Objectif de la COP 21 difficilement réalisable // COP 21 objective difficult to achieve

D’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Met Office britannique, le niveau de chaleur record atteint en 2016 va très certainement être dépassé entre 2021 et 2025. Cette probabilité est fixée à 90% dans le rapport que ces agences viennent de publier en mai 2021.

En 2020, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, la température moyenne mondiale calculée par la NASA, la NOAA et le Met Office a été de 1,2°C au-dessus de la valeur de référence préindustrielle. Après une année 2021 temporairement refroidie par La Niña, le record établi en 2016 (+1,23°C) devrait cependant tomber dans les cinq prochaines années.

L’étude montre que nous nous rapprochons de manière inexorable de l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris sur le changement climatique. Cet Accord vise à maintenir l’élévation de la température mondiale « bien en dessous » de 2 degrés Celsius. Sous la pression des pays les plus vulnérables au changement climatique, l’objectif est de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C.

Les engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont actuellement très insuffisants pour atteindre cet objectif. Certains scientifiques pensent que l’objectif 1,5°C est encore possible d’un point de vue physique mais la démonstration semble de moins en moins tenable.

D’après le rapport de l’OMM, la période 2021-2025 sera très probablement plus chaude (80% de chances) que les 5 années précédentes.

Source : OMM, global-climat.

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According to the World Meteorological Organization (WMO) and the British Met Office, the record heat level reached in 2016 will most certainly be exceeded between 2021 and 2025. This probability is set at 90% in the report that these agencies have just published in May 2021.

In 2020, one of the three warmest years on record, the global average temperature calculated by NASA, NOAA and the Met Office was 1.2°C above pre-industrial levels. After 2021 which was temporarily cooled by La Niña, the record set in 2016 (+ 1.23°C) is likely to be beaten in the next five years.

The study shows that we are moving inexorably towards the most ambitious goal of the Paris Agreement on climate change. This Agreement aims to keep the global temperature rise « well below » 2 degrees Celsius. Under pressure from the countries most vulnerable to climate change, the aim hjas been to continue efforts to limit the temperature rise to 1.5°C.

National commitments to reduce greenhouse gas emissions are currently very insufficient to achieve this objective. Some scientists believe that the 1.5°C target is still possible from a physical point of view, but the demonstration seems less and less tenable.

According to the WMO report, the period 2021-2025 will most likely be warmer (80% chance) than the previous 5 years.

Source: WMO, global-climat..

Anomalies de température mondiale par rapport à la période préindustrielle. (Source : OMM).

Antarctique: La fonte inquiétante de la plate-forme glaciaire Larsen C // Antarctica : the disturbing melting of the Larsen C ice shelf

En Antarctique, la plate-forme glaciaire  Larsen C a fait la une des journaux en 2017 lorsqu’un énorme iceberg de la taille du Luxembourg s’est détaché et a commencé à dériver dans l’Océan Austral. Aujourd’hui, une étude présentée lors de la réunion annuelle de l’Union Européenne des Géosciences au début du mois de mai 2021 prévient que la plate-forme toute entière risque de disparaître en raison des vents chauds.

La plate-forme Larsen C est une masse de glace qui flotte au contact de la côte de la Péninsule Antarctique. Sa fonte s’est accélérée en raison du foehn, un vent fort qui souffle en rafales.

Le foehn est bien connu en Europe. Ce vent sec et chaud souffle du sud, le plus souvent en automne et à la fin de l’hiver ou au début du printemps sur les versants nord des Alpes, en France, en Suisse et en Autriche. Les vents de foehn apparaissent lorsque l’air passe au-dessus des montagnes en déposant la plus grande partie de son humidité lors de l’ascension, avant de descendre et d’accumuler de la chaleur en cours de route.

Les chercheurs qui étudient la fonte de la plate-forme glaciaire Larsen C pensent que ces vents chauds sont le résultat de l’appauvrissement de la couche d’ozone et de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre. La plate-forme Larsen C connaît actuellement la vitesse de fonte de surface la plus élevée de l’Antarctique.

L’étude démontre que la cause principale de la fonte de surface de la plate-forme est bien la violence et la chaleur des vents de foehn. La fonte la plus intense provoquée par ces vents se produit dans les anses et les baies qui s’ouvrent dans la plate-forme.

Depuis le milieu des années 1990, des parties de la plate-forme glaciaire Larsen ont terminé leur course dans l’océan. Larsen A s’est désintégrée en 1995, suivie de Larsen B en 2002. En 2017, une grande partie de la plate-forme Larsen C a largué les amarres en libérant l’iceberg susmentionné.

Des études antérieures ont montré qu’on assiste aujourd’hui à des accumulations d’eau de fonte qui stagnent à la surface de la glace. A force de stagner, le poids de cette eau provoque des fractures dans la glace. C’est ce mécanisme qui a probablement causé la désintégration catastrophique de Larsen A et B. Les chercheurs pensent que la fonte provoquée par les vents de foehn sur la plate-forme Larsen C est susceptible de s’aggraver dans les prochaines années avec, en plus, un probable renforcement des vents circumpolaires en raison de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre.

On aboutit à un cycle infernal et extrêmement dangereux : la disparition des plates-formes glaciaires va accélérer la vitesse de progression des glaciers qui les alimentaient et qu’elles retenaient. Ces glaciers vont terminer leur course directement dans l’océan, ce qui entraînera forcément une élévation du niveau de la mer.

Les chercheurs ont utilisé des mesures effectuées sur la banquise et dans l’atmosphère entre novembre 2014 et juin 2017. Ils ont constaté que c’est au niveau des anses creusées dans Larsen C que la vitesse de fonte est la plus élevée. Les vents de foehn représentent 45% de la fonte de surface.

La Péninsule Antarctique connaît l’un des réchauffements les plus rapides de la planète et la vitesse de fonte de surface la plus élevée de l’Antarctique. Des travaux complémentaires sur les modèles météorologiques et climatiques sont nécessaires pour déterminer à quel moment Larsen C sera menacée de disparition à cause des phénomènes atmosphériques.

Source: Yahoo News.

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In Antarctica, the Larsen C ice shelf in Antarctica made the headlines in 2017 when a huge iceberg the size of Luxemburg broke free and started drifting in the Southern Ocean. Today, a study that was presented at the annual meeting of the European Geosciences Union in early May 2021 warns that the whole ice shelf itself is at risk of collapsing due to warm mountain winds.

The Larsen C ice shelf is a floating mass of ice lying against the coast of the Antarctic Peninsula. It is melting at a faster rate due to the foehn, a strong and gusty wind. The foehn is well known in Europe. This dry and warm wind blows from the south, most often in autumn and at the end of winter or beginning of spring on the northeern slopes of the Alps, in France, Switzerland and Austria. Foehn winds occur when air passes over mountains, dropping most of its moisture on the ascent, before descending and picking up heat along the way. The researchers who study the melting of the Larsen C ice shelf think these warm winds are a result of ozone depletion and increasing greenhouse gas concentrations. Larsen C is currently experiencing the highest surface melt rates across Antarctica.

The study demonstrates that the dominant control on Larsen C surface melt is the occurrence, strength and warmth of foehn winds, and that the most intense foehn-driven melt occurs in embayments, or inlets. Since the mid-1990s, parts of the Larsen Ice Shelf have collapsed: Larsen A disintegrated in 1995, followed by Larsen B in 2002. In 2017, a large section of the Larsen C Ice Shelf broke away, producing the above-mentioned iceberg..

Previous studies have shown that these icy regions are now prone to melt water ponding – pools of open water that form on sea ice. This open water then causes fractures in the ice when crevasses are driven open by the weight of water generated by surface melt. It was this mechanism that probably caused the catastrophic collapses of Larsen A and B.

Researchers believe that foehn-driven melt on Larsen C is likely to increase in the future, with further strengthening of the circumpolar winds that is expected due to increasing greenhouse gas concentrations.

The situation goes as follows: the collapse of ice shelves causes the glaciers that previously fed them to speed up and drain directly into the ocean, which leads to sea level rise. The researchers used measurements of the ice shelf and atmosphere gathered between November 2014 and June 2017. They found that the inlets of Larsen C experience the highest melt rates, with foehn winds accounting for 45% of the surface melt. As a consequence, this region is one of the fastest-warming on Earth and currently experiences the highest surface melt rates across Antarctica.

Further work with weather and climate models is needed to improve predictions of the timescales on which Larsen C will become vulnerable to atmosphere-driven collapse.

Source: Yahoo News.

La Péninsule Antarctique et ses plate-formes (Source : BAS)

La fracturation progressive de la plate-forme Larsen C avant le vêlage de l’iceberg en 2017 (Source : Université de Swansea)

Incendies zombies en Sibérie // Zombie wildfires in Siberia

Dans une note publiée le 21 mai 2020, j’expliquais que des incendies observés dans l’Arctique au cours de l’été 2019 avaient survécu à l’hiver sous forme de «feux zombies». Il s’agit d’incendies souterrains qui se sont réactivés en mai, alors que la neige était en train de fondre. Le problème, c’est qu’ils contribuent à la fonte du pergélisol et envoient de grandes quantités de carbone dans l’atmosphère, intensifiant le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.

Un article du Siberian Times confirme que des feux souterrains continuent de brûler dans le district d’Oymyakon en Yakoutie, au nord-est de la Sibérie, l’une des régions les plus froides de la planète. Ces feux se consument malgré les températures très froides et l’épaisse couche de neige au sol.

Le premier incendie zombie a été observé remarquablement tôt dans l’année, le 29 avril 2021, dans le secteur de Teryut, légèrement au nord d’Oymyakon. Les images fournies par le satellite Sentinel-2 montrent la rivière Indigirka encore gelée, des montagnes couvertes de neige et d’inquiétants points orange disséminés le long des vallées.

La deuxième série d’incendies zombies a été observée au sud d’Oymyakon le 1er mai 2021. Il faut se souvenir que l’été 2020 a été l’un des pires de l’histoire de la Yakoutie pour le nombre d’incendies de forêt ; beaucoup sont apparus au-dessus du cercle polaire arctique.

La Yakoutie a été confrontée à un très grand nombre d’incendies de végétation sur tout son territoire. Ils ont envoyé dans l’atmosphère une énorme couche de fumée visible depuis l’espace dans l’extrême nord, tout près de l’Océan Arctique.

À la fin de l’automne 2020, un article publié dans un journal local indiquait qu’un de ces incendies brûlait toujours à l’extérieur du village d’Udarnik, la région qui avait déjà gravement souffert des incendies de forêt pendant l’été. Une vidéo, filmée en novembre par une température de -25°C, montrait des colonnes de fumée au-dessus d’un champ à l’extérieur du village. Les habitants inquiets faisant remarquer que les incendies de l’été ne s’étaient pas arrêtés.

Plusieurs mois plus tard, une équipe de journalistes locaux a visité la région. Ils ont déclaré que la fumée était toujours présente au même endroit, tandis que le sol dans un champ avait la consistance du caoutchouc sous les pas. La vidéo ci-dessous a été filmée alors que la température était encore de -30°C après avoir chuté à -60°C en décembre et janvier 2021. https://youtu.be/1sQvONODSmA

Ces incendies zombies peuvent durer des semaines ou des mois. Dans certains endroits, il est pratiquement impossible de les éteindre. La Sibérie avait déjà connu un certain nombre de ces feux, principalement dans le sud, mais maintenant ils sont également présents dans l’extrême nord. Des semaines de pluie ne suffisent pas pour les éteindre. En effet, ce sont en général des feux de tourbe qui  peuvent descendre à plusieurs mètres de profondeur où ils créent des poches» à haute température extrêmement dangereuses. Si un homme ou un animal venait à y tomber, il brûlerait vif en quelques minutes. Les feux de tourbe n’ont pas besoin de l’oxygène ambiant. Ils sont favorisés par les hivers froids et neigeux car la neige agit comme une couverture qui entretient la combustion.

Source : The Siberian Times.

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In a post published on May 21st, 2020, I explained that Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». These fires started again in May, while the snow was still melting. Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.

An article in the Siberian Times confirms that fires are burning in the Oymyakon district of Yakutia, north-east of Siberia, one of the coldest regions on Earth, despite the very cold temperatures and the thick layer of snow on the ground.

The first fire was registered as unusually early as April 29th, 2021 by the settlement of Teryut, a short distance north from Oymyakon. Sentinel-2 satellite caught sight of frozen Indigirka River, snow-covered mountains, and ominous dark-orange dots scattered along the valleys.

The second set of fires was recorded south of Oymyakon on May 1st.

The summer 2020 was one of the worst in the history of Yakutia for the number of wildfires, with many registered above the Arctic circle. Russia’s largest region reported fires all around its territory, with a massive blanket of smoke visible from space in the far north beside the Arctic Ocean.

At the end of autumn 2020 a report in a local newspaper made clear that one such fire was still burning outside the village of Udarnik, the area that suffered badly in summer wildfires.

A video, filmed in November at -25°C showed pillars of smoke rising above a field outside the village, with worried residents commenting that summer fires had not stopped.

Several months later a team of local journalists visited the area. They said the smoke was still visible in the same location, with the ground feeling ‘like rubber’ as they walked along a field. The video below was filmed when the temperature was -30°C after months of extremely cold winter with air temperatures plummeting in December and January 2021 to as low as minus 60°C .

https://youtu.be/1sQvONODSmA

Such blazes – which have been nicknames ‘zombie fires’ – can go on for weeks and months. In some situations they are next to impossible to extinguish.

Siberia had a number of zombie fires mainly in the south, but now they are present in the far north. This winter, the underground fire outside Udarnik was caused by summer wildfires that did not stop till late Autumn. It was not reduced by weeks of rain, which is typical for peat fires as they can go many metres down, creating extremely dangerous burning ‘pockets’ where a man or an animal would burn alive within minutes.

Peat fires do not need oxygen from outside, and they are favoured by cold snowy winters because snow acts like a blanket that supports the burning..

Source : The Siberian Times.

 Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

Hausse du niveau de la mer en Chine // Sea level rise in China

Les autorités chinoises indiquent que le niveau des eaux côtières a augmenté de 3,4 millimètres par an au cours de la période 1980-2020 et elles ont atteint en 2020 leur troisième niveau le plus élevé jamais enregistré. Dans son bulletin annuel sur l’état de l’environnement en Chine, le Ministère de l’Écologie et de l’Environnement (MEE) a déclaré que les eaux côtières chinoises étaient désormais 73 millimètres plus hautes que la « normale » ; cette dernière est la moyenne sur la période 1993-2011.

Le Ministère a également déclaré que les températures moyennes en Chine étaient de 10,25°C en 2020, légèrement inférieures à celles de l’année précédente, mais toujours supérieures de 0,7°C à la moyenne de 1981-2010.

Le niveau des océans dans le monde a augmenté en raison de la température plus chaude de l’eau ainsi que de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.

Selon un rapport du Ministère chinois des Ressources Naturelles publié le mois dernier, la température moyenne de la mer le long des côtes en Chine a augmenté en moyenne de 0,27°C par décennie depuis 1980, tandis que la température de l’air le long des côtes a augmenté de 0,39°C.

Le Ministère a également indiqué que le niveau des eaux côtières pourrait augmenter à nouveau de 55 à 170 millimètres au cours des 30 prochaines années. Cela obligerait la Chine à s’adapter afin de protéger ses côtes. Les villes de la côte orientale de la Chine ont déjà élaboré des plans d’urgence pour faire face à l’élévation du niveau de la mer. Ainsi, le principal centre financier de Shanghai envisage déjà la construction de nouveaux tunnels de drainage et de portes de régulation des marées comme cela se fait déjà à Venise (Italie).

Source: Yahoo News.

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Chinese authorities indicate that the country’s coastal sea waters have risen by 3.4 millimetres per annum over the 1980-2020 period and hit their third highest level on record in 2020.

In its annual bulletin on the state of the country’s environment, the Ministry of Ecology and Environment (MEE) said China’s coastal waters were now 73 millimetres higher than « normal », defined as the average over the 1993-2011 period.

The ministry also said that average national temperatures stood at 10.25°C in 2020, slightly lower than the year before, but still 0.7°C higher than the 1981-2010 average.

Global sea levels have risen as a result of warmer water temperatures as well as melting glaciers and ice sheets.

According to a report from the Ministry of Natural Resources published last month, average coastal sea temperatures in China have risen by an average of 0.27°C per decade since 1980, while coastal air temperatures have risen 0.39°C.

The ministry also forecast that coastal water levels could rise by another 55-170 millimetres in the next 30 years, requiring China to adapt more thoroughly in order to protect its coastlines. Cities on China’s eastern coast have already been making contingency plans to cope with rising sea levels, with the major financial hub of Shanghai already looking into building new drainage tunnels and tidal gates like those on Venice (Italy).

Source: Yahoo News.