Eruption du Taal (Philippines): Volcano Island restera inhabitée // No more residents on Volcano Island

Les quelque 6 000 familles philippines qui vivaient sur Volcano Island, au cœur du volcan Taal, devront trouver de nouvelles maisons. Il y a longtemps, l’île a été déclarée parc national mais il était interdit de s’y implanter définitivement. Le problème est que cette interdiction n’était pas respectée.

Suite à l’éruption du Taal, une évacuation a été ordonnée sur un rayon de 14 km autour du volcan, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres au sud de manille, la capitale. Plus de 150 000 personnes ont été déplacées par l’ordre d’évacuation. La garde côtière philippine a intercepté chaque jour une dizaine de bateaux qui tentaient d’atteindre l’île.
Le président philippin Rodrigo Duterte a approuvé un décret visant à transformer l’île en «no man’s land», mais sa publication n’est pas encore officielle. Il a été demandé aux autorités de la province de Batangas, où se trouve le volcan, de rechercher un terrain d’au moins 3 hectares pour construire des logements à l’attention des familles déplacées.
Les personnes qui vivaient sur Volcano Island étaient essentiellement des guides touristiques, des agriculteurs et des exploitants de parcs à poissons. On pense que des milliers d’animaux sont morts depuis le début de l’éruption. Il a été demandé à la population de ne pas consommer les poissons du lac autour de l’île.
Source: Manila Bulletin.

Dernières nouvelles : Le PHIVOLCS recommande en permanence l’évacuation totale de la « zone de danger » d’un rayon de 14 km autour du Taal et le long de la rivière Pansipit où des fissures ont été observées. En se référant à la carte publiée dans l’une de mes dernières notes, cela signifie l’évacuation d’environ 460 000 personnes !! Jusqu’à présent, environ 125 000 Philippins ont quitté leur domicile. Une évacuation totale de la zone de danger de 14 km ne sera pas facile, notamment en ce qui concerne l’hébergement de tous ces habitants.
Du dimanche 19 janvier 2020 au matin au lundi 21 janvier au matin, le PHIVOLCS a enregistré 23 séismes volcaniques, de magnitude M 1,2 à M 3,8. Un événement de M 4.6 qui a secoué Mabini, dans la province de Batangas, le 19 janvier au cours de la nuit a été causé par des mouvements de faille. L’Institut pense que ces mouvements prouvent que le magma pousse vers le haut.
Le PHIVOLCS a enregistré des émissions de SO2 atteignant en moyenne 4 353 tonnes par jour au cours des derniers jours, soit plus que les 1 442 tonnes enregistrées du 18 au 19 janvier. Ce SO2 est généré par le même magma qui provoque l’inflation du volcan. .
Dans le même temps, le  PHIVOLCS observe toujours des émissions de vapeur et de rares explosions de faible intensité qui génèrent des panaches de cendres de 500 à 1 000 mètres de hauteur. .
Source: Philippine News Agency.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une galerie d’images montrant la situation dans la région du Taal :

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

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About 6,000 Philippine families who lived on Taal’s Volcano Island will have to find new homes. The island was declared a national park long ago and was off limits to permanent villages, but the rules weren’t enforced. With the current eruption, evacuations have been ordered for everyone living within a 14-kilometre radius of the volcano, which is about 60 kilometres south of the capital city of Manila. More than 150,000 people have been displaced by the evacuation order. The Philippine coast guard has been turning away about 10 boats a day that are trying to reach Volcano Island.

Philippine President Rodrigo Duterte has approved a recommendation for the island to be turned into a “no man’s land,” but he has yet to issue formal guidelines. Officials in Batangas province, where the volcano is located, have been asked to look for at least 3 hectares that could be used to build housing for the displaced families.

Volcano Island’s residents worked as tourist guides, farmers and fish pen operators. Thousands of animals are thought to have died in the eruptions, and people have been warned to not eat fish from the lake surrounding the island.

Source: Manila Bulletin.

By clicking on this link, you will see a great photo gallery showing the situation in the Taal area:

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

Latest news: PHIVOLCS reiterates its recommendation for the total evacuation of the identified « danger zone » with a 14-km radius around Taal Volcano, and along the Pansipit River where fissures have been observed. Referring to the map in one of my previous posts, this means the evacuation of about 460,000 persons!! Up to now, about 125,000 people have left their homes. A total evacuation of the 14-km danger zone will not be easy, especially concerning the relocation of all these residents.

From 5 a.m. Sunday until 5 a.m. Monday, PHIVOLCS recorded 23 volcanic earthquakes, with magnitudes M 1.2 to M 3.8. An M 4.6 quake that hit Mabini, Batangas, on January 19th during the night was caused by fault movements. The Institute thinks these movements definitely prove that magma is pushing upward.

PHIVOLCS has registered SO2 emissions at an average of 4,353 tonnes per day in the last days, higher than the 1,442-tonne emissions it recorded from January 18th to 19th. Again, this SO2 is produced by the same magma that causes the inflation of the volcano. .

Meanwhile, steady steam emission and infrequent weak explosions that generate ash plumes 500 to 1,000 metres tall are observed by PHIVOLCS. .

Source : Philippine News Agency.

La cendre a tout détruit sur Volcano Island qui est devenue inhabitable (Source: The Weather Channel)

Halema’uma’u (Hawaii): Résultats de l’analyse de l’eau // Results of water analysis

Comme prévu, le HVO a récemment échantillonné l’eau du lac qui est apparu au fond du cratère de l’Halema’uma’u, au sommet de Kilauea. Le niveau de cette eau a augmenté d’environ 90 centimètres par semaine depuis sa première apparition le 25 juillet 2019. Jusqu’à présent, le HVO ne pouvait qu’évaluer à distance la taille du lac, observer sa couleur et estimer sa température. En voyant la lac s’agrandir, le HVO a décidé d’élaborer une stratégie pour échantillonner son eau. En effet, la chimie du lac est une bonne indication de la provenance de l’eau, de son influence possible sur le dégazage et donc des risques potentiels au sommet du Kilauea.
Il a été décidé qu’un drone serait la meilleure solution pour l’échantillonnage. Le 26 octobre, un engin a prélevé avec succès 0,73 litre d’eau du lac. L’échantillon a ensuite été envoyé à des laboratoires sur le continent pour des analyses exhaustives.
Les résultats obtenus jusqu’à maintenant indiquent que l’eau est acide, avec un pH de 4,2 (le pH neutre est de 7). Il est intéressant de noter que la plupart des lacs de cratères ont un pH inférieur à 3,5 (plus acide) ou supérieur à 5 (moins acide), ce qui place le lac de l’Halema’uma’u dans la moyenne.
Une modélisation mathématique effectuée avant l’apparition du lac indiquait que l’eau de la nappe phréatique était susceptible de pénétrer dans le cratère de l’Halema’uma’u une fois que l’environnement se serait suffisamment refroidi, après la disparition du lac de lave qui avait séjourné dans le cratère entre 2008 et 2018. Il n’est donc pas surprenant de voir de l’eau appraître dans le cratère.
Cependant, il est important de noter que l’Halema’uma’u est l’endroit où les émissions sommitales de dioxyde de soufre (SO2) sont les plus importantes, et que le SO2 se dissout facilement dans l’eau.
Lorsque l’eau souterraine s’écoule en direction du cratère en cours de refroidissement, elle dissout le SO2 provenant du magma situé en dessous. Cela conduit à des concentrations élevées d’ions sulfate dans le lac (53 000 milligrammes par litre) et à un pH plus acide.
A côté de cela, cette eau acide réagit chimiquement avec le basalte du Kilauea, ce qui diminue son acidité et augmente donc son pH. On observe aussi des concentrations élevées de magnésium dans l’eau. Les rapports magnésium / sodium et sodium / potassium dans l’eau du lac sont semblables à ceux du basalte du Kilauea, confirmation des réactions chimiques entre l’eau et la roche.
Les concentrations de calcium ne sont pas très élevées dans l’échantillon d’eau prélevé. Cela s’explique par le fait que le calcium se combine avec des ions sulfate pour former des minéraux solides qui précipitent dans l’eau. Le fer est également susceptible de former divers minéraux, ce qui explique les teintes jaunâtres du lac.
Les réactions complexes entre les gaz et les roches environnantes expliquent pourquoi l’eau du lac dans l’Halema’uma’u est chimiquement différente de la nappe phréatique au fond d’un puits de recherche situé au sud de Halema’uma’u et aussi de l’eau de pluie. Les tests effectués sur l’oxygène et l’hydrogène qui forment les molécules d’eau révèlent que l’eau du lac était à l’origine une eau de pluie qui a percolé dans le sous-sol où sa chimie a évolué.
Le niveau du lac au fond de l’Halema’uma’u continue à s’élever. Le pH actuel reflète un équilibre entre les eaux souterraines qui y pénètrent et le niveau des émissions de SO2 en provenance du sous-sol. Si le niveau du lac se stabilise ou si la quantité de SO2 change, le pH est susceptible de se modifier. Sur le Pinatubo aux Philippines, après l’éruption de 1991, un lac de cratère s’est formé avec un pH presque neutre, mais l’eau est devenue plus acide quand le dégazage de SO2 s’est intensifié, avec l’apparition d’une activité volcanique ultérieure.
Les analyses chimiques confirment que le lac au fond du cratère de l’Halema’uma’u dissout le SO2 d’origine magmatique. Cela signifie que les niveaux d’émission de SO2 mesurés par le HVO (environ 30 tonnes par jour) sous-estiment le SO2 émis globalement par le Kilauea. Sans le lac, les émissions de SO2 au sommet du volcan seraient probablement plus élevées. Cette découverte est importante car un niveau d’émission de SO2 en hausse peut indiquer la présence de magma à faible profondeur.  .
Source: HVO.

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As expected, HVO recently sampled the Halema‘uma‘u water lake at the bottom of Kilauea’s summit crater. The water has risen about 90 centimetres per week since first spotted on July 25th, 2019. Initially, HVO was limited to remote observations of lake size, colour, and surface temperature. As the lake grew, HVO began formulating a plan to sample the water. Indeed, the lake’s chemistry could reveal where the water was coming from and what it might mean for degassing and potential hazards at Kilauea’s summit.

It was decided that a UAS was the best option for sampling. On October 26th, a drone successfully collected about 0.73 litres of water from the lake. The sample was then shipped to mainland USGS laboratories for sophisticated analyses.

Results thus far indicate an acidic lake, with a pH of 4.2 (neutral is pH 7). Interestingly, most volcanic crater lakes have a pH of less than 3.5 (more acidic) or higher than 5 (less acidic), which places the Halema’uma’u lake in the midddle range.

Mathematical modelling performed prior to the lake’s appearance predicted that groundwater could flow into Halema‘uma‘u once the area had cooled enough after the 2008-18 lava lake drained away. So, it was not entirely a surprise when water began to pond in the crater.

But, it’s important to note that Halema‘uma‘u is where most summit sulfur dioxide (SO2) degassing takes place, and that SO2 dissolves readily in water.

As water flows underground toward the now-cooling crater, it dissolves SO2 rising from magma below. This leads to high concentrations of sulfate ions in the lake (53,000 milligrams per liter) and a tendency towards a more acidic pH.

However, that acidic water reacts chemically with Kilauea’s basaltic rock, which makes the lake less acidic (raises the pH) and results in high concentrations of magnesium in the water. The ratios of magnesium to sodium and of sodium to potassium in the lake water are similar to those ratios in Kilauea’s basalt, which is further evidence of chemical reactions between the water and rocks.

Calcium concentrations are not very high in the water sample; calcium is instead combining with sulfate ions to form solid minerals that precipitate from the water. Iron is also likely forming various minerals, contributing to the lake’s yellowish colours.

Complex gas/rock reactions result in Kilauea’s lake water being chemically different from groundwater in a research well south of Halema‘uma‘u and from rainwater. Testing of oxygen and hydrogen that form the water molecules indicate that the lake water was originally rain that percolated into the subsurface where it became groundwater and the chemistry changed.

The Halema’uma’u lake is still rising. The current pH reflects the balance between incoming groundwater and the degree of SO2 degassing from below. If the lake level stabilizes, or the amount of SO2 changes, the pH may also change. At Mount Pinatubo (Philippines), after the 1991 eruption, a crater lake formed with a nearly-neutral pH but became more acidic with increased SO2 degassing and later volcanic activity.

Chemical analyses confirm that the Halema’uma’u crater lake dissolves magmatic SO2. This implies that HVO’s measured SO2 emission rates (about 30 tonnes per day) underestimate the total outgassed SO2 at Kilauea. Without the lake, SO2 emissions from the summit would likely be higher. This finding is important given that an increasing SO2 emission rate can indicate shallowing magma.

Source : HVO.

Le lac acide au fond du cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: HVO)

Du “vog” sur l’île de la Réunion

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais elle a laissé derrière elle une enveloppe de brouillard volcanique que les Hawaiiens ont baptisé « vog », le condensé de « volcanic fog », autrement dit brouillard volcanique. A Hawaii, avant que se termine l’éruption du Kilauea en août 2018, ce brouillard a posé des problèmes aux horticulteurs  car le gaz qu’il véhicule est en grande partie de dioxyde de soufre (SO2). Se mêlant à la pluie, il devient de l’acide sulfurique et donne naissance à des pluies acides qui abîment les récoltes. S’il persiste, le vog peut également devenir un problème pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires.

A la Réunion, le vog n’a pas vraiment d’impact sur la vie de l’île. Les météorologues n’enregistrent rien de significatif. De plus, le phénomène ne devrait persister que quelques dizaines d’heures. Pour le moment, le gaz émanant de l’éruption reste piégé sous un couvercle nuageux qui persiste sur toute la zone sud de l’île. Le vog se dispersera avec le retour de la pluie et du vent qui nettoiera l’atmosphère.

Côté circulation, la réouverture totale de la RN2 s’est effectuée dans les deux sens le 27 octobre dans la soirée. Les gendarmes ont toutefois maintenu une surveillance de la route au niveau de la coulée en raison de la forte affluence.

Source de vog à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Le Raikoke (Russie) provoque de beaux levers de soleil dans le Colorado // Raikoke Volcano (Russia) causes nice sunrises in Colorado

Au cours des dernières semaines, les habitants du Colorado ont pu observer de beaux levers de soleil pourprés tout à fait inhabituels. Leur cause se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de cet Etat. Des chercheurs de l’Université de Boulder ont recueilli des preuves indiquant que le volcan Raikoke, qui est entré en éruption dans les îles Kouriles en juin dernier, a envoyé dans l’atmosphère un épais panache de cendres et de gaz volcaniques. Les satellites de la NASA ont observé l’éruption et envoyé des images impressionnantes du panache éruptif (voir ci-dessous). Grâce à un ballon à haute altitude, les chercheurs de Boulder ont pu détecter des aérosols – principalement du SO2, selon la NASA – qui ont diffusé la lumière du soleil. Combinés à la couche d’ozone qui absorbe la lumière, les aérosols peuvent apporter une belle nuance de violet aux couchers et aux levers de soleil.
L’éruption du Raikoke a été relativement modeste (voir mes notes des 22 et 26 juin 2019), mais suffisante pour affecter la majeure partie de l’hémisphère nord. Selon les chercheurs de l’Université de Boulder, le dernier phénomène similaire observé dans le Colorado s’est produit en 1991, lors de l’éruption du Pinatubo aux Philippines.
Source: The Denver Channel.

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Over the past few weeks, people in Colorado could notice unusually purple sunrises. The cause might be a few thousand miles away.Researchers at Boulder University have collected evidence that points to Raikoke, a volcano located on the Kuril Islands that erupted in June, sending a thick plume of ash and volcanic gases into the atmosphere. NASA satellites observed the eruption, capturing impressive images of the smoke plume (see below). Thanks to a high-altitude balloon, Boulder researchers could detect aerosols – mostly SO2, according to NASA – which scatter sunlight as they pass through the air.Combined with the ozone layer absorbing light, the aerosols can produce a shade of purple in sunrises and sunsets.
The eruption of Raikoke was relatively small (see my posts of 22 and 26 June 2019), but it was enough to impact most of the northern hemisphere. According to Boulder University researchers, the last similar phenomenon observed in Colorado happened in 1991, when Mount Pinatubo erupted in the Philippines.
Source: The Denver Channel.

L’éruption du Raikoke vue depuis l’espace (Source: NASA)