À propos de l’éruption sur l’Etna (Sicile) // About the eruption on Mt Etna (Sicily)

S’agissant de l’éruption sur l’Etna, l’activité effusive continue sans grands changements à partir de la fissure qui s’est ouverte le 8 février 2025 en fin d’après-midi entre la base du cratère central et du « Cratere del Piano », dans la zone sud-est de l’Etna. À noter que la Bocca Nuova n’est pas impliquée dans l’éruption. Par contre, le cratère Sud-Est est largement responsable de l’activité actuelle, comme ce fut le cas à plusieurs reprises dans le passé. D’ailleurs, on observe ces jours-ci une activité strombolienne à son sommet (voir image ci-dessous) et des émissions de cendres quasi continues.
Cette éruption attire de nombreuses personnes, et beaucoup voudraient s’approcher de la coulée de lave. Toutefois, Boris Behncke (INGV Catane) rappelle sur les réseaux sociaux que l’accès à la source éruptive est réservé exclusivement aux personnes autorisées (guides volcanologiques, personnels de secours et forces de l’ordre, journalistes accompagnés de guides, scientifiques). De plus, l’ascension est dangereuses dans les conditions hivernales et la visibilité est souvent mauvaise en ce moment sur l’Etna. L’activité du cratère SE peut rapidement devenir problématique. Plusieurs accidents de personnes ont eu lieu ces derniers jours sur le volcan.
Par ailleurs, l’accès au front de la coulée lave n’est pas sans danger. Plusieurs vidéos prises ces derniers jours montrent de violentes explosions hydromagmatiques au contact entre la lave et la neige. Boris a été témoin d’une telle explosion il y a quelques années. L’événement avait fait une dizaine de blessés. La prudence est donc de mise.

En cliquant sur ce lien, vous accéderez à une bonne vidéo dans laquelle Boris Behncke explique (en italien)  l’éruption en cours. À noter la très bonne qualité des images :

Image webcam de l’éruption le 13 février au soir

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Regarding the eruption on Mt Etna, the effusive activity continues without major changes from the fissure that opened le in the afrternoon on February 8, 2025 between the base of the central crater and the « Cratere del Piano », in Mt Etna’s south-eastern area. Note that Bocca Nuova is not involved in the eruption. On the other hand, the Southeast crater is largely responsible for the current activity, as has been the case several times in the past. Moreover, these days one can observe Strombolian activity at its summit (see image below) and almost continuous ash emissions.

This eruption attracts many people, and many would like to approach the lava flow. However, Boris Behncke (INGV Catania) reminds on social networks that access to the eruptive source is reserved exclusively for authorized persons (volcanological guides, rescue and law enforcement personnel, journalists accompanied by guides, scientists). In addition, the ascent is dangerous in winter conditions and visibility is often poor these days at Mt Etna. The activity of the SE crater can quickly become problematic. Several accidents involving people have occurred in recent days on the volcano.
Furthermore, access to the front of the lava flow is not without danger. Several videos taken in recent days show violent hydromagmatic explosions at the contact between the lava and the snow. Boris witnessed such an explosion a few years ago. The event left about ten people injured. Caution is therefore advised.

Accès autorisé, mais limité, à Grindavik (Islande) // Authorised, but limited, access to Grindavik (Iceland)

La police du district de Suðurnes a décidé d’autoriser les habitants de Grindvík et les personnes qui travaillent à Grindavík à rester et à entrer dans la ville et y rester pendant toute la journée. La décision prend effet le 20 février 2024 à 7 heures et est valable jusqu’au 29 février, en tenant compte des éléments suivants :
Les habitants, les employés, les entreprises et les personnes qui ont besoin de venir en aide aux habitants – et ces seules personnes – sont autorisés à entrer dans la ville sous leur propre responsabilité. Chacun doit être responsable de ses propres actes. La police précise que Grindavík n’est pas un endroit où les enfants peuvent jouer. Il n’y a pas d’écoles et les infrastructures sont paralysées. L’approvisionnement en eau chaude de la ville connaît des fuites sous la coulée de lave, mais des réparations sont en cours. Il est recommandé de ne pas modifier les réglages d’arrivée d’eau chaude dans les maisons. Il n’y a toujours pas d’eau froide et donc pas d’eau potable. Les conditions sont donc différentes de celles jugées acceptables pour vivre dans les maisons.
Il y a de nombreuses fractures dans et autour de la ville et d’autres peuvent s’ouvrir sans préavis. Les gens doivent rester sur les trottoirs et dans les rues, et éviter de sortir sur les terrains et autres espaces libres.
Il existe toujours des risques dans le secteur de Grindavik suite à l’éruption du Stóra Skógfell. De plus, les conditions à l’intérieur et à l’extérieur des zones dangereuses peuvent changer sans prévenir, sans oublier que des dangers peuvent être cachés en dehors des zones désignées. Le soulèvement du sol continue à Svartsengi, avec un fort risque d’éruption dans quelques semaines..
Source : Iceland Monitor.

Grindavik, une ville meurtrie et toujours sous la menace de la lave (Photos: presse islandaise)

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The police of Suðurnes has taken the decision to allow Grindvíkers and those working in Grindavík to stay and work in the town all day long. The decision takes effect at 7 am on February 20th in the morning and is valid until  February 29th. with knowledge of the following:

Residents, employees, businesses, and those who need to help residents– and these people only – are allowed to enter the town on their responsibility. Each must be responsible for their own actions. The Police Commissioner makes it clear that Grindavík is not a place for children or children to play. There are no schools and the infrastructure is in a state of paralysis. The hot water supply to the town is leaking, presumably under lava, but repair is underway. It is recommended that people do not interfere with the settings of hot water in houses. There is still no cold water and therefore no drinking water. Conditions are therefore different from those that can be considered acceptable for living in houses.

The fissures are widespread in and around the town and cracks can open without notice. People need to stay at the sidewalks and streets of the town and avoid going out on the grounds and other open areas.

There are still risks in the area following the eruption at Stóra Skógfell and conditions inside and outside the danger areas can change with little notice. In addition, risks can be hidden outside the designated areas. Land inflation is still going on in Svartsengi, with an elevated risk of eruption in a few weeks. .

Source : Iceland Monitor.

Canicule sur le massif du Mont Blanc : la préfecture appelle à la plus grande prudence

Cela fait maintenant plusieurs semaines que le département de la Haute-Savoie est en vigilance Canicule. Cette situation a forcément des répercussions sur l’alpinisme et en particulier la pratique de ce sport sur le massif du Mont Blanc. L’ascension du toit de l’Europe est risquée en ce moment. En effet, les fortes chaleurs peuvent provoquer d’importantes chutes de pierres, notamment sur le Couloir du Goûter, aussi appelé Couloir de la Mort. La préfecture du département appelle à la plus grande prudence et invite les alpinistes à reporter leur ascension. Le samedi 18 août 2023, une importante chute de pierres a eu lieu en contrebas du refuge du Goûter.

Par ailleurs, des crevasses apparaissent au col derrière le refuge, au pied du Dôme du Goûter puis à l’épaule. Selon la préfecture de la Haute-Savoie, l’ascension par les Trois Monts est « plus technique » que d’habitude : au Mont Maudit, « des piolets tractions sont indispensables ».

Il est rappelé aux personnes qui souhaitent faire l’ascension du Mont Blanc que la réservation est obligatoire et il faut disposer d’un équipement adapté à l’alpinisme. Le bivouac est interdit sur l’ensemble du site.

Suite aux températures particulièrement élevées enregistrées sur le massif (l’iso 0°C se trouvait à 5400 m d’altitude le 21 août), les secouristes du PGHM de Chamonix ne chôment pas. Ils ont effectué sept interventions dans la seule journée du 19 août : beaucoup de blessures et d’alpinistes bloqués par des chutes de pierres, en particulier dans le secteur des Drus et des Grandes Jorasses, mais aucun accident mortel.

Il y a aussi les imprudences. Une randonneuse qui n’était pas équipée pour de l’alpinisme est tombée dans une crevasse, au niveau du col du Géant. Elle a fait une chute de 20 mètres. Elle est gravement blessée mais ses jours ne sont pas en danger.

Source : presse régionale.

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Le service météorologique suisse informe par ailleurs que la vague de chaleur actuelle a fait remonter l’isotherme 0°C à son plus haut niveau depuis le début des relevés en Suisse, il y a près de 70 ans. C’est très inquiétant pour les glaciers du pays.
MétéoSuisse indique que le niveau de l’isotherme 0°C a atteint 5 298 mètres d’altitude au-dessus de la Suisse entre le 19 et le 20 août. Tous les sommets enneigés des Alpes suisses, y compris le Mont Rose (4’634 m), avaient des températures de l’air supérieures au zéro Celsius.
Même le Mont Blanc est concerné. La nouvelle altitude de l’isotherme 0°C a éclipsé un précédent record établi en juillet 2022, année particulièrement dévastatrice pour les glaciers.
Avec un isotherme 0°C bien au-dessus de 5 000 m, tous les glaciers des Alpes sont susceptibles de fondre. De tels événements sont rares et préjudiciables à la santé des glaciers qui dépendent de la neige accumulée en haute altitude. Un météorologue suisse a déclaré : « Si de telles conditions persistent à long terme, les glaciers risquent de disparaître de manière irréversible. » Une étude suisse de 2022 a révélé que les quelque 1 400 glaciers du pays – le plus grand nombre en Europe – avaient perdu plus de la moitié de leur volume total depuis le début des années 1930, dont une baisse de 12 % au cours des six dernières années..

Photo: C. Grandpey

Le réchauffement climatique n’est pas une curiosité touristique // Global warming is not a curiosity for tourists

Au cours des dernières semaines, de nombreux touristes se sont précipités dans la Vallée de la Mort pour voir ce que l’on ressent quand les températures sont extrêmement chaudes. Il semble que ces personnes n’aient pas pris conscience de la triste réalité : la chaleur extrême que nous connaissons actuellement n’est pas une curiosité touristique. C’est une catastrophe et une tragédie
Ces touristes se rendent dans la Vallée de la Mort alors que les températures approchent des records absolus enregistrés dans le parc national. Au moment où cette chaleur difficilement supportable persiste, et où juillet est en passe d’être le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre, on peut se demander pourquoi certaines personnes désirent faire l’expérience de ces températures extrêmes (53,8°C pendant la journée, et autour de 48°C après minuit), sans oublier les sacro-saints selfies à côté d’un thermomètre proche du point de rupture.
Ces personnes ont, semble-t-il, envie de ressentir, pour de vrai, cet air très chaud et découvrir à travers de telles températures les limites de survie de l’espèce humaine. Elles ont pu constater qu’il s’agit bien de conditions potentiellement mortelles, comme cela a été malheureusement démontré dans le parc avec le décès récent d’un randonneur de 71 ans.
Comme je l’ai écrit plus haut, ces températures extrêmes ne doivent pas être considérées comme une curiosité touristique, mais comme une catastrophe et une tragédie. Parmi les dangers liés aux conditions météorologiques aggravés par le réchauffement climatique, la chaleur extrême arrive en premier. Elle a été responsable d’environ 3 900 décès en Californie de 2010 à 2019. La chaleur qui a étouffé le sud-ouest et d’autres régions des États-Unis pendant plus de deux semaines a infligé un lourd tribut, en particulier aux personnes âgées, aux travailleurs de plein air, et à ceux qui n’ont pas de climatisation dans leurs domiciles.
La chaleur extrême dans des endroits comme la Vallée de la Mort n’est pas une merveille naturelle comme une éclipse de soleil totale ou l’ascension de l’Everest. Ce phénomène climatique est une catastrophe humaine causée par nos propres émissions de gaz à effet de serre dans une atmosphère qui permet la vie sur cette planète.
L’été 2023 avec ses épisodes de chaleur extrême sera pourtant, probablement, l’un des plus frais des années à venir. Les impacts du réchauffement climatique se font sentir sous la forme d’événements météorologiques extrêmes, dangereux et sans précédent. La situation ne changera pas tant que nous continuerons à brûler des combustibles fossiles. D’ici là, nous serons dans l’obligation de nous habituer à une chaleur à la fois terriblement extrême et qui ne sera plus remarquable.
Source : The Los Angeles Times via Yahoo Actualités.

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During the past weeks, lots of tourists have rushed to Death Valley to see what is like to be in extremely hot temperatures. It looks as if these people have not realised the sad reality : deadly heat should not be a curiosity. It is a disaster and a tragedy

Visitors are making perilous trips to Death Valley as temperatures climb to within a few degrees of the highest on record. As this miserable heat persists, with July poised to be the hottest month ever recorded on Earth, one may wonder why some people are willing to experience these temperature extremes, often taling selfies next to a practically melting thermometer.

 These thrill-seekers want to feel the furnace-like blast of hot air firsthand and experience how it tests the limits of human survival. But these are life-threatening conditions, as was sadly demonstrated at the park with the recent death of a 71-year-old hiker.

Such extreme temperatures should be seen less as a curiosity than a disaster and a tragedy. Among the weather-related hazards made worse by climate change, extreme heat is the No. 1 killer, responsible for an estimated 3,900 deaths in California from 2010 to 2019. The heat that has suffocated the Southwest and other parts of the U.S. for more than two weeks has inflicted a widespread toll, especially on the elderly, outdoor workers and those without air conditioning

Climbing temperatures in places like Death Valley are not some kind of natural wonder like seeing a total solar eclipse or climbing Mt. Everest. They are part of a spiraling, unnatural human disaster caused by our own emissions of greenhouse gases in the atmosphere that sustains life on this planet.

This summer, even with extraordinary heat, is likely to be one of the coolest of the rest of our lives. The impacts of global warming are upon us in the form of unprecedented, dangerous extreme weather events. The situation will not change as long as we keep burning fossil fuels. Until then, we’ll have no choice but to get used to heat that is at once frighteningly extreme and no longer so remarkable.

Source : The Los Angeles Times through Yahoo News.

Badwater, le point le plus bas de la Vallée de la Mort (Photos: C. Grandpey)