Antarctique : chauds les marrons! // A heatwave in Antarctica !

En Antarctique, plusieurs stations météorologiques ont battu des records de chaleur le 18 mars 2022, laissant pantois les climatologues de la région. L’Antarctique étant dans l’hémisphère sud, c’est le début de l’automne sur les terres australes. On a relevé -17,7°C sur la base russe de Vostok, contre -32,7°C pour le précédent record mensuel. Le thermomètre a indiqué -12,2°C à Concordia au Dôme C (record tous mois confondus; le dernier record était -13,7°C le 17 décembre 2016 ) ou encore 4,9°C à Dumont d’Urville, la base française de l’est du continent où le précédent record mensuel était de 3,4°C.

L’anomalie thermique atteint +30 à +35°C actuellement sur le plateau de l’Antarctique de l’est. Selon un chercheur de l’université de Grenoble-Alpes, ce coup de chaud « est un événement comparable au dôme de chaleur de 2021 en Amérique du Nord. Ce n’est pas censé arriver. »

Cette vague de chaleur intervient alors que la température globale de la planète grimpe sous l’effet du réchauffement climatique. Les chercheurs pensent que de telles vagues deviendront plus intenses. Un scientifique a déclaré: « Il me paraît très difficile de dire qu’il n’y a pas la trace du changement climatique dans un événement comme celui-ci. »

Source: France Info.

Si de telles vagues de chaleur se répétaient, il ne fait guère de doute qu’elles auraient un effet sur la fonte des glaciers. Les scientifiques ont récemment insisté sur la fragilité du glacier Thwaites, le « Glacier de l’apocalypse ». Sa fonte aurait un impact considérable sur l’élévation du niveau des océans.

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In Antarctica, several weather stations broke heat records on March 18th, 2022, leaving climatologists in the region stunned. As Antarctica is in the southern hemisphere, it is the beginning of autumn. -17.7°C was recorded at the Russian base in Vostok, compared to -32.7°C for the previous monthly record. The thermometer indicated -12.2°C at Concordia’s Dome C (record for all months combined; the last record was -13.7°C on December 17th, 2016) or 4.9°C at Dumont d’Urville, the French base in the east of the continent where the previous monthly record was 3.4°C.
The thermal anomaly reaches +30 to +35°C currently on the East Antarctic plateau. According to a researcher from the University of Grenoble-Alpes, this heat wave « is an event comparable to the heat dome of 2021 in North America. It’s not supposed to happen. »
This heat wave comes as the global temperature of the planet is rising under the effect of global warming. Researchers believe that such waves will become more intense. A scientist said: « It seems to me very difficult to say that there is no trace of climate change in an event like this. »
Source: France Info.
If such heat waves were repeated, there is little doubt that they would have an effect on the melting of glaciers. Scientists have recently insisted on the fragility of the Thwaites glacier, the « Doomsday Glacier ». Its melting would have a considerable impact on the rise in the level of the oceans.

Source: BAS

Une autre conséquence du réchauffement climatique // Another consequence of global warming

Voici une autre conséquence inattendue, mais assez logique, du réchauffement climatique. Selon une nouvelle étude publiée dans Scientific Reports, la hausse des températures entraînera une augmentation du nombre de personnes souffrant de calculs rénaux, une affection douloureuse provoquée par la chaleur et la déshydratation.
Des chercheurs se sont appuyés sur deux scénarios climatiques pour estimer le risque de calculs rénaux liés à la chaleur et à l’humidité d’ici la fin du siècle en Caroline du Sud, un État du sud-est des États-Unis qui a actuellement un taux de lithiase urinaire plus élevé que la moyenne aux États-Unis. Dans le pays, environ une personne sur 10 souffre de calculs rénaux à un moment donné, et ce nombre augmente en allant vers le sud.
Selon des chercheurs du Children’s Hospital de Philadelphie, le nombre de cas de calculs rénaux augmentera entre 2,2% et 3,9% selon que les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel ou sont ramenées à un niveau intermédiaire.
Les calculs rénaux sont causés par des dépôts de minéraux (principalement du calcium) qui se développent dans l’urine. Ils sont extrêmement douloureux lors du passage dans les voies urinaires. L’incidence de la maladie a augmenté au cours des deux dernières décennies, en particulier chez les personnes de couleur, les femmes et les adolescents.
Les changements de régime alimentaire et de mode de vie ont contribué au développement de la maladie, mais des recherches antérieures ont démontré que des températures ambiantes élevées augmentent le risque. Le nombre de personnes sollicitant une aide médicale pour des calculs rénaux augmente après les journées très chaudes où le risque de déshydratation est davantage présent.
On ne parle pas beaucoup de l’impact du changement climatique sur la santé humaine, en particulier lorsqu’il s’agit des enfants, mais avec le réchauffement de la planète de plus en plus de personnes seront malades et hospitalisées.
Source : Yahoo News.

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Here is another unexpected but fairly logical consequence of global warming on our planet. According to a new study published in Scientific Reports, rising temperatures will lead to a rise in people suffering from kidney stones, a painful medical condition exacerbated by heat and dehydration.

Researchers used d two climate scenarios to estimate the burden of heat and humidity related kidney stone disease by the end of the century in South Carolina, a state in the south-east US which currently has a higher than average incidence rate. In the US, about one in 10 people suffers from kidney stones at some point, and the incidence increases from north to south.

According to researchers at the Children’s Hospital of Philadelphia, the number of cases will increase between 2.2% and 3.9% depending on whether greenhouse gas emissions continue at the current rate or are cut to an intermediate level.

Kidney stones are caused by hard deposits of minerals (mostly calcium) that develop in concentrated urine which are extremely painful when passing through the urinary tract. The incidence of the condition has escalated over the past two decades, particularly among people of colour, women and adolescents.

Diet and lifestyle changes have contributed to the rise in the condition, but prior research has demonstrated that high ambient temperatures increase the risk. The number of people seeking medical help for kidney stones escalates following very hot days when the risk of dehydration multiplies.

With climate change, there is not much talk about the impact on human health, particularly when it comes to children, but a warming planet will have significant effects on human health,

Source: Yahoo News.

 

Source: Wikipedia

Nouvelles révélations sur la fonte du Groenland // New revelations about the melting of Greenland

Chaque année à l’approche de l’été, lorsque l’atmosphère arctique se réchauffe, des milliers de lacs et de cours d’eau issus de la fonte des glaces apparaissent à la surface de la calotte glaciaire du Groenland. Ces eaux ont tendance à s’écouler vers la base de la calotte à travers des fissures ou des fractures.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université de Cambridge (Angleterre) expliquent que les eaux issues de la fonte de surface ont tendance à tomber sur la base de la calotte glaciaire en produisant une grande quantité de chaleur. Cette dernière accélère encore un peu plus la fonte de la glace.

C’est ce phénomène que les chercheurs anglais ont étudié pour la première fois. Ils voulaient comprendre comment et pourquoi les lacs de fonte du Groenland se vident si rapidement et quel est leur effet sur le comportement global de la calotte glaciaire. L’information est d’autant plus importante dans le contexte actuel de réchauffement climatique anthropique où la calotte du Groenland est devenue le principal contributeur à l’élévation du niveau de la mer.

C’est une mesure de la vitesse  de fonte de la base de la calotte, à environ 1.000 mètres sous la surface qui a permis aux chercheurs de réaliser leur découverte. Elle a été possible grâce à une technique de radiosondage. Ils ont été surpris de constater que la vitesse de fonte était souvent aussi élevée en profondeur qu’en surface. Or la surface reçoit la chaleur du soleil alors que la base n’en reçoit pas.

Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs ont mesuré indépendamment la température de l’eau à la base de la calotte glaciaire du Groenland à partir de capteurs installés dans un trou de forage à proximité du Store Glacier, l’un des principaux glaciers du Groenland qu’ils ont étudié pendant sept ans. Ils ont enregistré à la base du glacier une température surprenante de 0,88°C, ce qui est étonnamment élevé pour une base de calotte glaciaire dont le point de fusion se situe à -0,40°C.

Selon les scientifiques, le phénomène s’explique par un système de drainage bien moins efficace à la base de la calotte qu’en surface.Il existe en particulier un important échauffement par friction dans l’eau elle-même. La chaleur générée par les chutes d’eau fait fondre la glace de bas en haut.

Les chercheurs estiment que jusqu’à 82 millions de mètres cubes d’eau de fonte ont été transférés dans le lit du Store Glacier chaque jour au cours de l’été 2014. Selon eux, la puissance produite par la chute d’eau pendant les périodes de pointe est comparable à la puissance produite par le Barrage des Trois Gorges (Chine), la plus grande centrale hydroélectrique du monde. Avec une zone de fonte qui s’étend sur près d’un million de kilomètres carrés au plus fort de l’été, la calotte glaciaire du Groenland produit plus d’hydroélectricité que les dix plus grandes centrales hydroélectriques du monde réunies !

Source : University of Cambridge.

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Every year as summer approaches, when the Arctic atmosphere warms, thousands of ponds and streams created by melting ice appear on the surface of the Greenland Ice Sheet. These waters tend to flow towards the base of the ice cap through cracks or fissures.
In a new study, researchers from the University of Cambridge (England) explain that water from the surface melt tends to fall down to the base of the ice cap, producing a large amount of heat. The latter accelerates the melting of the ice a little more.
It is this phenomenon that English researchers studied for the first time. They wanted to understand how and why Greenland’s melt lakes are emptying so quickly and what their effect is on the overall behaviour of the ice sheet. The information is all the more important in the current context of human-caused global warming where the Greenland ice cap has become the main contributor to sea level rise.
It was a measurement of the rate of melting of the base of the cap, about 1,000 meters below the surface, which enabled the researchers to make their discovery. It was possible thanks to a radioprobe technique. They were surprised to find that the rate of melting was often as high at depth as at the surface. However, the surface receives heat from the sun while the base does not.
To confirm their findings, the researchers independently measured the water temperature at the base of the Greenland Ice Sheet through sensors installed in a borehole near Store Glacier, one of Greenland’s main glaciers which they studied for seven years. They recorded a surprising temperature of 0.88°C at the base of the glacier, which is surprisingly high for an ice sheet base with a melting point of -0.40°C.
According to the scientists, the phenomenon is explained by a much less efficient drainage system at the base of the ice cap than on the surface. In particular, there is significant heating by friction in the water itself. The heat generated by the waterfalls melts the ice from bottom to top.
The researchers estimate that up to 82 million cubic meters of meltwater was transferred to the bed of Store Glacier each day during the summer of 2014. According to them, the power produced by the waterfall during the peak periods is comparable to the power produced by the Three Gorges Dam (China), the largest hydroelectric plant in the world. With a melting zone that extends over almost a million square kilometers at the height of summer, the Greenland ice cap produces more hydroelectricity than the ten largest hydroelectric power stations in the world combined!
Source: University of Cambridge.

Lacs de fonte à la surface du GroenLand (Source: Wikipedia)

La sécheresse continue dans le sud-ouest des Etats Unis // Drought continues in the American Southwest

Les médias européens parlent peu de la grave sécheresse qui continue d’affecter le sud-ouest américain, mais la situation n’a guère évolué au cours des derniers mois. Selon les climatologues, il s’agit des deux décennies les plus sèches dans cette région du globe depuis au moins 1 200 ans, et les scientifiques confirment que le changement climatique est en grande partie responsable.
La « méga-sécheresse », qui a commencé en 2000, a réduit l’approvisionnement en eau, dévasté les cultures et l’élevage, et contribué à alimenter les incendies de forêt dans la région, était auparavant considérée comme la pire depuis 500 ans. Cependant, des conditions exceptionnelles au cours de l’été 2021 ont aggravé la situation. En conséquence, 2000-2021 est la période la plus sèche depuis l’an 800 qui est la limite les données météorologiques.
Les climatologues expliquent que la sécheresse aurait tout de même eu lieu, indépendamment du changement climatique, mais sa gravité n’aurait été qu’environ 60% de ce qu’elle est actuellement. Les scientifiques insistent sur le rôle de la température, plus que celui des précipitations, dans les sécheresses exceptionnelles. Les précipitations peuvent augmenter et diminuer au fil du temps et peuvent varier d’une région à l’autre, mais les activités humaines continuent d’envoyer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère; le résultat, c’est que les températures augmentent et les conditions de sécheresse deviennent encore plus extrêmes.
Bien qu’il n’existe pas de définition officielle, une « méga-sécheresse » est généralement considérée comme une sécheresse sévère de longue durée, de l’ordre de plusieurs décennies. Toutefois, il peut y avoir des périodes où des conditions humides prévalent au coeur d’une méga-sécheresse. Le problème, c’est que dans le sud-ouest américain, il n’y a pas eu assez d’années humides consécutives pour mettre fin à la sécheresse. Avec le changement climatique, il est probable que la sécheresse continuera. Cela dure depuis 22 ans sans le moindre répit. Plusieurs méga-sécheresses depuis 1 200 ans ont duré jusqu’à 30 ans. Les climatologues pensent qu’il est probable que la sécheresse actuelle durera aussi longtemps.
Les cernes des arbres permettent de mesurer leur croissance année après année. En utilisant des données climatiques d’observation au cours du siècle dernier, les chercheurs ont pu établir un lien étroit entre la largeur des cernes et la teneur en humidité du sol. Ensuite, ils ont appliqué cette relation largeur-humidité aux données d’arbres beaucoup plus âgés. Le résultat est un enregistrement presque parfait de l’humidité du sol sur 12 siècles dans le Sud-Ouest.
En utilisant ces données, les chercheurs ont déterminé que l’été 2021 a été le deuxième plus sec des 300 dernières années, dépassé seulement par 2002. Les pluies de la mousson dans le désert du sud-ouest l’été dernier avaient donné l’espoir que la sécheresse pourrait prendre fin, tout comme les fortes pluies et la neige en Californie à l’automne et en décembre. Mais janvier a produit des conditions record de sécheresse dans une grande partie de l’Ouest, et jusqu’à présent, février a également été sec. Les réservoirs qui, il y a quelques mois, étaient à des niveaux supérieurs à la normale, sont à nouveau inférieurs, et le manteau neigeux est également insuffisant sur les montagnes. Les prévisions saisonnières laissent entendre que la sécheresse se poursuivra.
Source : Yahoo News, The New York Times.

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Little is said in the European news media about the severe drought that is still affecting the American Southwest, but nothing has much changed during the past months. The megadrought has become so severe that it is now the driest two decades in the region in at least 1,200 years, and scientists do confirm that climate change is largely responsible.

The drought, which began in 2000 and has reduced water supplies, devastated farmers and ranchers and helped fuel wildfires across the region, had previously been considered the worst in 500 years. However, exceptional conditions in the summer of 2021 made the situation much worse. As a result, 2000-2021 is the driest 22-year period since A.D. 800, which is as far back as the data goes.

Climate scientists say there would have been a drought regardless of climate change, but its severity would have been only about 60% of what it is. They insist on the role of temperature, more than precipitation, in driving exceptional droughts. Precipitation amounts can go up and down over time and can vary regionally. But as human activities continue to pump greenhouse gases into the atmosphere, temperatures are more generally rising, and drought conditions become much more extreme.

Although there is no uniform definition, a megadrought is generally considered to be one that is both severe and long, on the order of several decades. But even in a megadrought there can be periods when wet conditions prevail. The problem is that in the American Southwest there are not enough consecutive wet years to end the drought.

Climate change also makes it more likely that the drought will continue. It has lasted 22 years and is still in full swing. Several previous megadroughts in the 1,200-year record lasted as long as 30 years. Climate scientists think it is likely that the current drought will last that long.

Tree rings are a year-by-year measure of growth. Using observational climate data over the past century, researchers have been able to closely link tree ring width to moisture content in the soil, which is a common measure of drought. Then they have applied that width-moisture relationship to data from much older trees. The result is an almost perfect record of soil moisture over 12 centuries in the Southwest.

Using that record, the researchers determined that last summer was the second driest in the past 300 years, with only 2002, in the early years of the current drought, being drier. Monsoon rains in the desert Southwest last summer had offered hope that the drought might come to an end, as did heavy rain and snow in California from the fall into December. But January produced record-dry conditions across much of the West, and so far February has been dry as well. Reservoirs that a few months ago were at above-normal levels for the time of year are now below normal again, and mountain snowpack is also suffering. Seasonal forecasts also suggest the dryness will continue.

Source: Yahoo News, The New York Times.

Les réserves d’eau sont au plus bas dans le SO des Etats Unis, comme ici le Lac Powell (Photo: C. Grandpey)