Hawaii: Réouverture de la Route 132 // Reopening of Highway 132

La Route132 qui avait été recouverte par la lave dans le secteur de Pahoa durant l’éruption du Kilauea en 2018 a de nouveau été ouverte à la circulation le 27 novembre 2019.
Un tronçon de 2,5 km de la partie amont de la route et un tronçon de 2,4 km de sa partie aval avaient été recouverts par une épaisse couche de lave. La route a retrouvé son aspect initial avec deux voies de circulation goudronnées. Le travail supposait l’évacuation de 120 000 mètres cubes de matériaux volcaniques. Les ouvriers ont parfois été confrontés à une température de plus de 400°C dans la partie basse de la route.
Le coût initial des travaux avait été estimé à 12 millions de dollars, mais les autorités ont finalement déboursé environ 6,5 millions de dollars.
La remise en état de la route permettra aux personnes possédant des biens dans la région de revenir dans leurs maisons et dans leurs entreprises. Elle permettra aussi des trajets plus courts et facilitera les interventions des services d’urgence.
Source: Médias hawaïens.

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Highway 132 in Pahoa, which had been cut off to travel for more than a year by lava from the 2018 Kilauea eruption reopened on November 27th, 2019.

A 2.5-km stretch of the upper portion of the highway and a 2.4-km section of the lower portion of the road were covered in lava. The road has been restored to its pre-inundation function with two paved travel lanes. The restoration work included the excavation of 120,000 cubic metres of lava rock. Construction personnel encountered hot surface temperatures of more than 400°C in the lower portion of the road .

Initial construction costs were estimated at12 million dollars. However, the final costs were reduced to approximately 6.5 million dollars.

Restoring the road will allow residents with properties in the region to return to their homes and businesses, provide shorter commute, and facilitate emergency response in the area.

Source: Hawaiian news media.

 Crédit photo: USGS / HVO

 

Kilauea (Hawaii) : Des logements temporaires pour les personnes évacuées // Temporary housing for the evacuees

Des logements temporaires pour les personnes déplacées par l’éruption du Kilauea seront construits dans les prochains jours et elles pourront y emménager bientôt. Le premier ensemble de logements temporaires comprendra 20 modules de 11 mètres carrés. La construction de certaines unités a commencé jeudi, mais la plupart d’entre elles devaient être construites samedi par des bénévoles et des employés de la Garde nationale d’Hawaii.
Les unités ont été données gracieusement par la société HPM Building Supply et sont effectivement des structures qui seront adaptées pour devenir habitables, avec, par exemple, la pose de fenêtres. Les unités n’auront pas d’électricité ou d’eau courante mais une remorque équipée de trois unités de douche et de trois unités de toilettes arrivera demain mardi sur la Grande Ile.
Les unités seront installées à l’église du Sacré-Cœur de Pahoa, sur un terrain offert par l’église pour venir en aide aux personnes évacuées, en sachant que cinq autres églises proposent des services identiques. Cependant, seules les personnes évacuées âgées de 60 ans ou plus pourront être hébergées dans les unités du Sacré-Cœur pour le moment.
D’autres solutions de logement plus permanentes ont été évoquées lors d’un point de presse jeudi après-midi. Les autorités locales ont l’intention de construire «une nouvelle communauté» pour les familles déplacées, même si aucun élément concret sur cette initiative n’a encore été décidé. Cependant, cette « nouvelle communauté » ne bénéficiera probablement pas des 12 millions de dollars alloués par l’État pour financer les efforts d’intervention durant l’éruption. Il est stipulé que les fonds doivent être utilisés pour les fournitures d’urgence et les biens et services temporaires liés au logement, mais pas pour les travaux à long terme sur les infrastructures.
Source: Médias locaux.

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Temporary housing for those displaced by Kilauea volcano will be built later this week, with eligible evacuees to move in soon. The first set of temporary housing units will consist of 20 modules 11 square metres in area. Construction on some of the units began Thursday, but most of them were to be built by volunteers and Hawaii National Guard workers on Saturday.

The units were donated by HPM Building Supply and are effectively sheds including adjustments for human habitation such as windows. Although the units will not have electrical or water utilities, a hygiene trailer equipped with three shower units and three bathroom units will arrive tomorrow Tuesday on the Big Island.

The units will be set up at Pahoa Sacred Heart Church, on land offered by the church to aid evacuees, with five other churches in line to provide similar services. However, only evacuees ages 60 or older will be able to stay at the Sacred Heart units for the time being.

Other, more permanent housing solutions were discussed during a media briefing Thursday afternoon. Local autghorities intend to build “a new community” for displaced families, although they admit that no concrete details about the task force have been determined. Such a task force likely will not benefit from the 12 million dollars allocated by the State to aid in the county’s eruption response efforts. It is stipulated that the funds should be used for emergency supplies and temporary shelter-related goods and services, but not long-term infrastructure repairs.

Source : Local news media.

L’éruption du Kilauea est une catastrophe pour les habitants de Kapoho qui ont tout perdu (Crédit photo: USGS)

Exemples de logements proposés aux victimes de l’éruption (Crédit photo: Hope Services Hawaii, Inc.)

Kilauea (Hawaii) Les risques d’une vie sur un volcan actif // Kilauea (Hawaii) : The risks of living on an active volcano

Cela fait 35 ans que le Kilauea est en éruption, plus précisément depuis le 3 janvier 1983 quand le Pu’uO’o s’est réveillé de manière spectaculaire. Le volcan occupe toute la partie sud-est de l’île d’Hawaï. Malgré cela, les habitants des Leilani Estates, bien que vivant dans la zone de danger n°1, une zone menacée par les coulées de lave, se sont souvent trouvés à plusieurs kilomètres du danger.
Cependant, les dernières décennies ont montré que quelque chose était en train de changer, que le danger se rapprochait, et que l’activité éruptive pourrait débarquer un jour ou l’autre dans la subdivision des Leilani Estates. Pendant 30 ans, la lave avait choisi de couler dans le secteur de Kalapana. Puis, en 2014, des coulées ont failli couper en deux la bourgade de Pahoa, ce qui a révélé un changement dans le comportement du volcan. Kalapana est un village construit sur un champ de lave à environ 15 kilomètres au sud-ouest des Leilani Estates, tandis que Pahoa n’est qu’à environ 3 kilomètres au nord de la subdivision.
On a recensé trois coulées de lave dans le secteur des Leilani Estates depuis 1790. L’éruption la plus récente a eu lieu en 1955, avant la construction des subdivisions dans la région. Le volcan s’était fait oublier, jusqu’à ce que sa dernière éruption oblige les habitants à fuir.
La construction des Leilani Estates a été approuvée en 1960, et quelque 1600 personnes vivent dans la subdivision aujourd’hui. C’est une zone majoritairement rurale où les maisons ont des prix relativement abordables, contrairement à celles beaucoup plus chères sur les îles d’Oahu et Maui. Malgré la situation de la subdivision dans une zone où les coulées de lave présentent un risque élevé sur la Grande Ile d’Hawaii, il n’y a pas de restrictions de construction. Aujourd’hui, les habitants croisent les doigts pour que leurs habitations soient épargnées par la lave, mais 26 d’entre elles ont déjà été détruites…

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Kilauea Volcano has been erupting almost continuously for 35 years, with the Pu’uO’o eruption starting on January 3rd 1983. The volcano takes up the entire southeast portion of the island of Hawaii. Despite this situation, residents of Leilani Estates – though living in Hazard Zone 1, an area most at risk from lava flows – have often been several kilometres away from danger.

However, the past decades showed that something could change and that eruptive activity could occur some day or other in the subdivision. For the last 30 years, lava had been flowing down to Kalapana. Then in 2014, it almost cut Pahoa in half, which revealed a change in the volcano’s behaviour. Kalapana is a small town resting on top of a lava field about 15 kilometres southwest of Leilani Estates. Pahoa, much closer, is only about 3 kilometres to the north.

There have been three lava flows in the Leilani Estates area since 1790. The most recent eruption near the Leilani Estates area was in 1955, before subdivisions were built in the area. The volcano had long been dormant, until its eruption forced villagers in the area to flee.

The construction of Leilani Estates was approved in 1960, and about 1,600 people live in the neighbourhood today. It is a rural area that has offered relatively affordable homes, in contrast with Hawaii’s more expensive real estate on Oahu and Maui. Despite the neighborhood’s position in an area where lava flows are most likely to occur on the island, there are no building restrictions. Today, the residents are crossing their fingers, with the hope that their houses will be spared by the lava, but 26 of them have already been destroyed…

Sud-est de la Grande Ile avec les Leilani Estates (Source: Google Maps)

Les coulées de lave du Kilauea // Kilauea’s lava flows

drapeau francaisLe HVO vient de publier un article très intéressant montrant les différences entre la lave de la coulée actuelle du 27 juin qui a récemment menacé Pahoa et celle qui a détruit Kalapana en 1990. Voici le lien vers l’article…
http://bigislandnow.com/2015/04/03/volcano-watch-comparing-lava-flows/

….et voici sa traduction intégrale :

Pour un observateur occasionnel, il y a de fortes chances que la lave qui a récemment atteint les abords de Pahoa ressemble à celle qui a frôlé le village de Kalapana en novembre 1986 avant de le détruire totalement en 1990. Pourtant, ces coulées de lave en provenance du Kilauea  sont fort différentes.
En théorie, la distance couverte par la lave et sa vitesse de progression sont régies essentiellement par trois facteurs: le débit éruptif, la température de la lave (donc sa « cristallinité » au moment de l’éruption) et la topographie.
La cristallinité fait référence à la quantité et au type de phénocristaux (cristaux qui se développent dans le magma avant qu’il atteigne la surface) et de micro-phénocristaux (minuscules cristaux qui apparaissent dans une coulée de lave au fur et à mesure qu’elle avance et se refroidit) présents dans la lave.
L’olivine, le premier minéral à apparaître dans le magma lorsqu’il sort du réservoir magmatique au sommet du Kilauea, cristallise à une température inférieure à 1215 ° C. A des températures plus basses, inférieures à 1150 ° C, le pyroxène et le plagioclase cristallisent également à côté de l’olivine.
Lorsque la lave est émise, des micro-phénocristaux de plagioclase et de pyroxène se forment dans la roche en fusion qui s’écoule à la surface du sol et se refroidit. Comme la cristallinité augmente, la lave devient plus visqueuse ; elle finit pas s’immobiliser puis se solidifier.
De 1986 à 1992, les coulées de lave ont été émises au niveau du Kupaianaha, une bouche active à moins de 12 km de Kalapana. A cette époque, la température de la lave variait de1155 à 1170 ° C. Cette lave contenait peu de cristaux d’olivine, d’environ 1 mm. Aidés par la forte pente, les tunnels au départ du Kupaianaha ont transporté la lave le long du versant sud du Kilauea. Ils ont acheminé un volume estimé à 300 000 – 400 000 mètres cubes de lave par jour vers la plaine côtière, avec des températures de 1145-1160° C. Avec de telles températures, la lave qui s’écoulait à l’intérieur des tunnels et qui atteignit Kalapana était encore relativement fluide et pauvre en cristaux. C’est ce qui explique les coulées pahoehoe qui avançaient rapidement et qui ont submergé le village de  Kalapana avant de recouvrir la plage de sable noir de Kaimu Bay en 1990.
De leur côté, les différents bras de la coulée du 27 juin, née sur le flanc nord-est du Pu’uO’o, avancent actuellement le long de la partie supérieure de l’East Rift Zone et se dirigent vers Pahoa, à plus de 20 km de la source. Depuis 2011, on estime que le volume de lave émis a atteint une moyenne de 175 000 mètres cubes par jour, le plus faible au cours de la trentaine d’années que dure l’éruption du Kilauea. Les températures enregistrées sont en moyenne de 1140 à 1145 ° C.
La coulée de lave du 27 juin contient un mélange d’olivine et de plagioclase, ainsi que des phénocristaux de pyroxène, souvent en groupes d’une taille allant de 1 à 5mm. En revanche, les coulées qui ont détruit Kalapana et dont la température était plus élevée ne contenaient que des phénocristaux d’olivine.
Malgré ses températures plus basses et son débit éruptif plus faible, la coulée du 27 juin a couvert une distance deux fois plus longue que la coulée qui a atteint Kalapana en 1986 et 1990. Il est vrai que la lave de Kalapana a vu son trajet interrompu par l’océan et on ignore quelle distance elle aurait parcouru sans cet obstacle.
De la même façon que les coulées de Kalapana se sont brutalement arrêtées en 1986, le front de la coulée du 27 juin s’est immobilisé quand de nouvelles sorties de lave pahoehoe sont apparues plus en amont, à proximité du Pu’uO’o. On ne sait pas si la température de la lave, sa cristallinité, le débit éruptif et la topographie sont responsables de cette immobilisation du front de coulée. On ne sait pas non plus si une nouvelle arrivée de lave permettrait de dépasser la distance déjà atteinte par la coulée du 27 juin.
Au vu des récentes analyses de la coulée de lave du 27 juin effectuées par le HVO, le scénario de Kalapana 1986 et 1990 est peu susceptible de se reproduire. Il faut toutefois garder à l’esprit que les conditions de l’éruption – le débit éruptif, la température de la lave, et l’emplacement des bouches éruptives – peuvent changer à tout moment. Pour cette raison, le HVO continue de surveiller étroitement le Kilauea et d’informer le public de toute modification importante dans le déroulement de l’éruption.

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drapeau anglaisHVO has just released a very interesting article showing the differences between the lava of the current June 27th flow that recently threatened Pahoa and the lava that destroyed Kalapana in 1990. Here is the link to the article:

 http://bigislandnow.com/2015/04/03/volcano-watch-comparing-lava-flows/

To the casual observer, lava that recently flowed into the outskirts of Pahoa might look a lot like the lava that grazed the village of Kalapana in November 1986 and completely overran it in 1990. In fact, these Kilauea flows were significantly different.

Theoretically speaking, the surface extent and advance rate of lava is regulated primarily by three factors: eruption rate; lava temperature and, therefore, “crystallinity,” at the time of eruption; and topography.

Crystallinity refers to the abundance and types of phenocrysts (crystals that grow in magma before it erupts to the surface) and micro-phenocrysts (minute crystals that grow in a lava flow as it advances and cools) in lava.

Olivine, the first mineral to grow in magma as it rises into Kilauea’s summit reservoir system, crystallizes at a temperature below 1215°C. At lower temperatures, below 1150°C, the minerals pyroxene and plagioclase also crystallize along with olivine.

When lava is erupted, micro-phenocrysts of plagioclase and pyroxene form within the molten rock as it flows over the ground and cools. As crystallinity increases, the flow becomes more viscous and eventually stalls and solidifies.

From 1986 to 1992, lava flows were erupted from Kupaianaha, an active vent less than 12 km from Kalapana. During that time, eruption temperatures ranged from 1155 to 1170°C and the lava contained few olivine crystals, about 1 mm in size.

Lava tubes from Kupaianaha carried lava down the steep southern flank of Kilauea. These tubes enabled efficient delivery of 300,000–400,000 cubic metres of lava per day to the coastal plain at temperatures of 1145–1160°C. At those temperatures, the tube-fed flows that reached Kalapana were still relatively fluid and crystal-poor. This resulted in the fast-moving pahoehoe flows that quickly spread through Kalapana and covered the black sand beach at Kaimu Bay in 1990.

In contrast, the June 27th lava flows erupted from the northeast flank of Pu’uO’o are moving down the crest of Kilauea’s East Rift Zone toward Pahoa, more than 20 km away. Since 2011, eruption rates have been estimated at about 175,000 cubic metres per day, the lowest sustained rate in over 30 years of eruption, and the eruption temperatures have been 1140–1145°C.

The June 27th lava flows contain a mix of olivine, plagioclase, and pyroxene phenocrysts, often as crystal clusters 1–5mm in size. In contrast, the higher temperature Kalapana flows contained only olivine phenocrysts.

Despite its cooler temperatures and lower eruption rates, the June 27th lava flow travelled nearly twice the distance of the 1986 and 1990 Kalapana flows. But, the Kalapana flows were cut short when they flowed into the ocean, so how much farther they could have travelled is not known.

As with the abrupt termination of the 1986 Kalapana-bound flows, the leading edge of the June 27th  flow stagnated when lava was tapped to supply pahoehoe breakouts at higher elevations near Pu’uO’o. The relative contribution of lava temperature, crystallinity, eruption rate, and topography to this stagnation is now the subject of ongoing research. Whether additional lava will advance farther than the distance the June 27th flow has already reached remains to be seen.

Based on HVO’s recent analyses of the June 27th lava flow, current eruption conditions do not favour a Kalapana-like scenario. However, one must keep in mind that eruption conditions—for instance, eruption rate, lava temperature, and vent location—can change unexpectedly.  Because of this, HVO continues to closely monitor Kilauea and will notify the public of any significant changes in the eruption.

Coulée-Hawaii-web

Photo:  C.  Grandpey