Dernières nouvelles de La Soufrière de St Vincent // Latest news of St Vincent’s Soufriere

La croissance du nouveau dôme de lave dans la partie ouest du cratère de la Soufrière de Saint-Vincent se poursuit. Les volcanologues de l’UWI expliquent que cette croissance s’accélère et il est possible que le dôme finisse par remplir le cratère et se rapproche de sa lèvre. Si c’est le cas, l’incandescence de la lave pourrait devenir visible depuis les zones autour du volcan. Au final, la lave pourrait déborder du cratère et atteindre le secteur de Larikai qui est inhabité. Mais nous n’en sommes pas encore là !

De nouveaux instruments ont été installés sur le volcan, ainsi qu’une station GPS à Georgetown; ils permettront d’obtenir plus d’informations sur l’activité volcanique. Le gouvernement de St Vincent recherche maintenant un hélicoptère pour effectuer des travaux d’observation sur le sommet et collecter des échantillons du nouveau dôme.

Les scientifiques et le gouvernement doivent lutter contre les fausses informations sur l’éruption. Ainsi, il n’y a pas eu d’évacuations de la population et les théories affirmant que de  nouveaux volcans pourraient apparaître sur l’île en raison de l’activité à La Soufrière sont complètement fausses.

De la même manière, les médias qui affirment que l’éruption actuelle a commencé de la même manière que l’événement de 1979 se trompent. J’ai expliqué dans ce blog que l’éruption de 1979 a commencé brutalement le 13 avril à 4 heures du matin, avec quelques séismes pendant les vingt-quatre heures qui ont précédé. La première phase de l’éruption, de type vulcanien avec un panache de 20 kilomètres de hauteur, a duré moins de deux semaines. Ce n’est que pendant la deuxième partie de l’éruption que l’on a assisté à la lente extrusion d’un dôme de lave dans le cratère. Il a mis cinq mois pour atteindre sa taille finale. L’éruption n’a pas fait de victimes grâce à l’évacuation de 22 000 habitants du nord de l’île.

Aujourd’hui, ces mêmes habitants surveillent attentivement l’éruption et se préparent à une éventuelle évacuation. Certains d’entre eux hésitent à partir par crainte d’une contamination par le coronavirus dans les centres d’hébergement. D’autres se souviennent de 1979. Après plusieurs mois passés dans des centres d’hébergement, les fermiers sont retournés chez eux pour constater qu’ils avaient été victimes de vols. On se retrouve dans la même situation qu’en Indonésie, sur le Merapi ou l’Agung, par exemple.

Source: Médias locaux.

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The growth of the new dome on the western side of the crater of St Vincent’s Soufriere continues. UWI volcanologists explain that the growth is accelerating, and there is the possibility it can fill the crater and get close to the crater rim. If it does, the glow might be visible from surrounding areas. In the end, lava might spill over into Larikai which is uninhabited.

More instruments have been installed on the volcano, as well as a GPS station at Georgetown; they will offer more details of the volcanic activity. The St Vincent government is now seeking helicopter support to carry out work on the summit and collect rock samples from the new dome.

The scientists and the government have to fight fake news about the eruption. There have been no evacuations and the theories about new volcanoes emerging across the island due to activity at La Soufriere are completely wrong

In the same way, the media that affirm that the current eruption started in the same way as the 1979 event are wrong. I have explained in this blog that the 1979 eruption began abruptly on April 13th at 4 a.m., with only a few earthquakes in the twenty-four hours before. The first phase of the eruption was vulcanian-type with a plume 20 kilometres high. It lasted less than two weeks. It was only during the second episode of the eruption that a lava dome grew into the crater. It took it five months to reach its final size. The eruption claimed no casualties thanks to the evacuation of 22,000 residents of the north of the island.

Residents in the northern part of the island are watching the eruption carefully and getting ready for a possible evacuation. However, some of them are releuctant to leave beacause the fear a coronavirus contamination in the shelters. Others remember 1979. After several months in shelters, farmers returned home to find they had been robbed. It is like in Indonesia, on Mt Merapi or Mt Agung, for instance.

Source: Local news media.

Source : NEMO

Effondrement sur le Cervin // Rock collapse on the Matterhorn

Selon la presse transalpine, un effondrement s’est produit pendant l’après-midi du  21 août 2020 sur le Cervin, sous le Colle del Leone (3581 m). L’événement a entraîné l’évacuation d’une vingtaine d’alpinistes engagés sur le versant italien de la montagne. L’effondrement, qui s’est déclenché sur la Testa in Leone a empêché la possibilité d’une descente en autonomie vers la vallée.

Un géologue de l’administration régionale est arrivé sur place pour évaluer l’ampleur de l’effondrement. Comme indiqué dans le communiqué de presse qui a fait suite à cette visite, « suite à l’inspection menée avec le géologue et compte tenu des conditions météorologiques (avec le risque d’orage), il a été décidé d’évacuer préventivement les personnes qui se trouvaient sur la montagne. Deux hélicoptères du secours alpin du Valle d’Aoste ont transféré à Breuil-Cervinia un guide et client qui se trouvaient sur la crête, ainsi qu’une vingtaine de personnes, qui se trouvaient à Capanna Carrel ».

Pour le moment, l’ascension du Cervin par la voie italienne normale est déconseillée. Pour les prochains jours, il est conseillé de consulter la Società Guide del Cervino pour obtenir des informations sur la praticabilité de l’ascension.

Ce n’est pas la première fois que des effondrements se produisent sur le Cervin et dans les Alpes en général. Ils sont provoqués par la fragilisation des parois suite au dégel du permafrost de roche qui sert de liant entre les roches et assure leur stabilité. Le 22 juillet 2019, deux alpinistes – un guide de montagne et son client – sont décédés à la suite de la chute d’un rocher. Au moment du drame, les deux hommes évoluaient, encordés, à environ 4300 mètres d’altitude, dans le secteur «Keuzsatz». Le pilier rocheux équipé de cordes fixes et d’ancrages sur lequel ils se trouvaient s’est effondré. Les deux alpinistes n’avaient aucune chance de s’en sortir vivants. L’expédition de secours a été interrompue en raison des risques liés aux pierres qui se détachaient.

Source : Presse italienne.

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According to the Italian press, a collapse occurred during the afternoon of August 21st, 2020 on the Matterhorn, under the Colle del Leone (3581 m). The event led to the evacuation of about 20 mountaineers engaged on the Italian side of the mountain. The collapse, which was triggered on Testa in Leone, prevented the possibility of an autonomous descent into the valley.

A geologist from the regional administration arrived on site to assess the extent of the collapse. As indicated in the press release which followed this visit, « following the inspection carried out with the geologist and taking into account the weather conditions (with the risk of thunderstorm), it was decided to preventively evacuate the people. who were on the mountain Two helicopters from the Alpine rescue of the Aosta Valley transferred to Breuil-Cervinia a guide and client who were on the ridge, as well as about 20 people who were in Capanna Carrel ”.

For the moment, the ascent of the Matterhorn by the normal Italian way is not recommended. For the next few days, it is advisable to consult the Società Guide del Cervino for information on the practicability of the ascent.

This is not the first time that collapses have occurred on the Matterhorn and in the Alps in general. They are caused by the weakening of the walls following the thawing of the rock permafrost which acts as a binder between the rocks and ensures their stability. On July 22nd, 2019, two climbers – a mountain guide and his client – died after falling from a rock. At the time of the tragedy, the two men were moving, roped, at an altitude of about 4300 meters, in the « Keuzsatz » sector. The rock pillar with fixed ropes and anchors they were standing on collapsed. The two climbers had no chance of making it alive. The relief expedition was halted due to the risk of the loose stones.
Source: Italian press.

Photo : C. Grandpey

Premiers réfugiés climatiques américains // First American climate refugees

Il faut vraiment bien connaître l’Alaska pour avoir entendu parler de Kivalina, une bourgade de 450 habitants située à l’extrémité d’une île de 13 kilomètres de long, face à la Mer des Tchouktches et la Sibérie russe, à 130 km de Kotzebue.

A 134 kilomètres du Cercle Arctique, la localité est loin de tout et il faut plusieurs vols pour l’atteindre depuis le reste des Etats-Unis. Kivalina est une communauté Inupiat, une branche des Inuit. C’est le seul village de la région où les habitants chassent – ou plutôt chassaient – la baleine boréale. Aujourd’hui, cette tradition fait partie du passé car l’épaisseur trop mince de la glace ne permet plus de se livrer à cette activité.

Depuis 10 ans, à cause d’hivers de plus en plus courts et de la hausse de la température, le village est régulièrement envahi par les eaux de l’océan. La construction en 2008 d’une digue censée ralentir l’érosion provoquée par les tempêtes n’a pas servi à grand-chose. Elle est beaucoup moins efficace que la barrière de glace de mer qui protégeait le village des tempêtes en hiver. L’année 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en Alaska. Pour la première fois, la moyenne des températures est passée au-dessus de 0°C.

L’érosion affecte aussi la piste d’atterrissage, unique porte d’entrée et de sortie de l’île. Des travaux sont en cours pour déménager le village et ses habitants et les reloger dès 2025 dans une zone moins vulnérable. Une route d’évacuation de 10 km financée par l’Etat fédéral est en cours de construction. Le chantier doit être terminé d’ici le 31 octobre 2020.

De ce fait, les Inupiats seront les premiers réfugiés climatiques du continent américain. Ce sera forcément une déchirure pour cette population qui vit d’une économie de subsistance basée sur la mer.

En 2008, le village a attaqué en justice les compagnies pétrolières pour leur contribution au réchauffement climatique. Le tribunal a rejeté la plainte, estimant qu’il n’était pas compétent sur cette problématique.

Voici un excellent document qui résume bien la situation à Kivalina :

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source : France Info.

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You really need to know Alaska very well to have heard of Kivalina (pop. 450) located at the end of a13-kilometre-long island facing the Chukchi Sea and Russian Siberia, 130 km from Kotzebue (see map above).

Located 134 kilometres from the Arctic Circle, the town is far from everything and it takes several flights to reach it from the rest of the United States. Kivalina is an Inupiat community, a branch of the Inuit. It is the only village in the region where the inhabitants hunt – or rather hunted – bowhead whales. Today, this tradition is a thing of the past because the ice is too thin and no longer allows to engage in this activity (see photo above).

In the past 10 years, due to increasingly short winters and rising temperatures, the village has been regularly invaded by ocean waters. The construction in 2008 of a seawall supposed to slow down the erosion caused by storms did not help much. It is far less effective than the sea ice barrier that protected the village from winter storms. 2019 was the warmest year on record in Alaska. For the first time, the average temperature has risen above 0°C (see photo above).

Erosion also affects the airstrip, the island’s only entry and exit gate. Work is underway to relocate the village and its inhabitants in 2025 to a less vulnerable area. A 10 km federal-funded evacuation route is under construction. The site must be completed by October 31st, 2020 (see map above)

As a result, the Inupiat will be the first climate refugees on the American continent. It will inevitably be a tear for this population which lives on a subsistence economy based on the sea.
In 2008, the village sued the oil companies for their contribution to global warming. The court dismissed the complaint, saying it had no jurisdiction over the issue.
Here is an excellent document that sums up the situation in Kivalina well:
https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source: France Info.

Si le Mont Fuji (Japon) entrait en éruption… // If Mt Fuji (Japan) erupted…

Des articles récents parus dans la presse japonaise ont attiré l’attention sur la situation du Mont Fuji dont la dernière éruption remonte à 1707. Elle est connue sous le nom d’éruption Hoei, du nom de l’ère japonaise à cette époque. Le volcan a émis une énorme quantité de cendres volcaniques que le vent a transportées jusqu’à la ville de Tokyo aujourd’hui.

Dans un article publié en janvier 2020, les scientifiques nippons ont déclaré que la date précise de la prochaine éruption du Mont Fuji était imprévisible, mais beaucoup pensent que le prochain événement majeur aura lieu dans un proche avenir. En effet, plus de 300 ans se sont écoulés depuis la dernière éruption. C’est un laps de temps beaucoup plus long que l’intervalle précédent d’environ 200 ans.
Les volcanologues japonais rappellent que le Mont Fuji a été ébranlé par le puissant séisme qui a frappé la région de Tohoku en 2011 et qu’il est devenu plus instable qu’auparavant.
Si le volcan entrait à nouveau en éruption, il pourrait y avoir des retombées de cendres sur des villes voisines telles que Gotemba, avec de possibles victimes. Il est prévu une perte économique pouvant atteindre 2,5 milliards de yens. Poussée par les vents d’ouest, la cendre pourrait paralyser Tokyo et ses environs. Il y aurait très probablement des pannes d’électricité, des pénuries d’eau et des dysfonctionnements parmi les appareils électroniques ainsi que des perturbations dans les télécommunications. Les trains pourraient également être mis à l’arrêt. Les aéroports seraient obligés de fermer si les pistes étaient recouvertes de cendre. Des problèmes de santé pourraient également survenir avec l’inhalation de cendre par la population.

Dans un autre article de presse publié en mars 2020, les volcanologues japonais expliquent que les coulées pyroclastiques provoquées par l’éruption du Mont Fuji pourraient couper les routes utilisées pour l’évacuation de la population. Il est donc nécessaire de revoir les plans d’évacuation existants. Les nuées ardentes vomies par le volcan pourraient atteindre des distances supérieures de 4 kilomètres à ce qui est prévu dans la région de Fujiyoshida, et de 2 km de plus dans le secteur de Fujinomiya Cette réévaluation du risque signifie que des portions de la route à péage entre Fujiyoshida et Oyama et la Mount Fuji Skyline Road reliant Fujinomiya et Gotemba pourraient être détruites.
La carte à risques actuelle du Mont Fuji a été établie par le gouvernement central en 2004, et le Conseil de gestion des catastrophes doit la mettre à jour au cours de l’exercice 2020 qui commence en avril. La nouvelle carte devrait modifier la taille des coulées pyroclastiques dont le volume devrait passer de 1,4 million à 10 millions de mètres cubes. Cette nouvelle évaluation est faite en prenant en compte la plus grande coulée pyroclastique émise par le volcan au cours des 5 600 dernières années.
De la même façon, les simulations montrent que des coulées de lave provenant de 92 cratères potentiels pourraient atteindre Fujiyoshida et Fujinomiya dans les 24 heures suivant l’éruption, et même la ligne de train à grande vitesse Tokaido Shinkansen et l’autoroute Shin-Tomei qui relie les préfectures de Kanagawa et d’Aichi. .
Le Conseil de gestion des catastrophes a confirmé que quelque 180 éruptions ont été observées sur le Mont Fuji au cours des 5 600 dernières années. 96% étaient petites à moyennes. Environ 60% ont provoqué des coulées de lave, mais les coulées pyroclastiques ne se sont produites que dans 10% des cas.
Source : The Japan Times. .

Vous trouverez les cartes à risques du Mont Fuji à cette adresse. Ci-dessous la carte de la région nord.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

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Recent articles in the Japanese press have drawn attention to the situation of Mount Fuji whose last eruption was in 1707. It is known as the Hoei Eruption, named after the Japanese era at the time. It spewed a massive amount of volcanic ash that were blown all the way to today’s Tokyo.

In an article released in January 2020, experts said the precise timing of Mt Fuji’s next big eruption was unpredictable, but many thought the volcano was on standby for the next major event. More than 300 years have elapsed since the last eruption. It is a very long silence that surpasses the previous interval of around 200 years.

Japanese volcanologists remind the public that Mt Fuji was but shaken by the Great East Japan Earthquake that struck the Tohoku region in 2011, and it has been made more unstable than before.

Should the volcano erupt again, cinders could rain down on parts of nearby cities such as Gotemba in Shizuoka, with potentially life-threatening results. An economic loss of up to 2.5 trillion yen is expected. Pushed by westerly winds, volcanic ash could paralyze Tokyo and its surrounding metropolitan areas.That would wreak havoc on high-tech Tokyo, possibly causing blackouts, water shortages and malfunctions of electronic appliances as well as disrupting telecommunications. Trains might be suspended, too. Airport terminals would be forced to shut down if runways are covered with ash. Health problems might also arise, with the inhalation of ash.

In another press article released in March 2020, Japanese volcanologists explain that pyroclastic flows from Mount Fuji eruption could sever roads used for evacuation. So, there is rhe need to review existing evacuation plans that use the roads. The hot clouds spewed by the volcano could travel some 4 kilometres further than previously thought in Fujiyoshida, Yamanashi Prefecture, and 2 km more in Fujinomiya, Shizuoka Prefecture. The reassessment means that parts of the toll road connecting Fujiyoshida and Oyama, as well as the Mount Fuji Skyline Road connecting Fujinomiya and Gotemba could be destroyed.

The current Mount Fuji hazard map was compiled by the central government in 2004, and the Mount Fuji disaster management council is due to update it within fiscal 2020, which starts in April. The new map is expected to alter the size of pyroclastic flows to 10 million cubic metres from 2.4 million cubic metres after taking into consideration the largest pyroclastic flow that has occurred in the last 5,600 years.

In the same way, simulations show that lava flows from 92 potential crater locations could hit downtown areas of Fujiyoshida and Fujinomiya within 24 hours of the eruption and even reach the Tokaido Shinkansen bullet train line and Shin-Tomei Expressway, which connects Kanagawa and Aichi prefectures.

The council has confirmed some 180 eruptions have occurred at Mount Fuji over the past 5,600 years, with 96 percent considered small- to medium-size in scale. Some 60 percent of the eruptions caused lava flows, but pyroclastic flows only occurred in up to 10 percent of the total cases.

Source; The Japan Times.

Hazard maps of Mt Fuji can be seen at this address. Here below the map fot the northern region.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

Crédit photo: Wikipedia