Fallait-il autoriser l’accès à Grindavik ? // Was allowing access to Grindavik a good decision ?

On sentait une certaine réserve dans le ton utilisé par le Met Office pour indiquer que les habitants et les entreprises étaient à nouveau autorisés à reprendre leurs activités à Grindavik. Cette fois, c’est au tour du président du syndicat des ouvriers de Grindavík d’exprimer son étonnement et sa désapprobation face à la décision des autorités islandaises de rouvrir le port de pêche.
Il a déclaré : « Ouvrir grandes les portes de la ville, avec pratiquement pas d’eau froide, presque pas d’eau chaude et un système d’égouts dont on ne sait pas comment il réagira, sans compter que les fractures qui se sont ouvertes dans la ville sont encore en cours de cartographie, me conduisent à avoir de sérieuses réserves à ce sujet. »
Le président du syndicat ouvrier a fait remarquer que certains salariés angoissent à l’idée de revenir travailler dans la ville. Il espère que les entreprises mettront en œuvre des plans de sécurité avant de reprendre leurs activités, mais seulement lorsque les conditions le permettront ; il estime que la situation nécessite une étude plus approfondie pour assurer la sécurité des personnes.
Il regrette qu’il n’y ait pas eu de consultation avec les syndicats qui étaient pourtant invités à une réunion avec le ministre. En conclusion, il a déclaré : « Je trouve totalement irresponsable de permettre aux gens de s’installer là-bas. C’est comme si nous proposions d’abolir le code de la route et disions aux gens : « c’est dangereux, mais soyez prudents ; soyez vigilants. »
Source  : Iceland Review.

Grindavik a subi de gros dégâts (Crédit photo: Iceland Review)

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It could be felt in the tone used by the Met Office to indicate that residents and businesses were again allowed to move into Grindavik. This time, it is up to the Chairman of the Grindavík Workers’ Union to expressed his astonishment and disapproval about the Icelandic authorities’ decision to reopen the fishing port.

He declared : “Essentially flinging the town doors wide open, with virtually no cold water, almost no hot water, and a sewer system whose functionality under stress is completely unknown, not to mention that fissures in town are still being mapped out. I have serious reservations about this.”

The Chairman of the Workers’ Union remarked that some employees are apprehensive about returning to work in the town. He trusts some companies would implement safety plans to resume operations but only when conditions permit; he believes that the situation requires further investigation to ensure people’s safety.

He regrets there was no consultation with labour unions, although they were invited to a meeting with the minister. As a conclusion, he said : “I find it utterly irresponsible to allow people to stay there. It’s as if we’re proposing to abolish traffic laws and telling people: ‘it’s dangerous, but let’s just be careful; let’s be on our toes.’”

Source : Iceland Review.

Accès autorisé, mais limité, à Grindavik (Islande) // Authorised, but limited, access to Grindavik (Iceland)

La police du district de Suðurnes a décidé d’autoriser les habitants de Grindvík et les personnes qui travaillent à Grindavík à rester et à entrer dans la ville et y rester pendant toute la journée. La décision prend effet le 20 février 2024 à 7 heures et est valable jusqu’au 29 février, en tenant compte des éléments suivants :
Les habitants, les employés, les entreprises et les personnes qui ont besoin de venir en aide aux habitants – et ces seules personnes – sont autorisés à entrer dans la ville sous leur propre responsabilité. Chacun doit être responsable de ses propres actes. La police précise que Grindavík n’est pas un endroit où les enfants peuvent jouer. Il n’y a pas d’écoles et les infrastructures sont paralysées. L’approvisionnement en eau chaude de la ville connaît des fuites sous la coulée de lave, mais des réparations sont en cours. Il est recommandé de ne pas modifier les réglages d’arrivée d’eau chaude dans les maisons. Il n’y a toujours pas d’eau froide et donc pas d’eau potable. Les conditions sont donc différentes de celles jugées acceptables pour vivre dans les maisons.
Il y a de nombreuses fractures dans et autour de la ville et d’autres peuvent s’ouvrir sans préavis. Les gens doivent rester sur les trottoirs et dans les rues, et éviter de sortir sur les terrains et autres espaces libres.
Il existe toujours des risques dans le secteur de Grindavik suite à l’éruption du Stóra Skógfell. De plus, les conditions à l’intérieur et à l’extérieur des zones dangereuses peuvent changer sans prévenir, sans oublier que des dangers peuvent être cachés en dehors des zones désignées. Le soulèvement du sol continue à Svartsengi, avec un fort risque d’éruption dans quelques semaines..
Source : Iceland Monitor.

Grindavik, une ville meurtrie et toujours sous la menace de la lave (Photos: presse islandaise)

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The police of Suðurnes has taken the decision to allow Grindvíkers and those working in Grindavík to stay and work in the town all day long. The decision takes effect at 7 am on February 20th in the morning and is valid until  February 29th. with knowledge of the following:

Residents, employees, businesses, and those who need to help residents– and these people only – are allowed to enter the town on their responsibility. Each must be responsible for their own actions. The Police Commissioner makes it clear that Grindavík is not a place for children or children to play. There are no schools and the infrastructure is in a state of paralysis. The hot water supply to the town is leaking, presumably under lava, but repair is underway. It is recommended that people do not interfere with the settings of hot water in houses. There is still no cold water and therefore no drinking water. Conditions are therefore different from those that can be considered acceptable for living in houses.

The fissures are widespread in and around the town and cracks can open without notice. People need to stay at the sidewalks and streets of the town and avoid going out on the grounds and other open areas.

There are still risks in the area following the eruption at Stóra Skógfell and conditions inside and outside the danger areas can change with little notice. In addition, risks can be hidden outside the designated areas. Land inflation is still going on in Svartsengi, with an elevated risk of eruption in a few weeks. .

Source : Iceland Monitor.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Le Met Office islandais a mis à jour la carte de risques pour la zone autour de Grindavík et de Svartsengi. La nouvelle carte élargit la zone de danger de la carte précédente.
La nouvelle carte s’appuie sur de nouvelles images satellite de Svartsengi et de l’intrusion magmatique, ainsi que sur des données discutées avec la Protection civile, des scientifiques du Met Office et de l’Université d’Islande.
Il existe trois zones de danger, comme le montre la carte ci-dessous :
Orange : Zone de danger A : Danger dû à l’activité sismique.
Rouge : Zone de danger B : Danger dû à une éventuelle éruption.
Violet : Zone de danger C : Risque accru d’éruption comme dans la zone B, avec encore plus de risque d’ouverture soudaine de fractures et de pollution gazeuse. Dans cette zone, les voies d’évacuation doivent être dégagées, des détecteurs de gaz sont nécessaires ainsi que des masques à gaz si l’on pénètredans la zone.
Source : Met Office.

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21 novembre – 7 heures : Alors que la sismicité et le tremor étaient globalement stables ces derniers jours, une secousse de M 3,8 a été enregistrée le 21 novembre à 5h14 dans le secteur de Grindavik avec un hypocentre à 1,1 km de profondeur. Le reste du temps, la sismicité dans cette zone se situe généralement entre 2 et 5 km de profondeur. A surveiller.

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The Icelandic Met Office has updated the hazard assessment map for the area around Grindavík and Svartsengi. The new map expands the hazard area from the previous map.

The map is based on new satellite images of Svartsengi and the magma intrusion, as well as data that was discussed with the Civil Protection, experts from the Icelandic Met Office and the University of Iceland.

There are three danger areas as can be seen on the map below :

Orange: Danger zone A: Danger due to seismic activity.

Red: Danger zone B: Danger due to possible eruption.

Purple: Danger zone C: Increased danger of eruption like in zone B, and even more danger of earth opening suddenly and dangerous gas pollution. In this zone escape routes need to be clear, gas monitors are needed and gasmasks if you go into the area.

Source : Met Office.

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November 21st – 7 a.m.: While seismicity and the tremor were generally stable in recent days, an earthquake with a magnitude M 3.8 was recorded on November 21st at 5:14 a.m. in the Grindavik area with a hypocenter at 1.1 km depth. Seismicity in this area is generally between 2 and 5 km depth.

Champs Phlégréens : approche scientifique // Phlegrean Fields : scientific approach

Suite aux derniers événements observés dans les Champs Phlégréens, il m’a semblé intéressant de consulter les données scientifiques diffusées par l’INGV pour faire le bilan de la situation et voir si son évolution présente un sujet d’inquiétude.
A la lumière des données de suivi, il ressort :

SISMICITE : Au cours de la semaine du 2 au 8 octobre 2023, 104 séismes ont été détectés, avec une magnitude maximale de M 4,0±0,3. 44 événements ont été détectés au cours de deux essaims sismiques, le premier dans la zone Solfatara, Pisciarelli, Accademia ; l’autre dans le secteur Solfatara, Accademia. Les hypocentres se situent entre 0,44 et 2,99 km de profondeur.

S’agissant de la DEFORMATION DU SOL, phénomène bradysismique bien connu dans la région, depuis le mois de janvier 2023, le soulèvement maximal du sol est d’environ 15 ± 3 mm/mois. Au cours des deux dernières semaines, parallèlement à la hausse de l’activité sismique, il y a eu une accélération du soulèvement qui a aujourd’hui retrouvé les valeurs enregistrées précédemment en 2023. Le soulèvement enregistré à la station RITE GNSS est d’environ 109,5 cm depuis janvier 2011, dont 25,5 cm depuis janvier 2022.

On n’observe pas de variations significatives dans les PARAMETRES GEOCHIMIQUES par rapport aux données précédentes, tout en confirmant les tendances de hausse de la température et de la pressurisation du système hydrothermal, ainsi qu’une augmentation du débit des fluides émis.

Dans la zone de Pisciarelli (côté nord-est extérieur de la Solfatare), qui a connu ces dernières années les plus grandes variations dans le processus de dégazage, les émissions de CO2 du sol enregistrées en continu par la station FLXOV8 confirment les tendances enregistrées ces dernières années. En particulier, les émissions de CO2 n’ont pas varié ces derniers jours. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle principale de Pisciarelli a montré une valeur moyenne d’environ 95°C.

Dans la CONCLUSION de son rapport sur les Champs Phlégréens, l’INGV indique que « sur la base de l’image actuelle de l’activité volcanique décrite ci-dessus, aucun élément ne laisse entrevoir une évolution significative à court terme. » Toute modification des paramètres ci-dessus pourrait entraîner une évolution des scénarios de risques. .

Source : INGV.

Comme je l’écrivais précédemment, les variations observées dans la sismicité et la déformation du sol sont des phénomènes habituels dans les Champs Phlégréens. Les paramètres scientifiques doivent toutefois être étroitement contrôlés. La région, densément peuplée, repose à la surface d’un volcan actif dont les humeurs sont imprévisibles. S’il devait se réveiller pour de bon, il faudrait faire vite, très vite, pour mettre la population en sécurité.

Fumerolle de Pisciarelli (Source : INGV)

Vue d’ensemble de la Solfatara (Photo: C. Grandpey)

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Following the latest events observed in the Phlegrean Fields, it seemed interesting to me to consult the scientific data released by the INGV to assess the situation and see if its evolution presents a cause for concern.
In light of the monitoring data, it appears that :

SEISMICITY: During the week of October 2nd to 8th, 2023, 104 earthquakes were detected, with a maximum magnitude of M 4.0±0.3. 44 events were detected during two seismic swarms, the first in the Solfatara, Pisciarelli, Accademia area; the other in the Solfatara, Accademia sector. The hypocenters were between 0.44 and 2.99 km deep.

Regarding GROUND DEFORMATION, because of a well-known bradyseismic phenomenon in the region since January 2023, the maximum ground uplift is approximately 15 ± 3 mm/month. Over the last two weeks, alongside the increase in seismic activity, there has been an acceleration of the uplift which has today returned to the values previously recorded in 2023. The uplift recorded at the RITE GNSS station has been approximately 109.5 cm since January 2011, including 25.5 cm since January 2022.

No significant variations are observed in the GEOCHEMICAL PARAMETERS compared to previous data, while confirming the trends of increasing temperature and pressurization of the hydrothermal system, as well as an increase in the flow rate of emitted fluids.
In the Pisciarelli area (outer northeast side of Solfatare), which in recent years has experienced the greatest variations in the degassing process, CO2 emissions from the soil recorded continuously by the FLXOV8 station confirm the trends recorded in recent years. In particular, CO2 emissions have not changed in recent days. The temperature sensor installed near the main fumarole of Pisciarelli showed an average value of around 95°C.

In the CONCLUSION of its report on the Phlegraean Fields, the INGV indicates that “based on the current picture of volcanic activity described above, there is no evidence to suggest a significant evolution in the short term. » Any modification of the above parameters could lead to an evolution of the risk scenarios. .
Source: INGV.

As I put it previously, the variations observed in seismicity and ground deformation are usual phenomena in the Phlegrean Fields. However, scientific parameters must be closely controlled. The densely populated region sits on the surface of an active volcano whose moods are unpredictable. If it were to wake up for good, authorities would have to act quickly, very quickly, to bring the population to safety.