Islande : renforcement des digues de terre autour de Svartsengi // Iceland : protective barriers being reinforced around Svartsengi

Des travaux sont en cours pour ériger des digues de terre au nord-est et au nord-ouest de la centrale électrique de Svartsengi afin de protéger les infrastructures contre les prochaines éruptions. Le soulèvement du sol a repris dans la zone, ce qui indique une nouvelle accumulation de magma avec la probabilité d’une éruption dans les prochains mois.
Les travaux sont entrepris sur la base de modèles scientifiques. Après chaque éruption, la situation doit être réévaluée. Les volcanologues islandais ont créé des modèles de coulées de lave qui indiquent que si une éruption semblable à la précédente se produit, la centrale électrique sera en danger. Les autorités islandaises soulignent que toutes les mesures nécessaires seront prises pour protéger le site et l’érection des digues de terre en fait partie. Elles doivent être surélevées de quatre à six mètres, ce qui nécessite 250 000 mètres cubes de matériaux pour cet ajout.
Le projet devrait coûter entre 8,5 et 10,2 millions d’euros. Le coût total de la construction de ces remparts a déjà dépassé les 69 millions d’euros. Le coût de la mise en place des digues de terre semble très élevé, mais si la centrale est détruite par une éruption, la perte pourrait se chiffrer en milliards par jour. Par conséquent, il s’agit d’une mesure de protection civile nécessaire pour assurer à la fois la sécurité des personnes et la poursuite du fonctionnement normal des entreprises dans la région de Reykjanes.
Source : Iceland Review.

Source: Protection Civile

———————————————–

Efforts are underway to raise protective barriers to the northeast and northwest of the Svartsengi Power Plant to mitigate risks from potential future eruptions. Signs of land uplift in the area indicate renewed magma accumulation and another eruption is likely in the next months.

The work is undertaken on the basis of scientific models. After each eruption, the situation needs to be reassessed. Icelandic volcanologists have created lava flow models, and all of these models indicate that if an eruption occurs that is similar to the last one, the power plant will be at risk. Icelandic authorities emphasise that all necessary measures will be taken to safeguard the power plant, with the raising of barriers being one such response. The barriers are to be raised by four to six metres, which requires 250,000 cubic meters of material for this addition.

The project is expected to cost an estimated 8.5-10.2 million euros. The total cost of constructing the barriers has already exceeded 69 million euros. The cost of raising barriers looks very high but if the power plant gets destroyed by an eruption, the resulting cost could run into billions per day. As a consequence, it is a necessary civil protection measure to ensure both the safety of lives and the continued operation of businesses in the Reykjanes area in a normal manner.

Source : Iceland Review.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a pris fin le 8 ou le 9 décembre 2024. Elle avait commencé le 20 novembre 2024 et a duré 18 jours. Le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi, annonçant une probable éruption dans plusieurs semaines.
Source : Met Office.

Crédit photo : Iceland Monitor

°°°°°°°°°°

Toujours en Islande, selon le Met Office, l’inflation et la sismicité semblent indiquer une importante arrivée de magma sous le Bárðarbunga.
Le Met Office indique qu’il y a des signes d’inflation sur le volcan depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en février 2015. En 2022, la vitesse de l’inflation a légèrement ralenti mais a repris par la suite. Les changements ne sont pas significatifs, mais l’inflation se poursuit depuis dix ans.
Un séisme de magnitude M5,1 a frappé le Bárðarbunga le 8 décembre 2024 dans la soirée. Il s’agit de la quatrième secousse de magnitude M5,0 ou plus cette année.
La sismicité et l’inflation tendent donc à montrer qu’il y a une arrivée de magma depuis la fin de la dernière éruption.
Après la dernière éruption du Bárðarbunga, la caldeira s’est affaissée de 65 à 70 mètres, mais le Met Office ne dispose pas de mesures indiquant si la caldeira a recommencé à se soulever.
Au cours des dernières semaines, le Met Office islandais a commis quelques erreurs dans ses prévisions éruptives sur la péninsule de Reykjanes. Il est préférable d’attendre et voir si une activité éruptive est susceptible de démarrer sur le Bárðarbunga dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

Image de l’éruption de 2014 dans l’Holuhraun (Crédit photo: Protection Civile)

Affaissement de la caldeira après la dernière éruption (Crédit photo: Garde côtière)

++++++++++

Comme je l’ai indiqué au moment de l’événement, une puissante éruption d’une durée de 7 minutes a eu lieu sur le Kanlaon (Philippines) à 15h03 (heure locale) le 9 décembre 2024, avec un très volumineux panache de cendres qui s’est élevé à environ 6,7 km au-dessus du niveau de la mer, et des coulées pyroclastiques. Le niveau d’alerte a été relevé de 2 à 3. Les autorités philippines ont ordonné l’évacuation d’urgence de 87 000 personnes vivant dans un rayon de 6 km autour du sommet du volcan. En milieu de semaine, le PHIVOLCS signalait encore des séquences d’émissions de cendres durant plusieurs dizaines de minutes.
L’Institut a averti qu’une exposition prolongée aux cendres et au SO2, en particulier dans les localités proches des zones d’accumulation, peut irriter les yeux, la gorge et les voies respiratoires. Les personnes particulièrement sensibles sont celles souffrant d’asthme, de maladies pulmonaires, de problèmes cardiaques, les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants. Il est conseillé aux habitants des zones concernées de limiter leur exposition en évitant les activités de plein air. Il est également conseillé d’utiliser des masques N95 pour sortir et de boire beaucoup d’eau pour soulager l’irritation de la gorge.

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo : PHIVOLCS

°°°°°°°°°°

Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Taal. Les émissions de vapeur et de cendres montent entre 300 mètres et 1,2 km au-dessus du cratère. On enregistre des périodes de tremor volcanique. Un séisme d’origine volcanique a été enregistré le 8 décembre 2024. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 207 à 3 964 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) ; le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Taal Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source : PHIVOLCS.

++++++++++

En Indonésie, le niveau d’alerte reste à 2 pour le Dempo et à 3 pour l’Ibu. Il est également maintenu à 2 pour le Dukono mais pour ce volcan la zone d’exclusion a été étendue à 4 km du cratère Malupang Warirang.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 (le maximum) pour le Lewotobi. Le 6 décembre 2024, la zone d’exclusion a été modifiée, interdisant l’entrée dans un rayon de 6 km du sommet du Laki-laki et de 7 km dans un demi-cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre du NE au SO.
Source : PVMBG.

Vue du Lewotobi (Crédit photo: GVN)

++++++++++

L’activité éruptive continue sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne dans quatre bouches de la zone N, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et dans trois bouches de la zone C-S (centre-sud). Les bouches de la zone N produisent des explosions d’intensité faible à moyenne à un rythme de 9 à 13 événements par heure, avec des projections de lapilli et de bombes à moins de 150 m de hauteur. Les explosions des bouches de la zone C-S éjectent des matériaux à plus de 250 m de hauteur à un rythme de 3 à 8 événements par heure. Des épisodes de spattering intenses dans la zone N ont provoqué un débordement de lave le 4 décembre 2024 et la formation d’une coulée de lave qui est descendue dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Elle est restée active pendant environ deux heures.
Source : INGV.

Source: INGV

++++++++++

Une nouvelle éruption a été observée sur le volcan sous-marin Home Reef (îles Tonga centrales) grâce à des images satellite acquises le 7 décembre 2024. C’est la deuxième activité éruptive sur ce volcan cette année. Les images satellite Sentinel-2 ont montré une forte anomalie thermique, correspondant à des coulées de lave récentes sur les versants nord et ouest du volcan. L’éruption a généré un panache de cendres qui s’est étiré sur 8 km.

Le volcan se trouve sur l’arc volcanique de Tofua, une zone de subduction caractérisée par une croûte océanique de moins de 15 km d’épaisseur.

Source : Tonga Services.

 

Home Reef le 7 décembre 2024 (Source : satellite-2 Copernicus)

++++++++++

Le nombre de séismes peu profonds, d’origine volcanique, a augmenté sous le cratère Furudake de Kuchinoerabujima (Arc volcanique Ryukyu / Japon) avec 30 événements les 5 et 6 décembre 2024. Aucun changement n’a été observé dans les zones géothermales. Les émissions de SO2 sont faibles et fluctuent entre 30 et 60 tonnes par jour. Aucune déformation du sol n’a été détectée depuis novembre 2023. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 6 décembre 2024 et le public est invité à faire preuve de prudence dans un rayon de 1 km des cratères Shindake et Furudake et dans un rayon de 2 km sur le flanc ouest du cratère Shindake.
Source : JMA.

++++++++++

Une image satellite du 7 décembre 2024 a montré que l’activité persiste sur le Nyamuragira (RDC). Une anomalie thermique est visible dans le cratère sommital. La zone la plus intense se situe juste au NE de la partie centrale du cratère.
Source : Copernicus.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the eruption at the Sundhnúkagígar crater row ended on 8 or 9 December 2024. It had started on 20 November 2024 and lasted 18 days. Ground uplift has resumed in the Svartsengi area, indicating a probable eruption in several weeks.
Source: Met Office.

°°°°°°°°°°

Still in Iceland, according to the Met Office, inflation and seismicity sems to indicate active magma inflow into Bárðarbunga.

The Met Office says there have been clear signs of inflation at the volcano since the Holuhraun eruption ended in February 2015. In 2022, the speed of inflation slowed slightly but has begun to increase again. The changes have not been significant, but the inflation has been ongoing for ten years.

An M 5.1 earthquake struck Bárðarbunga on December 8th, 2024 in the evening. This is the fourth M5.0 or above earthquake this year.

Both seismicity and inflation tend to show that there has been magma inflow since the last eruption ended.

After the last eruption of Bárðarbunga, the caldera sank by about 65-70 meters, but the Met Office does not have measurements that show whether the caldera has started to rise again.

In the past weeks, the Icelandic Met Office made some errors in its eruptive prediction. We just need to wait and see if some eruptive activity may start at Bárðarbunga in the next days or weeks.

++++++++++

As I put it when the event occurred, a powerful explosive eruption lasting 7 minutes took place at Kanlaon (Philippines) at 15:03 (local time) on December 9th, 2024, producing a massive ash plume that rose to about 6.7 km above sea level and pyroclastic flows. The Alert Level was raised from 2 to 3. Philippine authorities ordered the urgent evacuation of 87 000 people living in a 6 km radius from the summit of the volcano.

By mid-week, PHIVOLCS still reported instances of ash emissions lasting several tens of minutes.

It warned that prolonged exposure to ash and SO2, especially for communities near accumulation zones, can irritate the eyes, throat, and respiratory tract. Those particularly sensitive include individuals with asthma, lung disease, heart conditions, the elderly, pregnant women, and children. Residents in affected areas are advised to limit their exposure by avoiding outdoor activities. It is also advised to use an N95 facemask if going outside and drink plenty of water to alleviate throat irritation.

Source : PHIVOLCS.

°°°°°°°°°°

Still in the Philippines, eruptive activity continues at Taal. Daily emissions rise 0.3-1.2 km above the crater. There are periods of volcanic tremor. A volcanic earthquake was recorded on 8 December 2024. SO2 emissions average 1,207-3,964 tonnes per day. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5); PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

In Indonesia, the alert level remains at 2 for Dempo and at 3 for Ibu. It is also kept at 2 for Dukono but for this volcano the exclusion zone was increased to 4 km from the Malupang Warirang Crater.

The alert level is kept at 4 (the maximum) for Lewotobi. On 6 December 2024, the exclusion zone was modified, prohibiting entry within a radius of 6 km from the center of Laki-laki and 7 km in a semicircle counterclockwise from the NE to the SW.

Source : PVMBG.

++++++++++

Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at four vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco and at three vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low-to-medium intensity explosions at a rate of 9-13 events per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Explosions at the vents in Area C-S eject material more than 250 m above the vent at a rate of 3-8 events per hour. Intense spattering at Area N triggered a lava overflow on 4 December 2024 and the formation of a lava flow that descended the upper part of the Sciara del Fuoco and was active for about two hours.

Source : INGV.

++++++++++

A new eruption was observed at Home Reef submarine volcano (central Tonga islands) through satellite imagery acquired on December 7th, 2024. This was the second eruptive activity at this volcano this year. Sentinel-2 satellite images showed a strong thermal anomaly, indicating fresh lava flows along the northern and western slopes of the volcano. The eruption produced an ash plume extending over 8 km.

The volcano is located along the Tofua Volcanic Arc, a subduction zone characterized by oceanic crust less than 15 km thick.

Source : Tonga Services.

++++++++++

The number of shallow volcanic earthquakes increased beneath Kuchinoerabujima’s Furudake Crater (Ryukyu Volcanic Arc / Japan) with 30 earthquakes recorded during 5-6 December 2024. No changes were observed to geothermal areas. SO2 emissions were low, fluctuating between 30 and 60 tons per day, and no ground deformation has been detected since November 2023. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-5) on 6 December 2024 and the public was asked to be cautious within a 1 km radius of the Shindake and Furudake craters and within 2 km on the W flank of Shindake Crater.

Source : JMA.

++++++++++

A 7 December 2024 satellite image showed continuing activity at Nyamuragira (DRC). A thermal anomaly can be seen in the summit crater. The most intense area lies just NE of the central part of the crater.

Source : Copernicus.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Protection Civile et Champs Phlégréens (Campanie / Italie) // Civil Protection and Campi Flegrei (Italy)

Il y a quelques jours, j’indiquais sur ce blog qu’en ce moment la situation n’avait rien d’alarmant dans les Champs Phlégréens.

Sur son site web, la Protection Civile de Pouzzoles donne, dans deux opuscules, une foule d’explications sur les zones à risques et sur les procédures à suivre en cas d’éruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Un chapitre est consacré au scénario éruptif dans les Champs Phlégréens. On peut lire que, compte tenu de la complexité du système volcanique dans la région, caractérisé par la présence de nombreux cratères et en l’absence d’éruptions récentes, il n’est pas possible de prédire avec certitude quand, comment et où aura lieu la prochaine éruption, ni prédire la durée de l’activité.
Une étude a montré qu’en cas de réactivation du volcan, il y aurait environ 95% de probabilité qu’une éruption inférieure ou égale à un événement de taille moyenne se produise. La probabilité d’une éruption plus importante (grande ou très grande). est inférieur à 5 %.
Les phénomènes possibles suivants sont attendus en cas d’éruption :
• formation d’une colonne éruptive composée de gaz et de lambeaux de lave incandescents, jusqu’à des dizaines de kilomètres de hauteur ;
• chute de matériaux volcaniques importante dans la zone la plus proche de la bouche éruptive, et même à plusieurs dizaines de kilomètres, en fonction de la direction du vent;
• coulées pyroclastiques générées par l’effondrement de la colonne éruptive. Ces phénomènes ont des vitesses et des températures élevées et peuvent atteindre plusieurs kilomètres.
En outre, des explosions phréatiques, peuvent survenir dans les Campi Flegrei à cause de l’implication de sources d’eau externe (zone Solfatara/Pisciarelli), ou là où il existe actuellement une disponibilité importante en eau, tels que les milieux lacustres (Agnano), les lacs de cratères (Averno) et marins (Golfe de Pouzzoles).

La Solfatara est une zone très sensible des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

Vue du lac d’Averno (Photo: C. Grandpey)

Sur la base de l’ampleur de l’événement éruptif de référence et des scénarios associés, des zones rouge et jaune sont envisagées.

La zone rouge comprend la zone exposée au danger d’invasion de coulées pyroclastiques qui, en raison de leurs températures élevées et de leur vitesse représentent le phénomène le plus dangereux pour la vie humaine.

La zone jaune concerne les zones exposées aux retombées de lapilli et de cendres volcaniques. Seront également pris en compte les effets liés aux phénomènes d’invasion par des coulées de boue rapides (lahar).

Par ailleurs, on peut lire dans les opuscules rédigés par la Protection Civile que toute personne qui habite ou se trouve dans une zone volcanique doit s’informer sur le plan d’urgence pour pouvoir adopter, en cas d’éruption, les comportements indiqués par la Protection Civile et mettre en œuvre correctement les opérations d’évacuation, si elles sont prévues.
Le plan pour le risque volcanique de la zone des Champs Phlégrées implique l’évacuation d’un tel nombre de personnes et d’un si vaste territoire (la zone rouge) qu’il doit nécessairement être coordonné par un organisme supérieur, en l’occurrence le Département de la Protection Civile.
Ce qu’il est important de savoir, c’est que le plan comprend deux méthodes d’évacuation, Les deux doivent être activées pendant la phase d’alerte, bien avant le début d’une éventuelle éruption :
• une évacuation avec ses propres moyens, contrôlée et régulée par le plan et les structures territoriales ;
• une évacuation assistée, pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’éloigner en utilisant leur propre voiture

La Protection Civile a effectué un énorme travail pour définir les procédures à suivre en cas d’éruption. Au terme de leur lecture, je me pose plusieurs questions :

– La population très dense qui vit dans la zone des Champs Phlégérens est elle au courant de toutes les mesures et procédures prévues par la Protection Civile ?

– Les habitants de la zone menacée sauront-ils adopter le comportement adéquat pour se mettre hors de danger ? À ma connaissance, la Protection Civile n’a procédé à aucune simulation d’évacuation de la zone autour de Pouzzoles. Les mesures prises suite à la dernière activité sismique se ont limitées à une vérification de la solidité des bâtiments.

Au cours de séjours à Pouzzoles et dans sa région, je me suis demandé quelle serait la meilleure procédure d’évacuation. Au vu de l’urbanisme dans la région, avec des bourgades aux rues étroites et très vite encombrées, je ne suis pas certain qu’une évacuation terrestre sera la plus facile. L’indiscipline de la population risque également d’être un obstacle majeur. Au final, je me demande s’il ne faudrait pas prévoir également une évacuation par le mer.

Vue de Pouzzoles, zone à forte densité de population (Photo: C. Grandpey)

Quoi qu’il en soit, la tâche de la Protection Civile sera compliquée en cas d’éruption, d’autant plus qu’il faudra probablement agir vite. J’ai toujours en tête ce que me disait un jour Franco Barberi, alors en charge de la Protection Civile italienne, à propos de l’évacuation de Naples en cas d’éruption du Vésuve : « Si j’évacue et qu’il ne se passe rien, je passe pour un imbécile ; si je n’évacue pas et qu’une catastrophe se produit, je vais en prison. »

++++++++++

A few days ago I indicated on this blog that at the moment the situation in the Phlegraean Fields was not alarming.
On its website, the Civil Protection of Pozzuoli provides, in two pamphlets, a wealth of explanations on the risk areas and the procedures to follow in the event of an eruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

A chapter is dedicated to the eruptive scenario in the Phlegraean Fields. We can read that, given the complexity of the volcanic system in the area, characterized by the presence of numerous craters and in the absence of recent eruptions, it is not possible to predict with certainty when, how and where the next eruption will take place, nor to predict the duration of the activity.
A study has shown that in the event of a reactivation of the volcano, there would be about a 95% probability of an eruption less than or equal to a medium-sized event. The probability of a larger eruption (large or very large) is less than 5%.
The following possible phenomena are expected in the event of an eruption:
• formation of an eruptive column composed of gases and incandescent lava fragments, up to tens of kilometers high;
• significant fall of volcanic material in the area closest to the eruptive vent, and even several tens of kilometers, depending on the wind direction;
• pyroclastic flows generated by the collapse of the eruptive column. These phenomena have high speeds and temperatures and can reach several kilometers.
Furthermore, phreatic explosions may occur in the Campi Flegrei due to the involvement of external water sources (Solfatara/Pisciarelli area), or where there is currently significant water availability, such as lacustrine (Agnano), crater lakes (Averno) and marine (Gulf of Pozzuoli) environments.
Based on the magnitude of the reference eruptive event and the associated scenarios, red and yellow zones are considered (see images above) :

The red zone includes the area exposed to the danger of invasion by pyroclastic flows which, due to their high temperatures and speed, represent the most dangerous phenomenon for human life.
The yellow zone concerns the areas exposed to the fallout of lapilli and volcanic ash. The effects related to the phenomena of invasion by rapid mudflows (lahar) will also be taken into account.
Furthermore, we can read in the pamphlets written by the Civil Protection that anyone who lives or is in a volcanic area must find out about the emergency plan in order to be able to adopt, in the event of an eruption, the behaviors indicated by the Civil Protection and to correctly implement the evacuation operations, if they are planned.
The volcanic risk plan for the Phlegrian Fields area involves the evacuation of such a number of people and such a vast territory (the red zone) that it must necessarily be coordinated by a higher body, in this case the Civil Protection Department.
What is important to know is that the plan includes two evacuation methods. Both must be activated during the alert phase, well before the start of a possible eruption:
• an evacuation with its own means, controlled and regulated by the plan and the territorial structures;
• an assisted evacuation, for those who cannot or do not want to move away using their own car
The Civil Protection has done a huge amount of work to define the procedures to follow in the event of an eruption. After reading them, I ask myself several questions:
– Is the very dense population living in the Phlegerian Fields area aware of all the measures and procedures planned by the Civil Protection?
– Will the inhabitants of the threatened area be able to adopt the appropriate behavior to get out of danger? To my knowledge, the Civil Protection has not carried out any simulation of evacuation of the area around Pozzuoli. The measures taken following the last seismic activity were limited to a check of the solidity of the buildings.
During several stays in Pozzuoli and its region, I wondered what the best evacuation procedure would be. Given the urban planning in the region, with small towns with narrow streets that quickly become congested, I am not sure that a land evacuation would be the easiest. The indiscipline of the population could also be a major obstacle. In the end, I wonder if the authorities should not also plan for an evacuation by sea. In any case, the task of the Civil Protection will be complicated in the event of an eruption, especially since it will probably be necessary to act quickly. I always remember what Franco Barberi, then in charge of the Italian Civil Protection, once told me about the evacuation of Naples in the event of an eruption of Vesuvius: « If I evacuate and nothing happens, I look like an idiot; if I don’t evacuate and a disaster occurs, I go to prison. »

Rien de nouveau sur le Kanlaon (Philippines) // Nothing new at Kanlaon volcano (Philippines)

Dans sa mise à jour du 10 décembre 2024, le PHIVOLCS décrit l’éruption d’hier mais ne donne pas plus d’informations sur l’activité volcanique du Kanlaon. L’Institut rappelle que l’éruption a produit un panache volumineux qui s’est rapidement élevé jusqu’à 4 000 mètres au-dessus du sommet et que des coulées pyroclastiques sont apparues à la base de la colonne éruptive et ont dévalé le flanc sud-sud-est du volcan. Le gouvernement philippin a déclaré disposer de fonds suffisants pour venir en aide aux familles (environ 87 000 personnes) qui ont été évacuées et qui sont actuellement hébergées loin de la zone dangereuse. Il convient de noter que les évacuations ont commencé APRES le début de l’éruption qui n’avait pas été annoncée, comme c’est souvent le cas pour les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. Le PHIVOLCS surveille attentivement le Kanlaon, prêt à relever le niveau d’alerte au maximum si des éruptions plus puissantes devaient se produire.

Crédit photo: PHIVOLCS

————————————————

In its update of December 10th, 2024, PHIVOLCS desribes yesterday’s eruption but does not give more information about volcanic activity at Kanlaon. The Institute reminds us that the eruption produced a voluminous plume that rapidly rose to 4,000 meters above the summit and that ptroclastic flows were generated at the base of the eruption column and descended the south-southeastern sides of the volcano. The Philippine government said it has enough funds to support the families (about 87,000 persons) who have been evacuated and who are currently seeking shelter away from the danger zone. It should be noted that the evacuations started AFTER the start of the eruption that had not been predicted, as is often the case with explosive volcanoes along the Pacific Ring of Fire. PHIVOLCS is closely monitoring Kanlaon, ready to raise the alert level to the maximum if more powerful eruptions were to occur.