Taupo (Nouvelle Zélande) : surveillance conseillée // Taupo (New Zealand) : recommended monitoring

Le Taupo, volcan rhyolitique le plus actif de la Zone Volcanique de Taupo (TVZ) en Nouvelle-Zélande, est une caldeira d’environ 35 km de large. Le volcan fut le siège d’une super éruption environ 22 600 ans avant notre ère. Elle a produit environ 1 170 km3 de téphra qui ont recouvert l’île du Nord d’une épaisseur de matériaux atteignant parfois 200 mètres. Ce fut la plus grande éruption volcanique sur Terre au cours des 70 000 dernières années.

Cet événement a été précédé à la fin du Pléistocène par l’éruption d’un grand nombre de dômes rhyolitiques au nord du lac Taupo.

De puissantes éruptions explosives se sont produites au cours de l’Holocène à partir de bouches dans le lac Taupo et près de ses berges.

L’éruption majeure la plus récente a eu lieu environ 1 800 ans avant notre ère à partir d’au moins trois bouches le long d’une fracture orientée NE-SW. Cette éruption extrêmement violente a été la plus importante en Nouvelle-Zélande pendant l’Holocène. Elle a produit la Taupo Ignimbrite qui a couvert 20 000 km2 dans l’île du Nord.

Dans les temps historiques, le Taupo a connu des périodes d’activité accompagnées de nombreux séismes qui ont parfois provoqué des dégâts, ainsi que de déformations du sol, mais sans déclenchement d’éruptions. La caldeira est aujourd’hui remplie par le lac Taupo,

Une étude publiée par l’American Geophysical Union (AGU) en juin 2021 révèle que l’activité observée sous le super volcan Taupo en 2019 était de nature et d’origine volcaniques. Cela montre que le Taupo est toujours un volcan actif et potentiellement dangereux qui doit être étroitement surveillé.

Une augmentation significative de la sismicité a été enregistrée en 2019 et une déformation du sol a été détectée dans la caldeira. Grâce à la localisation des séismes et aux schémas de déformation du sol, les auteurs de l’étude ont pu déduire que sous la caldeira du Taupo se trouve un réservoir magmatique actif d’au moins 250 km3 dont au moins 20 à 30% est en fusion. L’injection d’un magma juvénile dans ce réservoir a provoqué le déclenchement de séismes dans la croûte terrestre la plus fragile le long des lignes de faille qui traversent à la fois la région et le volcan.

En conséquence, les chercheurs insistent sur le fait que le Taupo doit être étroitement surveillé pour mieux comprendre les processus qui se déroulent en profondeur et les facteurs qui pourraient provoquer une nouvelle éruption.

Source : The Watchers.

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Taupo, the most active rhyolitic volcano of New Zealand’s Taupo Volcanic Zone (TVZ), is a roughly 35-km-wide caldera. It was the seat of a super eruption about 22 600 years before present (BP). It produced about 1 170 km3 of tephra which covered NewZealand’s North Island in debris up to 200 m deep. It was the largest volcanic eruption on Earth in the past 70 000 years.

This event was preceded during the late Pleistocene by the eruption of a large number of rhyolitic lava domes north of Lake Taupo.

Large explosive eruptions have occurred frequently during the Holocene from vents within Lake Taupo and near its margins.

The most recent major eruption took place about 1 800 years BP from at least three vents along a NE-SW-trending fissure. This extremely violent eruption was New Zealand’s largest during the Holocene and produced the Taupo Ignimbrite, which covered 20 000 km2 of North Island.

In historical times, Taupo has undergone periods of unrest involving abundant, sometimes damaging earthquakes and ground deformation, but no eruption. The caldera is now filled by Lake Taupo,

A research published by the American Geophysical Union (AGU) in June 2021 reveals that the unrest registered under Taupo supervolcano in 2019 was volcanic in nature and origin. This shows that it is still an active and potentially hazardous volcano that needs to be carefully monitored. 

A significant increase in the number of earthquakes was recorded in that year and observable ground deformation was detected within the caldera.

Using the locations and patterns of the earthquakes and ground deformation allowed the authors of the study to infer that beneath the caldera there is an active magma reservoir of at least 250 km3 and which is at least 20–30% molten.

New magma being fed into this reservoir caused the triggering of earthquakes in the surrounding brittle crust along fault lines that cut across both the region and the volcano.

As a consequence, the researchers warn that Taupo needs to be carefully monitored to better understand the processes at depth and the factors that might cause a new eruption in the future.

Source: The Watchers.

 

Le Lac Taupo et la caldeira (Source : GNS Science)

Le lac Taupo vu depuis sa berge (Photo : C. Grandpey)

Taal (Philippines) : nouvelles explosions? // New explosions?

Suite à l’activité phréatomagmatique du 1er juillet 2021, le PHIVOLS indique que le Taal pourrait ne connaître que de faibles explosions dans les prochains jours car le magma est proche de la surface. Les cinq explosions survenues le 1er juillet étaient relativement faibles. La première a été suivie de quatre brefs événements phréatomagmatiques qui n’ont pas duré plus de deux minutes chacun et ont généré des panaches qui se sont élevés à 200 mètres au-dessus du lac dans le Main Crater (cratère principal).

Le niveau d’alerte 3 est maintenu sur le volcan. Il est interdit au public d’entrer dans la Volcano Island qui est une zone de danger permanent. Comme je l’ai écrit précédemment, le PHIVOLCS a conseillé aux habitants des barangays d’Agoncillo et de Laurel dans le district de Batangas de quitter leurs maisons en raison du risquesu de coulées pyroclastiques et de tsunami en cas de forte éruption.

Une fois de plus, la situation sur le Taal montre les limites de la prévision volcanique. La mise en place du principe de précaution reste le meilleur moyen de protéger la population.

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Following the phreatomagmatic activity of July 1st, 2021, PHIVOLS indicates that Taal may only have weak explosions in the next days because magma is already at a shallow level. The five explosions that occurred on July 1st were relatively weak. The first explosion was followed by four short phreatomagmatic events that lasted no longer than two minutes each and produced plumes that rose 200 metres above the Main Crater lake.

Alert Level 3 is maintained over the volcano. The public is prohibited from entering the entire Taal Volcano Island, which is a permanent danger zone. As I put it before, PHIVOLCS advised residents in the high-risk barangays of Agoncillo and Laurel in Batangas to evacuate due to hazards of pyroclastic density currents and volcanic tsunami in case strong eruptions occur.

Once again, this situation on Taal shows the limits of volcanic prediction. Implementing the precaution principle is the best way to protect the population.

Vue de l’éruption du 1er juillet (Crédit photo : PHIVOLCS)

Eruption de La Soufrière: ce n’est que le début // La Soufriere eruption : it’s just the beginning

Selon le géologue qui dirige l’équipe de l’UWI sur la Soufrière de Saint-Vincent, il ne faut pas se laisser berner par la pause actuelle de l’activité éruptive. À son avis, l’éruption ne fait que commencer. Le volcan est en éruption depuis une semaine; dire que le calme va revenir dans deux semaines serait une erreur. La quantité d’énergie libérée jusqu’à présent montre que le volcan en a encore beaucoup dans le ventre. De même, la quantité de matériaux émis jusqu’à présent est en réalité très faible. Les éruptions du passé comme celle de 1979 ont rejeté environ 60 millions de mètres cubes de matériaux. Ces éruptions ont commencé moins vigoureusement que l’éruption de 2021 mais elles ont émis plus de matériaux. Le géologue pense que si les scénarios du passé se répètent, La Soufrière détruira des biens et des terres. Même avec des explosions qui affectent juste le nord, l’éruption fera beaucoup de dégâts à travers toute l’île. Il pense qu’à la fin de l’éruption la quantité de matériaux expulsés par le volcan sera plus importante qu’en 1979. L’éruption actuelle ressemble davantage à celle de 1902. L’éruption de 1902 a détruit environ un tiers de l’île, de Georgetown à Chateaubelair. Les zones au nord de cette zone ont été les plus durement touchées; on aurait dit que la zone avait été bombardée. Pour le moment, l’éruption a épargné ces zones; les villages de l’Est sont encore en grande partie intacts, ce ne sera pas nécessairement le cas une fois l’éruption terminée.

Le géologue demande à la population de rester vigilante et de ne pas penser que l’éruption est terminée car elle n’en est encore qu’à ses débuts. Il reconnaît que lui et son équipe ont commis une erreur en affirmant  la veille que l’éruption touchait à sa fin. Il dit: «Même avec un intervalle entre les explosions, les gens ne doivent pas penser qu’ils peuvent se rendre dans le nord de l’île parce que l’intervalle peut changer comme il l’a déjà fait.».

Source: médias d’information locaux.

En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une vidéo montrant l’éruption vue depuis l’espace, avec les panaches de cendre et de SO2, ainsi que les ondes de gravité que j’avais mentionnées précédemment :

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According to the geologist leading the UWI team on St Vincent’s La Soufriere, one should not be lured by the current pause in eruptive activity. In his opinion, the eruption is just starting. The volcano has just erupted for one week; saying it will end in two weeks would be a mistake. The amount of energy it has released until now suggests there is a lot more to come out. The quantity of emitted material is actually very small. Past eruptions like that of 1979 released about 60 million cubic metres of materials, so past eruptions which started less vigorously put out more materials.

The geologist says that if the scenarios of the past repeat themselves, La Soufriere will destroy property and land. Even with just explosions that affect the north, the eruption is going to do a lot of damage to the whole island. He thinks that at the end of the eruption the amount of materials expelled by the volcano will be greater than in 1979. It looks closer in magnitude to the 1902 eruption. The 1902 eruption destroyed about one-third of the island, from Georgetown over to Chateaubelair. Areas north of that area were the most badly affected; the place looked as if it had been bombed. For the moment, the eruption has spared these regions ; the Eastern villages are still largely intact, but he thinks it might not necessarily be the case when the eruption was over.

The geologist warns that people should not pause and think the eruption is over because it is still in its early days yet. He admits he and his team were wrong when they thought the day before that the eruption was coming to an end. He says: “Even with an interval between explosions, people must not think they can go into the areas in the north because the interval may change as it did”.

Source : Local news media.

Source : UWI

Réunion, Islande, St Vincent : nouvelles du front // Reunion Island, St Vincent, Iceland : news from the front

Alors que les éruptions se déroulent tranquillement sur le Piton de la Fournaise (Réunion) et en Islande, sans le moindre danger pour les zones habitées, la situation est très différente sur l’île caribéenne de St Vincent et les Grenadines. L’éruption de la Soufrière cause de graves problèmes. Dans la soirée du 10 avril, une grande partie de l’île a été plongée dans l’obscurité car la cendre a provoqué des coupures de courant. L’atmosphère est envahie par odeur de soufre et la cendre pénètre partout. Une ambiance triste a envahi les rues où l’on entend les chiens hurler à la mort. Le paysage est celui d’un hiver où la cendre a remplacé la neige. Les autorités rappellent que la cendre peut être dangereuse, en particulier pour les personnes qui ont des problèmes respiratoires tels que l’asthme ou d’autres affections pulmonaires chroniques. Les grondements du volcan sont perçus jusqu’à la capitale, Kingstown, au sud de l’île. Les habitants de la partie nord de l’île, à proximité de la zone Rouge, disent que ces grondements sont assourdissants. De la pluie a également été signalée dans différentes parties de l’île.

L’UWI indique qu’il faut s’attendre à d’autres éruptions explosives accompagnées de fortes retombées de cendres. Des habitants de la localité de Biabou ont alerté les autorités car des fissures avaient commencé à apparaître en plusieurs endroits de la route.

L’éruption entraîne des problèmes d’approvisionnement en eau à St Vincent. En raison des importantes retombées de cendres, les prises d’eau des réservoirs ont été fermées. Seulement 75 pour cent des réserves habituelles sont disponibles, de sorte que l’eau est rationnée jusqu’à ce que la qualité de l’eau utilisée redevienne acceptable. L’eau pompée dans les rivières est traitée avant utilisation mais une quantité insuffisante a été pompée avant l’éruption. La priorité dans l’approvisionnement en eau est donnée aux établissements de santé, aux hébergements temporaires et aux entités publiques qui proposent des services essentiels.

Par ailleurs, plusieurs maisons ont été détruites dans la localité de Sandy Bay, dans la zone Rouge de Saint-Vincent, au nord de l’île.

Les toits des maisons se sont effondrés sous le poids de la cendre.

Source : Médias locaux.

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While the eruptions are going on quietly on Piton de la Fournaise (Reunion Island) and in Iceland, with no danger to populated areas, the situation is very different on the Caribbean island of St Vincent and the Grenadines. The eruption of La Soufriere is causing serious problems. In the evening of April 10th, it threw into darkness a large part of the island, with reports of power outages. The pungent smell of sulphur and ash permeates the atmosphere.

Heavy ashfall is being reported, with a dreary atmosphere in the municipalities where dogs could be heard howling. The landscape looks like a winter wonderland. Authorities warn that the ash can be dangerous to people, especially those with respiratory problems such as asthma or other chronic lung conditions. The volcano’s rumblings can be heard as far as the capital, Kingstown, in the south of the island.  Residents in the northern part of the island closer to the Red Zone say the rumblings are deafening. Rain was also reported in different parts of the island.

UWI says more explosive eruptions and heavy ashfall are expected. Residents in the community of Biabou have reported that cracks have begun to emerge in various parts of the road.

The eruption is causing water supply problems at St Vincent. Due to the heavy ashfall, the intakes of the water reservoirs have been closed. Only 75 percent of the regular storage is available so that water is rationed until the quality of the water used to replenish the reservoirs becomes acceptable. The water extracted from the rivers is treated before use and not enough water could be extracted before the volcanic eruption. Priority in the water supply is given to the health facilities, the shelters and public entities that offer essential services.

Several homes have been destroyed in the Northern Community of Sandy Bay in St Vincent’s Red Zone. The roofs of the houses collapsed under the weight of the ash.

Source: Local news media.

Source: News 784