La fracturation hydraulique en Alaska // Fracking in Alaska

drapeau-francaisDès que l’on prononce les mots « fracturation hydraulique » – souvent associés aux gaz de schiste en Europe – on assiste à une levée de boucliers des écologistes qui pensent qu’une telle technique pourrait avoir des effets néfastes sur l’environnement. Aux Etats-Unis, la fracturation hydraulique, ou « fracking », est très répandue dans l’industrie gazière et pétrolière. Un récent article paru dans l’Alaska Dispath News en explique le principe, ainsi que les précautions qui entourent sa mise en place. Je tiens à souligner que la diffusion de cette note est purement informative et ne traduit en aucun cas mon opinion sur la fracturation hydraulique !

La fracturation hydraulique est la dislocation ciblée de formations géologiques peu perméables par l’injection sous très haute pression d’un fluide destiné à fissurer et micro-fissurer la roche. Cette fracturation peut être pratiquée à proximité de la surface, ou à grande profondeur (à plus de 1 km, voire à plus de 4 km dans le cas du gaz de schiste), et à partir de puits verticaux, inclinés ou horizontaux.

Ces techniques suscitent depuis la fin des années 2000-2010 une controverse en Amérique du Nord, qui semble s’étendre dans le monde, alors que de grands groupes industriels envisagent d’exploiter de nouveaux champs pétroliers et gaziers dans les grands fonds marins, en Alaska, au Canada et dans le reste du monde.

Au moment où une compagnie pétrolière du Texas se prépare à débuter dans quelques semaines un forage qui débouchera sur des opérations de fracturation hydraulique à grande échelle dans Cook Inlet en Alaska, un groupe écologiste demande que les clauses gérant de tels forages soient modifiées afin que le public puisse avoir son mot à dire sur les futures campagnes de fracturation. Les partisans de la fracturation hydraulique font remarquer que le recours à une audience publique chaque fois que la fracturation hydraulique est envisagée pour augmenter la production de pétrole ou de gaz serait une perte de temps et ne présente aucun avantage. Ils ajoutent que la fracturation profonde est pratiquée depuis plus de cinq décennies en Alaska sans nuire à l’environnement. De plus, les règles concernant la fracturation dans cet Etat ont été renforcées en 2014.
Cependant, de nombreux Alaskiens, en particulier ceux qui vivent à proximité du projet de forage d’un long puits horizontal par la compagnie BlueCrest Energy sur la péninsule de Kenai, aimeraient être mieux informés sur les opérations de fracturation avant qu’elles débutent. Les gens s’inquiètent des menaces potentielles pour l’eau potable et la faune, ainsi que les séismes qu’une telle activité pourrait provoquer.
La fracturation hydraulique – qui utilise principalement de l’eau avec du sable et des produits chimiques pour fracturer et maintenir la roche ouverte pour augmenter la production de pétrole et de gaz – a commencé à North Slope en 1963 et à Cook Inlet deux ans plus tard. Près de 1 900 puits, soit environ le quart des puits forés en Alaska, ont été fracturés depuis cette date, sans causer le moindre problème. Il n’y a pas eu de cas de pollution des nappes phréatiques. Les  inquiétudes concernant la fracturation hydraulique sont nées dans cet État au cours des deux dernières années, après que certaines opérations de fracturation dans des Etats plus au sud aient été tenues pour responsables des séismes et de fuite de méthane dans les eaux souterraines.
La plupart des opérations de fracturation hydraulique ont eu lieu jusqu’à présent dans la région de North Slope, loin des zones habitées. Le cas de la compagnie BlueCrest est différent. Elle envisage de forer son puits à 10 km au nord d’Anchor Point, pas très loin de Homer et d’autres localités de la péninsule du Kenai, ce qui soulève des inquiétudes. Ce sera le premier programme de fracturation horizontale à grande échelle dans la région avec la mise en place de puits multi-fracturés, d’au moins 6 km de longueur. La multi-fracturation  signifie qu’au lieu des grandes fractures uniques réalisées dans le passé, la compagnie prévoit de faire de petites fractures contrôlées.
Lorsqu’une compagnie demande l’autorisation de mener une opération de fracturation hydraulique en Alaska, elle doit prouver qu’elle a avisé les propriétaires fonciers dans un rayon de 800 mètres d’un puits à forer. La demande de forage doit s’accompagner informations sur l’opération prévue, y compris les détails sur les puits, les produits chimiques prévus et le volume des fluides de fracturation, ainsi qu’un état des lieux des puits d’eau douce dans la zone afin d’obtenir des données sur leur état avant que puissent apparaître les effets de la fracturation. Une fois la fracturation terminée, la composition chimique et les volumes du fluide utilisé pendant l’opération doivent être signalés à l’agence et sur le site fracfocus.org, où figure un registre géré par l’Interstate Oil and Gas Compact Commission et le Ground Water Protection Council.

La population locale a peur que Cook Inlet soit pollué par les liquides de fracturation ou par d’autres rejets liés à l’opération, ce qui nuirait aux saumons et à d’autres espèces sauvages. Toutefois, les autorités assurent que la conception du puits permettra d’éviter les problèmes souterrains comme les fuites de gaz ou de liquides.
La compagnie BlueCrest prévoit de commencer le forage à la fin du mois de novembre sur un site où des forages ont déjà été effectués. La fracturation hydraulique proprement dite devrait avoir lieu au printemps.
Bien que le forage du puits se situe sur terre, la fracturation hydraulique aura lieu à environ 2 km sous le fond marin et à 5 km de la côte, après le forage horizontal. Les fissures microscopiques ouvertes dans la roche par la pression du liquide de fracturation parcourront une soixantaine de mètres et ne viendront pas atteindre le fond marin à 2 km au-dessus. Le tuyau d’acier acheminant le pétrole et le gaz naturel vers la terre sera inséré dans un autre tuyau en acier. Le tuyau extérieur sera entouré de ciment, protection supplémentaire qui empêchera le gaz naturel de migrer à l’extérieur du tuyau et de polluer l’eau potable. Un dispositif inséré dans le tuyau utilise des ondes de compression pour vérifier la solidité du ciment sur «chaque centimètre», avec des résultats de tests analysés par des spécialistes.
En ce qui concerne les séismes, le risque causé par la fracturation hydraulique semble faible dans Cook Inlet. Même s’ils se produisent, de tels événements seront trop faibles pour causer des dégâts. La sismicité n’aurait pas d’effet, non plus, sur les volcans qui se dressent le long de Cook Inlet.
L’injection d’eaux usées, lorsque les fluides produits avec le pétrole ou le gaz sont renvoyés sous terre, est plus susceptible de provoquer les séismes qui ont été associés aux opérations de fracturation dans des Etats plus au sud. Les volumes d’eau généralement réinjectés dans les puits de forage en Alaska ont été plus faibles que dans ces États où ont été observés les séismes.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisHydraulic fracturing (also called fracking) is the targeted disruption of geological formations with low permeability by injecting a fluid under high pressure to crack and micro-crack the rock. This fracturing can be performed near the surface or at depth (more than 1 km, or even over 4 km in the case of shale gas), and from vertical, horizontal or inclined wells.
Since the late 2000-2010, these techniques have triggered controversy in North America, which seems to be spreading around the world, while large industrial operators are preparing to exploit new oil and gas fields in the deep ocean, in Alaska, Canada and the rest of the world.

With a Texas oil company weeks away from launching drilling that will lead to large-scale hydraulic fracturing in Cook Inlet, a conservation group wants Alaska well regulators to change their rules so the public can weigh in on future fracking operations before they are approved. Industry supporters answer that being forced into a public hearing each time they are proposing to use hydraulic fracturing to increase the flow of oil or gas would add costs and time without any benefit. They say companies have been fracturing formations deep underground for more than five decades in Alaska without harming the environment. And Alaska’s rules were strengthened in 2014.

However, many Alaskans, including those living near the long horizontal well BlueCrest Energy plans to drill on the Kenai Peninsula, would welcome the opportunity to learn more about fracking operations before they occur. People are concerned about potential threats to drinking water, wildlife and the earthquakes such activity might cause.

Hydraulic fracturing — using mostly water plus sand and chemicals to crack and hold open rock to increase oil and gas production — began on the North Slope in 1963 and in Cook Inlet two years later. Almost 1,900 wells, about one fourth of the wells drilled in Alaska, have been fracked since then without problems. There have been no documented instances of harm to fresh groundwater in Alaska, but concerns about fracking have grown in this State over the last couple of years, after some fracking in the Lower 48 has been blamed for earthquakes and for methane leaking into groundwater.

Though most fracking has occurred on the North Slope far from residential areas, the case of BlueCrest is different. It hopes to drill its well 10 km north of Anchor Point, close enough to Homer and other communities on the Peninsula to raise concerns. It will be the first large-scale, horizontal fracking program for the region using multistage fracks, with wells extending at least 6 km. Multistage means instead of the single, large fractures made in the past, the company plans to make many small, controlled fractures.

When a company applies for permission to conduct a fracking operation, it must show it has notified land owners within an 800-metre radius of a planned well-bore. The application requires information about the planned operation, including well details, the anticipated chemicals and volume of fracking fluids, and a plan for sampling water wells in the area to obtain baseline data before any effects from fracking could appear. After the fracking is complete, the chemical composition and volumes of the fracking fluid must be reported to the agency and to fracfocus.org, a disclosure registry run by the Interstate Oil and Gas Compact Commission and the Ground Water Protection Council.

Local people are worried Cook Inlet will be polluted by fracking fluids or other waste related to the work, hurting salmon and other wildlife. However, officials contend that the design of the well will prevent problems underground, such as from leaking gas or liquids.

BlueCrest expects to start drilling later this month at a site where previous test drilling has been conducted. Fracking activity is expected to take place in spring.

Though the well will begin onshore, the hydraulic fracturing will take place about 2 km under the seabed and 5 km from shore after horizontal drilling takes place. The microscopic cracks in rock caused by pressure from the fracking fluid will travel 60 metres and won’t come close to reaching the seabed 2 km above. The steel pipe transporting oil and natural gas to land will be inserted into another steel pipe. The outer pipe will be surrounded by cement, another protection that will prevent natural gas from migrating outside the pipe and into drinking water. A device inserted into the pipe uses compression waves to check the integrity of the cement along « every centimetre, » with test results analyzed by experts.

As for induced earthquakes, the chance one will be caused by fracking or fracking-related activity appears to be small in Cook Inlet. Even if one happens, the earthquake would likely be too small to cause damage. The seismicity would not affect the volcanoes along Cook Inlet.

Wastewater injection, when fluids produced with oil or gas are put back underground, is more likely to cause the earthquakes that have been associated with fracking operations in some places in the Lower 48. But the volumes of water typically reinjected into wells in Alaska have been smaller than in states where industry-induced earthquakes have been studied.

Source : Alaska Dispatch News.

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Vue de Cook Inlet et des volcans le long de ce bras de mer (Source: AVO)

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Exemple de fracturation hydraulique pour la production de gaz de schiste.

(Source: HydroFrac)

 

La sismicité dans l’Oklahoma et à l’est des Rocheuses // Seismicity in Oklahoma and to the east of the Rockies

drapeau-francaisUn séisme de M 5 0 a frappé la ville de Cushing dans l’Oklahoma à 01:44 (TU) le 7 novembre 2016. L’USGS fait état d’une profondeur de 5 km. Cet événement intervient juste deux mois après une secousse de M 5.8, la plus forte dans l’histoire de l’Oklahoma ; elle avait causé des dégâts dans la ville de Pawnee et entraîné la fermeture de 37 puits de pétrole. Elle a été ressenti jusque dans l’Iowa, l’Illinois et le Texas.
Selon les médias, le dernier séisme s’est produit à proximité de l’un des plus importants sites pétroliers au monde, ce qui a fait craindre des dégâts à des infrastructures majeures. Toutefois, les exploitants des oléoducs au terminal de stockage de pétrole de Cushing ont déclaré qu’ils n’avaient pas relevé de problèmes.
Ces dernières années, l’Oklahoma a connu des milliers de séismes. Presque tous ont été attribués à l’injection souterraine d’eaux usées provenant de la production de pétrole et de gaz (NDLR : par fracturation hydraulique).
La majeure partie de l’Amérique du Nord située à l’est des montagnes Rocheuses n’est pas soumise à une activité sismique intense. Ici et là, on observe quelques événements plus nombreux, par exemple dans la zone sismique de New Madrid dans le sud-est du Missouri ou dans la zone sismique Charlevoix-Kamouraska dans l’est du Québec.
La plupart des séismes en Amérique du Nord à l’est des Rocheuses se produisent au niveau de fractures dans le substrat rocheux, généralement à plusieurs kilomètres de profondeur. Malgré tout, peu de séismes à l’est des Rocheuses sont liés à des failles géologiques cartographiées, contrairement à ce qui se passe dans un Etat comme la Californie avec la faille de San Andreas. Les scientifiques qui étudient les séismes dans les parties septentrionale et centrale de l’Amérique du Nord pensent que les séismes se produisent suite à des mouvements de failles qui se sont formées à des époques géologiques antérieures et qui ont été réactivées suite aux contraintes auxquelles elles sont soumises de nos jours.

Comme ailleurs dans le monde, il a été prouvé que certains séismes dans le centre et l’est de l’Amérique du Nord ont été déclenchés par des activités humaines qui ont exercé suffisamment de contraintes dans la croûte terrestre pour avoir un effet sur des failles. Ces activités comprennent la mise en eau des barrages, l’injection de fluides dans la croûte terrestre, l’extraction de fluides ou de gaz, et l’extraction de roches dans les mines ou les carrières.

La conclusion de l’USGS est assez révélatrice de l’approche américaine de la sismicité induite par l’homme: « Prouver scientifiquement qu’il existe un lien causal entre une activité humaine particulière et l’activité sismique qui y serait liée requiert des études consacrées spécifiquement à cette question. »
Source: USGS.
La prochaine note aura pour sujet la fracturation hydraulique, ou « fracking », en Akaska, et son impact potentiel sur l’environnement.

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drapeau-anglaisAn M 5 .0 earthquake hit the city of Cushing, Oklahoma at 01:44 UTC on November 7th, 2016. USGS reported a depth of 5 km. This quake hit just two months after an M 5.8 event, the strongest earthquake in Oklahoma’s history, shook Pawnee and forced shutdowns of 37 oil wells. It was felt as far away as Iowa, Illinois and Texas.

According to media reports, it was a sharp earthquake near one of the world’s key oil hubs which triggered fears it might have caused damage to key infrastructure. However, pipeline operators at the Cushing, Oklahoma, oil storage terminal said that there have been no immediate reports of any problems.

In recent years, Oklahoma has had thousands of earthquakes. Nearly all have been traced to the underground injection of wastewater left over from oil and gas production.

Most of North America east of the Rocky Mountains has infrequent earthquakes. Here and there earthquakes are more numerous, for example in the New Madrid seismic zone centered on southeastern Missouri, or in the Charlevoix-Kamouraska seismic zone of eastern Quebec.

Most earthquakes in North America east of the Rockies occur as faulting within bedrock, usually several kilometres deep. Few earthquakes east of the Rockies, however, have been definitely linked to mapped geologic faults, in contrast to the situation at plate boundaries such as California’s San Andreas fault system. Scientists who study eastern and central North America earthquakes often work from the hypothesis that modern earthquakes occur as the result of slip on preexisting faults that were formed in earlier geologic eras and that have been reactivated under the current stress conditions.

As is the case elsewhere in the world, there is evidence that some central and eastern North America earthquakes have been triggered or caused by human activities that have altered the stress conditions in earth’s crust sufficiently to induce faulting. Activities that have induced felt earthquakes in some geologic environments have included impoundment of water behind dams, injection of fluid into the earth’s crust, extraction of fluid or gas, and removal of rock in mining or quarrying operations.

The USGS conclusion is quite revealing of the US approach of human-induced seismicity: “Making a strong scientific case for a causative link between a particular human activity and a particular sequence of earthquakes typically involves special studies devoted specifically to the question.”

Source: USGS.

The next note will be about hydraulic fracturing, or fracking, in Akaska and its potential impact on the environment.

Source: USGS.

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Localisation du séisme du 7 novembre dans l’Oklahoma (Source: USGS)

Une prise de conscience de la situation dans l’Arctique ? // An awareness of the situation in the Arctic ?

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment (voir ma note du 13 mai), plusieurs grandes compagnies pétrolières et gazières ont renoncé à la plupart de leurs concessions dans l’Arctique américain. Au même moment, le président Obama et d’autres responsables politiques sont mis sous pression pour prendre des mesures afin de mettre fin au réchauffement de cette région du globe.

De nombreux législateurs démocrates et des militants écologistes font pression sur l’administration américaine pour qu’elle interdise carrément les forages dans l’Arctique dans le cadre du prochain plan quinquennal d’attribution des concessions qui court de 2017 à 2022.

Plusieurs membres démocrates et républicains de la Chambre des Représentants ont adressé une lettre au Secrétaire à l’Intérieur avec ces mots: «… l’Océan Arctique doit être mis à l’abri, de façon permanente, de tout forage pétrolier et ne doit pas être utilisé pour exploiter davantage des combustibles fossiles dont nous n’aurons pas besoin si nous voulons promouvoir un avenir basé sur des énergies propres « .
La nouvelle politique pour un Arctique propre se fait jour au moment où les chefs d’états du Danemark, de Finlande, d’Islande, de  Suède et de Norvège viennent de rencontrer le Président Obama à la Maison Blanche pour discuter de questions comme la sécurité mondiale, le commerce et le changement climatique, sans oublier la situation précaire de l’Arctique. Le communiqué final demande aux nations nordiques de poursuivre les efforts pour ralentir le changement climatique et protéger l’environnement, avec l’abandon progressif des combustibles fossiles, domaine dans lequel les pays scandinaves sont des leaders mondiaux. En revanche, aucune mention n’est faite dans le communiqué de l’utilisation du fioul lourd, le plus susceptible de polluer les eaux arctiques en cas de marée noire.
Comme cela a été dit et répété, il est urgent d’agir. La surface occupée par la glace de mer pendant l’hiver a établi un nouveau record au mois de mars 2016 avec une surface inférieure à celle du précédent record établi en  2014-2015. Ce même mois, certaines zones de l’Arctique présentaient une température supérieure de plus de 4 degrés Celsius à la moyenne historique. Le mois d’avril a enregistré la plus faible couverture neigeuse de l’hémisphère nord de tous les temps. Plus au sud, en Alberta, les feux de forêt ont décimé Fort Mac Murray, une importante zone de production de pétrole pour le Canada.
Les administrations des pays nordiques envisagent de commander une étude pour savoir quel impact aurait sur l’Arctique une augmentation de la température mondiale de 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels (donc inférieure aux 2 degrés prévus dans le cadre de la COP 21). Les scientifiques font remarquer que même une augmentation inférieure à 1,5°C aurait un énorme effet sur l’Arctique parce que la région se réchauffe beaucoup plus rapidement que d’autres parties du monde. Comme l’a indiqué un scientifique: « Une hausse de température de 1 ou 1,5 degré dans un endroit comme Washington est quelque chose que l’on ne remarque pratiquement pas, mais dans l’Arctique, ce peut être la différence entre le patinage sur la glace et la natation ! »
Dans une interview, l’ambassadeur de Suède aux États-Unis a déclaré que « tous les pays doivent d’abord s’efforcer de mettre en œuvre l’accord climatique réalisé en décembre à Paris avant de vouloir atteindre des objectifs climatiques plus ambitieux. » L’ambassadeur de Norvège aux Etats-Unis a déclaré de son côté que son pays était tout à fait conscient des impacts climatiques ; c’est la raison pour laquelle la Norvège s’est engagée à dépenser 366 millions de dollars par an pendant les dix prochaines années pour préserver les forêts dans les pays pauvres.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisAs I put it before (see my note of May 13th), several major oil and gas firms have abandoned most of their leases in the American Arctic, just as President Obama and others are coming under increased pressure to avert dangerous warming in the region. Many Democratic lawmakers and environmental activists are pushing for the administration to ban Arctic drilling altogether as part of the next five-year leasing plan, which runs from 2017 to 2022.

Several Democrat and Republican members of the House of Representatives have sent a letter to the Interior Secretary with these words: « … the Arctic Ocean should be permanently protected from oil drilling, not used to drill for more fossil fuels that we will not need if we are serious about powering our future with clean energy. »

The new push for a clean Arctic comes as the leaders of Denmark, Finland, Iceland, Sweden and Norway have just met with Obama at the White House to discuss issues including global security, trade and climate change, together with the precarious state of the Arctic. The final joint statement calls for the nations to forge ahead with efforts to slow climate change and protect the environment, including a shift away from fossil fuels, an area where Scandinavian countries are world leaders. However, no specific mention is made of the use of heavy fuel oil, the most likely to pollute Arctic waters in case of an oil spill.

As I put it previously, in March, the maximum winter sea ice extent hit an all-time recorded low, as it shrunk below the 2014-15 record low. That same month, parts of the Arctic were more than 4 degrees Celsius higher than the historic average. April marked the lowest Northern Hemisphere snow cover on record. Farther south, in Alberta, raging wildfires have decimated Fort Mc Murray, a major oil-producing area for Canada.

Officials from the Nordic nations are debating whether to call for a study of how a global temperature rise of 1.5°C from pre-industrial levels (which is below the 2-degree increase the world’s nations pledged to meet as part of the recent Paris conference) would impact the Arctic. Scientists have indicated that even the lower temperature increase would have an enormous affect on the Arctic, because the region warms much faster than other parts of the world. As one scientist put it: « A 1 or 1.5 degree temperature rise in a place like Washington is something you may not notice that much, but up in the Arctic it can be the difference between skating on the ice, and swimming. »

In an interview, Sweden’s ambassador to the United States said that “the world’s nations must focus on implementing the global climate accord reached in December in Paris before committing to more ambitious climate targets.” Norway’s ambassador to the United States said that his nation was keenly aware of climate impacts, which is why it had pledged to spend $366 million a year for the next decade to preserve forests in poorer countries.

Source : The Washington Post.

Shell

Plateforme pétrolière Shell ancrée dans le port de Seattle

(Crédit photo: Wikipedia)

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Fonte de la glace de mer au large du Groenland

(Photo: C. Grandpey)

 

Bonnes nouvelles pour l’environnement dans l’Arctique // Good news for the Arctic environment

drapeau-francaisLa compagnie pétrolière BP, gestionnaire du plus grand gisement de pétrole de la région de North Slope en Alaska, le long de la côte de l’océan Arctique, prévoit une forte réduction de l’activité de forage cette année en raison de la baisse du prix du pétrole. Cette décision va entraîner une diminution de la production d’or noir dans la majeure partie du site de Prudhoe Bay, point de départ de l’oléoduc trans-alaskien.
La décision de faire fonctionner les plates-formes au ralenti a été annoncée en mars, peu de temps après que le prix du brut produit à North Slope ait chuté à 27 dollars le baril. Les cours ont certes remonté depuis pour atteindre 45 dollars, mais c’est encore moins de la moitié du cours du brut il y a deux ans.
Le plan annuel prévoit l’utilisation de 32 puits de forage, contre 60 l’an dernier. Il faudrait que le prix du brut à North Slope atteigne un niveau acceptable, au-dessus de 50 dollars le baril, avant que d’autres plates-formes de forage puissent reprendre du service à Prudhoe Bay. Leur nombre ne devrait pas recommencer à augmenter avant 2018, à condition que les cours soient favorables.

De son côté, la compagnie pétrolière Shell a décidé de renoncer à toutes ses concessions sauf une en Mer des Tchouktches, ce qui semble mettre un terme définitif à un investissement de plusieurs milliards de dollars destiné à transformer les eaux arctiques au large du nord-ouest de l’Alaska en une nouvelle frontière pour la production de pétrole. Cette stratégie est toutefois conforme à une décision antérieure de ne pas explorer au large des côtes de l’Alaska dans les années à venir. Les concessions en Mer des Tchouktches devaient arriver à leur terme en 2020. Malgré tout, Shell détient toujours des concessions dans la mer de Beaufort au large du nord de l’Alaska, ainsi que d’autres en Alaska territoriale.
Certains sont déçus par la décision de Shell de renoncer à ses concessions en Mer des Tchouktches. Avec un oléoduc qui est aux trois quarts vide et un déficit budgétaire de 4 milliards de dollars, il est absolument essentiel que la compagnie pétrolière trouve de nouvelles opportunités de forage à la fois sur terre et en mer en Alaska
D’autres disent que la décision d’abandonner les concessions est une bonne nouvelle. Dans la perspective d’un avenir durable pour l’Océan Arctique, la compagnie Shell a été forcée de reconnaître que l’exploration pétrolière offshore dans l’Arctique ne mérite pas de prendre des risques environnementaux ou économiques.

Ce sont là de bonnes nouvelles, à condition que les décisions prises par les deux sociétés soient valables sur le long terme. Il est à craindre que si le prix du pétrole augmente à nouveau, les grandes compagnies pétrolières seront tentées d’entreprendre de nouveaux forages dans l’Arctique, quelles que soient les conséquences environnementales.

Source : Alaska Dispatch News.

D’autres compagnies pétrolières comme Total, Eni, Encana, Armstrong et Iona ont déjà abandonné leurs concessions trop coûteuses dans les mers arctiques.

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drapeau-anglaisBP, the operator of the largest oil field on the North Slope, along the Arctic Ocean in Alaska, is planning a big reduction in drilling activity this year because of low oil prices, a step that will lead to less oil production from the largest part of Prudhoe Bay, starting point of the trans-Alaska pipeline. .

The decision to idle the rigs was announced in March, not long after Alaska North Slope crude was selling for $27 a barrel. The price of that oil has since risen, to $45, still less than half what it was two years ago.

The annual plan calls for 32 wells to be drilled, compared to 60 the year before. North Slope crude prices will need to rise to a sustainable level above $50 before more drilling rigs can be returned to work at Prudhoe Bay. The Prudhoe Bay rig count is not expected to begin increasing until 2018, provided prices are favourable.

Shell has decided to give up all but one of its federal offshore leases in the Chukchi Sea, bringing what appears to be an anticlimactic end to its multibillion-dollar effort to turn those icy Arctic waters off northwestern Alaska into a new oil-producing frontier. This action is consistent with an earlier decision not to explore offshore Alaska for the foreseeable future

The Chukchi Sea leases were scheduled to expire in 2020. Shell still holds leases in the Beaufort Sea off northern Alaska,as well as leases in Alaska state territory

Some think the news that Shell will be relinquishing all but one of its offshore leases in the Chukchi Sea is disappointing. With a pipeline that is three-quarters empty and a $4 billion budget deficit, it is absolutely critical that the company finds safe and responsible opportunities to drill for more oil both on-shore and off-shore in Alaska

Others say the company’s decision to give back the leases is good news. In the effort to have a sustainable future for the Arctic Ocean, Shell has had to recognize that offshore oil exploration in the Arctic is not worth the environmental or economic risks.

This is good news, provided the decisions taken by both companies are kept for the long term. We may fear that if oil prices rise again, the big oil companies will be tempted to start new drilling in the Arctic, whatever the environmental consequences.

Source: Alaska Dispatch News.

It should be noted that other companies have already dropped their too costly offshore Arctic leases, including Total, Eni, Encana, Armstrong and Iona.

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Vue de l’Alaska, avec la Mer des Tchouktches, la Mer de Beaufort, la région de North Slope avec Prudhoe Bay, et en rouge l’oléoduc trans-alaskien.

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Portion de l’oléoduc trans-alaskien (longueur: 1300 km) entre Prudhoe Bay au nord et Valdez au sud.

(Photo: C. Grandpey)

Des promesses pour l’Arctique // Promises for the Arctic

drapeau francaisLa semaine dernière, lors d’une visite à la Maison Blanche du Premier Ministre canadien, Justin Trudeau et Barack Obama ont annoncé un plan commun visant à réduire les émissions de méthane de l’industrie pétrolière et gazière, ainsi qu’une série de mesures pour protéger l’environnement dans l’Arctique. Cependant, la délégation de l’Alaska au Congrès a critiqué la timidité des mesures et regretté le manque de concertation avec la partie arctique des États-Unis.
Les deux dirigeants ont dit qu’ils voulaient réduire 40 à 45 pour cent des émissions de méthane de l’industrie pétrolière et gazière d’ici 2025, que ce soit au niveau des puits existants et ceux qui seront forés. Aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency (EPA) va dès à présent commencer à définir les nouveaux critères d’exploitation.
Trudeau et Obama ont rappelé que les émissions de méthane représentent environ 10 pour cent des émissions de gaz à effet de serre en Amérique du Nord, à côté d’autres émissions, comme le dioxyde de carbone, qui constituent la majeure partie de ces gaz. Toutefois, le méthane a un impact beaucoup plus important sur le climat, environ 25 fois supérieur à celui du CO2 sur une période de 100 ans.
Il faudra au moins deux ans à l’EPA pour définir les normes concernant le méthane, ce qui signifie que la gestion de la situation incombera probablement au prochain président. Il est fort probable que les candidats démocrates à l’élection présidentielle choisiront de continuer la politique d’Obama alors que les candidats républicains n’accepteront pas les nouvelles réglementations pétrolières et gazières qu’aura définies l’EPA.

Le Canada prendra des mesures similaires, en proposant de nouveaux critères d’exploitation au début de l’année prochaine, et les deux pays prévoient de collaborer. Ils ont promis d’accélérer leur politique en matière d’énergie éolienne solaire et hydroélectrique dans les réseaux électriques. Ils désirent également harmoniser les normes d’économie énergétique pour les produits de consommation et encourager l’innovation énergétique.
En ce qui concerne l’environnement, Obama et Trudeau ont réaffirmé leurs objectifs de protection de 17 pour cent des terres et 10 pour cent des zones marines dans l’Arctique d’ici 2020, avec des plans pour travailler avec les communautés autochtones de la région afin d’élaborer «une économie de l’Arctique durable ». Mais « durable », pour les deux hommes, sous-entend des activités commerciales, y compris la navigation, la pêche et l’exploitation pétrolière et gazière qui devront s’effectuer avec les plus hautes normes de sécurité et de protection de l’environnement. Obama et Trudeau veulent conserver des couloirs maritimes dans l’Arctique pour limiter l’utilisation excessive de carburant et réduire les émissions de carbone provoquées par la navigation dans la mer de Beaufort.
Les représentants de l’Alaska au Congrès ont regretté la timidité des plans concernant leur Etat et affirment qu’ils ne seront pas d’une grande utilité pour les populations arctiques. Ils sont persuadés que la plupart des mesures préconisées par les deux présidents ne protègeront guère les Alaskiens. Elles ne feront que saper encore davantage une économie déjà en difficulté et ne réduiront malheureusement pas les  pertes d’emplois.
Néanmoins, les groupes écologistes ont salué les annonces faites par Obama et Trudeau et pensent qu’elles ont ouvert « la voie à un avenir dans lequel les ressources de l’Arctique seront gérées en respectant une forte éthique environnementale. »
Source: Alaska Dispatch News.
Les annonces faites par Trudeau et Obama montrent bien les difficultés des deux présidents à trouver un équilibre entre les intérêts économiques et la protection de l’environnement. Je suis sûr que les deux hommes sont sincères dans leurs intentions de réduire le méthane et les autres gaz à effet de serre, mais ils doivent faire face à la pression des lobbies industriels qui sont très puissants aux États-Unis et au Canada.

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drapeau anglaisLast week, during a visit to the White House, Canadian Prime Minister Justin Trudeau and President Barack Obama announced a joint plan to cut methane emissions from the oil and gas industry and a suite of plans to protect the environment in the Arctic. However, Alaska’s congressional delegation criticized the statement as myopic and lacking in input from anyone from the United States Arctic.

Both leaders said they will aim to cut 40 to 45 percent of the oil and gas industry’s methane emissions by 2025, from both existing and new wells. In the U.S., the Environmental Protection Agency (EPA) will begin drafting regulations immediately.

Trudeau and Obama reminded that methane emissions account for only about 10 percent of U.S. greenhouse gas emissions, with other emissions like carbon dioxide making up the bulk of greenhouse gases. But methane has a far greater impact on climate, about 25 times that of carbon dioxide over a 100-year period.

Getting final methane regulations would take the EPA at least two years, which means the outcome is most certainly up to the next president. It’s very likely that current Democratic presidential candidates would choose to continue Obama’s methane charge whereas Republican candidates are likely to put a stop to new oil and gas regulations.

Canada will take similar action, proposing new regulations by early next year, and the two countries plan to collaborate on policies and strategies. The two also promised to work on integrating more wind, solar and hydro power into electrical grids, align energy-efficiency standards for consumer products and other efforts to support energy innovation.

As far as the environment is concerned, Obama and Trudeau reaffirmed existing goals of protecting 17 percent of land and 10 percent of marine areas in the Arctic by 2020, and plans to work with Native communities in the region to craft “a sustainable Arctic economy.” But “sustainable”, for Trudeau and Obama, means commercial activities, including shipping, fishing, and oil and gas exploration and development” that can only happen under the highest safety and environmental standards. The pair wants to keep Arctic shipping corridors to limit risks posed by heavy fuel oil use and black carbon emissions from shipping in the Beaufort Sea.

The representatives of Alaska said the plan was short on Alaskan input and charged that it wouldn’t do much for the state’s Arctic people. They believe that a lot of the policies that both presidents are laying out aren’t going to do anything to protect Alaskans. They’re going to further undermine a struggling economy and the further loss of jobs.

Nevertheless, environmental groups quickly lauded the announcements and said they set “the stage for a future in which our nation’s shared Arctic resources are managed under the strongest environmental ethic.”

Source: Alaska Dispatch News.

The announcements made by Trudeau and Obama show the difficulties of both presidents to strike a balance between economic interests and the protection of the environment. I’m sure both of them are sincere in their intentions to reduce methane and other greenhouse gases, but they have to face the pressure of industrial lobbies which are very powerful in the US and Canada.

Arctic

Vue de l’Arctique (Source: NASA)

Obama mécontente l’Alaska // Obama annoys Alaska

drapeau francaisComme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, les Américains ont été conditionnés par leurs gouvernements – surtout quand les Républicains étaient au pouvoir – à l’idée que le changement et le réchauffement climatiques sont le résultat d’un cycle naturel et que leurs industries, en particulier l’industrie pétrolière, ne sont pas responsables du phénomène.
Ces derniers mois, après les promesses de la COP 21, l’administration Obama a pris plusieurs décisions pour réduire l’impact de l’exploration pétrolière dans l’Arctique. L’administration envisage maintenant d’interdiction des forages en mer dans plusieurs zones de l’Océan Arctique au large de l’Alaska. Ce projet se situe dans le cadre d’un plan de gestion de l’industrie pétrolière jusqu’en 2022. Il a déclenché des vagues de colère dans l’État où le pétrole est depuis plusieurs décennies un pilier de l’économie alaskienne. Les habitants craignent que les récentes mesures visant à réduire l’exploration et l’exploitation pétrolière dans l’Arctique conduisent à un effondrement de l’économie de l’Alaska, avec une forte augmentation du chômage. Tant pis pour la fonte des glaciers !
La dernière proposition de l’administration Obama comprend plusieurs options relatives au forage en mer en Alaska: La proposition qui a le plus de chances d’aboutir prévoit une vente de bail unique dans chacune des zones suivantes : la mer des Tchouktches, la mer de Beaufort et Cook Inlet. Une autre option « ne comporte aucun renouvellement de bail et prévoit d’autres mesures visant à protéger les ressources naturelles et réduire les conflits avec d’autres utilisations de l’océan, comme les activités de subsistance. »
La décision de l’administration fait suite aux plans annoncés récemment par le Président Obama  et le Premier Ministre canadien Justin Trudeau dont le but est de donner la priorité à la protection de l’environnement en Arctique. Les deux hommes ont expliqué qu’ils n’autoriseraient les forages commerciaux dans l’Arctique que s’ils répondaient aux meilleures normes de sécurité et aux exigences environnementales, y compris les questions liées au changement climatique.
En janvier 2015, Obama avait déjà ordonné l’interdiction des forages dans certaines parties des mers de Beaufort et des Tchouktches. En décembre 2014, il avait mis un frein aux forages dans les eaux de la Baie de Bristol pour protéger les eaux de pêche.

Source: Alaska Dispatch News.

D’un point de vue politique, Obama ne risque pas grand chose. L’Alaska, Etat riche grâce à ses ressources pétrolières, a une tradition de vote républicain. Les récentes décisions de l’administration Obama ne risquent donc pas de faire trop d’ombre à la candidature démocrate d’Hillary Clinton. Mes contacts en Alaska m’ont indiqué qu’ils « s’attendaient au pire  » si Hillary Clinton devenait présidente des Etats Unis.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs I put it several times before, American people have been conditioned by their governments, above all when the Republicans were in office, to the idea that climate change and global warming are the result of a natural cycle and that their industries, especially the oil industry are not responsible for the phenomenon.

In recent months, following the promises of the Paris climate conference, the Obama administration has taken several decisions to reduce the impact of oil exploration in the Arctic. The administration is now considering barring offshore drilling in more areas of the Arctic Ocean off Alaska as part of a years-long effort to establish a plan for the oil industry through 2022. The prospect of this decision has triggered waves of anger in the State where oil has been a backbone of the economy for several decades. There are fears that the recent measures to reduce oil exploration and exploitation in the Arctic might lead to a fall of the Alaskan economy together with a strong increase in unemployment. Let’s forget the melting of the glaciers!

The latest proposal includes several options for Alaska offshore drilling: The lead proposal would consider a single lease sale each in the Chukchi Sea, Beaufort Sea and Cook Inlet planning areas. An alternative option “includes no new leasing, as well as other measures to protect natural resources and reduce conflicts with other ocean uses, such as subsistence activities.”

The move follows President Barack Obama’s recently announced plans to focus on protecting the Arctic environment, along with Canadian Prime Minister Justin Trudeau. Obama and Trudeau said they would allow commercial drilling in the Arctic only if it meets the highest possible safety and environmental standards — including issues related to climate change.

In January 2015, Obama ordered prohibitions on drilling in portions of the Beaufort and Chukchi seas. The previous month, the president restricted drilling in waters of Bristol Bay to protect fishing waters.

Source: Alaska Dispatch News.

From a political standpoint, Obama does not risk much. Alaska, a State rich with oil resources, regularly votes Republican. Recent decisions of the Obama administration are therefore unlikely to make too much shade for the Democratic nomination of Hillary Clinton. My contacts in Alaska told me that they « expected the worst » if Hillary Clinton became President of the United States.

Oleoduc

L’oléoduc trans-alaskien, colonne vertébrale de l’économie de cet Etat.

(Photo: C. Grandpey)

Après la COP 21 // After the Paris conference on climate change

drapeau-francaisLa COP 21 est terminée et le réchauffement climatique continue, avec des températures qui ont établi de nouveaux records en 2015. À peine un mois après que les dirigeants du monde soient convenus de réduire leurs émissions de carbone, la promesse en faveur des énergies renouvelables fait face à son premier véritable test avec l’effondrement du prix du pétrole.

Aux États-Unis, les gens ne trouvent plus aucun intérêt dans les voitures électriques et continuer à acheter des 4X4 et autres véhicules utilitaires gourmands en énergie. Pourtant, l’administration Obama exige toujours des constructeurs automobiles qu’ils réduisent de moitié la consommation de leurs véhicules d’ici 2025.
En Chine, les responsables gouvernementaux prennent également des mesures pour s’assurer que la récente chute du prix du pétrole ne remettra pas en cause les programmes visant à améliorer l’efficacité énergétique. Début janvier, l’agence de planification économique a introduit de nouvelles règles visant à décourager la consommation de produits pétroliers.
Jusqu’à présent, rien ne dit que les Etats-Unis et la Chine ne tiendront pas leurs promesses d’encourager les sources d’énergie renouvelables.
Malgré les récentes turbulences sur les marchés de l’énergie, les industries renouvelables prospèrent. Il y a quelques jours, le ministère américain de l’énergie a déclaré que l’énergie renouvelable consommée aux États-Unis cette année augmentera de 9,5%. Les perspectives à plus long terme semblent optimistes car les cours du pétrole continuent à chuter et le Congrès américain en décembre 2015 a étendu les crédits d’impôts pour les nouveaux projets éoliens et solaires. La production d’énergie solaire devrait augmenter de 45% et le gouvernement espère qu’elle représentera le tiers de l’approvisionnement en électricité aux États-Unis en 2050.
En Chine, qui est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, le gouvernement a mis en place une nouvelle règle qui stipule que l’essence et le gasoil seront maintenus à un prix ferme et définitif avec référence à un prix du baril de pétrole à 40 dollars. Le but est d’empêcher les Chinois de consommer essence et diesel sans discernement.

Cependant, à travers le monde, les énergies renouvelables ne connaissent pas toujours le même succès. On se souvient que quelques jours après la COP 21, l’Inde a déclaré qu’elle augmenterait sa production de charbon.
Aux États-Unis, plusieurs centrales nucléaires ont fermé ces dernières années et il y en a très peu en cours de construction, essentiellement à cause de la concurrence du gaz naturel bon marché. La faiblesse du prix du pétrole met en péril le développement de carburants alternatifs dans les transports et l’industrie, y compris les biocarburants dont l’avenir semblait prometteur.
En Espagne, le développement des énergies renouvelables s’est essoufflé quand le gouvernement a commencé à réduire ses aides en 2009, en raison du ralentissement économique.
En Grande-Bretagne, les analystes avertissent que les industries éoliennes et solaires pourraient s’effondrer si le gouvernement arrête de subventionner les énergies renouvelables; deux installateurs d’éoliennes ont récemment annulé des projets.
Au bout du compte, les défenseurs de l’accord de Paris sur le climat estiment que la baisse du prix du pétrole peut affecter de deux façons le développement des énergies renouvelables.
D’une part, le bas prix du pétrole a réduit les investissements dans le forage, ce qui signifie moins d’émissions de méthane sur les sites d’extraction ; de plus, cela n’a pas ralenti l’orientation vers les énergies renouvelables. En revanche, le bas prix de l’essence rend la conduite plus attrayante, ainsi que les plus gros véhicules.
Source : Synthèse de plusieurs articles parus dans la presse américains.

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drapeau anglaisThe Paris conference on climate change is over and global warming is going on with the 2015 temperatures breaking new records. Barely a month after world leaders agreed to reduce carbon emissions, the global commitment to renewable energy sources faces its first big test with the collapse of oil prices.
In the U.S., people no longer find any interest in electric cars and keep on buying gas-hungry SUVs and sport utility vehicles. Yet the Obama administration is still requiring automakers to nearly double the fuel economy of their vehicles by 2025.
In China, government officials are also taking steps to ensure that the recent plunge in oil prices does not undermine its programs to improve energy efficiency. Earlier this month, the country’s top economic planning agency introduced a new regulation aimed at deterring oil consumption.
So far, there is no sign that the United States and China are abandoning their promises to encourage renewable energy sources. Despite the recent turmoil in energy markets, renewable industries are prospering. A few days ago, the Energy Department projected that total renewable power consumed in the United States this year will increase by 9.5%, and the longer-term outlook appears bright as costs continue to plummet and after Congress last December extended federal tax credits for new wind and solar projects. Solar power generation alone is expected to increase by 45% and government officials express an ambition to make wind power the source of more than a third of the U.S. electricity supply by 2050.
In China, the world’s biggest greenhouse gas emitter, the government has implemented a new rule that stipulates that the price of gasoline and diesel will to be permanently set as though the world price of oil were still $40 a barrel. The goal is to prevent gasoline and diesel from becoming so cheap that China’s citizens would start consuming it indiscriminately.
However, across the globe, the picture is not entirely rosy for zero-emission technologies. Just remember that a few days after the COP 21, India said it would increase its production of coal.
In the U.S, several nuclear power plants have closed in recent years, and few are under construction, in part because of the competition of cheap natural gas. Low oil prices also jeopardize the development of alternative fuels to replace petroleum in transportation and industry, including the advanced biofuels that once looked so promising.
In Spain, the development of renewables has slowed to a crawl since the government started weakening support in 2009 because of an economic downturn.
In Britain, analysts warn that the wind and solar industries could collapse as the government shifts subsidies away from renewables; two global wind developers recently cancelled projects there.
Ultimately, supporters of the climate agreement say that low oil prices can cut both ways in the march to renewables.
On the one hand, low oil prices cut investments in drilling, which means fewer emissions of methane at well sites, and it has clearly not slowed down the switch toward renewable energy. On the other hand, low gasoline prices make driving more attractive, and in larger vehicles as well.

Source: Several articles in U.S. newspapers.

Solaire

Parc solaire en Andalousie (Espagne)

Eoliennes_modifié-1

Parc éolien au Danemark

(Photos: C. Grandpey)