Islande : vers la fin de l’éruption? // Iceland : is the eruption coming to an end?

21 décembre – 6 heures : Il semble bien que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes soit en train de toucher à sa fin. Il faut attendre la confirmation de Met Office, mais la petite activité strombolienne observée hier soir au niveau de la seule bouche active semble avoir cessé ce matin. On ne voit que quelques points résiduels d’incandescence sur le champ de lave. La sismicité est faible. Prudence tout de même. On a vu le 18 décembre qu’un afflux inattendu de magma peut changer la donne et modifier les prévisions sur le plan pratique. Les habitants de Grindavik seront-ils autorisés à revenir chez eux  et le Blue Lagoon rouvrira-t-il pour Noël ? Seule la Madame Pélé islandaise connaît la réponse… !

Dernières nouvelles à midi : Le Met Office indique aujourd’hui à midi qu’il est trop tôt pour déclarer officiellement la fin de l’éruption car il pourrait encore y avoir de l’activité dans des tunnels de lave.

Captures d’écrans webcams à 7 heures et 11 heures le 21 décembre 2023

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December 21st – 6 a.m.: It looks as if the eruption on the Reykjanes Peninsula is coming to an end. We need to wait for confirmation from the Met Office, but the small Strombolian activity observed last night at the only active vent seems to have stopped this morning. One can only see a few residual points of incandescence on the lava field. Seismicity is low. However, one should be careful. On December 18th, an unexpected influx of magma changed the situation and modified predictions on a practical level. Will Grindavik residents be allowed to return home and will the Blue Lagoon reopen for Christmas? Only Icelandic Madame Pélé knows the answer…!

Latest news at midday : The Met Office indicates today at midday that it is too early to declare the eruption officially over as there could still be activity in closed lava channels.

Éruption islandaise : pas de risque pour le trafic aérien // Eruption in Iceland : no risk for air traffic

A l’approche des vacances de Noël, certains se demandent si l’éruption en cours sur la péninsule islandaise de Reykjanes ne risque pas de perturber le trafic aérien comme en 2010 avec l’éruption de l’Eyjafjallajokull. Ces personnes n’ont pas à s’inquiéter car les deux éruptions sont très différentes.
Aucune des récentes éruptions sur la péninsule de Reykjanes n’a perturbé le trafic aérien, malgré la proximité de l’aéroport de Keflavik. Dans sa phase initiale, l’éruption actuelle a semblé plus importante et plus puissante que celles des dernières années, mais il est peu probable maintenant qu’elle ait un impact sur le trafic aérien.
Personne ne peut oublier les énormes perturbations survenues en 2010 lorsque l’Eyjafjallajokull a vomi de volumineux panaches de cendres qui ont transité au-dessus de l’Europe. Quelque 100 000 vols ont été cloués au sol, des millions de voyageurs ont été bloqués et le trafic aérien a été interrompu pendant plusieurs jours car on craignait que les fines particules de cendre endommagent les moteurs des aéronefs.

Nuage éruptif de l’Eyjafjoll en 2010 (Source: Wikipedia)

Aujourd’hui, les volcanologues expliquent que l’éruption à 3 km au nord de Grindavik ne devrait pas produire beaucoup de cendres ni provoquer une perturbation d’une ampleur similaire.
Contrairement à ce qui avait été promis en 2010, aucun effort n’a été fait et aucune mesure n’a été prise pour installer des détecteurs de cendre à bord des avions. En 2014, alors que j’allais en Alaska à bord d’un Boeing 727 de British Airways, et que, passant à proximité de l’Islande, on pouvait voir le nuage éruptif planer au-dessus de l’île, le pilote m’a dit que son avion n’était pas équipé d’un tel instrument et qu’il n’avait jamais été informé de l’éruption !
Les scientifiques affirment qu’il n’y a actuellement aucun risque que la lave atteigne la ville de Grindavik ou des structures comme la centrale électrique de Svartsengi. Les habitants de la zone ont été évacués et la plupart des routes environnantes restent fermées.

Grindavik sous la menace de l’éruption? (Crédit photo: Iceland Monitor)

Cependant, les scientifiques préviennent que la situation pourrait changer et qu’il est trop tôt pour dire combien de temps durera l’éruption. On ne sait pas, non plus, quand les habitants de Grindavik pourront réintégrer leurs maisons. Même si la lave n’est pas sortie dans la bourgade, ni dans la centrale de Svartsengi, ni dans le Blue Lagoon, les coulées de lave ne sont qu’à quelques kilomètres et on craint toujours qu’elles atteignent ces sites sensibles.
Les gaz émis par l ‘éruption peuvent également accroître le risque de mauvaise qualité de l’air dans la région en raison de la présence de SO2. Le Met Office explique qu’une pollution gazeuse pourrait être détectée dans la région de Reykjavik dans les prochains jours.

L’éruption le 19 décembre (image webcam)

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As the Christmas holidays approach, some people are wondering whether the current eruption on the Reykjanes Peninsula in Iceland might dirupt air trafic like in 2010 with the eruption of Eyjafjallajokull. These people do net need to worry as the two eruptions are very different.

None of the recent eruptions on the Reykjanes Peninsula caused damage or disruptions to flights, despite the area’s proximity to Keflavik Airport. Though the current eruption appeared to be larger and more powerful than those in recent years at the beginning, it is unlikely to impact air travel.

Nobody can forget the huge disruptions to international aviation in 2010, when Eyjafjallajokull, spewed giant clouds of ash high into the atmosphere over Europe. Some 100,000 flights were grounded, millions of international travelers stranded and air travel was halted for days because of concerns the fine ash could damage jet engines.

Experts say the location and features of the current eruption mean it is not expected to produce much ash or cause a similar scale of disruption.

Contrary to what had been promised in 2010, no efforts or measures have been taken to install ash detecting instruments on board aircraft. In 2014, while I was travelling to Alaska onboard a British Airways Boeing 727, and one could see the eruption cloud hovering above Iceland, the pilot told me his plane was not equipped with such equipment and he had never been told about the eruption !

Scientists say that there is no current threat that the lava will reach the town of Grindavik or key structures like nearby power plants. The residents from the area have been evacuated and most surrounding roads remain closed.

However, the scientists warn the situation could change and that it’s too early to say how long the eruption will last or when local residents could move back into their homes. Even though the lava did not erupt into the town of Grindavik, or at the nearby power plant, or at the Blue Lagoon, the lava flows are still only a few kilometers away and there is still concern of lavas reaching these key locations.

The eruptive gases can also heighten the risk of poor air quality in the region because of the increased SO2 content in the air. The Met Office explains that gas pollution may be detected in the area of Reykjavik in the next few days.

Islande : dernières nouvelles de l’éruption (suite) // Iceland : latest news of the eruption (continued)

20 décembre 2023 – 6 heures : Ce matin la péninsule de Reykjanes est dans le brouillard et les webcams ne permettent pas de voir l’éruption. Il semble toutefois qu’une seule bouche éruptive soit active. La sismicité et le tremor affichent des valeurs basses.
Le Met Office islandais a publié une nouvelle carte des risques à propos de l’éruption de Sund-hnúkagígar.

Il est indiqué que le risque a augmenté de manière significative dans les zones définies dans la précédente carte publiée le 8 décembre 2023, à savoir dans les zones 1 à 4. Deux nouvelles zones ont été ajoutées à la carte, les zones 5 à 6.
La nouvelle carte montre qu’il existe un fort risque d’éruption soudaine à Grindavík et qu’une éruption est également considérée comme possible à Svartsengi et au Blue Lagoon, dans la zone 1 de la carte.

 

Comme je l’ai écrit précédemment, les dernières photos montraient que l’éruption a désormais son siège dans trois bouches actives, contre cinq auparavant. La lave s’écoulait principalement vers l’est, mais il existe également une langue de lave qui se dirige vers l’ouest, au nord de Stóra-Skógafell.
Le Met Office insiste sur le fait que de nouvelles bouches éruptives sont susceptibles de s’ouvrir sur la fissure initiale, mais aussi plus au nord ou au sud. C’est la raison pour laquelle les routes d’accès au site éruptif sont fermées.

Dans la soirée du 19 décembre, des recherches ont été menées pour retrouver un homme qui s’était perdu près du site de l’éruption. La Protection civile exhorte les gens à faire preuve de la plus grande prudence lorsqu’ils se dirigent vers le site de l’éruption de Sundhnúkagígar. De son côté, le Met Office a averti qu’il existe un réel risque d’éruptions inopinées à Grindavík et qu’une sortie de lave reste possible à Svartsengi et au Blue Lagoon.
De plus, il ne peut être garanti que ceux qui s’aventurent sur le site de l’éruption malgré la désapprobation des équipes de secours pourront recevoir de l’aide en cas de détresse. Ces dernières peuvent être mobilisées sur d’autres lieux.

Il est rappelé qu’il ne s’est écoulé qu’environ 90 minutes entre l’essaim sismique et le début de l’éruption. Cela montre que de nouvelles bouches éruptives peuvent s’ouvrir très rapidement.Comme on a pu le constater le 18 décembre, un nouvel afflux de magma changerait la donne.

L’éruption à midi le 20 décembre 2023 (image webcam)

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December 20th, 2023 – 6 am : This morning the Reykjanes Peninsula is in the fog and the webcams do not allow to see the eruption. However, it looks as if a single eruptive vent is active this morning. Seismicity and the tremor are showing low values.

The Icelandic Met Office has issued a new hazard assessment map for the eruption at Sund-hnúkagígar. It is stated that the risk has increased significantly in all areas defined in the previous hazard assessment map, namely in areas 1 to 4. Two new areas have been added to the map, areas 5 to 6.

The new map shows that there is an increased risk of unannounced eruption in Grindavík and also that eruption is considered possible at Svartsengi and the Blue Lagoon, in area 1 on the map.

On new photos of the eruption site, one could see that the eruption was coming from three eruption vents, down from five before. Lava has flowed mostly eastwards , but there is also a tongue of lava reaching the the west, north of Stóra-Skógafell.

The Met Office insists that there is an increased likelihood of eruption fissures opening up more widely on the original fissure as well as further north or south. This is the reason why the roads leading to the eruption site remain closed.

In the evening of December 19th, there was a search conducted for a man who had got lost near the eruption site. There is a clear message from the Civil Protection that people should be careful to walk towards the eruption site at Sundhnúkagígar. The Icelandic Met Office has warned that there is an increased risk of unannounced eruptions in Grindavík and that eruptions are thought to be possible at Svartsengi and the Blue Lagoon.

Moerover, it cannot be guaranteed that those who venture to the eruption site against the will of first responders will be rescued, because the crisis response team might be occoupied .

The public is reminded that it took about 90 minutes between the seismic swarm and the beginning of the eruption. This shows that the notice of new openings can be very short. As could be seen on December 18th, a new magma influx would change the situation.

Juste une mise au point…

Lorsque fin octobre 2023 une intrusion magmatique a provoqué une hausse de la sismicité sur la péninsule de Reykjanes, avec en parallèle un soulèvement du sol, mais pas d’éruption à se mettre sous la dent, j’ai évoqué une situation que j’avais connue sur le terrain dans les années 1990 dans le secteur du Krafla, dans le NE de l’Islande. Les scientifiques islandais avaient enregistré une forte sismicité ainsi qu’un soulèvement significatif du sol, jusqu’à un mètre dans le secteur de la centrale géothermique. Après avoir passé une journée supplémentaire dans la région, avec l’espoir d’assister à une éruption, je suis reparti bredouille. Le magma avait trouvé un autre chemin dans les profondeurs et l’éruption avait avorté

La situation sur la péninsule de Reykjanes en octobre et novembre 2023 m’a rappelé la situation des années 90 sur le Krafla. Les volcanologues islandais ont affirmé d’abord qu’une éruption serait « imminente ». Ne la voyant toujours pas venir, ils l’ont qualifiée de « probable ». Au final, la sismicité étant toujours faible, ils ont baissé pavillon et autorisé, deux mois après le début de la crise sismique, la réouverture du Blue Lagoon et laissé entrevoir aux habitants de Grindavik un retour à la maison pour Noël.

De mon côté, si je ne croyais pas trop à une éruption sur la péninsule de Reykjanes, j’avais tout de même précisé que la donne serait changée si un nouvel afflux de magma devait pénétrer dans l’intrusion existante.

C’est ce qui s’est passé le 18 décembre 2023 au soir. Sous l’impulsion de cette nouvelle arrivée de magma, la sismicité a bondi d’un coup et l’éruption s’est déclarée une heure plus tard. La sismicité a décliné par la suite car ce nouveau magma avait trouvé une voie bien tracée par l’intrusion précédente.

Un lecteur de mon blog – un universitaire – s’est empressé de dire que je m’étais planté dans mes prévisions, omettant de signaler ma remarque concernant un possible afflux de magma qui changerait la situation. Cette personne s’est fendue de plusieurs messages plus ou moins aimables à mon égard. A mes yeux, elle appartient à la catégorie des pseudo scientifiques fustigée autrefois par Haroun Tazieff. Heureusement, la plupart des universitaires que je connais n’appartiennent pas à ce cercle fermé. Une fois mes études universitaires terminées, on m’avait offert la possibilité d’enseigner en faculté. J’ai décliné cette proposition car j’avais compris l’état d’esprit fait de mesquineries, moqueries, jalousies, etc. qui régnait dans cet univers et que je retrouve avec cette personne. J’ai préféré enseigner en lycée, en particulier dans les classes post bac où, comme on le dit familièrement, j’ai vraiment pris mon pied.

Las de ses remarques désobligeantes et largement infondées, j’ai décidé de ne plus entrer dans le jeu de cet universitaire et de ne plus répondre à ses remarques.

Heureusement, la plupart des commentaires qui me sont adressés m’encouragent à maintenir mon blog dans l’état d’esprit que je lui ai conféré. J’accepte, bien sûr, les critiques, mais pas l’acharnement malhonnête.

Photo: C. Grandpey