Quelques détails supplémentaires sur le 4ème paroxysme de l’Etna (Sicile) // A few more details about Mt Etna’s 4th paroxysm

Dans un bulletin diffusé dans la matinée du 21 février 2021, l’INGV apporte quelques détails supplémentaires sur le 4ème paroxysme de l’Etna.

Une fois terminé l’épisode de fontaines de lave, une vingtaine d’explosions très violentes provenant de différentes bouches ont secoué le Cratère SE, avec des projections de matériaux incandescents qui sont retombés au-delà de la base du cratère.

Vers 5h15 ce matin (heure locale), plus aucune activité éruptive n’a été observée sur le Cratère SE. En revanche, l’activité strombolienne a persisté à l’intériuer des autres cratères sommitaux. L’amplitude du tremor volcanique se situe maintenant à niveau moyen.

Les résultats des analyses n’apportent guère de surprises. Ils montrent que les produits émis par les fontaines de lave du 19 février ont la même composition que ceux émis par les fontaines des 16 et 18 février, et correspondent à la composition de la lave émise au cours des 20 dernières années. Des échantillons seront prélevés pour analyser la lave émise hier soir.

Source : INGV.

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In a bulletin released on the morning of February 21st, 2021, INGV provides some additional details on Mt Etna’s 4th paroxyssm. When the lava fountain episode ended, 20 or so very violent explosions from different vents rocked the SE Crater, with projections of incandescent material that fell back beyond the base of the crater.

Around 5:15 a.m. (local time), no further eruptive activity was observed on the SE Crater. In contrast, Strombolian activity persisted within the other summit craters. The amplitude of the volcanic tremor is now at medium level.

The results of the analyzes are hardly surprising. They show that the products emitted by the lava fountains of February 19th have the same composition as those emitted by the fountains of February 16th and 18th, and correspond to the composition of the lava emitted during the past 20 years. Samples will be taken to analyze the lava emitted last night.

Source: INGV.

Stromboli !

 A l’image de l’Etna, la Stromboli est très actif ces jours-ci, comme on peut s’en rendre compte en regardant le volcan en direct avec la webcam Skyline. En plus des explosions stromboliennes dans les cratères Nord et Centre-Sud, on observe un débordement et une coulée de lave au niveau de la zone cratèrique Nord. La lave avance dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, jusqu’à environ 600 m d’altitude. Des blocs se détachent de la coulée et roulent jusqu’à la mer. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est enregistrée.

Source : INGV.

Il ne fait malheureusement pas bon d’aller se promener en Sicile en ce moment. La pandémie de Covid-19 est particulièrement active sur le îles.

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Like Mt Etna, Stromboli is very active these days, as one can see when watching the Skyline webcam. In addition to Strombolian explosions in the North and Center-South craters, there is a lava overflow and a lava flow at the North crater area.Lava is moving forward in the upper part of the Sciara del Fuoco, down to about 600 m a.s.l.Rocks break away from the flow and roll down to the sea. No significant deformation of the volcanic edifice is recorded.

Source: INGV.

Unfortunately, it is unadvisable to travel to Sicily these days. The Covid-19 pandemic is very active on the islands.

Voici quelques captures d’écran effectuées au crépuscule, l’un de mes moments préférés sur le Stromboli…

La coulée de lave vue par la webcam thermique de l’INGV:

Le méthane du lac Kivu (Rwanda / RDC) : entre menace et légende…

À cheval entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, à 1460 m d’altitude, le lac Kivu est l’un des dix Grands Lacs d’Afrique. D’un point de vue géologique, il a des points communs avec les lacs Nyos et de Monoun au Cameroun ; en effet,  le Kivu est méromictique, c’est-à-dire qu’il renferme de très fortes concentrations de gaz – dioxyde de carbone (CO2)  et méthane (CH4) en particulier – produits par l’activité volcanique de la région et la décomposition des matières organiques. Selon les scientifiques, cette étendue d’eau dont la profondeur approche par endroits 500 mètres contiendrait quelque 60 milliards de mètres cubes de méthane dissous et environ 300 milliards de mètres cubes de dioxyde de carbone..

En conséquence, les populations qui se trouvent autour du lac Kivu sont sous la menace d’une éruption limnique caractérisée par le dégazage brutal du lac, comme cela s’est produit en 1986 au lac Nyos où plus de 1700 paysans ont été asphyxiées par une déferlante de CO2. Deux ans auparavant, un phénomène semblable était survenu aux abords du lac Monoun, avec 37 victimes. Or, le Kivu contient probablement mille fois plus de gaz que le Nyos dans une région où vivent plus de deux millions de personnes.

En plus du risque d’éruption limnique ; le lac Kivu se trouve à proximité du volcan Nyiragongo. Au cours de l’éruption de 2002, la lave est entrée dans le lac après avoir traversé la ville de Goma et ses 400 000 habitants. On a cragnait que ce contact entre la lave et l’eau déstabilise le lac et provoque des émanations toxiques, mais la situation n’a pas eu de conséquences majeures.

Cette concentration menaçante de méthane est aussi, paradoxalement, une chance pour la région. Il est en effet aujourd’hui possible d’exploiter commercialement le gaz du lac Kivu. Selon certaines estimations, cette exploitation pourrait produire jusqu’à 700 mégawatts d’électricité.  Les sociétés américaines Symbion Power et ContourGlobal extraient le gaz pour alimenter des centrales électriques. Un nouveau projet baptisé KivuWatt, lancé en 2016 génère 26 mégawatts, destinés au réseau local.

Au final, l’exploitation du méthane présente un double avantage : elle fournit de l’électricité tout en réduisant les risques de dégazage intempestif. Le problème, c’est que la rentabilité des projets reste incertaine, mais devrait s’améliorer dans les prochaines années. .

Comme beaucoup de sites géologiques et volcaniques, le lac Kivu possède une légende – très coquine celle-là – concernant son apparition. Elle raconte qu’au temps de la Troisième Dynastie, l’épouse du roi Kamagere , qui se lassait d’attendre son mari parti en guerre, demanda à un soldat de la garde royale de lui faire l’amour. Celui-ci n’en menait pas large car il craignait que ce comportement puisse le condamner à mort. Il accéda toutefois à la demande de la femme. Il approcha son pénis tremblant du clitoris de la souveraine et c’est là que l’histoire trouve toute sa subtilité. Les vibrations furent si intenses qu’elles procurèrent à la reine un plaisir tel qu’elle éjacula et donna naissance au lac Kivu….

Cette légende est racontée dans L’eau sacrée, un documentaire du réalisateur belge Olivier Jourdain. Vous trouverez la bande-annonce en cliquant sur ce lien.

https://youtu.be/BpIxdW-CW_E

Le lac Kivu vu depuis l’espace (Source : NASA)

Nouvel épisode explosif sur le Stromboli (Sicile) // New explosive episode on Stromboli (Sicily)

Aujourd’hui dimanche 19 juillet 2020, c’est le jour choisi par le Stromboli pour attirer l’attention. Deux fortes explosions ont secoué le volcan vers 5 heures du matin et provoqué un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravisait le volcan côté Ginostra. L’INGV indique que les explosions stromboliennes ont projeté des matériaux  incandescents qui ont arrosé toute la terrasse cratèrique ainsi que la Sciara del Fuoco, comme on peut le voir sur l’image de la caméra thermique ci-dessous. Il n’est toutefois fait état d’aucun dégât. .

Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Des centaines de touristes sont présents à Stromboli ces jours-ci. Les habitants ont essayé de les rassurer et souligné qu’il n’y a pas de danger sur l’île. D’ailleurs, les sirènes n’ont pas retenti. Depuis deux jours, le >Stromboli offrait un beau spectacle fascinant tant de la mer que depuis l’altitude de 290m, la limite autorisée pour les randonneurs, pour des raisons de sécurité.

Plus de peur que de mal, donc, mais les événements de ce matin montrent que les restrictions d’accès au volcan sont parfaitement justifiées.

Source : La Sicilia.

Voici une vidéo montrant les explosions de ce matin. Il y avait vraiment beaucoup de pression sous le volcan. Heureusement que l’événement s’est produit à une heure où les touristes sont encore en train de dormir!

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Today Sunday, July 19th, 2020, was the day chosen by Stromboli to attract attention. Two strong explosions shook the volcano at about 5 a.m. and caused a movement of anguish among the population who keep in mind the explosive events of the last months, with one dead on July 3rd, 2019, a hiker who climbed the volcano, side Ginostra. INGV explains the Strombolian explosions threw incandescent materials that sprayed the entire crater terrace as well as the Sciara del Fuoco, as can be seen in the thermal camera image below. However, no damage has been reported. .
According to INGV, the two explosions were less intense than that of July 3rd, 2019.
Hundreds of tourists are present at Stromboli these days. The locals tried to reassure them and stressed that there was no danger on the island. This was confirmed by the fact the sirens did not sound. Stromboli has offered a fascinating show for the past two days, both from the sea and from the altitude of 290m, the limit authorized for hikers, for safety reasons.
More fear than harm, then, but this morning’s events confirm that the access restrictions to the volcano are perfectly justified.
Source: La Sicilia.