à 3.
Source: Philvocs.

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drapeau anglaisThere has been no significant evolution at Mayon during the past days. PHILVOCS indicates that the volcano’s current condition remains unstable due to slow but sustained ground deformation of the edifice by subsurface magma. Data from the latest ground deformation survey (November 9th – 13th) indicated a deflation of the edifice which globally remains inflated relative to the baseline measurements beginning in 2010. According to the Observatory, “the deflation may have been caused by short-term depressurization of intruded magma at depth or by magma having risen to shallower depths.”

Meanwhile, seismic activity is low with just a few rock fall events every day, consistent with overall slow magma intrusion at depth.

No glow is currently observed at the crater.

SO2 emissions at the crater average 106 tonnes /day, which is below background level.

The alert level remains at 3.

Source: PHILVOCS.

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Le cône parfait du Mayon vu depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)