Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau francais8 heures: Au vu des images de la webcam du Piton de Bert ce matin, l’éruption semble poursuivre son déclin. Aucun rougeoiement n’est visible. Par contre, un important panache de SO2 s’échappe de la bouche active. Un contact personnel m’indiquait hier que le gonflement de l’édifice volcanique persistait, malgré l’évacuation du magma de ces derniers jours. Il ne serait donc pas surprenant que de nouveaux sursauts éruptifs aient lieu dans les prochains mois.

Il ne fait pas beau en ce moment sur le Piton de la Fournaise et le volcan disparaît souvent derrière la masse nuageuse.

20 heures : Le dernier bulletin émis par l’Observatoire confirme les images de la webcam. L’intensité de l’activité sismique est globalement stable depuis 24 heures. De la seule bouche éruptive encore active s’échappe un unique bras de coulée, qui se divise en deux au niveau du cratère Cornu. Le bras qui s’étire vers le sud est assez court alors que celui qui tourne vers l’est se prolonge vers le front de coulée qui n’est plus alimenté à l’heure actuelle.

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drapeau anglais8:00: Judging from images of the Piton Bert webcam this morning, the eruption seems to continue its decline. No more glow is visible. However, a significant SO2 plume is coming out of the active vent. A personal contact was telling me yesterday that the inflation of the volcanic edifice persisted despite the evacuation of the magma in recent days. It would not be surprising if new eruptive events occurred in the coming months.
Weather conditions are not good on the Piton de la Fournaise and the volcano often disappears behind the clouds.

20:00: The Observatory’s latest update confirms the webcam images. The intensity of seismic activity has been quite stable over the past 24 hours. There is only one lava flow coming out of a single eruptive vent. This flow divides into two branches at the Cornu Crater. The southernmost branch is quite short whereas the easternmost travels towards the lava front without reaching it.

L’impact du dioxyde de soufre du Bárðarbunga (Islande) // The impact of Bárðarbunga’s sulphur dioxide

drapeau francaisL’éruption de 6 mois du Bárðarbunga (31 août 2014 – 27 février 2015) fut la plus importante en Islande depuis l’éruption dévastatrice du Laki de 1783 à 1784. Elle a produit environ 1,6 km3 de lave en couvrant une superficie équivalente à l’île de Manhattan.
L’éruption a généré des émissions de dioxyde de soufre (SO2) de près de 12 millions de tonnes, ce qui est plus que l’ensemble des émissions de SO2 en Europe en 2011. En Islande, la concentration de SO2 a dépassé dans une grande partie du pays 350 ug/ m3 et par heure, ce qui est considéré comme la limite pour la santé. Cette concentration a été observée pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines (voir mes notes précédentes sur l’éruption). Toutefois, les effets de l’éruption ne se limitent pas à l’Islande car de nombreuses parties de l’Europe ont également enregistré des niveaux élevés de SO2.
Les chercheurs ont d’abord craint que les émissions de SO2 soient beaucoup plus élevées, ce qui aurait causé des problèmes de santé graves à travers l’Islande et peut-être l’Europe. Leurs craintes s’appuyaient sur l’histoire passée du volcan. Il y a huit mille ans, le Bárðarbunga a connu une éruption encore plus puissante que celle du Laki. Il est bon de rappeler que cette dernière a tué quelque 10 000 personnes en Islande tandis que la pollution par le SO2 affectait des dizaines de milliers d’autres en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, en France et aux Pays-Bas.
Dans un article de la revue Geochemical Perspectives Letters (la revue de l’Association Européenne de Géochimie), un groupe de chercheurs islandais a détaillé les effets de l’éruption du Bárðarbunga sur l’environnement. Ils ont montré que le niveau de SO2 avait augmenté de manière significative à la suite de l’éruption. Les stations de surveillance installées en Irlande ont révélé des pics élevés, en particulier le 6 septembre, jour où le niveau de SO2 a dépassé les limites européennes pour la protection de la santé humaine. Même à une altitude de 1210 mètres dans les Alpes autrichiennes, le niveau de SO2 a culminé à 235 ug/m3, ce qui représente environ 60% des niveaux autorisés et près de 50 fois le niveau de référence normal d’environ 5 ug/m3.
Les chercheurs soulignent que pour la plus grande partie de l’Europe les effets sur la santé ont été minimes car l’exposition au SO2 n’a pas été prolongée. En 2014-15, c’est surtout la partie septentrionale de l’Islande qui a connu la plus forte pollution qui, heureusement, n’affectait guère des zones habitées. De plus, l’éruption est survenue au bon moment d’un point de vue météorologique, ce qui a minimisé les effets globaux en Islande, mais aussi ailleurs sur le continent européen. En effet, la vitesse moyenne du vent est plus élevée en hiver qu’en été, donc l’éruption du Bárðarbunga a produit des panaches qui se sont rapidement dispersés. Par ailleurs, en raison de la réduction du nombre d’heures d’ensoleillement en automne et en hiver, un pourcentage plus faible du SO2 émis était susceptible d’être oxydé dans des conditions sèches et transformé en acide sulfurique (H2SO4).
Source: Association Européenne de Géochimie.

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drapeau anglaisThe six month long eruption of the Bardarbunga volcano (31 August 2014-27 February 2015 ) was the largest in Iceland since the devastating Laki eruption of 1783-84, producing around 1.6 km3 of lava, covering an area equivalent to Manhattan Island.

The eruption caused total sulphur dioxide (SO2) emissions of nearly 12 million  tonnes, which exceeded the total SO2 emitted in Europe in 2011. In Iceland, concentration of SO2 exceeded the 350 µg m-3 hourly average health limit over much of the country for days to weeks (see my previous notes about the eruption). However, the effects of the volcano were not confined to Iceland – many parts of Europe also saw high SO2 levels.

Researchers were initially concerned that the SO2 emissions would be much higher, which would have caused serious health problems throughout Iceland and perhaps Europe. They feared much worse effects when they referred to the past history of the volcano. Eight thousand years ago, Bardarbunga experienced an eruption even bigger than that of the 1783-84 Laki eruption which killed around 10,000 people in Iceland and the resultant SO2 pollution that affected tens of thousands in Europe, especially in the Britain, France and the Netherlands.

Writing in the journal Geochemical Perspectives Letters (the journal of the European Association of Geochemistry), a group of Icelandic researchers has detailed the environmental effects of the Bardarbunga eruption. They were able to show that the SO2 levels rose significantly in the wake of the eruption. Monitoring stations in Ireland showed high SO2 spikes, with SO2 levels exceeding the European limits for the protection of human health on September 6th. Even at an altitude of 1210 meters in the Austrian Alps, SO2 levels spiked at 235 µg m-3. This is around 60% of permitted levels, and nearly 50 times the normal background level of around 5 µg m-3

The researchers stress that for most of Europe, the effects on health would have been minimal, given that the SO2 exposure was not prolonged.  In 2014-15, most of Iceland, especially North Iceland, experienced gas pollution. However this was away from most inhabited areas. The eruption occured at the right moment for the weather, which tended to minimize the overall effects in Iceland, but also elsewhere on mainland Europe. Indeed, the average wind speed is higher in winter than summer, thus the Bardarbunga eruption produced fast-dispersing plumes. Because of reduced autumn-winter sunlight hours, a smaller per cent of emitted SO2 had the potential to be oxidised under dry conditions to sulphuric acid (H2SO4).

Source : European Association of Geochemistry.

Bardarbunga

L’éruption du Bárðarbunga le 4 septembre 2014 (Crédit photo : Peter Hartree / Wikipedia)

 

Cotopaxi (Equateur / Ecuador)

drapeau francaisJusqu’à présent, le Cotopaxi s’était montré relativement calme, mais il semble que la situation soit en train d’évoluer. Selon l’Institut Géophysique, le réseau sismique du Cotopaxi détecte une hausse d’activité depuis la mi-avril; 628 séismes locaux ont été enregistrés en avril et 3000 événements en mai. Des événements longue période ont été enregistrés en mai, en particulier au cours de la dernière semaine, dans les parties N et NE du cône, à des profondeurs de 3 et 14 km. Les émissions de SO2 ont augmenté le 20 mai et atteint 2500-3000 tonnes / jour à la fin du mois de mai, alors que le niveau normal est de 500 tonnes / jour. Une légère inflation a été détectée par les tiltmètres installés sur les versants N et NE du volcan. L’activité fumerollienne a augmenté dans le cratère, avec des panaches parfois visibles depuis Quito, à 55 km au nord. Des randonneurs ont perçu une odeur de SO2 très forte sur la partie nord du cône les 22 et 23 mai.
Le Cotopaxi est le stratovolcan le plus connu et l’un des plus actifs de l’Équateur. Le cône aux flancs pentus est couronné par plusieurs cratères sommitaux ; le plus vaste mesure environ 550 x 800 mètres. Les ravines montrent les traces laissées par les lahars et de longues coulées de lave andésitique atteignent la base du volcan. Des écoulements pyroclastiques ont accompagné de nombreuses éruptions explosives et les lahars ont souvent dévasté les vallées adjacentes. Les éruptions historiques les plus violentes ont eu lieu en 1744, 1768, et 1877. En 1877, des coulées pyroclastiques ont parcouru tous les flancs du volcan et des lahars ont atteint l’océan Pacifique et l’ouest du bassin de l’Amazone après un parcours de plus de 100 km. La dernière éruption importante du Cotopaxi a eu lieu en 1904.
Sources: Institut Géophysique / Global Volcanism Network.

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drapeau anglaisUp to now Cotopaxi had been very quiet, but it seems the situation is changing. According to the Geophysical Institute, the seismic network at Cotopaxi had detected increases since mid-April; 628 local earthquakes were detected in April and 3,000 events were detected in May. Very-long-period earthquakes were recorded in May, especially during the last week, in the N and NE parts of the cone at depths of 3 and 14 km. SO2 emissions increased on May 20th and reached 2,500-3,000 tons/day by the end of May, compared with a background level of 500 tons/day. Slight inflation was detected by N and NE tiltmeters. Crater fumarolic activity increased, with plumes sometimes visible from Quito, 55 km to the north. Climbers indicated a very intense SO2 odour on the northern part of the cone on May 22nd and 23rd.

Cotopaxi stratovolcano is Ecuador’s best-known volcano and one of its most active. The steep-sided cone is capped by several summit craters, the largest of which is about 550 x 800 metres in diameter. Deep valleys show the traces left by lahars and large andesitic lava flows extend as far as the base of Cotopaxi. Pyroclastic flows have accompanied many explosive eruptions of Cotopaxi, and lahars have frequently devastated adjacent valleys. The most violent historical eruptions took place in 1744, 1768, and 1877. Pyroclastic flows descended all sides of the volcano in 1877, and lahars travelled more than 100 km into the Pacific Ocean and western Amazon basin. The last significant eruption of Cotopaxi took place in 1904.

Sources : Geophysical Institute / Global Volcanism Network.

Vn. Cotopaxi

Vue du Cotopaxi  (Crédit photo:  Wikipedia)

Holuhraun (Islande): Les effets de l’éruption // The aftermath of the eruption

drapeau francaisMaintenant que l’éruption dans l’Holuhraun est terminée, il est intéressant de voir les effets qu’elle a pu avoir, et qu’elle aura, sur les personnes et l’environnement.

L’Agence Islandaise pour l’Environnement a révélé que la pollution de l’air par les gaz volcaniques a été supérieure à la limite sanitaire admise pendant 107 heures à Höfn, dans le sud-est de l’Islande. Les habitants de Höfn ont subi la pollution de l’air pendant plus d’heures que toutes les autres localités du pays. Le niveau de dioxyde de soufre (SO2) enregistré dans une zone habitée atteignait 21 000 ug / m3 à la fin du mois d’octobre. Lorsque le niveau est supérieur à 2,000 ug / m3 – qui a été enregistré à travers le pays – des alertes sont émises et il est demandé aux habitants de rester à l’intérieur avec les fenêtres fermées. Une concentration horaire de 350 ug / m3 est la limite autorisée pour la protection de la santé humaine en Islande.

Le SO2 émis par l’éruption dans l’Holuhraun s’élevait en moyenne à 20 000 – 60 000 tonnes par jour. Il s’agit de l’éruption avec la plus forte émission de gaz en Islande depuis le 18ème siècle. En comparaison, le total des émissions de SO2 par tous les états membres de l’Union Européenne est estimé à 14 000 tonnes par jour.

Le nouveau champ de lave continue à dégazer et la concentration de gaz volcaniques sur le site de l’éruption a atteint des niveaux mortels une semaine après la fin de l’éruption au début du mois de mars. Les touristes peuvent maintenant s’approcher à une vingtaine de mètres de la nouvelle lave, mais aller plus avant reste dangereux et interdit.

L’effet de la pollution sur la végétation, les lacs et les rivières est encore inconnu. Les échantillons prélevés dans toutes les régions ont indiqué que la neige a été acidifiée par les gaz volcaniques. La pollution atteindra probablement son niveau maximal immédiatement après le dégel du printemps, mais ce ne sera probablement pas un problème durable. Quand viendra l’été, les fermiers pourront probablement laisser sortir les moutons et les envoyer vers les hauts plateaux, comme c’est la tradition en Islande. Les randonneurs pourront recommencer à boire l’eau de ruisseaux.

Source: Iceland Review.

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drapeau anglaisNow that the eruption in Holuhraun is over, it is important to see what effects it had, and will have, on people and the environment.

The Environment Agency has revealed that the air pollution caused by volcanic gases was above the health protection limit for a total of 107 hours in Höfni n Southeast Iceland. Inhabitants in Höfn were subject to air pollution for more hours than in any other community in the country. Sulphur dioxide (SO2) picked up in an inhabited area 21,000 µg/m3, in late October. At levels above 2,000 µg/m3—which have been recorded across the country—warnings are issued and people advised to stay inside with the windows closed. An hourly concentration of 350 µg/m3 is the  limit for the protection of human health in Iceland.

The SO2 emitted by the eruption amounted to 20,000 – 60,000 tons per day, which makes Holuhraun the most gas-intensive eruption in Iceland since the 18th century. For comparison, the total SO2 emission by all European Union member states is 14,000 tons per day.

The new lava field is still degassing and volcanic gas concentration at the eruption site reached fatal levels one week after the eruption ended in early March. Tourists can now travel within 20 metres of the new lava but traversing the lava remains dangerous and is still forbidden.

The effect of the pollution on vegetation, lakes and rivers is still unknown. Samples taken in all regions have indicated that snow has turned acidic as a result of the volcanic gases. Pollution levels are likely to peak immediately after spring thaw but that it won’t probably be a lasting problem. When summer comes, it will probably be safe to release sheep to the highlands, as is customary in Iceland, and for hikers to drink water from brooks.

Source: Iceland Review.

Holuhraun-blog

La fracture quelques jours après la fin de l’éruption  (Crédit photo:  Met Office islandais).