L’Indonésie est-elle prête à affronter une catastrophe volcanique? // Is Indonesia ready to face a volcanic disaster?

drapeau francaisAlors que l’Indonésie doit faire face aux conséquences des deux éruptions du Sinabung et du Kelud, les experts scientifiques se demandent si le pays est bien équipé pour affronter les menaces que représentent tous les volcans de l’archipel.
Au moins 24 personnes ont été tuées au cours des deux dernières éruptions. 17 personnes sont mortes lorsque le Sinabung s’est manifesté et l’éruption du Kelud a fait 7 victimes supplémentaires. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées à la suite des deux catastrophes.
Chaque province indonésienne possède sa propre agence de gestion des catastrophes, mais les niveaux varient. Dans l’est de Java, où se dresse le Kelud, le niveau de gestion des risques est acceptable. Beaucoup de vies ont été sauvées au cours des dernières éruptions, en sachant que la zone située autour du volcan est habitée par des centaines de milliers de personnes.
Dans le cas du Sinabung, la plupart des gens ne connaissaient pas le comportement du volcan qui était resté en sommeil pendant des siècles.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a travaillé avec les organismes locaux et les ONG sur des programmes visant à préparer les populations à de tels événements. Il s’agit notamment d’identifier les menaces, former des responsables locaux et effectuer des simulations et des exercices, tout en établissant une cartographie des risques et une quantification des populations susceptibles d’être touchées.
Cependant, les gouvernements locaux ne consacrent qu’une petite partie de leurs budgets à la gestion des catastrophes, bien que les choses aient tendance à s’améliorer.
Les récentes éruptions peuvent être considérés comme des événements mineurs. L’Agence nationale de gestion des catastrophes se demande comment le pays réagirait si une éruption majeure comme celle du Krakatau en 1883 avait eu lieu aujourd’hui. Comme l’a déclaré un responsable : « Le plus grand aéroport du pays serait paralysé. Si l’éruption devait durer des mois, l’économie serait réduite à néant. L’Indonésie doit encourager la modélisation scientifique, y compris les simulations, pour estimer les pertes et les coûts humains dans le cas d’une éruption majeure comme celle du Krakatau ».
Les systèmes de surveillance sont corrects, avec des capteurs installés sur la plupart des volcans du pays, mais les autorités doivent inclure ces données de surveillance dans leurs programmes d’évaluation des risques, y compris les scénarios d’éruptions, et mettre sur pied des plans de reconstruction.
Selon la BNPB, au moins 197 personnes ont été tuées pendant les dernières catastrophes qui ont pris la forme d’inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques à travers tout le pays depuis Janvier 2014.

Source : The Jakarta Globe.

La plupart de mes sources sur ce qui se passe en Indonésie proviennent de journaux locaux ou nationaux. Il faut être prudent avec le contenu de ces articles car ces médias cautionnent souvent la politique du gouvernement.
Voici un lien vers un article (en anglais) qui donne une vision différente de l’aide fournie aux populations après l’éruption du mont Kelud :
http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Voici quelques extraits :
L’une des victimes de l’éruption du Kelud raconte : « Je suis tombée malade avant l’éruption du Kelud. L’éruption était énorme et spectaculaire. Ensuite, rien ne s’est passé pendant deux nuits, rien en termes d’opérations de sauvetage ou d’aide substantielle du gouvernement ou de l’armée. La cendre était partout ; le toit et même les murs de ma maison ont été endommagés. Et toujours rien, presque rien du gouvernement ! Il n’y avait pas d’ambulances et de camions militaires. Regardez autour de ce village – il n’y a rien ici « .
Voici une autre partie du texte :
« Plusieurs antennes médicales mises en place par l’armée indonésienne juste en face du complexe de gouvernement à Wates (une ville près de Kediri et à une vingtaine de kilomètres de Sugihwaras) sont propres et, selon les normes locales, bien équipées. Le seul problème semble être qu’elles sont vides. Pas totalement vides, bien sûr. Sur les lits, il y a plusieurs médecins civils et militaires en train de dormir. D’autres sont inoccupés et discutent. En voyant mes deux appareils photo professionnels, certains font tout juste l’effort de se lever, mais cela semble être trop pénible ; ils se remettent vite sur le dos et couvrent leurs visages avec leurs bérets.
Les bottes des médecins militaires sont impeccables. Il est évident qu’ils n’ont pas marché dans la cendre, le sable ou la poussière au cours de la journée.
Derrière les tentes, on peut voir des dizaines de gros camions militaires sans personne à bord. Des centaines de véhicules – camions, motos et 4 × 4 d’intervention – sont dispersés autour de la zone.
Non loin de ces tentes médicales, un groupe de sauveteurs erre sans but précis. Ces gens portent des blousons jaunes. Des masques à gaz sont placés soigneusement sur leurs visages. Il va sans dire que les masques ne sont guère utiles ici car les fortes pluies ont emporté cendre et sable dans cette partie de la régence de Kediri il y a plusieurs heures « .
Plus loin dans l’article, on peut lire à propos de la visite du président indonésien dans les camps :
« Presque tous les réfugiés sont rentrés chez eux … pour réparer les toits et pour nourrir les animaux. Mais quand SBY (le Président) a annoncé son arrivée, les militaires ont commencé le ramassage et à les ramener vers les camps à l’aide de camions. Le gouvernement local a également insisté pour que les réfugiés retournent dans ces abris, afin de créer une atmosphère montrant qu’il y a des gens, beaucoup de gens, auxquels ont est venu en aide … Les élections sont proches et le gouvernement est loin d’être populaire. C’est une publicité gratuite pour ceux qui sont au pouvoir ici, et à Jakarta « .

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drapeau anglaisAs Indonesia deals with the aftermath of the two eruptions of Mt Sinabung and Mt Kelud , experts question whether the country is well-equipped to face the threats from all the volcanoes that dot the archipelago.

At least 24 people have been killed in the two eruptions. 17 people died when Mount Sinabung erupted and Mount Kelud killed 7 more. More than 130,000 people were displaced as a result of the two disasters.

Each Indonesian province has its own disaster management agency and but levels of preparedness vary. In East Java, where Mount Kelud is, the level of preparedness is good. Many lives were saved in the latest eruptions even though the area around the volcano is inhabited by hundreds of thousands of people.

In the case of Sinabung, most people were unfamiliar with the habits of the volcano which had been dormant for hundreds of years.

The National Disaster Mitigation Agency (BNPB) has worked with local agencies and NGOs on preparedness programs at community level. These include identifying threats, providing training to local officials and conducting simulations and drills, risk mapping and quantifying populations likely to be affected.

However, local governments only spend tiny portions of their budgets on disaster management, but things are improving.

The recent eruptions can be considered as small-scale events. The National Disaster Mitigation Agency wonders how the country would react if a major eruption like that of Krakatau in 1883 occurred today. Said one official: “The country’s biggest airport would be paralyzed. If the eruption were to last for months, the economy would shut down. Indonesia needs to boost scientific modelling, including simulations, to estimate casualties and human costs in the event of a major eruption such as Krakatau”.

Monitoring systems are adequate, with sensor equipment installed at volcanoes nationwide, but authorities needed to actually use this monitoring data in their risk and hazard assessment programs, including eruption scenarios, and in formulating reconstruction plans.

According to the BNPB, at least 197 people have been killed in disasters, including flooding, landslides, and volcanic eruptions nationwide since January 2014.

Source: The Jakarta Globe.

Most of my sources about what happens in Indonesia are the local or national newspapers. One needs to be careful when dealing with these articles as these media are often approving the government’s policy.

Here is a link to an article (in English) that gives a different view of the help provided to the populations after the eruption of Mt Kelud:

http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Here are some excerpts, with the testimonies of some victims of the eruption :

“I got sick before Mount Kelud exploded. The eruption was enormous, and it was spectacular. Then, nothing happened for two nights; nothing in terms of rescue operations or some substantial help from the government or the military (TNI). Ash was everywhere, the roof and even the walls of my house got damaged. And still nothing, almost nothing from the government! There were no ambulances and no military trucks. Look around this village – there is nothing here.”

Here is another part of the text:

“Several mobile medical tents set up by the Indonesian military (TNI) right in front of the government complex in Wates (a town near the city of Kediri and some 20 kilometers from Sugihwaras), are clean and by local standards, well equipped. The only problem appears to be that they are empty. Not totally empty, of course. On the cots, there are several TNI medics and doctors, sleeping. Others are aimlessly chatting. Seeing my two professional cameras, some make a feeble attempt to get up, but that appears to be too taxing, and they soon fall back onto their backs, and cover their faces with berets.

The boots of the military medics are shining. It is obvious that they had not encountered any ash, sand, or dust, in the course of the day.

Behind the tents, dozens of heavy military trucks stand in absolute idleness. Hundreds of vehicles: trucks, motorbikes and rescue 4×4’s are scattered around the area.

Not far from those medical tents, a group of rescue workers hang around aimlessly. People are wearing yellow windbreakers. Gasmasks are firmly placed over their faces. It goes without saying that there is not much need for gasmasks here, as heavy rain washed away most of the ash and sand from this part of Kediri Regency, several hours ago.”

Further down in the article, about the Indonesian President’s visit to the camps:

“Almost all the refugees went home… to fix their roofs, and to feed their animals. But when SBY announced his arrival, the military began collecting them, bringing them back, using trucks. The local government also put pressure on the refugees to return back to these shelters, to create an atmosphere that people, many people, are being helped here…Elections are nearing and the government is far from popular. This is all free advertisement for those in power here, and in Jakarta.”

Kelud: Après les retombées de cendre, voici les lahars // Kelud: After the ashfall, here come the lahars

drapeau francaisAprès les retombées de cendre du Kelud, ce sont des pluies torrentielles qui s’abattent en ce moment sur la région qui menacent de remobiliser cette cendre et de donner naissance à des lahars destructeurs. Des coulées de boue ont déjà emporté deux maisons et deux ponts dans le village de Padansari, sans toutefois faire de victimes. Sept autres villages se sont retrouvés isolés par des lahars.

S’agissant des dégâts causés par la cendre et les lahars, les chiffres officiels font état de plus de 3200 habitations sérieusement endommagées et 2192 avec des dégâts moindres. Toutefois, ces statistiques devraient être revues à la hausse quand les gens encore dans les abris vont revenir chez eux et constater les dégâts subis par leurs maisons.

Source : The Jakarta Post.

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drapeau anglaisAfter Mt Kelud’s ashfall, torrential rains are now threatening to sweep away the ash and trigger devastating lahars. Mudslides have already destroyed two houses and two bridges in Padansari village, without causing casualties. A lahar blocked access to seven other villages.

As far as the damage caused by the ash is concerned, the official figures report that more than 3,200 homes were severely damaged during the eruption and the mud flows that came in its wake. Another 2,192 houses were moderately damaged. However, both figures are expected to climb as people start to leave the region’s evacuation shelters and return to their homes.

Source: The Jakarta Post.

Sinabung & Kelud (Indonésie)

drapeau francaisLes États-Unis, à travers leur ambassadeur en Indonésie, viennent d’accorder une somme de 200 000 dollars destinée à la logistique, dans le cadre de la situation d’urgence qui fait suite à l’éruption du Sinabung .

Cet argent sera utilisé par l’Agence Nationale de Gestion des Catastrophes pour venir en aide aux victimes de l’éruption. Il s’ajoute aux 100 000 dollars attribués le 6 Février afin de fournir des fournitures essentielles aux personnes évacuées. L’argent servira aussi à former le personnel de l’Agence. Les États-Unis ont déjà fourni une assistance technique et des équipements au VSI. Ils ont permis de créer un réseau de surveillance sismique plus efficace autour du volcan.

Dans le même temps, comme cela était prévisible, les lahars du Kelud se sont déversés dans la rivière Konto et ont inondé des zones agricoles dans plusieurs districts situés à proximité du volcan. Dans le village de Karang Tengah , dans le sous-district de Kandangan, un lahar a submergé 50 hectares de terres agricoles et détruit une digue. Une ferme avicole avec environ 15 mille poulets a été emportée par le flot de boue, avec de lourdes pertes financières.
Une route reliant les villages de Blimbing et Wangkalkerep a été coupée sur une longueur d’environ 20 mètres. Dans le village de Klampingan, une maison a été emportée par le lahar.

Source : Antara News.

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drapeau anglaisThe U.S., through its ambassador to Indonesia, has provided an additional 200,000 dollars for logistic support as part of the ongoing emergency response to the Mount Sinabung eruption. The aim of this money is to support operations and logistics through the National Disaster Management Agency. The funding is in addition to the 100,000 dollars released on February 6th, to provide critical supplies to those displaced. The assistance will also be used to train the agency’s staff The U.S. has already contributed to providing technical assistance and equipment to the VSI. It helped create a more efficient seismic monitoring network around the volcano.

Meantime, as was predicted, lahars streaming from Mount Kelud and flowing into River Konto inundated farming areas in several districts close to the volcano. In Karang Tengah village, Kandangan sub-district, a lahar submerged 50 hectares of farming areas and destroyed a dyke. A poultry farm with around 15 thousand chicken was swept away by the cold lava, with heavy financial losses. .

A road connecting Blimbing and Wangkalkerep villages was cut off for a length of around 20 metres. In Klampingan village, a house was swept away by the lahar.

Source: Antara News.

Dans le sillage de l’éruption du Kelud… // In the wake of Mt Kelud’s eruption…

drapeau francaisLes habitants qui avaient fui l’éruption du Kelud ont commencé à rentrer chez eux le week-end dernier, malgré les avertissements de l’Agence de Gestion des Catastrophes qui rappelle que le risque de coulées pyroclastiques reste élevé.
Le niveau d’alerte du volcan demeure à AWAS, le maximum.
Les fortes pluies qui se sont abattues récemment sur la région ont accru la menace de lahars. 19 barrages ont été construits en prévision des coulées de boue, mais il n’est pas certain que les structures seront suffisantes pour les contenir.
De fortes pluies et des vents violents ont déjà causé l’effondrement de plusieurs bâtiments dans la région Malang sous le poids de la cendre mouillée.
Plus de 87600 habitants de Kediri, Blitar, Malang, Jombang et Kota Batu restent dans les abris. Les autorités font le maximum pour obliger à rester ceux qui tentent de quitter les camps, afin de prévenir d’autres accidents et de nouvelles pertes de vies humaines.
L’impact économique de l’éruption du Kelud est fortement ressenti par les producteurs laitiers du district de Malang qui ont subi des pertes importantes. La production de lait a chuté de moitié. Les vaches sont en état de stress et le manque de nourriture non contaminée, ne serait-ce que l’herbe, a considérablement diminué leur apport nutritionnel.
L’aviation indonésienne a également été durement touchée par l’éruption du Kelud et a subi de lourdes pertes.
L’aéroport de Yogyakarta, qui a été la plus durement touché, a dû fermer et a enregistré une perte quotidienne de 450 millions de roupies (environ 28.000 euros) en raison de l’annulation de 127 vols chaque jour.
L’aéroport de Surabaya est resté fermé pendant deux jours et a subi des pertes à hauteur de trois milliards de roupies (environ 182 000 euros). 386 vols ont dû être annulés, avec 50 000 passagers bloqués dans l’aéroport. Celui de Semerang a repris ses activités le samedi 15 février tandis que Bandung a rouvert le 17.
L’aéroport international de Solo est resté fermé quelques jours de plus à cause de l’épaisse couche de cendre.
Le bilan humain de l’éruption s’élève actuellement à six morts.

Source : Presse indonésienne.

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 drapeau anglaisResidents displaced by Mount Kelud’s eruption began to return home over the weekend despite warnings from disaster officials that the risk of pyroclastic flows remains high.

The alert level at the volcano is still AWAS, the maximum.

Recent heavy rains have raised the threat of lahars.19 dams have been built in anticipation of mudflows, but officials are unsure if the structures will be enough to contain the floods.

Heavy rains and strong winds have already caused several buildings in the Malang area to collapse under the weight of soaked ash.

More than 87,600 residents from Kediri, Blitar, Malang, Jombang, and Kota Batu are remaining in evacuation shelters. Those who attempt to leave the camps can be forced to stay in order to prevent any further accidents and loss of life.

The economic impact of the volcanic eruption is strongly felt as dairy farmers in the Malang district report significant losses. The production of milk has dropped by a half. The cows are in a state of distress and the lack of proper, uncontaminated food, such as grass, has significantly diminished their nutritional intake.

Indonesia’s aviation industry was also badly hurt by the eruption of Mt Kelud and had to bear heavy losses.

Yogyakarta airport, which was most badly affected by the volcanic eruption and had to close, recorded a daily loss of 450 million rupees (about 28,000 euros) because of the cancellation of 127 flights every day.

Surabaya airport suffered losses of three billion rupees (about 182,000 euros) for a two-day shutdown. The airport had to cancel 386 flights, causing 50,000 passengers to be stranded. Semerang airport resumed operations on Saturday 15th while Bandung reopened on February 17th.

Solo international airport has remained closed a few more days due to the thick layer of ash.
Six people have died so far in the wake of the eruption.

Source: Indonesian press.