L’Everest et le réchauffement climatique (suite) // Mount Everest and global warming (continued)

Un numéro spécial (février-mars 2024) du National Geographic France est consacré à l’Everest. Comme je l’ai expliqué dans des articles précédents, les glaciers de l’Himalaya fondent rapidement, ce qui pourrait virer au cauchemar pour les populations qui en dépendent pour leur approvisionnement en eau. L’Himalaya est un véritable château d’eau pour une grande partie de l’Asie du Sud-Est.

La chaîne himalayenne vue depuis l’espace (Source: NASA)

Voici ce qu’un sherpa a déclaré dans le National Geographic à propos du réchauffement climatique sur l’Everest : « Je vois que les couleurs de la cascade de glace du Khumbu changent. Jusqu’en 2010, il faisait très froid à la mi-mars et l’eau ne coulait pas. Aujourd’hui il y a une rivière et un pont serait nécessaire pour la traverser. Depuis 2005, les avalanches se multiplient et les grands glaciers à proximité du camp de base, à 8000 m d’altitude, ont reculé ou même disparu. Leur glace est perdue. […] Tout devient de plus en plus instable et la situation évolue très rapidement. Certaines zones deviennent de plus en plus dangereuses et la situation va empirer. »

Crédit photo: Wikipedia

L’ascension de l’Everest est l’un des exploits les plus difficiles à réaliser pour l’Homme, mais il devient encore plus difficile en raison du réchauffement climatique. La hausse des températures rend la topographie des glaciers de l’Himalaya plus incertaine, et les conditions météorologiques plus imprévisibles.
Un nombre record de personnes sont mortes en tentant de gravir l’Everest en 2023. Le gouvernement népalais a imputé le grand nombre de décès au réchauffement climatique, mais les scientifiques affirment que le réchauffement climatique n’est pas entièrement responsable, même si ses conséquences sont indéniables.
A cause du réchauffement climatique et de la modification de la topographie des glaciers, les montagnes himalayennes sont moins fiables. Les glaciers s’amincissent et reculent et le permafrost de roche dégèle. Plusieurs itinéraires empruntés par les alpinistes pour accéder aux plus hauts sommets dépendent de la stabilité des glaciers, comme la cascade de glace du Khumbu, à proximité du camp de base de l’Everest et escaladée pour atteindre le Camp 1. Cette cascade de glace, déjà très difficile à franchir, devient de moins en moins fiable. Des chercheurs ont foré le glacier Khumbu et ont découvert qu’il était très proche du point de fonte. Il suffira d’une légère hausse des températures pour que le glacier se mette à fondre rapidement.

Camp de base de l’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

Le réchauffement climatique peut également accentuer d’autres risques tels que les chutes de pierres, en particulier dans les zones de haute montagne, car la cohésion de nombreuses formations rocheuses aux niveaux les plus élevés est assurée par le pergélisol qui dégèle aujourd’hui. Avant que la région ne commence à se réchauffer rapidement, les alpinistes pouvaient traverser avec une certaine sécurité certaines des zones les plus dangereuses car tout était gelé et beaucoup plus stable qu’aujourd’hui. De nombreuses pentes se retrouvent à nu pour la première fois et les avalanches de pierres deviennent de plus en plus imprévisibles. Une étude publiée par l’Union européenne des géosciences en juillet 2023 a révélé que le risque d’avalanches de neige et de glace dans l’Himalaya augmente avec la hausse des températures.
Les conditions météorologiques dans la région deviennent également de plus en plus irrégulières, ce qui rend difficile à plus de quelques jours la planification des expéditions. Les spécialistes de l’Everest savent qu’il existe une fenêtre « magique » en mai au cours de laquelle les vents tombent en dessous de 50 km/h. La fenêtre a tendance à apparaître à l’approche de la mousson, époque où le jet stream est repoussé, permettant aux vents de chuter considérablement et d’améliorer les conditions d’ascension. Mais ce calendrier a changé : en 2019, il n’y avait que trois jours propices à l’ascension de l’Everest, contre 11 à 14 jours auparavant. En mai 2022, presque tout le mois a bénéficié de conditions de vent favorables, ce qui n’était encore jamais arrivé.

Station météo sur l’Everest (Crédit photo: National Geographic)

La plupart des régions montagneuses possédant des glaciers dans le monde montrent qu’elles sont affectées par le réchauffement climatique. Les recherches montrent que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites, les glaciers continueront à perdre de la masse et à reculer considérablement. Ceux qui étudient l’Himalaya depuis des années ont constaté des changements visibles à l’œil nu, notamment les pentes mises à nu sur les flancs des montagnes et des lacs de plus en plus nombreux à la surface des glaciers.
Cependant, le réchauffement climatique n’est probablement pas responsable de la majorité des décès sur l’Everest au cours des dernières années. Dix-sept alpinistes sont morts sur l’Everest en 2023, un chiffre très élevé comparé à la moyenne de quatre à six alpinistes par saison dans le passé. Le gouvernement népalais a imputé la forte augmentation du nombre de décès sur l’Everest au réchauffement climatique, mais ce sont davantage les guides inexpérimentés, mal équipés ou non qualifiés qui sont responsables de la majorité des décès. Selon les sherpas, sur les 17 décès constatés, 11 auraient pu être évités. La seule année où il y a eu autant de morts a été 2014, où 17 personnes sont également mortes, mais la majorité des décès étaient des sherpas tués dans une avalanche. Il y a eu un nombre record d’alpinistes en 2023, ce qui a accru la probabilité de décès supplémentaires.

Il faut parfois faire la queue pour essayer d’atteindre le sommet (Crédit photo: National Geographic)

Le Népal a délivré un nombre record de 478 permis d’escalade à des étrangers en 2023. Si l’on tient compte du nombre de sherpas les accompagnant, ce nombre grimpe à environ 1 200 personnes en quête du sommet de l’Everest au printemps. L’imprévisibilité des conditions météorologiques est susceptible d’entraîner une surpopulation au sommet. Les prévisionnistes ne peuvent prédire les conditions avec certitude que quatre ou cinq jours à l’avance, ce qui oblige tout le monde à se limiter à une fenêtre plus réduite. En conséquence, au lieu d’être réparties sur cinq jours, 400 personnes se retrouvent entassées dans une fenêtre d’un ou deux jours, avec une queue sans fin pour atteindre le sommet. .

Source : presse internationale.

————————————————–

A special issue (February-March 2024) of the National Geographic France is dedicated to Mount Everest. As I explained in previous posts, the glaciers in the Himalays are melting rapidly, which may turn into a nightmare for the populations that depend on them for their water supply. The Himalayas are a real water tower for a large part of southeast Asia.

Here is what a sherpa says in the National Geographic about global warming on Mount Everest : « I can see the colours of the Khumbu Icefall are changing. Until 2010, it was very cold by mid-March and water was not flowing. Today there is a river and a bridge would be necessary to cross it. Since 2005, there have been more and more avalanches and great glaciers close to the base camp at 8000m a.s.l. have been retreating or even disappearing. Their ice is lost. […] Everything is becoming more unstable and the situation is changing very rapidly. Some areas are getting more dangerous and it will be worse and worse. »

Climbing Mount Everest is one of the most difficult feats known to humankind, but the expedition is getting even more challenging due to global warming. Warming temperatures around the globe are making both the topography of the glaciers in the Himalayas and the weather patterns more unpredictable.

A record number of people died while attempting to climb Mount Everest in 2023. While the Nepalese government blamed global warming for the extraordinary number of deaths, experts say global warming may not be entirely responsible, although its consequences are undeniable.

Because of global warming, the topography of the glaciers, mountains are less reliable. Glaciers in the Himalayas are thinning and retreating and rock permafrost is thawing. Several of the routes that climbers use to gain access to higher peaks rely on the stability of glaciers, such as the Khumbu Icefall, located near the Everest base camp and used to trek up to Camp 1. The Khumbu Icefall, which is already really difficult to navigate, that becomes less reliable. Researchers have drilled into the Khumbu Glacier near the Everest base camp and found that it is very close to the melting point. With just a small increase in atmospheric temperatures, the glacier won’t be far from melting rapidly.

Global warming can also exacerbate other risks like rockfall events, especially in the high mountain areas because many of the formations in the highest levels are held together by alpine permafrost which is thawing today. Before the region began to warm rapidly, climbers could have more confidence in passing some of the most treacherous areas because everything was frozen hard and much more stable. Many of the slopes are becoming exposed for the first time, and rock avalanche events are becoming increasingly unpredictable.

A study published in the European Geosciences Union in July 2023 found that snow and ice avalanches in the Himalayas are increasing risks for climbers as global temperatures increase.

Weather patterns in the region are also becoming more erratic, making it difficult for climbers to plan safe expeditions from more than a few days out. Everest experts know that there is a « magical » window in May in which the winds die down below 50 km per hour. The window tends to appear as the monsoon season approaches and the jet stream gets pushed off, allowing the winds in the region to drop dramatically and improving conditions for climbing. But that timing has been changing.In 2019, there were only three days suitable for climbing, as opposed to the typical 11 to 14 days before. However, in May 2022, nearly the entire month had favorable wind conditions, something that has never happened before.

Most glacier mountain regions around the world give evidence thaey are affected by global warming. Research shows that if greenhouse gas emissions are not drastically reduced, glaciers will keep losing mass and retreating drastically. All models predict the same thing : big declines in total glacier volumes and glacier extents. For those who have studied the Himalayas for years, the changes are apparent to the naked eye, including exposed slopes on the flanks of the main glaciers and lakes of water pooling on the ice surfaces.

However, global warming is likely not the culprit for majority of deaths on Everest in the past years.

Seventeen climbers died while trying to Everest in 2023, an extraordinary figure compared to the average of four to six climbers per season in the past. While the Nepalese government blamed the steep increase in Everest fatalities on global warming, inexperienced and ill-equipped or unqualified guides is likely to blame for the majority of the deaths. According to the sherpas, of the 17 people who died, 11 of the deaths were preventable. The only year that saw just as many deaths was in 2014 when 17 people also died, but the majority of the deaths were sherpas who were killed in a single avalanche.

There were a record number of climbers in 2023, which increased the likelihood of more deaths.

Nepal issued a record 478 climbing permits to foreigners for 2023. When accounting for the number of sherpas accompanying the foreigners, the number jumps to about 1,200 climbers pursuing Everest’s summit over the spring. The unpredictability of the weather patterns could also lead to overcrowding on the summit. If forecasters can only predict conditions with certainty four or five days out, it forces everybody into a smaller summit window. As a consequence, instead of being able to spread 400 people out over five days, everybody gets crammed into a one or two-day window.

Source : International news media.

Quand la montagne s’effondre … // When the mountain collapses…

Un gros effondrement s’est produit dimanche 14 avril 2024 vers 7 heures dans le massif de la Bernina, près de la frontière avec l’Italie. Selon les premières informations, il n’a pas fait de victime ou de blessé. Il est vrai qu’à cette heure matinale, il n’y avait encore pas grand monde sur la montagne.

L’éboulement a eu lieu au Piz Scerscen qui culmine à 3970 mètres d’altitude. Il a mobilisé un volume de matériaux estimé à plus d’un million de mètres cubes. Ce volume est de l’ordre de grandeur d’un événement semblable qui s’était produit à Bondo. L’effondrement a été détecté par les sismomètres de la région. La roche qui s’est détachée de la montagne a dévalé le Val Roseg où elle s’est accumulée sur une longueur de plus de cinq kilomètres. Des vols ont été effectués pour rechercher d’éventuelles personnes en détresse, mais personne ne manque à l’appel. Les autorités déconseillent de se rendre dans le Val Roseg et dans la zone de l’éboulement.

L’effondrement au Piz Scerscen (Crédit photo : SAC Bernina)

Un effondrement d’une telle ampleur est très rare. Une analyse de la situation est en cours en collaboration avec l’Office cantonal des forêts et des risques naturels qui prendra d’éventuelles mesures. Le risque de formation d’un lac dans la vallée en raison de l’éboulement sera aussi examiné.

La zone à l’origine de ce glissement de terrain avait subi une rupture importante en janvier 2023 et montrait une fragilité, de sorte qu’il était conseillé aux alpinistes d’éviter cette partie de la montagne.
À première vue, il semble que l’effondrement se soit déclenché à partir d’une paroi rocheuse fortement inclinée qui aurait subi une fragmentation au pied de la pente initiale, avec formation d’une longue avalanche de matériaux.
De tels effondrements se produisent en général au printemps et au début de l’été. Cette année, ils sont bien sûr favorisés par les hautes températures qui règnent sur le massif alpin et en Europe en général depuis plusieurs semaines. Elles provoquent aussi le dégel du permafrost de roche qui assure la stabilité des montagnes. Sans ce ciment naturel, les flancs des montagnes s’effondrent de plus en plus souvent.

En relation avec cet événement, je vous invite à lire une note que j’ai rédigée le 8 juillet 2019 à propos de glissements de terrain similaires en milieu glaciaire en Alaska :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/07/08/nouvel-effondrement-glaciaire-en-alaska-new-glacial-landslide-in-alaska/

Effondrement sur le glacier Lamplugh (Alaska) le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom)

Glissement de terrain sur le volcan Iliamna le 21 juin 2019 (Crédit photo: USGS)

—————————————————

A major landslide occurred on Sunday April 14th, 2024 around 7 a.m. in the Bernina massif, close to the border with Italy. According to initial information, there were no casualties or injuries. At this early hour, there were not many people on the mountain.
The landslide occurred at Piz Scerscen, which peaks at an altitude of 3,970 meters. it mobilized a volume of materials estimated at more than a million cubic meters. This volume is of the order of magnitude of a similar event which occurred in Bondo. It was detected by seismic networks in the region. The rock that broke away from the mountain accumulated in Val Roseg over a length of more than five kilometers. Search flights were carried out to look for possible people in distress, but no one was missing. The authorities advise against going to Val Roseg and the landslide area.
A landslide of this magnitude is very rare. An analysis of the situation is underway in collaboration with the Cantonal Office of Forests and Natural Hazards which will take possible measures. The risk of possible lake formation in the valley due to the landslide will also be examined.
The area where this landslide originated had suffered a significant rupture in January 2023 and was showing fragility, so climbers were advised to avoid this part of the mountain.
At first glance, it appears that the collapse was triggered by a steeply inclined rock wall which probably suffered fragmentation at the foot of the initial slope, with the formation of a long avalanche of material.
Such collapses usually occur in spring and early summer. They are of course favored by the high temperatures in the Alpine massif and in Europe in general for several weeks. They also cause the thawing of rock permafrost which ensures the stability of the mountains. Without this natural cement, mountain sides collapse more and more often.
In connection with this event, I invite you to read a post I wrote on July 8th , 2019 about similar landslides in glacial environments in Alaska:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/07/08/nouvel-collapse-glaciaire-en-alaska-new-glacial-landslide-in-alaska/

Le verdissement du Groenland // The greening of Greenland

Avec l’accélération du réchauffement climatique dans l’Arctique, les calottes glaciaires et les glaciers fondent, contribuant ainsi à l’élévation du niveau de la mer dans le monde.

Photo: C. Grandpey

Selon une étude publiée le 14 février 2024, la superficie abandonnée par la glace au Groenland au cours des trois dernières décennies est environ 36 fois plus grande que la ville de New York. Cette surface laisse désormais la place aux zones humides et aux arbustes.
La surface recouverte par la végétation au Groenland a doublé entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 2010. De vastes zones du pays autrefois couvertes de glace et de neige ont été transformées en roches arides, en zones humides ou en zones arbustives. À elles seules, les zones humides ont quadruplé au cours de cette période.

 

Vue du glacier Russell (ouest du Groenland). Sa fonte a permis à des praires humides et des arbustes de s’installer là où il y avait autrefois de la glace et de la neige (Crédit photo : Université de Leeds)

En analysant les images satellite, les scientifiques ont découvert que le Groenland avait perdu 28 707 kilomètres carrés de glace au cours de cette période de 30 ans. Ils ont mis en garde contre les graves conséquences de cette situation sur le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer.

Images satellites montrant le nord-ouest du Groenland le 2 septembre 1973 (haut) et le 20 août 2022 (vas) [Source : NASA]

La hausse de la température de l’air a entraîné une perte de glace, avec dans son sillage une augmentation de la température des terres. Cela a provoqué le dégel du pergélisol et une libération du dioxyde de carbone et du méthane qui réchauffent la planète, ce qui contribue à aggraver le réchauffement climatique. Le dégel du pergélisol provoque également une instabilité des sols, ce qui pourrait avoir un impact sur les infrastructures et les bâtiments. Dans le même temps, l’eau produite par la fonte des glaces déplace les sédiments qui finissent par former des zones humides et des marais.

Immeuble sur pilotis en Sibérie pour éviter le réchauffement du permafrost (Crédit photo : Siberian Times)

Comme je l’ai déjà écrit, la fonte de la glace dans l’Arctique dans son ensemble crée une boucle de rétroaction. La neige et la glace réfléchissent généralement l’énergie du soleil dans l’espace dans le cadre d’un phénomène appelé albédo qui empêche un réchauffement excessif dans certaines parties de la Terre. Le problème, c’est que, à mesure que la glace disparaît, les zones qui s’assombrissent absorbent davantage d’énergie solaire et augmentent ainsi la température de la surface terrestre, ce qui peut entraîner une accélération de la fonte et d’autres impacts négatifs. La fonte de la glace augmente également la quantité d’eau dans les lacs, où cette dernière absorbe plus de chaleur que la neige, ce qui entraîne une hausse des températures à la surface des terres.
Le Groenland s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste de la planète depuis les années 1970, et les auteurs de l’étude préviennent que des températures plus extrêmes sont probables dans les années à venir.
Le Groenland est la plus grande île du monde et est principalement recouvert de glace et de glaciers. Environ 57 000 personnes vivent dans ce pays, qui est autonome au sein du Royaume du Danemark. Une grande partie de la population est autochtone et de nombreuses personnes dépendent des écosystèmes naturels pour leur survie. C’est pourquoi l’écoulement de sédiments et de nutriments dans les eaux côtières est particulièrement problématique pour les communautés autochtones qui dépendent de la pêche, ainsi que pour les chasseurs qui vivent dans d’autres parties de l’île. Les changements actuels qui affectent le Groenland sont un drame, en particulier pour les populations autochtones dont les pratiques traditionnelles de chasse de subsistance dépendent de la stabilité de ces écosystèmes fragiles.
Source  : CNN News via Yahoo Actualités.

—————————————————

With the acceleration of global warming in the Arctic, both the icesheets and the glaciers are melting, contributing to sea level rise around the world.

According to a study published on February 14th, 2024, the area of Greenland’s ice loss in the past three decades is roughly 36 times the size of New York City, and is rapidly giving way to wetlands and shrubs.

The amount of vegetation in Greenland doubled between the mid-1980s and mid-2010s, as vast areas of the country that were once covered in ice and snow were transformed into barren rock, wetlands or shrub area. Wetlands alone quadrupled during that period.

By analyzing satellite imagery, scientists found that Greenland had lost 28,707 square-kilometers of ice in the 30-year period. They warned of a cascade of impacts that could have serious consequences for climate change and sea level rise.

Warmer air temperatures have driven ice loss, which has in turn raised land temperatures. That has caused the thawing of permafrost, and that melt releases planet-warming carbon dioxide and methane, contributing to more global warming. The thawing of permafrost is also causing land instability, which could impact infrastructure and buildings. At the same time, water released from the melting ice is moving sediment that eventually forms wetlands and fenlands.

As I put it before, he loss of ice in the Arctic as a whole is creating a feedback loop. Snow and ice typically reflect the sun’s energy back into space in a phenomenon called albeido, preventing excessive heating in parts of the Earth. But as ice disappears, those areas that are getting darker absorb more solar energy, raising land surface temperatures, which can cause further melt and other negative impacts. Ice melt also increases the amount of water in lakes, where water absorbs more heat than snow, which increases land surface temperatures.

Greenland has been warming at twice the global mean rate since the 1970s, and the study’s authors warn that more extreme temperatures in the future are likely.

Greenland is the world’s biggest island and is mostly covered by ice and glaciers. Around 57,000 people live in the country, which is an autonomous country within the Kingdom of Denmark. Much of the population is indigenous and many people rely on natural ecosystems for their survival. This is why the flow of sediments and nutrients into coastal waters is particularly problematic for indigenous communities that rely on fishing, as well as for hunters on other parts of the island. The current changes that affect Greenland are critical, particularly for the indigenous populations whose traditional subsistence hunting practices rely on the stability of these delicate ecosystems.

Source : CNN News through Yahoo News.

Le mystère des cratères d’explosion en Sibérie peut-être résolu // The mystery of Siberia’s exploding craters may have been solved

Dans une note publiée le 3 juillet 2017, j’expliquais que deux nouveaux cratères étaient apparus en Sibérie sur la péninsule de Yamal, le dernier en date ayant explosé le 28 juin 2017. Ces nouveaux cratères venaient s’ajouter à quatre autres grandes cavités découvertes les années précédentes, ainsi qu’à des dizaines d’autres, plus petites, repérées par satellite. La formation des deux cratères avait entraîné une explosion suivie d’un incendie de végétation, signes évidents de l’éruption de poches de méthane sous la surface de la péninsule de Yamal.

En 2024, les scientifiques avancent une nouvelle explication aux explosions de cratères géants qui apparaissent de manière aléatoire dans le pergélisol sibérien. Ces cratères, qui atteignent 50 mètres de profondeur et 20 mètres de diamètre, qui ont été repérés pour la première fois en 2012, intriguent les scientifiques. Certains témoins expliquent que les explosions de ces cratères peuvent être entendues à 90 km de distance.
Dans une nouvelle étude, des scientifiques norvégiens expliquent que le gaz naturel chaud s’échappant de poches souterraines pourrait être à l’origine des explosions. Cela pourrait expliquer pourquoi les cratères n’apparaissent que dans des zones spécifiques de Sibérie.
Le pergélisol emprisonne beaucoup de matières organiques. À mesure que les températures augmentent, il dégèle, ce qui permet aux matériaux de se décomposer. Ce processus libère du méthane. C’est pourquoi les scientifiques ont tout d’abord pensé que le méthane percolant à travers le permafrost proprement dit était à l’origine des cratères. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi ces cratères explosifs se trouvent dans des endroits bien précis.
Seuls huit de ces cratères ont été identifiés jusqu’à présent, tous dans une zone bien précise : les péninsules de Yamal et de Gydan en Sibérie occidentale, dans le nord de la Russie.

Les auteurs de l’étude pensent que la formation de cratères repose sur un mécanisme bien précis : le gaz naturel chaud, qui s’infiltre à travers une sorte de faille géologique, s’accumule sous la couche de sol gelé et réchauffe le pergélisol par en dessous. Ce panache de gaz chaud fait fondre le pergélisol par le bas, ce qui le fragilise et le rend plus susceptible de s’effondrer. Une explosion ne peut se produire que si le pergélisol est suffisamment mince et faible pour lâcher prise. Par ailleurs, à la surface, la hausse des températures fait fondre la couche supérieure du pergélisol. Ce double ensemble de facteurs crée les conditions idéales pour que le gaz soit libéré soudainement, déclenchant soit une explosion, soit un « effondrement mécanique » provoqué par le gaz sous pression. C’est ce processus qui crée le cratère. La région regorge de réserves de gaz naturel, ce qui conforte la théorie décrite dans l’étude.

Source: The Siberian Times

D’autres cratères ont pu se former et disparaître avec le temps lorsque l’eau et le sol à proximité se sont effondrés pour combler le vide laissé par les cavités. L’image satellite de la péninsule de Yamal montre qu’il existe des milliers de dépressions en forme de plaques rondes. La plupart d’entre elles, voire la totalité, sont peut-être des thermokarsts (dépressions et affaissements du sol dus au dégel du pergélisol), mais il pourrait également s’agir de cratères antérieurs.
Même si l’idée est intéressante, il faudra davantage de preuves pour démontrer que ces réserves de gaz s’accumulent sous le pergélisol. Si l’hypothèse s’avère correcte, elle pourrait entraîner une révision des modèles climatiques. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Cela pourrait signifier que les cratères agissent comme d’immenses cheminées par lesquelles le gaz nocif serait soudainement libéré dans l’atmosphère.
Cependant, si ce phénomène n’existe que dans une zone très limitée, il se peut que son impact soit infime à l’échelle mondiale. Même s’il est probable qu’un énorme volume de méthane est stocké dans le sous-sol, on ne sait pas exactement quelle quantité pourrait en être évacuée en surface. La priorité est de comprendre quelle quantité de méthane s’échappe naturellement au travers de ces cratères, puis de comparer cette quantité. à celle réellement présente dans le pergélisol. Les scientifiques auront alors une idée plus réaliste du volume susceptible d’être rejeté dans l’atmosphère en raison du réchauffement climatique.

Source : Yahoo Actualités, Business Insider.

——————————————————-

In a post published on July 3rd, 2017, I explained that two new craters had appeared in Siberia on the Yamal peninsula, with the latest exploding on June 28th. These new craters added to four other big holes found in recent years, plus dozens of tiny ones spotted by satellite. The formation of both craters involved an explosion followed by fire, obvious signs of the eruption of methane gas pockets under the Yamal surface.

In 2024, scientists are putting forward a new explanation for the giant exploding craters that have been randomly appearing in the Siberian permafrost. These craters, reaching 50 meters in depth and 20 meters in width, were first spotted in 2012 and have been puzzling scientists since that time. Some reports have suggested the explosions of these craters can be heard 90 km away.

In a new study, Norwegian scientists are proposing that hot natural gas seeping from underground reserves might be behind the explosions. This could explain why the craters are only appearing in specific areas in Siberia.

Permafrost traps a lot of organic material. As temperatures rise, it thaws, allowing that mulch to decompose. That process releases methane. This is why scientists had naturally proposed the methane seeping from the permafrost itself was behind the craters. However, this theory does not explain why the so-called exploding craters are so localized.

Only eight of these craters have been identified so far, all within a very specific area: the Western Siberian Yamal and Gydan peninsulas in Northern Russia. The authors of the study suggest there is a mechanism at play : hot natural gas, seeping up through some kind of geological fault, is building up under the frozen layer of soil and heating the permafrost from below. Those hot gas plumes help thaw the permafrost from the bottom, making it weaker and more likely to collapse. This explosion can only happen if the permafrost is thin and weak enough to break. Rising temperatures melt the upper layer of the permafrost at the same time. This creates the perfect conditions for the gas to be freed suddenly, triggering either an explosion or a « mechanical collapse » caused by the gas, which is under pressure. That creates the crater. The area is rife with natural gas reserves, which lines up with the study’ theory.

According to the scientist’s model, more of these craters could have been created and have since disappeared as nearby water and soil fell in to fill the gap. The satellite image of the Yamal Peninsula shows that there are thousands of these round plate-like depressions. Most or all of them could have been thermokarsts, but potentially they could also be earlier craters that have formed.

While the idea has merit, more evidence will be needed to show these reserves of gas are building under the permafrost. If the hypothesis is found to be correct, this could spell trouble for climate models. Methane is a potent greenhouse gas. This could mean the craters are acting like huge chimneys through which the damaging chemical could be freed suddenly into the atmosphere,

However, if this phenomenon only exists in this very limited area, it may be that the impact is minute on a global scale. While there is likely a large amount of methane stored in underground reserves, it is not clear how much of that could get out.A priority is to understand first and foremost how much methane is naturally leaking from these kind of systems, and then compare that to how much methane is actually within the permafrost for organic matter. Then, scientists will have a more realistic idea of how much can be released because of global warming.

Source : Yahoo News, Business Insider.