La COP 24 va au charbon // COP 24 and coal

La COP 24 ne pèse pas lourd en France en ce moment à côté des manifestations des ‘gilets jaunes’ et les médias n’en parlent guère. Elle continue pourtant à se dérouler en Pologne, en Silésie, région qui fournit le charbon aux centrales électriques du pays. La Pologne a signé l’Accord de Paris sur le climat en 2015, mais le pays continue à extraire le charbon comme si de rien n’était. Il est vrai que le président de l’Inde avait déclaré à l’issue de la COP 21 que son pays allait augmenter sa production de charbon. En Pologne, le secteur emploie 100 000 personnes et tout le monde est d’accord pour dire que s’il n’y avait pas le charbon, c’est toute l’économie qui s’effondrerait. Plus de 80% de l’électricité provient de cette énergie fossile bon marché. Une nouvelle centrale géante de 1 000 mégawatts est même en chantier.

L’Allemagne voisine a décidé de sortir du nucléaire en 2022. En attendant cette date, 40% de l’électricité allemande est produite grâce au charbon, contre 30% pour les énergies renouvelables.

L’Amérique non plus n’a pas l’intention de se passer du charbon. Donald Trump a fièrement annoncé qu’il allait « remettre ses mineurs au travail ».

La Chine avait promis de lever le pied sur le charbon et semble vouloir se tourner timidement vers les centrales nucléaires, mais le charbon reste largement majoritaire dans la production d’électricité. .

Après trois années de déclin, la consommation mondiale de charbon est repartie à la hausse. Cette énergie est responsable à elle seule de 45% des émissions mondiales de CO2.

La France n’est pas dépendante du charbon pour sa production d’électricité, mais le pays n’est pas un très bon élève non plus car ses émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en 2017.

Ces derniers temps, on a beaucoup parlé du contrôle technique des véhicules. Dans ce domaine, la France est en avance sur d’autres pays comme les Etats-Unis où les contrôles dépendent des Etats. En Alaska, par exemple, il n’y a pas de contrôle technique. Dans d’autres Etats, le contrôle ne se fait qu’à l’occasion de la vente du véhicule. D’autres Etats enfin sont plus respectueux de l’environnement et procèdent aux contrôles comme en France.

Je ne me fais guère d’illusions sur l’issue de la COP 24. Il y aura de beaux discours pour se donner bonne conscience, mais les émissions de CO2 continueront à croître ; les événements climatiques extrêmes se multiplieront dans le monde ; la banquise et les glaciers continueront à fondre.

————————————————–

COP 24 is not given a great importance in France these days compared with the demonstrations of the ‘yellow vests’ and the media do not talk much about it. It is still taking place in Poland, in Silesia, a region that supplies coal to the country’s power plants. Poland signed the Paris Climate Agreement in 2015, but the country continues to extract coal as if nothing had happened. It is true that the President of India declared at the end of COP 21 that his country was going to increase its coal production. In Poland, the coal industry employs 100,000 people and everyone agrees that if there were no coal, the whole economy would collapse. More than 80% of the electricity comes from this cheap fossil energy. A giant new 1,000-megawatt plant is even under construction.
The neighbouring Germany has decided to abandon nuclear power in 2022. Meanwhile, 40% of German electricity is produced by coal, against 30% for renewable energy.
America does not intend to do without coal either. Donald Trump proudly announced that he would « put his miners back to work ».
China has promised to turn its back on coal and seems to be turning shyly towards nuclear power plants, but coal remains largely in the production of electricity. .
After three years of decline, global coal consumption has started to rise again. This energy alone accounts for 45% of global CO2 emissions.
France is not a very good pupil either because its emissions of greenhouse gases increased in 2017.
In recent times, there has been a lot of talk about the technical control of vehicles. In this area, France is ahead of other countries like the United States where controls depend on the States. In Alaska, for example, there is no technical control. In other States, the check is made only when the vehicle is sold. Finally, other States are more respectful of the environment and carry out controls like in France.
I have no illusions about the outcome of COP 24. There will be some good speeches to raise awareness, but CO2 emissions will continue to grow; extreme events will multiply in the world; the ice sheet and the glaciers will continue to melt.

Un monde avec les pieds dans l’eau ? // A world with its feet in the water ?

drapeau-francaisAvec les mauvaises nouvelles qui circulent en Europe depuis plusieurs mois, en particulier les attentats à Paris et à Bruxelles, le thème du changement et du réchauffement climatique a été largement laissé de côté. Pourtant, une nouvelle étude a récemment mis en lumière un phénomène qui va devenir une menace pour les générations futures. En effet, des chercheurs affirment que le niveau des océans pourrait augmenter deux fois plus vite que prévu d’ici la fin du siècle, avec l’engloutissement de plusieurs régions côtières à travers le monde si l’on ne met pas un frein aux émissions de dioxyde de carbone (CO2).

Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature, ont utilisé des modèles informatiques pour savoir pourquoi et comment l’Antarctique s’est départi de grandes quantités de glace pendant des périodes chaudes antérieures. Ils ont constaté que si des conditions semblables se produisaient dans les années à venir, cela pourrait conduire à des augmentations phénoménales et irréversibles du niveau des océans. Si les émissions incontrôlées de gaz à effet de serre continuent, le niveau des océans pourrait augmenter de près de deux mètres d’ici la fin du 21ème siècle. La fonte de la glace en Antarctique à elle seule pourrait entraîner une hausse de plus de 13 mètres d’ici  2500. Cette projection représente presque deux fois plus que les estimations antérieures qui avaient pris en compte une « contribution minimale de l’Antarctique. »
Comme l’a fait remarquer un chercheur, dans le cadre d’un scénario d’émissions de CO2 élevées, le 22ème siècle serait «le siècle de l’enfer. On assisterait à une incroyable montée des eaux. Le phénomène rayerait de la carte de nombreuses grandes villes et même certains pays. Ce siècle serait celui de l’exode des côtes. « Des régions telles que le sud de la Floride, le Bangladesh ou encore Shanghai, pourraient être englouties par la montée des eaux. Dès 2100, Miami Beach et les Keys de Floride pourraient commencer à disparaître. La Nouvelle-Orléans pourrait en grande partie devenir une île entourées de butées de terre.
Cependant, les auteurs de l’étude font remarquer que leur modèle a des limites et que le comportement humain peut modifier les prévisions. Par exemple, le pire scénario suppose que les émissions très élevées de CO2 et d’autres gaz à effet de serre continuent. A Paris, l’an dernier, lors de la COP 21, les chefs d’états de la planète ont promis de réduire ces émissions au cours des prochaines années. Ils ont décidé de maintenir le réchauffement climatique « bien au-dessous » de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré industriels, mais en même temps, il a été largement admis que les efforts actuels de réduction des émissions sont loin de cet objectif.
En vertu d’un scénario décrivant des émissions plus modérées, l’étude a révélé que la contribution de l’Antarctique à l’élévation du niveau de la mer pourrait atteindre une soixantaine de centimètres d’ici 2100, et beaucoup plus d’ici 2500. Il faudrait que les pays réduisent considérablement les émissions de CO2 pour que l’Antarctique demeure dans son état actuel.
Les auteurs de l’étude sont arrivés à leurs conclusions sur l’élévation du niveau de la mer en se tournant vers le passé. Ils ont examiné deux époques chaudes – le Pliocène et l’Eémien – pendant lesquelles le niveau des mers était beaucoup plus élevé. Le Pliocène a connu une période chaude il y a environ 3 millions d’années, avec un niveau de CO2 dans l’atmosphère qui, pense-t-on, était sensiblement le même que celui que nous connaissons aujourd’hui, à savoir 400 parties par million. On pense aussi que le niveau des mers était considérablement plus élevé que maintenant, peut-être de 9 mètres ou plus. L’Eémien, entre 130.000 et 115.000 ans, a également présenté des niveaux de mer de 6 à 9 mètres au-dessus des niveaux actuels, avec des températures globales qui n’étaient guère plus chaudes qu’à notre époque. L’élévation du niveau de la mer au cours de ces époques a probablement été la conséquence d’une perte de glace non seulement du Groenland, mais aussi de l’Antarctique. Toutefois, les précédents modèles informatiques concernant l’Antarctique n’ont pas réussi à reproduire fidèlement ces scénarios. C’est ce que les scientifiques ont essayé de simuler dans la dernière étude.

Cette dernière étude va aussi à l’encontre d’une série de projections du niveau de la mer proposée par le Groupe intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur les changements climatiques (GIEC). En 2013, le Groupe a prévu que, pour un scénario d’émissions de CO2 identique à celui utilisé dans la dernière étude, la hausse du niveau de la mer d’ici 2100 se situerait entre 0,52 et 0,98 mètres, avec une faible responsabilité des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. La nouvelle étude remet en question ce raisonnement et confirme d’autres recherches qui mettent l’accent sur le secteur de la Mer d’Amundsen en Antarctique occidental, où la vulnérabilité de l’énorme glacier Thwaites a déjà été soulignée par des études antérieures.
Source: Alaska Dispatch News.

 ——————————————

drapeau-anglaisWith the current bad news in Europe, especially the attacks in Paris and Brussels, the topic of climate change and global warming has largely been left aside. A new study has recently shed a new light of the phenomenon that will become a threat to future generations. It indicates that sea levels could rise nearly twice as much as previously predicted by the end of this century if carbon dioxide (CO2) emissions continue unabated, with the devastation of coastal communities around the globe.

The scientists behind the study published in the journal Nature used computer models to know how Antarctica surrendered large amounts of ice during previous warm periods. They found that similar conditions in the future could lead to monumental and irreversible increases in sea levels. If intense greenhouse gas emissions continue, oceans could rise by close to two metres in total by the end of the century. The melting of ice on Antarctica alone could cause seas to rise more than 13 metres by 2500. The projection nearly doubles prior estimates of sea level rise, which had relied on a « minimal contribution from Antarctica. » As one researcher put it, under the high emissions scenario, the 22nd century would be “the century of hell. There would really be an unthinkable level of sea rise. It would erase many major cities and some nations from the map. That century would become the century of exodus from the coast. » Places such as South Florida, Bangladesh, Shanghai, could be engulfed by rising waters. Even by 2100, Miami Beach and the Florida Keys could begin to vanish. New Orleans essentially could become an island guarded by levies.

However, the researchers behind the study make clear that their model has limitations and that human behaviour can alter the possible outcomes. For instance, the worst-case scenario assumes that very high emissions continue for CO2 and other greenhouse gases. In Paris last year, during the COP 21, world leaders promised to reduce such emissions in coming years. They embraced the goal of holding global warming « well below » 2 degrees Celsius above pre-industrial levels, but at the same time, it has been widely noted that current commitments to cut emissions fall far short of this target.

Under a more moderate emissions scenario, the study found that the Antarctic contribution to sea level rise still could reach about 60 centimetres by 2100, and much more by 2500. Only if countries sharply reduce emissions does the model show that it’s possible to preserve Antarctica in roughly its current state.

The authors of the study arrived at their projections about future sea level rise by first turning to the past. They examined two past warm eras – the Pliocene and the Eemian – in Earth’s history that featured much higher seas. The Pliocene was a warm period about 3 million years ago, when atmospheric CO2 levels are believed to have been about what they are now, namely 400 parts per million. Sea levels are believed to have been significantly higher than now, perhaps 9 metres or more. The Eemian period, between 130,000 and 115,000 years ago, also featured sea levels 6 to 9 metres above current levels, with global temperatures not much warmer than our current era. Sea level rise in those eras likely required a loss of ice not just from Greenland, but also from Antarctica. But previous computer models of Antarctica have failed to accurately reproduce such scenarios. This is what the scientists have tried to simulate in the study.

The study further undermines a string of sea level projections from the United Nations’ Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). In 2013, the Panel projected that for the same CO2 emission scenario used in the current study sea level rise by the year 2100 would be between 0.52 and 0.98 metres, relatively little of which would come from the ice sheets of Greenland and Antarctica. The new study challenges that reasoning and confirms other research has points at one region of Antarctica as particularly vulnerable: the Amundsen Sea sector of remote West Antarctica, centered on the enormous, marine-based Thwaites glacier, whose vulnerability has already been underlined by previous studies.

Source : Alaska Dispatch News.

Thwaits_Glacier

Langue glaciaire du Glacier Thwaites (Crédit photo: NASA)

 

 

 

 

 

Glaciers d’Alaska: Chronique d’une mort annoncée // Alaska’s glaciers: The story of an inevitable death

drapeau francaisCe n’est un secret pour personne. J’ai rédigé une série d’articles à ce sujet et j’essaye de faire passer le message à l’occasion de mes conférences : Glaciers et banquise sont en train de fondre à une vitesse incroyable et j’ai les pires craintes pour les générations à venir.

Selon les calculs effectués par des scientifiques de l’Université de l’Alaska à Fairbanks et publiés la semaine dernière dans le Journal of Glaciology, la moitié de l’immense champ de glace qui recouvre les montagnes dans le sud-est de l’Alaska et en Colombie-Britannique aura perdu plus de la moitié de sa surface d’ici la fin du 21ème siècle et n’existera plus avant la fin du siècle suivant. Par exemple, le Juneau Ice Field, d’une superficie de 3885 kilomètres carrés, cinquième plus grand champ de glace de l’hémisphère occidental, va perdre une masse de glace importante au cours du 21ème siècle, avant de perdre le reste pendant le 22ème siècle.
Ces calculs supposent que les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale continuent à augmenter jusqu’en 2060, puis se mettent à diminuer lorsque de nouvelles sources d’énergie remplaceront les combustibles fossiles. Ce scénario, baptisé Representative Concentration Pathway 6.0, ou RCP 6.0, est actuellement l’hypothèse la plus réaliste pour l’avenir. Il se pourrait même qu’elle soit optimiste.
Un scénario plus pessimiste, le RCP 8.5, considère que les émissions de carbone continueront à leur rythme actuel sans aucun changement de politique pour les réduire.
Si le scénario RCP 6.0 se confirme au cours des prochaines décennies, d’ici 2099 le champ de glace de l’Alaska aura perdu 58 à 68% de son volume par rapport à 2010, et 57 à 63% de sa superficie par rapport à cette même année. Les chercheurs ajoutent que si aucune modification climatique n’intervient par la suite, « le champ de glace aura disparu en 2200. Les montagnes seront là, mais pas la glace. »
Si ces prévisions se confirment, ce sera la fin d’un champ de glace autrefois considéré comme impénétrable, à tel point qu’un homme politique alaskien en 1982 a émis l’idée de faire disparaître les glaciers avec des armes nucléaires pour faire place à une route et d’autres développements économiques tels que la prospection de l’or!
Si le Juneau Ice Field semble être moins affecté par la fonte, l’étude montre que le glacier de Yakutat, plus petit et à plus basse altitude, est susceptible de disparaître beaucoup plus tôt, probablement d’ici la fin de ce siècle.
Les chercheurs de l’Université de Fairbanks pensent qu’un revirement climatique pourrait sauver le Juneau Ice Field, mais que sa taille serait de toute façon fortement réduite. Si le réchauffement climatique pouvait être freiné et si l’on avait un retour à la situation telle qu’elle était entre 1971 et 2010, le Juneau Ice Field se stabiliserait à 86% de son volume actuel.
Les recherches récentes prennent en compte une étude publiée en 2013 dans la revue Earth System Science Data qui a utilisé des décennies de mesures sur deux glaciers pour montrer les changements intervenus au cours du demi-siècle écoulé. S’agissant du Taku Glacier, la masse de glace a augmenté et le glacier s’est épaissi entre 1946 et 1985, mais cette tendance s’est inversée entre 1986 et 2011, avec une perte de masse à un rythme deux fois plus rapide que la croissance des décennies précédentes. En ce qui concerne le Lemon Creek Glacier, les mesures depuis 1953 montrent une perte de masse et un amincissement d’une trentaine de mètres sur un laps de temps de 55 ans.
Source: Alaska Dispatch News.
J’ai eu l’occasion de montrer le recul des glaciers de l’Alaska lors d’une exposition en novembre dernier au Festival Photo de Montier-en-Der, dans le nord-est de la France. Plusieurs voyages en Alaska au cours de la dernière décennie m’ont permis de voir à quelle vitesse les glaciers fondent. Par exemple, il suffit de regarder les photos satellites du Columbia Glacier mises en ligne pas la NASA (http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84630) pour avoir une idée de la catastrophe. Je vais retourner en Alaska en août et septembre, avec des visites à plusieurs glaciers, dont le Juneau Ice Field. Je compte prendre des photos pour confirmer que les glaciers vont disparaître si aucune mesure efficace n’est prise pour réduire la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

°°°°°°°°°°°°°°°

Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes et la tendance au réchauffement ne semble pas près de arrêter. Le 31 mars 2016, une température record de 21,6 ° C a été enregistrée à l’aéroport de Klawock dans le sud-est de l’Alaska. Du jamais vu à cette époque de l’année ! D’autres villes ont, elles aussi, établi des records. La météo de l’Alaska a récemment été marquée par des événements exceptionnels. En décembre, une tempête a fait grimper les températures au pôle Nord de 20 degrés Celsius au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Les deux derniers hivers ont été anormalement chauds, et ces températures particulièrement élevées devraient se prolonger au moins jusqu’en mai 2016. Conséquence logique, le premier incendie de forêt a été observé dans la partie centrale de l’Alaska. Il s’est propagé en grande partie à cause du manque de neige dans la région, ce qui inquiète pour les mois à venir qui seront probablement marqués par une accélération du dégel du pergélisol… et de la fonte des glaciers!

 —————————————

drapeau anglaisIt’s no secret. I have written a series of articles about it and I try to spread the message during my lectures: Glaciers and the sea ice are melting at an incredible speed and I have the worst fears for the future generations.

According to calculations by experts at the University of Alaska Fairbanks published last week in the Journal of Glaciology, the massive ice field that caps the mountains in south-eastern Alaska and neighbouring British Columbia will be more than half gone by the end of the century and vanish entirely by the end of next century. For instance, the 3,885-square-kilometre Juneau Ice Field, the fifth-largest ice field in the Western Hemisphere, will lose substantial amounts of mass during the 21st century and then lose the rest of it in the 22nd century.

The calculations assume that global greenhouse gas emissions will continue rising until 2060, then declining as new energy sources replace fossil fuels. That emission scenario, called Representative Concentration Pathway 6.0, or RCP 6.0, is a realistic assumption for the future. It might even be considered optimistic.

A more pessimistic scenario, called RCP 8.5, considers carbon emissions continuing at their current rate with no policy changes to reduce them.

If the RCP 6.0 scenario plays out over the coming decades, the ice field by 2099 will have lost 58 percent to 68 percent of its 2010 ice volume and 57 percent to 63 percent of its 2010 area. If the climate holds steady after that, “the ice field is eliminated by 2200,” the study says. “The mountains would be there, but no ice.”

If that happens, it will be the end of an ice field once considered so impenetrable that an iconic Alaska politician in 1982 emitted the idea of obliterating the glaciers with nuclear weapons to make way for a road and other economic development such as gold prospection!

While the Juneau Ice Field seems to be less affected by the melting, research shows that the smaller and lower Yakutat Ice Field is likely to disappear much sooner, probably by the end of this century.

The University of Fairbanks researchers believe a climate turnaround could save the Juneau Ice Field, albeit in smaller form. If future warming were averted enough to keep the climate as it was from 1971 to 2010, the ice field would stabilize at 86 percent of its present-day volume.

Recent research includes a study published in 2013 in the journal Earth System Science Data, which used decades of measurements from two glaciers to show the changes at the entire ice field over the past half-century. At Taku Glacier, mass actually grew and the ice thickened from 1946 to 1985, but that trend reversed from 1986 to 2011, when mass loss started at a rate twice that of the previous decades’ growth. At Lemon Creek Glacier, measurements since 1953 show mass loss and a thinning of about 30 metres over 55 years.

Source: Alaska Dispatch News.

I showed the decline of Alaskan glaciers during an exhibition last November at the Photo Festival of Montier-en-Der, in north-eastern France. Several trips to Alaska during the last decade allowed me to see how fast the glaciers are melting. For instance, you just need to see NASA’s satellite photos of the Columbia Glacier ((http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84630) to get an idea of the disaster. I will be in Alaska in next August and September, with visits to several glaciers, among which the Juneau Ice Field. I expect to take photos to confirm that glaciers are going to disappear if no measures are taken to reduce the amount of greenhouse gases in the atmosphere.

°°°°°°°°°°°°°°°

The latest news is not good and the warming tendency does not seem ready to stop. On March 31st 2016, a record 21.6°C was recorded at Klawock Airport in Southeast Alaska, which had never been seen on any record. Other towns across Southeast Alaska saw record-daily-high temperatures. Alaska’s weather recently has been chock full of notable events. In December, a storm brought temperatures at the North Pole to 20 degrees Celsius higher than the normal point for that time of year. The last two winters have been unseasonably warm, and unusually high temperatures are set to last all the way through May 2016.As a consequence, the first wildfire was observed in Central Alaska. It spread partly because of a lack of snow in the area, sparking concerns about the rest of the upcoming fire season, with a likely acceleration of the thawing of the permafrost… and the melting of the glaciers!

Gla 04

Gla 05

Gla 07

Gla 10

Gla 12

Photos: C. Grandpey

Le CO2 indien et les Trapps du Deccan // Indian CO2 and Deccan Traps

drapeau-francaisDans une note en date du 22 décembre 2015, j’écrivais que l’Inde semblait indifférente aux conclusions de la COP 21. En effet, le pays a toujours l’intention de doubler sa production de charbon d’ici 2020 et compte bien s’appuyer sur cette ressource dans les décennies à venir. En agissant ainsi, l’Inde restera probablement le troisième plus grand émetteur de carbone au monde.
La solution aux émissions de CO2 pourrait bien se trouver à l’intérieur de l’Inde! En effet, les géologues pensent que le pays possède une infrastructure géologique extraordinaire susceptible de fournir une solution naturelle au problème du changement climatique. Cette solution consisterait à capter le CO2 en provenance des centrales au charbon et à l’injecter sous les Trapps du Deccan pour un stockage permanent.
Les Trapps du Deccan – une épaisse accumulation de basalte solidifié résultat d’éruptions volcaniques il y a 65 millions d’années – occupent environ un tiers de la péninsule indienne. Leur épaisseur varie entre quelques centaines et quelques milliers de mètres et ils recouvrent d’épaisses roches sédimentaires. L’idée est d’injecter le CO2 dans les roches sédimentaires poreuses et d’utiliser la couche de basalte comme couvercle pour empêcher le gaz de s’échapper.
Des études en laboratoire ont confirmé que le CO2 réagit avec le calcium, le magnésium et les silicates riches en fer à l’intérieur de la lave, les transformant en carbonates stables tels que la calcite, la dolomite, la magnésite et la sidérite. Les chercheurs estiment que l’on pourrait entreposer dans les Trapps du Deccan 300 000 millions de tonnes de CO2 – l’équivalent de ce que les humains produisent en 20 ans. Plusieurs tentatives fructueuses à petite échelle ont été effectuées pour injecter du CO2 dans du basalte en Islande et dans l’État de Washington.
Lorsqu’elles réalisèrent le potentiel des Trapps du Deccan comme option de stockage du CO2 sur le long terme, les agences gouvernementales indiennes, en collaboration avec des scientifiques américains, ont proposé en 2007 une étude sur le terrain pour étudier la faisabilité du projet. Malheureusement, l’étude n’a jamais été menée à son terme. L’Inde s’est retirée du projet en 2009 quand elle a réalisé qu’il n’y aurait pas, dans le court terme, d’accords internationaux contraignants sur les émissions de gaz à effet de serre. Il ne fait malheureusement guère de doute que la COP 21 ne fera pas, elle non plus, avancer les choses.
Source: The Economic Times.

———————————-

drapeau-anglaisIn a previous post (December 22nd, 2015), I indicated that it looked as if India was indifferent to the conclusions of the Paris climate conference. Indeed, the country still plans to double its coal output by 2020 and rely on the resource for decades afterwards. Doing so, India will probably remain the world’s third-largest carbon emitter.
The solution to the Indian CO2 emissions might well lie in India itself! Indeed, geologists think the country is blessed with an extraordinary geological feature that may provide a natural solution to the problem of climate change. This solution would consist in capturing the CO2 coming out of coal-fired power plants and injecting it below the Deccan Traps for permanent storage.
The Deccan Traps – a thick accumulation of solidified basalt from volcanic eruptions 65 million years ago – occupies about a third of peninsular India. The trap cover varies in thickness from a few hundred to a few thousand metres and, below this, lie thick sedimentary rocks. The idea is to pump the CO2 through the porous sedimentary rocks and use the basalt layer above as a « cap » to stop the gas from escaping.
Laboratory studies have confirmed that CO2 reacts with calcium, magnesium and iron rich silicates in the lava, turning them into stable carbonate minerals such as calcite, dolomite, magnesite and siderite. Researchers estimate that the Deccan Traps might be able to hold 300,000 million tonnes of CO2 – as much as humans produce in 20 years. Several small-scale but successful attempts have been made to inject CO2 into basalts in Iceland and in Washington State.
Realizing the potential of the Deccan Traps as long-term CO2 storage option, Indian government agencies, jointly with American scientists, proposed in 2007 a field study to investigate the feasibility of the project. Unfortunately, the study was never completed. Interest on the Indian side waned after it became clear in 2009 that no binding international emissions agreements were going to happen any time soon. The odds are that the last Paris climate conference will not make matters better.
Source: The Economic Times.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.files.wordpress.com/2015/10/trapps.jpg?w=863

Vue des Trapps du Deccan (Photo: Wikipedia)

La COP 21 : Et maintenant ? // COP 21 : What now ?

drapeau-francaisLe 12 décembre 2015 rentrera-t-il dans l’histoire ? Cela dépendra de ce que chaque pays va en faire ! Comme le déclarait le Président Obama samedi soir, « le problème n’est pas résolu grâce à l’accord de Paris ».
Les 195 Etats parties à la conférence ont un an pour signer l’accord conclu au Bourget. Ensuite, les parlements nationaux devront le ratifier avant qu’il entre en application en 2020. Le texte sera probablement rejeté par le Congrès américain à dominante républicaine climato-sceptique. C’est pour cela que les Etats-Unis voulaient que les engagements soient volontaires et non contraignants.
De leur côté, la Chine et l’Inde, ainsi que d’autres pays en voie de développement, veulent conditionner leurs engagements à l’assurance qu’ils bénéficieront de milliards de dollars pour mener à bien la transition de leur économie des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.
L’accord de Paris pourrait donc rester un simple bout de papier, tout comme les plans proposés par la plupart des pays pour réduire leur pollution. Le point qui me chagrine le plus concerne la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales dès que possible », alors que des versions antérieures retenaient – sur les conseils du GIEC – un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays ont été retirées du texte final.
L’Organisation Météorologique Mondiale a averti que le réchauffement de la planète a déjà atteint près d’un degré. Même s’ils étaient respectés, les engagements de réduction des gaz à effet de serre annoncés par la quasi-totalité des pays placeraient la Terre sur une trajectoire de +3°C, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.
S’agissant de la révision de l’accord tous les cinq ans, il ne fait guère de doute que ce sera insuffisant. Il aurait fallu que les Etats soient plus exigeants sur ce point.
L’accord méritait-il une « standing ovation » ? Oui, car la COP 21 a révélé une prise de conscience globale de la catastrophe climatique qui nous guette. Non, car les mesures envisagées sont beaucoup trop timides pour lutter contre le réchauffement de notre planète. Nos enfants et petits-enfants ont du souci à se faire…

———————————–

drapeau-anglaisWill December 12th become part of human history? This will depend on what each country will do now! As stated by President Obama on Saturday night, « the problem is not solved by the Paris agreement. »
The 195 States involved in the conference have a year to sign the Le Bourget agreement. Then the national parliaments will have to ratify it before it comes into effect in 2020. The text is likely to be rejected by the US Congress and its climate-skeptic Republican majority. This is the reason why the United States wanted the commitments to be voluntary and non-binding.
For their part, China and India, and other developing countries, want to condition their commitments to the assurance that they will benefit from billions of dollars to complete the transition of their economies from fossil fuels to renewable energy.
The Paris agreement could therefore remain a mere piece of paper, like the plans proposed by most countries to reduce their pollution. The point that bothers me most regards the weak long-term goal of reducing global emissions of greenhouse gases. It is only intended to target « a peak in global emissions as soon as possible », while earlier versions retained – on IPCC advice – a downward target of 40% to 70% or even 70% to 95% in 2050. These statements, deemed too restrictive by some countries, were removed from the final text.
The World Meteorological Organization has warned that global warming has already reached nearly one degree. Even if they were respected, the commitments to reduce greenhouse gases announced by almost all countries would put the Earth on a trajectory to + 3 ° C, with dramatic consequences that are easy to imagine.
Regarding the revision of the agreement every five years, there is little doubt that it will be insufficient. The States should have been more demanding on this point.
Dis the agreement deserve a « standing ovation »? Yes, because the COP 21 revealed a global awareness of the climate catastrophe that threatens us. No, because the proposed measures are too timid to fight against global warming. Our children and grandchildren will be confronted with many dangers…

Glacier-melting

Photo: C. Grandpey