Islande : Le danger des grottes de glace // Iceland : The hazards of ice caves

Le Met Office Islandais (IMO) a récemment diffusé une mise en garde concernant les grottes de glace en Islande et les précautions à prendre pour les visiter. Voici une traduction du texte de l’IMO:

Il est fréquent de rencontrer des grottes de glace sur les bords des glaciers en Islande. Elles sont creusées par l’écoulement de l’eau de fonte ou par l’activité hydrothermale. Les exemples les plus connus sont les grottes de glace de Kverkfjöll.
Il a récemment été question d’une grotte de glace découverte sur le Blágnípujökull, un appendice glaciaire dans la partie sud-ouest du Hofsjökull, petite calotte de glace au centre de Islande. On a pu lire qu’un enfant s’était trouvé mal après avoir inhalé des gaz toxiques. Il y a quinze ans déjà, des visiteurs avait fait état d’une forte odeur de soufre dans la cavité creusée par l’activité hydrothermale.
La grotte a été visitée par des scientifiques de l’IMO le 3 février 2018. Les concentrations d’oxygène (O2), de monoxyde de carbone (CO), de sulfure d’hydrogène (H2S) et de dioxyde de soufre (SO2) ont été mesurées à l’intérieur de la grotte. Il y avait une odeur de soufre à l’extérieur, au niveau de l’entrée, et à l’intérieur de la grotte. Des concentrations de H2S allant jusqu’à 60 ppm ont été mesurées à l’intérieur de la grotte. L’exposition à des concentrations de H2S aussi élevées est potentiellement dangereuse et une telle exposition pendant une heure peut causer de graves problèmes respiratoires et oculaires. Les mesures ne concernent que la visite effectuée le 3 février. Il est possible que des concentrations plus élevées de gaz s’accumulent dans la cavité. On ne sait pas à quelle concentration de gaz l’enfant mentionné ci-dessus a été exposé.

Il est fortement déconseillé de pénétrer dans la grotte sans appareils pouvant donner des indications sur les concentrations de H2S. Il est demandé aux visiteurs d’éviter de fortes concentrations. Seules des lunettes et un masque à gaz peuvent fournir une protection efficace. À une concentration de 20 ppm de H2S, certaines personnes ne sentiront pas le gaz,  mais à 100 ppm  il représente une menace pour la santé.
En plus des gaz toxiques, les morceaux de glace qui peuvent se détacher du plafond de la grotte, ainsi que le sol très glissant peuvent présenter de sérieux dangers. Il semble qu’une petite crue glaciaire (jökulhlaup) se soit produite à cet endroit, en emportant de gros morceaux de glace de glace à plusieurs centaines de mètres en aval. D’autres inondations peuvent se produire sans prévenir et représenter un réel danger.
Il faut noter que le Hofsjökull se trouve dans une zone inaccessible des Hautes Terres et aucune route ou piste ne conduit à la langue glaciaire du Blágnípujökull.
Source: OMI.

Depuis la publication de cette mise en garde, un homme d’une soixantaine d’année a été retrouvé mort le 28 février 2018 dans une grotte glaciaire du Höfsjökull. Il  était entré dans la grotte à l’intérieur du Blágnípujökull, accompagné d’un groupe de randonneurs. Ils ont tous été transportés dans refuge à Kerlingafjöll, puis à Reykjavik. Il est probable que les hommes ont été victimes des gaz toxiques comme l’hydrogène sulfuré (H2S) qui se forment à l’intérieur de la grotte.

Source : Iceland Review.

S’agissant de la sécurité dans ces cavités glaciaires en milieu volcanique, il ne faudrait pas négliger non plus la possibilité de présence de CO2. A ce sujet, il existe des ampoules sous vide qui permettent de contrôler instantanément la concentration de CO2 au sol (le CO2 est un gaz lourd). Le regretté François Le Guern m’avait conseillé de m’en procurer dans une boutique spécialisée à proximité du Panthéon à Paris, à l’époque où je passais des nuits d’hiver dans la cave de la Torre del Filosofo sur l’Etna.

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The Icelandic Met Office (IMO) has recently issued a warning about ice caves in Iceland and the precautions that should be taken to visit them. Here is the text of IMO’s warning:

Ice caves are often found at glacier edges in Iceland, formed either by meltwater flow beneath the ice or by geothermal activity (such as the well-known ice caves in Kverkfjöll).

News has recently been shared about a newly discovered ice cave in Blágnípujökull, a SW outlet from the Hofsjökull ice cap in central Iceland, where a child has collapsed due to breathing in toxic gases. Fifteen years ago, geothermal activity which melted a hole in the ice cover, accompanied by a strong sulfur smell, was observed at this same location.

The cave was visited on February 3rd, 2018. The atmospheric concentrations of oxygen (O2), carbon monoxide (CO), hydrogen sulfide (H2S) and sulfur dioxide (SO2) were measured with a handheld sensor inside the 150 m long cave. The visitors smelled sulfur outside the entrance and inside the cave. H2S concentrations of up to 60 ppm were measured inside the cave. Exposure to concentrations of H2S this high are potentially harmful, and exposure to 60 ppm for 1 hour can cause severe breathing problems and damage to the eyes. The measurements were for only one visit. It is possible that higher concentrations of gases may accumulate in the cave. It is unknown what concentration of gas the above mentioned child was exposed to.

The cave should not be entered without gas monitoring instruments that can give warnings of dangerously high concentrations of H2S. We urge people to avoid such high concentrations of H2S as only goggles and a gas-mask can provide adequate, short-term protection. At 20 ppm of H2S some people will stop smelling the gas and at 100 ppm of H2S there are significant threats to life and health.

In addition to poisonous gases, loose chunks of ice hanging from the roof of the ice cave and a very slippery floor can present serious dangers. A small jökulhlaup (glacier outburst flood) seems to have emerged from beneath the glacier at this location, breaking up the ice and transporting large chunks of glacier ice several hundred meters downstream. Future outburst floods could present an additional, unmonitored hazard.

Note that Hofsjökull is located in an inaccessible part of the highlands and no roads or tracks lead to the Blágnípujökull outlet glacier.

Source: IMO.

Since the release of this warning, a man in his sixties was found dead on February 28th, 2018 inside a glacier cave in Höfsjökull. The man had entered the cave in Blágnípujökull accompanied by a team of travellers. They were all transported to a lodge in Kerlingafjöll and then to Reykjavik. It is believed that the men were intoxicated by dangerous gases like hydrogen sulphide (H2S) forming inside the cave.

Source : Iceland Review.

When it comes to safety in these cavities in a volcanic environment, the possibility of CO2 should not be excluded either. In this regard, there are vacuum bulbs that can instantly control the CO2 concentration on the ground (CO2 is a heavy gas). The late François Le Guern had advised me to buy them in a specialist shop near the Pantheon in Paris, at the time when I spent winter nights in the basement of the Torre del Filosofo on Mount Etna.

Photos: C. Grandpey

Mort sur le Kilauea // Death on Kilauea Volcano

Comme je l’ai indiqué précédemment, la lave ne s’écoule pas en ce moment dans l’océan sur la Grande Ile d’Hawaii. Si on veut observer des coulées de lave, il faut parcourir une longue distance jusqu’à la base du pali ou grimper sur cette pente. Cependant, l’approche du champ de lave actif n’est pas sans risque.
Les équipes de secours ont reçu un appel d’urgence le 1er février au matin en provenance du secteur de Kalapana, « à 2 miles (3,2 km) en amont de la borne 24,5 de la route d’urgence (Emergency Road) », juste en dessous de l’ancienne subdivision des Jardins Royaux, où des randonneurs avaient été surpris par des vapeurs toxiques.
Trois randonneurs accompagnés de leur guide travaillant pour une agence de Pahoa se trouvaient à proximité d’une coulée de lave quand il a commencé à pleuvoir. Un nuage de vapeur et de gaz s’est rapidement formé et a entouré le groupe, en provoquant des problèmes respiratoires et de visibilité.
Le guide n’a pas réussi à échapper au nuage de gaz tandis que ses trois clients ont pu gagner un endroit plus sûr. Un hélicoptère est arrivé et a découvert les trois personnes à l’écart du nuage de gaz. Les sauveteurs ont ensuite localisé le guide dans un autre endroit. Il a été transporté vers une unité médicale où les médecins n’ont pu que constater sa mort. Des hélicoptères ont évacué les trois autres personnes qui n’étaient que légèrement blessées et n’avaient pas besoin de soins médicaux supplémentaires.
Le  HVO explique régulièrement dans ses mises à jour que les gaz volcaniques peuvent être dangereux pour les personnes, les animaux et les plantes.
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Presse hawaiienne

NDLR : Cet accident montre que la prudence est nécessaire sur un volcan actif, même si la situation paraît sûre. Dans le cas du Kilauea, j’emporte toujours un masque à gaz dans mon sac à dos, au cas où… Il cohabite avec des bouteilles d’eau et quelques barres énergétiques.

Cet accident sur le champ de lave du Kilauea me rappelle une aventure vécue dans le cratère du Pu’uO’o où notre petit groupe était entré, après avoir obtenu les autorisations et les chasubles du HVO. Dans le chapitre 9 – « Dans l’enfer du Pu’uO’o » – de son superbe livre D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr raconte comment nous avons été surpris par les nuages de gaz. Sans les masques à gaz, nous ne serions jamais sortis de cette situation très délicate…

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille vivement de vous procurer l’ouvrage de Guy, paru aux Editions La Martinière.

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As I put it before, no lava is currently flowing into the ocean on Hawaii Big Island. If you want to observe lava flows, you need to walk a long way to the base of the pali or climb ofn this slope. However, getting close to the active lava field may be dangerous.

Rescuers responded to an alarm on February 1st in the morning to the Kalapana lava viewing area, « approximately two miles inland from the 24.5-mile marker of the emergency road », just below the old Royal Gardens Subdivision, to rescue hikers from toxic fumes.

Four hikers, a Pahoa hiking guide leading three others, were hiking near a lava flow in the area of the old Royal Gardens Subdivision when it started raining which created a noxious steam cloud surrounding the group, affecting their breathing and vision.

The tour guide was overcome by the noxious steam cloud while the three visitors escaped to safer location. A rescue helicopter flew in and found the three people safely away from the fumes, then located the tour guide in another location. The tour guide was airlifted to a medic unit and he was determined to be dead. Helicopters airlifted the three other people who sustained minor injuries and they did not need further medical attention.

USGS/HVO regularly explains in its updates that volcanic gases can be hazardous to people, animals and plants.

 https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Hawaiian newspapers.

Personal remark: This accident shows that caution is needed on an active volcano, even if the situation seems safe. In the case of Kilauea, I always carry a gas mask in my backpack, just in case … It lies next to water bottles and some energy bars.

This accident on the lava field of Kilauea Volcano reminds me of an adventure in the Pu’uO’o Crater our small group had entered, after having obtained the HVO permits and vests. In chapter 9 – « In the hell of Pu’uO’o » – of his superb book D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr tells how we were surprised by the clouds of gas. Without the gas masks, we would never have exscaped from this very difficult situation …

I strongly advise you to get the book (written in French) published by Editions La Martinière.

Nuages de gaz dans le cratère de l’Halema’uma’u dont l’accès est, à juste titre, interdit au public (Photo: C. Grandpey)

Nuages de gaz dans le cratère du Pu’uO’o (Photo: C. Grandpey)

Vous n’avez pas trouvé un drone? // Haven’t you found a drone ?

Les volcanologues balinais sont à la recherche d’un drone coûteux qui a disparu au cours d’un vol près du cratère de l’Agung le 23 janvier 2018. Le volcan a connu quatre épisodes éruptifs ce jour-là, mais les nuages de cendre n’ont pas pu être observés car la montagne était enveloppée d’épais nuages. Le drone AI 450 a été envoyé vers le volcan plus tard dans la soirée, avec à son bord des outils pour échantillonner les gaz volcaniques, mais il a dû affronter des vents violents tout le long du chemin. Le contact avec le drone a été perdu vers minuit. [Remarque personnelle: Pourquoi diable ont-ils fait voler le drone si le vent était si fort ?? Les drones sont très sensibles au vent et même de légers coups de vent peuvent les projeter au sol !!]
Les autorités ont demandé que des recherches soient effectuées pour retrouver le drone, en particulier à l’aide d’une carte montrant sa trajectoire avant qu’il disparaisse à 2800 mètres d’altitude, à environ 300 mètres sous le cratère, dans la zone d’exclusion.
D’une valeur de 600 millions de roupies indonésiennes (45 000 dollars américains), le drone avait déjà effectué plusieurs vols autour de l’Agung depuis la reprise d’activité volcanique en août. Sans le drone, les volcanologues sont maintenant dans l’impossibilité d’analyser les gaz à partir desquels les scientifiques peuvent mieux comprendre le comportement d’un volcan en éruption.
Les volcanologues balinais avaient reçu de l’USGS ce drone doté d’un équipement de détection multigaz. Il a donc été demandé aux Américains d’envoyer de nouveaux outils pour poursuivre les missions de surveillance.
Source: Newsweek.

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Volcanologists on the island of Bali are looking for an expensive drone that disappeared while flying near the crater of Mount Agung volcano on January 23rd 2018. The volcano erupted four consecutive times on that same day in the morning, but the ash cloud could not be observed as the mountain was concealed by thick clouds. The AI 450 drone was sent on a flight mission to the volcano later in the evening carrying tools to sample volcanic gases, but it had to battle strong winds along its way. Contact with the drone was lost around midnight. [Personal remark : Why on earth did they fly the drone if the wind was so strong ?? Drones are very sensitive to the wind and even slight winds can throw them to the ground!!]

The officials appealed for information about the unmanned aerial vehicle (UAV), showing a map of the drones’ trajectory before it disappeared at an altitude of 2,800 metres, about 300 metres below the volcano’s crater, within the exclusion zone.

Worth 600 million Indonesian rupees (45,000 US dollars), the drone had performed several flights around the mountain since the volcano resumed its activity in August. Without the drone, Bali volcanologists are now unable to analyze the volcanic gases, from which scientists can better understand why and how a volcano erupts.

The Bali volcanologists were given the multigas sensor equipment by USGS which has been asked to send over new tools to continue the monitoring missions.

Source: Newsweek.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans son dernier bulletin du 2 janvier 2018, l’OVPF indique qu’au mois de décembre 2017, on a enregistré 20 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux, 2 séismes profonds (plus de 2 km de profondeur), ainsi que 298 effondrements dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué et au niveau du site éruptif de juillet/août 2017.
Au cours du mois de décembre 2017, les stations GPS au sommet n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche, les stations GPS en champ lointain ont continué à enregistrer une lente inflation continue, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Aucune évolution majeure n’a été observée en décembre concernant la géochimie des gaz. Au sommet du Piton de la Fournaise, on continue à observer la présence de faibles concentrations en H2S et parfois SO2 dans l’air.

S’agissant du projet d’ »accompagnement du public sur les sites éruptifs » que j’avais mentionné sur ce blog il y a quelques mois, il est tombé à l’eau. C’est ce que vient de m’indiquer l’un de mes contacts sur l’Ile de la Réunion. En d’autres termes, les touristes de passage sur l’Ile au moment d’une éruption devront se contenter de la voir de loin. Depuis 2014-2015, l’accès au volcan est systématiquement interdit en période d’éruption. Depuis 2017, même les journalistes et photographes sont, eux aussi, officiellement persona non grata. Pourtant, au vu des publications dans les médias, que ce soit la presse écrite ou télévisée au moment de la dernière éruption, il semblerait que les habitués n’aient rien changé à leurs habitudes et que la Préfecture ne trouve rien à redire… Bizarre…

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In its last bulletin of January 2nd, 2018, OVPF indicates that in December 2017, the observatory recorded 20 shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) under the summit craters, two deep earthquakes (more than 2 km deep), as well as 298 collapses in the Dolomieu Crater, along the Enclos Fouqué ramparts and at the eruptive site of July / August 2017.

During the month of December 2017, GPS stations at the summit did not record any particular signals. Far-field GPS stations, on the other hand, continued to record slow, steady inflation as a source of deep pressure.

No major developments were observed in December concerning gas geochemistry. At the summit of Piton de la Fournaise, one continues to observe low concentrations of H2S and sometimes SO2.

Regarding the project of « public accompaniment on eruptive sites » that I mentioned on this blog a few months ago, it has been abandoned. This is what one of my contacts on the Island has just told. In other words, tourists visiting the Island at the time of an eruption will have to see it from afar. Since 2014-2015, access to the volcano is systematically prohibited during eruptions. Since 2017, even journalists and photographers are also officially persona non grata. However, judging from the publications in the media, be it the newspapers or on television during the last eruption, it seems that the regulars have not changed their habits and that the Prefecture did not find anything wrong … Very strange…

Crédit photo: Wikipedia