Des événements climatiques extrêmes // Extreme weather events

drapeau-francaisLes événements extrêmes se multiplient en ce moment sur notre planète. Les médias se sont faits l’écho des tornades qui ont sévèrement affecté le Mississippi, l’Alabama, le Texas, et maintenant le Missouri aux Etats-Unis. La ville d’Anchorage en Alaska vient de subir des rafales de vent de 150 km/h. La température est anormalement haute et la neige a quasiment disparu. L’Amérique du Sud n’est pas épargnée, avec des inondations au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Plus près de nous, le nord de l’Angleterre est sous les eaux. Un puissant système dépressionnaire vient de traverser l’Islande. La pression atmosphérique a chuté de 54 hectopascals en seulement 18 heures pour atteindre 928 hPa. Le dernier record était de 900 hPa en décembre 1986. Selon les météorologues, ce système dépressionnaire fait partie du même phénomène qui a provoqué les tornades aux Etats-Unis. Au niveau du Pôle Nord, les températures sont anormalement élevées, entre +1,11°C et +1,66°C, ce qui est une dizaine de degrés au-dessus de la normale saisonnière ! Ces températures correspondent à celles enregistrées normalement au cœur de l’été.
Mais, bien sûr, certains diront que nous ne sommes pas responsables, que tout cela fait partie d’un cycle naturel et que nos émissions de CO2 et autres gaz n’y sont pour rien ! La COP 21 ? Le fantasme d’une poignée de gens !
Tout cela en attendant la neige en montagne et en redoutant une prochaine tempête comme celle qui a dévasté la France les 26 et 27 décembre 1999 !

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drapeau-anglaisExtreme events are increasing right now on our planet. The media have echoed tornadoes that have severely affected Mississippi, Alabama, Texas, and now Missouri in the United States. The city of Anchorage in Alaska has just experienced wind gusts of 150 km / h. The temperature is abnormally high and snow has almost disappeared. South America is not spared, with floods in Brazil, Paraguay, Uruguay and Argentina. Closer to France, the North of England is under water. A strong low pressure system just went through Iceland. Atmospheric pressure fell by 54 hectopascals in only 18 hours to reach 928 hPa. The last record was 900 hPa in December 1986. According to meteorologists, the storm system is part of the same phenomenon that caused tornadoes in the United States. At the North Pole, temperatures are abnormally high, between + 1.11 ° C and + 1.66 ° C, which is ten degrees above seasonal averages! These temperatures correspond to those normally recorded at the heart of the summer.
But, of course, some people will say we are not responsible, that it is all part of a natural cycle and that our CO2 emissions and other gases are not to blame! COP 21? The fantasy of a handful of people!
Meantime, we are waiting for the snow in the mountains and fearing the next storm like the one that devastated France on 26 and 27 December, 1999!

Vers la mort du permafrost? // Will the permafrost die?

drapeau-francaisLes scientifiques du laboratoire du pergélisol de l’Université de l’Alaska à Fairbanks ont déclaré lors d’une conférence de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à San Francisco que le permafrost de la région de North Slope en Alaska se réchauffe beaucoup plus rapidement que prévu.
Dans les années 1980, la température annuelle moyenne de la couche supérieure du pergélisol dans cette région de l’Alaska située le long de l’Océan Arctique était de -8°C. Cette année, elle est de -3°C et des mesures récentes ont même révélé qu’elle s’approchait de 0°C, donc du niveau de dégel. Trois décennies de mesures dans la région de North Slope montrent que la température du pergélisol évolue de pair avec la température de l’air.
L’ampleur du dégel dans les prochaines années et le degré d’affaissement des sols dépendront du niveau du changement climatique pendant le reste du 21ème siècle. Les dernières projections montrent qu’une réduction des émissions de dioxyde de carbone pourrait sauver le pergélisol de North Slope. En conséquence, si les émissions de CO2 continuent d’augmenter au rythme actuel, le réchauffement généralisé du pergélisol va également augmenter de façon spectaculaire. Si l’on prend en compte le scénario proposé par le Representative Concentration Pathway (scénario RCP 8.5), considéré comme le modèle de référence, le résultat sera que sur plus des deux tiers de la région de North Slope d’ici la fin du siècle, la température annuelle moyenne à deux mètres de profondeur sera d’environ 0°C. Selon ce même scénario, de vastes étendues de terre resteront décongelées tout au long de l’année, avec un type de sol connu sous le nom de talik. En conséquence, le sol s’affaissera à grande échelle, souvent de plusieurs mètres sur de vastes surfaces.
Toutefois, si l’on se réfère au scénario RCP 4.5 – une projection qui suppose une stabilisation des émissions de carbone vers le milieu du 21ème siècle et un niveau inférieur de réchauffement de la planète en 2100 – le pergélisol resterait relativement stable. Certes, il y aurait encore des affaissements du sol, mais ils ne dépasseraient guère une vingtaine de centimètres.
Le réchauffement provoqué par les émissions mondiales de CO2 n’est pas le seul facteur à l’origine de la fonte du permafrost de North Slope. Le développement des champs pétrolifères – en particulier les couches de gravier utilisées lors des extractions – contribuent à accélérer son réchauffement. Pour l’industrie pétrolière, le dégel du permafrost et les affaissements de terrain qu’il induit représentent de nouveaux défis. Les prévisions faites par les compagnies pétrolières reposent sur d’anciennes évaluations du pergélisol, avec un sol froid et solide, ce qui n’est plus le cas. A l’avenir, l’industrie pétrolière devra faire face à de nouveaux problèmes avec le réchauffement du sol. Il existe des solutions d’ingénierie pour y remédier, mais elles seront de plus en plus coûteuses.
Au cours de la première décennie du 21ème siècle, le pergélisol couvrait 99% des cinq unités du National Park Service du nord de Alaska. En 2050, une époque où les températures dans cette partie de l’Alaska devraient être plus chaudes de 2°C que maintenant, 89% des terres devraient avoir du permafrost sous la surface de leur sol. À la fin du siècle, seules 36% de terres auront du pergélisol.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisScientists of the permafrost laboratory at the University of Alaska Fairbanks said at a conference of the American Geophysical Union annual meeting in San Francisco that North Slope permafrost in Alaska is warming far more rapidly than previously anticipated.
In the late 1980s, the mean annual temperature of the top layer of permafrost in that region of Alaska along the Arctic Ocean was -8°C. This year, it was -3°C, and has been even warmer and closer to the thaw level in some recent measurements. Three decades of records from the North Slope show that permafrost temperatures closely track air temperatures.
Just how much will thaw in the future, and how much ground will sink as a result of thaw, depends on the degree of climate change through the rest of the 21st century. New projections show that reductions in carbon dioxide could save North Slope permafrost. Should carbon emissions continue to rise at current rates, widespread warming of the permafrost will also increase dramatically. Under what is known as the Representative Concentration Pathway (RCP 8.5 scenario) – considered the reference model – the result will be that on more than two-thirds of the North Slope region by the end of the century, mean annual temperature at two meters’ depth will be about zero degrees Celsius. Under that scenario, large sections of land will be thawed throughout the year, a type of soil known as talik. Correspondingly, land over most of the area will slump, with large sections subsiding by several meters.
But under a scenario known as RCP 4.5 – a projection that assumes a leveling off of carbon emissions by about mid-century and a lower level of global warming through 2100 – the permafrost remains largely stable. There will be ground sinking across nearly all of the North Slope area under the RCP 4.5 scenario, but most of it will be no deeper than 20 centimeters.
The warming caused by global carbon emissions is not the only factor causing North Slope permafrost to warm and edge toward thaw. Oil field development – particularly gravel pads used for oil operators – exacerbates the warming of permafrost.
For the oil industry, the expected thaw and land slumping mean new challenges. Development to date was based on past permafrost conditions, with cold and solid ground. In the future, the industry will face problems as the ground warms. There are some engineering solutions to fix it, but these solutions will be more and more expensive
In the first decade of the 21st century, permafrost covered 99% of the five National Park Service units across northern Alaska. By 2050, a time when temperatures in that part of Alaska are expected to be 2 degrees Celsius warmer than now, 89% of the land is expected to have permafrost beneath the current active soil layer. By the end of the century, only 36% will have permafrost.
Source: Alaska Dispatch News.

Drunken-forest

Les « drunken forests », forêts ivres des hautes latitudes, sont les témoins de la fonte du permafrost. Les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé.  (Photo: C. Grandpey)

La COP 21 : Et maintenant ? // COP 21 : What now ?

drapeau-francaisLe 12 décembre 2015 rentrera-t-il dans l’histoire ? Cela dépendra de ce que chaque pays va en faire ! Comme le déclarait le Président Obama samedi soir, « le problème n’est pas résolu grâce à l’accord de Paris ».
Les 195 Etats parties à la conférence ont un an pour signer l’accord conclu au Bourget. Ensuite, les parlements nationaux devront le ratifier avant qu’il entre en application en 2020. Le texte sera probablement rejeté par le Congrès américain à dominante républicaine climato-sceptique. C’est pour cela que les Etats-Unis voulaient que les engagements soient volontaires et non contraignants.
De leur côté, la Chine et l’Inde, ainsi que d’autres pays en voie de développement, veulent conditionner leurs engagements à l’assurance qu’ils bénéficieront de milliards de dollars pour mener à bien la transition de leur économie des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.
L’accord de Paris pourrait donc rester un simple bout de papier, tout comme les plans proposés par la plupart des pays pour réduire leur pollution. Le point qui me chagrine le plus concerne la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales dès que possible », alors que des versions antérieures retenaient – sur les conseils du GIEC – un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays ont été retirées du texte final.
L’Organisation Météorologique Mondiale a averti que le réchauffement de la planète a déjà atteint près d’un degré. Même s’ils étaient respectés, les engagements de réduction des gaz à effet de serre annoncés par la quasi-totalité des pays placeraient la Terre sur une trajectoire de +3°C, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.
S’agissant de la révision de l’accord tous les cinq ans, il ne fait guère de doute que ce sera insuffisant. Il aurait fallu que les Etats soient plus exigeants sur ce point.
L’accord méritait-il une « standing ovation » ? Oui, car la COP 21 a révélé une prise de conscience globale de la catastrophe climatique qui nous guette. Non, car les mesures envisagées sont beaucoup trop timides pour lutter contre le réchauffement de notre planète. Nos enfants et petits-enfants ont du souci à se faire…

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drapeau-anglaisWill December 12th become part of human history? This will depend on what each country will do now! As stated by President Obama on Saturday night, « the problem is not solved by the Paris agreement. »
The 195 States involved in the conference have a year to sign the Le Bourget agreement. Then the national parliaments will have to ratify it before it comes into effect in 2020. The text is likely to be rejected by the US Congress and its climate-skeptic Republican majority. This is the reason why the United States wanted the commitments to be voluntary and non-binding.
For their part, China and India, and other developing countries, want to condition their commitments to the assurance that they will benefit from billions of dollars to complete the transition of their economies from fossil fuels to renewable energy.
The Paris agreement could therefore remain a mere piece of paper, like the plans proposed by most countries to reduce their pollution. The point that bothers me most regards the weak long-term goal of reducing global emissions of greenhouse gases. It is only intended to target « a peak in global emissions as soon as possible », while earlier versions retained – on IPCC advice – a downward target of 40% to 70% or even 70% to 95% in 2050. These statements, deemed too restrictive by some countries, were removed from the final text.
The World Meteorological Organization has warned that global warming has already reached nearly one degree. Even if they were respected, the commitments to reduce greenhouse gases announced by almost all countries would put the Earth on a trajectory to + 3 ° C, with dramatic consequences that are easy to imagine.
Regarding the revision of the agreement every five years, there is little doubt that it will be insufficient. The States should have been more demanding on this point.
Dis the agreement deserve a « standing ovation »? Yes, because the COP 21 revealed a global awareness of the climate catastrophe that threatens us. No, because the proposed measures are too timid to fight against global warming. Our children and grandchildren will be confronted with many dangers…

Glacier-melting

Photo: C. Grandpey

La fonte du permafrost en Alaska // Permafrost thawing in Alaska

drapeau-francaisSelon une étude de l’USGS, le pergélisol peu profond se trouve sous un peu plus du tiers de la surface de l’Alaska continentale, mais une superficie de 16% à 24% de ce permafrost superficiel va disparaître d’ici la fin du siècle.
Les auteurs de l’étude ont calculé le dégel qui devrait survenir suite à l’accélération prévue du réchauffement climatique dans la toundra et dans l’écosystème boréal des latitudes septentrionales. Ils ont utilisé des données cartographiques actuelles pour localiser le pergélisol qui commence à moins d’un mètre sous la surface et ont conclu que 38% de l’Alaska continentale est concernée.
Pour prédire la future disparition du permafrost, l’étude analyse les effets des changements de température et de précipitations à venir. Cependant, les résultats pourraient être sous-estimés car l’étude ne tient pas compte des changements subis par la végétation ou les incendies de forêts dont le nombre a augmenté avec le réchauffement climatique en Alaska.
Selon l’étude, les zones où la perte du pergélisol de surface sera la plus spectaculaire se trouvent dans la partie centrale de l’Etat où la probabilité de rencontrer du pergélisol en 2 090 sera de 10%, voire moins.
Le dégel du permafrost affecte l’écoulement des eaux souterraines et de surface, ainsi que les voies de communication qui subissent de gros dégâts. Certains bâtiments et autres structures pourraient souffrir des mouvements du sol. Plus important encore, le dégel continu du pergélisol devrait libérer dans l’atmosphère le carbone stocké jusque là dans le sol. Cela signifierait une énorme source de carbone supplémentaire dans l’atmosphère et une rétroaction positive d’un cycle: les émissions de carbone causées par le réchauffement climatique provoquent à leur tour un réchauffement de l’atmosphère.
L’étude ne prend pas en compte les effets du réchauffement climatique sur le pergélisol profond.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a USGS study, shallow permafrost lies beneath the surface of more than a third of mainland Alaska, but 16 % to 24 % will disappear by the end of the century.
The study calculates the thaw that is expected to occur as accelerated warming continues in the tundra and boreal ecosystem of the northern latitudes. It uses current mapping data to estimate locations of existing near-surface permafrost which starts within one metre below the surface. About 38 % of mainland Alaska has such permafrost.
To predict future permafrost loss, the study analyzes effects from expected temperature and precipitation changes. However, the results might be underestimated as the study does not take into account changes to vegetation or wildfires, which have become more plentiful and large as the Alaska climate warms.
According to the study, the areas where near-surface permafrost loss will be most dramatic will be in the central part of the state, where probability of encountering near-surface permafrost in 2090 will drop to 10 % or below.
Permafrost thaw affects flow of groundwater and surface water and local transportation. Some buidings and structures could suffer from movements of the ground. Most importantly, continued permafrost thaw is expected to release previously stored carbon into the atmosphere. This would mean a huge source of additional carbon into the atmosphere and a positive feedback to the cycle: warming-caused carbon release that causes more warming.
The study does not predict effects to deep permafrost.
Source: Alaska Dispatch News.

Permafrost Alaska

Carte montrant la répartition du pergélisol de surface en Alaska (Source: USGS)