La cendre de l’Etna (suite) // Mt Etna’s ash (continued)

L’activité éruptive reste intense ces jours-ci sur l’Etna avec des crises à répétitions, baptisées «paroxysmes» par les volcanologues de l’INGV. Ces épisodes éruptifs offrent un feu d’artifice très spectaculaire mais, à côté de cette beauté naturelle, les villes et villages sur les pentes du volcan doivent souvent faire face à des retombées de cendres et de lapilli qui claquent comme des grêlons sur les toits, les terrasses, les routes et les voitures.

Chaque paroxysme suit le même processus. Il commence par une colonne de cendres pouvant monter jusqu’à 12 km d’altitude, puis viennent des fontaines et des coulées de lave, émises principalement par le Cratère Sud-Est.

Les éruptions sont certes spectaculaires, mais elles pourrissent aussi la vie de la population. Boris Behncke (INGV Catane) explique que l’Etna a projeté quelque 40 millions de mètres cubes de matériaux volcaniques. En comparaison, Boris fait remarquer que l’éruption de l’Etna qui a menacé la ville de Randazzo en 1981 n’a émis que 20 millions de mètres cubes de matériaux.

La cendre volcanique envahit les balcons, les trottoirs et les terrasses. Les habitants passent beaucoup de temps à balayer les sols et à évacuer cette cendre. Les pare-brise des voitures sont constamment recouverts d’une patine sombre, mais il ne faut pas utiliser d’eau pour le nettoyage. Cette glaçure contient des particules de verre qui abîmeraient irrémédiablement le pare-brise. Il n’est pas étonnant que certaines personnes aient enveloppé leurs voitures dans des draps ou des housses pour les protéger.

Quand il pleut, la couche de cendre se transforme en quelque chose qui ressemble à du béton qui bloque les gouttières et les égouts, provoquant des inondations et des infiltrations d’eau dans les maisons.

Les explosions de l’Etna génèrent des infrasons que l’oreille humaine ne capte pas en raison de leur faible fréquence sonore, mais le verre des vitres y est très sensible. Après avoir entendu autant d’éruptions, les gens peuvent maintenant décrire le comportement de l’Etna juste en écoutant les vibrations des fenêtres.

Les dégâts sont immenses et la région Sicile a déclaré l’état de catastrophe naturelle pour 13 villes situées sur l’Etna et 30 autres autour du volcan. Des orangeraies et d’autres cultures ont été détruites. Lors d’un paroxysme, l’autoroute entre Fiumefreddo et Giarre a dû être fermée pour permettre le déblaiement de la cendre. Les motos sont interdites et la limite de vitesse a été ramenée à 20 km / h. Les écoles de Giarre ont été fermées pendant trois jours et le marché hebdomadaire a été suspendu. Les habitants ont reçu pour instruction de mettre la cendre dans des sacs transparents et de ne pas la mélanger avec les ordures ménagères. Selon un habitant, « la dernière pluie de cendre n’a duré que 30 minutes mais elle a généré autant de déchets qu’en un an. Cela va nous coûter jusqu’à 600 000 euros. Nous sommes inquiets car cela va se reproduire encore et encore. Comment allons-nous payer? »

Le conseil régional doit fournir 1 milliard d’euros et demandera de l’aide au gouvernement de Rome, mais il n’y a pas de plan régional pour gérer la cendre. C’est un phénomène naturel, mais il est considéré comme un déchet et il n’y a encore rien de prévu pour l’évacuer.

Comme je l’ai expliqué à la télévision il y a quelques jours, le point positif de ces paroxysmes est qu’ils se produisent dans la zone sommitale du volcan, de sorte qu’il n’y a aucun danger pour les zones habitées. D’autres crises éruptives sont probables, mais personne ne peut prévoir quand elles se produiront.

Source: INGV, la BBC.

Info COVID : La Sicile, qui était restée parmi les très rares régions en couleur Jaune par rapport à la propagation du virus, est devenue Orange depuis le lundi 15 mars 2021 et passera au Rouge les 3, 4 et 5 avril comme toutes les autres régions, à l’exception de la Sardaigne, la seule à être en zone blanche. De nouvelles restrictions vont donc se mettre en place.

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Activity is quite intense these days on Mount Etna with repetitive eruptive crises dubbed “paroxysms” by INGV volcanologists. These episodes create a spectacular natural firework display but, beside this natural beauty, local Sicilian towns and villages are showered with ash and lapilli that fall like hailstones on the roofs, terraces roads and cars.

Each paroxysm starts with a column of dust that can climb as high as 12km, then come lava fountains and lava flows, emerging mainly from the South-east crater.

The eruptions may be spectacular, but they are a nuisance too. Boris Behncke (INGV Catania) explains that Etna has released some 40 million cubic metres of volcanic material. In comparison, he says the Etna eruption that threatened the town of Randazzo in 1981 released a mere 20 million cubic metres of material.

Lava dust falls on balconies, pavements and terraces. Local residents spend a lot of time sweeping floors and evacuating the ash. Car windscreens are constantly covered by a dark patina of grime, but you must not use water to clear it. This glaze contains sharp glass particles that would scrape it beyond repair. No wonder some people have wrapped up their parked cars in bed-sheets to protect them.

When it rains, the drizzle turns carpets of lava dust into something resembling concrete. It blocks gutters and drainage channels, prompting flooding and water seeping into houses.

Etna’s explosions generate « infrasonic waves » that the human ear does not pick up because of their low sound frequency, but the glass in the windows does.

After so many eruptions, people can now tell what Etna is doing simply by listening to the trembling of the windows.

The damage to the area is immense and the Sicilian region has declared a crisis for 13 towns on Mt Etna and another 30 surrounding the volcano. Orange groves and other crops have been destroyed and on one occasion the motorway between Fiumefreddo and Giarre was shut to allow dust to be cleared. Motorbikes are banned and the speed limit has been cut to 20 km/h.

Schools in Giarre were shut for three days and the weekly market suspended. Locals have been instructed to collect the dust in transparent bags and not to mix it with ordinary rubbish.

According to one resident, “the latest black rain lasted just 30 minutes and generated as much rubbish as we usually have in a year. It’ll cost up to 600,000 euros and we are worried because it is going to happen again and again. How can we pay for it? »

The regional government is to provide 1illion euros and will ask the Rome government for more help, but there is no regional plan to manage the dust. It may be a natural phenomenon, but it is treated as waste and there is not yet anything planned to remove it.

As I explained on TV a few days ago, the positive point with these paroxysms is that they occur in the summit area of the volcano, so that there is no danger to populated areas. More eruptions are likely, but not even the experts can predict when.

Source: INGV, The BBC.

COVID Info: Sicily, which had remained among the very rare regions in Yellow colour in relation with the spread of the virus, became  Orange from Monday March 15th, 2021 and will go Red on April 3rd, 4th and 5th like all other regions , with the exception of Sardinia, the only one to be in the white zone. New restrictions will therefore be enforced.  

La cendre de l’Etna, un poison pour les populations…

Pluie de cendre sur le sommet de l’Etna (Photo : C. Grandpey)

Eruption du Sangay (Equateur) // Eruption of Sangay (Ecuador)

Selon le site web The Watchers, une puissante éruption a débuté sur le Sangay (Équateur) à 4 h 20 (heure locale) le 20 septembre 2020. Le panache de cendres a atteint 12,2 km d’altitude. Des retombées de cendres significatives ont été signalées dans les provinces à l’ouest du volcan, comme on peut le voir sur les photos publiées sur les réseaux sociaux. Les principales émissions de cendres ont duré environ six heures et les panaches se sont ensuite dissipés. C’est l’épisode éruptif le plus important des derniers mois. .
Les provinces les plus touchées ont été celles de Chimborazo et Bolívar, où la couche de cendre a dépassé respectivement 3 mm et 1 mm. En outre, les retombées de cendres ont temporairement suspendu tous les vols à destination et en provenance de l’aéroport de Guayaquil.
Source: The Watchers.
https://watchers.news/2020/09/20/sangay-eruption-ecuador-september-20-2020/

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According to the The Watchers website, a major eruption started at Ecuador’s Sangay volcano at 4:20 (local time) on September 20th, 2020. The ash plume rose to 12.2 km. Heavy ashfall was reported in provinces west of the volcano, as can be seen on the photos posted on social networks. The major ash emissions ended lasted about six hours and the clouds the dissipated. It was the most powerful eruptive episode of the past months. .

The most affected provinces were Chimborazo and Bolívar, where ash accumulations exceeded 3 mm and 1 mm, respectively. Besides, ashfall temporarily suspended all flights in and from Guayaquil Airport.

Source : The Watchers.

https://watchers.news/2020/09/20/sangay-eruption-ecuador-september-20-2020/

Panache de cendres du Sangay (Source : NOAA)

Les glaciers rejettent des résidus radioactifs ! // Glaciers release radioactive residues!

On le sait depuis longtemps : Les glaciers sont de précieux indicateurs de l’histoire de notre planète. Ils permettent en particulier de dater des événements géologiques majeurs comme les éruptions volcaniques. De temps à autre, ils nous rendent les corps de personnes victimes d’une catastrophe aérienne ou d’alpinistes ayant chuté dans des crevasses en escaladant l’Everest.

Le site de la chaîne de télévision BFMTV nous apprend que des retombées radioactives d’accidents nucléaires civils et d’essais militaires sont emprisonnées dans les glaciers à travers le monde. Les chercheurs avertissent que ces résidus risquent fort d’être libérés par la fonte de la glace liée au réchauffement climatique.

Une équipe internationale de scientifiques a cherché la présence de retombées radioactives dans les sédiments à la surface de glaciers dans l’Arctique, en Islande, dans les Alpes, le Caucase, l’Antarctique et l’ouest du Canada. Ces chercheurs ont découvert des résidus radioactifs sur les 17 sites étudiés, souvent à des concentrations au moins 10 fois supérieures aux niveaux relevés ailleurs. Une scientifique britannique a expliqué que les niveaux mesurés sont les plus élevés dans un environnement en dehors des zones d’exclusion nucléaires

Il est facile de comprendre pourquoi les glaciers conservent ces résidus radioactifs. Quand ils sont relâchés dans l’atmosphère, ils retombent sur terre par le biais des pluies acides et peuvent être absorbés par les plantes et le sol. En revanche, quand ils tombent sous forme de neige et s’installent sur la glace, ils forment des sédiments plus lourds, qui s’accumulent dans les glaciers.

Les scientifiques donnent l’exemple de l’accident de Tchernobyl en 1986 qui avait généré des nuages radioactifs contenant notamment du césium, et provoqué une contamination à travers l’Europe du Nord. Dans le cas de Tchernobyl, les éléments radioactifs sont retombés sous forme de pluie ou de neige. Dans ce dernier cas, ils sont restés dans la glace pendant des décennies, et avec la fonte des glaciers liée au réchauffement, ils se déversent maintenant dans les rivières.

L’équipe scientifique a détecté quelques résidus de Fukushima, mais une grande partie des éléments issus de cet accident de 2011 ne se sont pas encore agglutinés dans les sédiments des glaciers.

Sur plusieurs des sites, les chercheurs ont également retrouvé des traces d’essais nucléaires, en particulier ceux qui ont été effectués des années 1950 et 1960. Une scientifique a expliqué qu’en étudiant une carotte de sédiments, on voit clairement un pic au moment de Tchernobyl, mais aussi un pic relativement précis autour de 1963, période intense d’essais nucléaires.

Le risque aujourd’hui, c’est qu’avec le réchauffement climatique et la fonte de la glace, on assiste à l’entrée dans la chaîne alimentaire d’un des résidus potentiellement les plus dangereux, l’américium, issu de la dégradation du plutonium et qui a une demi-vie de 400 ans, contre 14 ans pour le plutonium.

Source : BFMTV.

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We have known for a long time that glaciers are precious indicators of the history of our planet. In particular, they allow to date major geological events such as volcanic eruptions. From time to time, they release the bodies of people who have fallen victim to a plane crash or mountaineers who have fallen into crevasses while climbing Mount Everest.
The BFMTV television site tells us that radioactive fallout from civilian nuclear accidents and military tests are trapped in glaciers around the world. The researchers warn that these residues are likely to be released by the melting of ice due to global warming.
An international team of scientists has investigated the presence of radioactive fallout in glacial surface sediments in the Arctic, Iceland, the Alps, the Caucasus, Antarctica and western Canada. These researchers found radioactive residues at the 17 sites they studied, often at concentrations at least 10 times higher than levels found elsewhere. A British scientist explains that measured levels are highest in an environment outside nuclear exclusion zones
It is easy to understand why glaciers retain these radioactive residues. When released into the atmosphere, they fall back to earth through acid rain and can be absorbed by plants and soil. On the other hand, when they fall in the form of snow and settle on the ice, they form heavier sediments, which accumulate in the glaciers.
Scientists give the example of the Chernobyl accident in 1986 that generated radioactive clouds including cesium and caused contamination throughout northern Europe. In the case of Chernobyl, radioactive elements fell as rain or snow. In the latter case, they remained in the ice for decades, and with the melting glaciers associated with global warming, they now flow into the rivers.
The scientific team has detected some Fukushima residues, but much of the evidence from this 2011 accident has not yet accumulated in the glacial sediments.
On several of the sites, the researchers also found traces of nuclear tests, in particular those that were carried out in the 1950s and 1960s. A scientist explained that by studying a core of sediments, one clearly sees a peak at the moment of the Chernobyl accident, but also a relatively accurate peak around 1963, which was an intense period of nuclear testing.
The risk today is that with global warming and the melting of ice, we may witness the entry into the food chain of one of the potentially most dangerous residues, americium, resulting from the degradation plutonium and which has a half-life of 400 years, compared with 14 years for plutonium.
Source: BFMTV.

Photos: C. Grandpey

San Cristobal (Nicaragua)

Dans son dernier rapport, le SINAPRED indique qu’une nouvelle émission de gaz et de cendre a débuté sur le volcan San Cristobal le 18 août 2017 en début de matinée. Le volcan a d’abord commencé une phase de dégazage suivie d’une expulsion de cendre et d’une forte odeur de soufre. Les retombées de cendre ont affecté plus de 50 000 personnes autour du San Cristobal.
Il est conseillé aux populations à proximité du volcan et aux personnes victimes des retombées de cendre d’utiliser des masques ou des serviettes humides pour se couvrir la bouche, le nez et les yeux. Il est également recommandé de protéger les puits pour éviter toute contamination de l’eau.
Le SINAPRED indique qu’il n’y a pas eu d’explosions jusqu’à présent.
La dernière éruption du San Cristobal a eu lieu le 22 avril 2016. Le SINAPRED avait alors signalé un panache de cendre et de gaz qui était monté jusqu’à 2 km au-dessus du cratère. La dernière activité explosive a eu lieu le 6 juin 2015.

Source: SINAPRED.

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In its latest update, SINAPRED indicates that a new gas and ash emission started at San Cristobal volcano on August 18th 2017 in the early morning. The volcano first began degassing, which was followed by an expulsion of ash and a strong odour of sulphur. Ashfall affected more than 50 000 citizens around San Cristobal.

Residents near the volcano, and those affected by ashfall, are advisedd to use masks or wet towels to cover their mouth, nose and eyes.They should also protect the wells to prevent any contamination.

SINAPRED says that so far there have been no explosions.

San Cristobal’s last eruption took place on April 22nd 2016. SINAPRED then reported an ash-and-gas plume that rose 2 km above crater. The previous explosive activity at the volcano occurred on June 6th 2015.

Source: SINAPRED.

Crédit photo: Wikipedia