Réchauffement climatique et dérive polaire // Global warming and polar drift

Une nouvelle étude scientifique menée par des chercheurs du Federal Institute of Technology de Zurich et publiée dans la revue Geophysical Research Letters révèle que les pôles Nord et Sud de la Terre pourraient se déplacer de plus de 26 mètres d’ici 2100.
La fonte des glaces due au réchauffement climatique déplace ces pôles géographiques, ce qui pourrait affecter les vaisseaux spatiaux et la navigation par satellite. La hausse des températures fait fondre les glaciers et les calottes glaciaires, entraînant une redistribution de l’eau à l’échelle planétaire. Ce mouvement déplace l’axe de rotation de la Terre et déplace ses pôles.
Les chercheurs ont réalisé ces estimations après avoir étudié le mouvement des pôles terrestres et les impacts de la fonte des glaces. Ils ont présenté divers scénarios climatiques optimistes et pessimistes d’ici 2100. Le principal facteur de ce déplacement des pôles est la fonte des calottes glaciaires au Groenland, suivie de celle de l’Antarctique et des glaciers à travers le monde. Les scientifiques ajoutent que cet effet surpasse légèrement l’effet de l’ajustement isostatique glaciaire, qui a eu lieu après la fin de la dernière période glaciaire. Cela signifie que l’activité humaine a davantage déplacé le pôle que l’effet des périodes glaciaires.
Les conclusions des chercheurs sont importantes car elles démontrent les effets catastrophiques des activités humaines sur notre planète. Le réchauffement climatique d’origine anthropique amplifie les phénomènes météorologiques extrêmes et modifie la géographie et le mouvement de la Terre. Si les phénomènes météorologiques extrêmes ont toujours existé, la hausse globale des température les amplifie et les rend plus dangereux. Des études comme celle-ci contribuent à dissiper les idées reçues selon lesquelles la crise climatique ne serait pas réelle et ne nous impacterait pas actuellement.
Il existe des conséquences à plus grande échelle pour la sécurité et l’efficacité de la navigation par satellite et pour les engins spatiaux. Les scientifiques utilisent l’axe de rotation de la Terre comme point de référence pour cartographier la position d’un engin spatial. Avec le déplacement de cet axe au fil du temps, il pourrait être plus difficile de déterminer avec précision la position des engins spatiaux.
Dans leur étude, les chercheurs ont également souligné les préoccupations liées aux variations du niveau de la mer et à la déformation de la surface terrestre à cause des variations du mouvement des pôles.
Source : Live Science via Yahoo News.

Source : NASA/JPL-Caltech

————————————————-

A new scientific study by Federal Institute of Technology Zurich researchers and published in Geophysical Research Letters reveals that Earth’s North and South Poles could shift by more than 26 meters by the year 2100.

Melting ice due to our planet’s overheating is moving these geographic poles, possibly affecting spacecraft and satellite navigation. Rising temperatures are melting glaciers and sheets of ice, causing water to be redistributed worldwide. This movement is shifting Earth’s axis of rotation and relocating its poles.

The researchers made these assessments after studying Earth’s polar motion and the impacts of melting ice. They examined various optimistic and pessimistic climatic scenarios between now and 2100. The primary factor in these shifts is melting ice sheets in Greenland, followed by ice melt in the Antarctic and global glaciers. The scientists add that this effect is somewhat surpassing the effect of glacial isostatic adjustment, which is the effect of solid Earth rebound after the termination of the last ice age. This means that what humans have done has somewhat shifted the pole more than the effect of ice ages.

The researchers’ findings are significant because they demonstrate the catastrophic effects of human activities on our planet. Human-induced global warming is supercharging extreme weather events and changing the geography and movement of Earth. While extreme weather events have always existed, rising global temperatures are making them more powerful and dangerous. Studies such as this help dispel myths that the climate crisis isn’t real or impacting us now.

There are also broader implications for the safety and efficiency of satellite and spacecraft navigation. Experts use Earth’s rotational axis as a reference point to map a spacecraft’s location. With the axis shifting over time, it could be more challenging to determine accurately where spacecraft are flying.

In their study, the researchers also noted the concerns of sea level changes and Earth’s surface deformation due to polar motion changes.

Source : Live Science via Yahoo News.

Le saccage climatique de Trump (suite) // Trump’s climate rampage (continued)

Dans une note intitulée « Le saccage climatique de Trump continue », et publiée le 1er mai 2024, j’expliquais que l’Administration Trump venait de licencier sans préavis plus de 400 scientifiques qui avaient commencé à rédiger le dernier National Climate Assessment Report, autrement dit le rapport d’évaluation du climat.

Le climat est l’une des cibles préférées du locataire de la Maison Blanche qui avait déclaré que le réchauffement climatique est un canular. Ses attaques se sont notamment concentrées sur la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), une structure essentielle dans l’observation et la connaissance du réchauffement climatique. Cette agence gouvernementale assure le suivi de l’océan et des écosystèmes marins et se trouve au cœur des alertes tsunami. C’est aussi la NOAA qui, par le biais de la Scripps Institution,met en ligne la Courbe de Keeling qui permet d’observer les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Je crains fort qu’un de ces jours la Courbe disparaisse des écrans.

Donald Trump compte réduire le budget la NOAA de plus de 1,6 milliard de dollars par rapport à 2024. Des centaines de scientifiques et d’experts ont été licenciés.

Ces mesures visant le climat ont déjà des conséquences directes. Les données fournies par les ballons météorologiques et autres sondes qui mesurent la température, la vitesse du vent et l’humidité, ont diminué d’environ 10%.

Donald Trump s’est également attaqué à l’USDA, l’agence fédérale chargée de l’agriculture, lui interdisant notamment de poursuivre des travaux sur le réchauffement climatique.

Il a aussi visé la National Science Foundation (NSF), la Fondation nationale pour la science, que la revue scientifique Nature présente comme « l’un des plus grands bailleurs de la recherche fondamentale au monde ». Avec ces coupes sombres, les glaciologues viennent de perdre l’accès à des informations du Polar Geospatial Center qui en dépend.

À côté de la NOAA, la NASA n’est pas épargnée, elle non plus. Le budget prévisionnel présenté par l’exécutif américain prévoit une réduction d’environ 24% du budget de l’agence spatiale américaine. Sans surprise, les départements les plus touchés sont les programmes dédiés aux sciences de l’espace et de la Terre, dont certains programmes de surveillance satellitaire servant à l’étude du réchauffement climatique.

Ce que l’on peut souhaiter, même si certaines régions du monde risquent d’en prendre plein la figure, c’est que les éléments naturels montrent à Trump à quel point ses décisions sont stupides et indignes d’un président des États Unis.

Source : presse internationale, avec France Info pour notre pays.

——————————————–

In a post titled « Trump’s Climate Rampage Continues, » published on May 1, 2024, I explained that the Trump Administration had just dismissed without notice more than 400 scientists who had begun drafting the latest National Climate Assessment Report.
Climate is one of the favorite targets of the White House tenant, who had declared global warming a hoax. His attacks have focused in particular on the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), a key organization in the observation and understanding of global warming. This government agency monitors the ocean and marine ecosystems and is central to tsunami warnings. It is also NOAA, through the Scripps Institution, that puts online the Keeling Curve, which allows us to observe CO2 concentrations in the atmosphere. I fear that one of these days the Curve will disappear from our screens. Donald Trump plans to cut NOAA’s budget by more than $1.6 billion compared to 2024. Hundreds of scientists and experts have been laid off.
These climate-related measures are already having direct consequences. Data provided by weather balloons and other probes that measure temperature, wind speed, and humidity have decreased by approximately 10%.
Donald Trump has also attacked the USDA, the federal agency responsible for agriculture, notably prohibiting it from pursuing work on global warming.
He has also targeted the National Science Foundation (NSF), which the scientific journal Nature describes as « one of the world’s largest funders of basic research. » With these drastic cuts, glaciologists have just lost access to information from the Polar Geospatial Center, which relies on it.
Alongside NOAA, NASA has not been spared either. The budget forecast presented by the US executive branch calls for a reduction of approximately 24% in the US space agency’s budget. Unsurprisingly, the most affected departments are programs dedicated to space and Earth sciences, including certain satellite monitoring programs used to study global warming.
What we can hope, even if some regions of the world are likely to take a hit, is that the natural elements will show Trump how stupid and unworthy of a US president his decisions are.
Source: international press, with France Info for our country.

Conséquences d’un séisme majeur sur la côte ouest des États Unis // Consequences of a major quake on the U.S. West Coast

J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque d’un séisme majeur sur la côte ouest des États-Unis. Un tel séisme au large de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington pourrait provoquer un affaissement de plus de 1,80 mètre de certaines zones côtières, augmentant considérablement le risque d’inondation et transformant radicalement la région.
Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude publiée fin avril dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences. Les auteurs ont examiné les répercussions d’un séisme de grande ampleur sur la zone de subduction de Cascadia, qui s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’île de Vancouver, au Canada.

Source: USGS

L’étude conclut qu’en cas de séisme accompagné d’un affaissement de grande ampleur, la zone inondable s’étendrait sur 300 kilomètres carrés. Selon l’étude, un tel scénario ferait plus que doubler l’exposition des habitants, des bâtiments et des routes aux inondations, et les autorités devraient faire face à de sérieux problèmes avec les infrastructures vitales qui seraient plus fréquemment inondées, voire de manière permanente.

En d’autres termes, l’étude précise qu’un puissant séisme dans cette région risquerait de « modifier radicalement le littoral et d’avoir des conséquences profondes et durables sur les populations, les infrastructures et les écosystèmes côtiers ». Contrairement à l’élévation relative du niveau de la mer, provoquée progressivement par le réchauffement climatique, une élévation résultant d’un séisme majeur se produira en quelques minutes, ne laissant aucun temps d’adaptation.
Le dernier méga-séisme survenu dans la zone de subduction de Cascadia, d’une magnitude de M9,0, s’est produit en 1700. D’après les archives archéologiques, des villages ont été engloutis et ont dû être abandonnés. De la côte nord de la Californie à l’État de Washington, les scientifiques estiment que le prochain puissant séisme pourrait provoquer un affaissement des terres de 0,5 à 2 mètres, soit la même ampleur que celle observée lors du séisme de 1700.
Actuellement, plus de 8 000 personnes vivent dans les plaines inondables le long des estuaires de la zone côtière de Cascadia. Toutefois, en cas d’affaissement important après un séisme, ce chiffre pourrait presque tripler et atteindre plus de 22 000. Près de 36 000 structures seraient également menacées.
La datation au radiocarbone révèle que plus de 11 puissants séismes se sont produits au large de la côte nord de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington au cours des 6 000 à 7 000 dernières années, avec une répétition tous les 200 à 800 ans.
Selon une estimation publiée par Federal Emergency Management Agency (FEMA) qui gère les situations d’urgence, un séisme de magnitude M9,0 sur toute la longueur de la zone de faille de 1 280 kilomètres ferait 5 800 morts. Le tsunami qui en résulterait, avec une hauteur potentielle de 2,40 mètres et un préavis de 10 minutes pour les zones côtières, ferait 8 000 morts. Les pertes économiques pourraient atteindre 134 milliards de dollars.
Lors du méga-séisme de Cascadia en 1700, des récits oraux ont parlé de tsunamis de plus de 3 mètres de haut qui ont détruit des villages côtiers. À Anacla, un village situé sur ce qui est aujourd’hui l’île de Vancouver, seule une personne sur plus de 600 a survécu. Le tsunami était si violent qu’il a déraciné des arbres. Les résultats de la dernière étude devraient donc alerter les habitants et les autorités gouvernementales. Certains tronçons de la route 101 sont déjà régulièrement inondés lors des grandes marées. Les autorités devraient également se demander si des infrastructures essentielles, comme les aéroports, se trouveraient dans la zone inondable agrandie par le séisme. Les autorités pourraient également éviter de construire des infrastructures telles que des écoles, les casernes de pompiers et les stations d’épuration dans les zones à risque.
L’étude explique que la négligence du rôle des séismes côtiers majeurs serait une erreur. Des exemples sont là pour le prouver. Le séisme de magnitude M9,1 survenu au large de la côte est du Japon en 2011a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Un autre séisme de magnitude M9,1 survenu près de Sumatra, en Indonésie, en 2004 a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Les zones utilisées pour l’aquaculture ont depuis subi des inondations chroniques dues aux marées, avec à la clé une sursalinisation des sols. Le séisme de magnitude M9,2 survenu en Alaska en 1964 a provoqué un affaissement de plus de 1,80 mètre le long de la côte, rendant des routes, des quais et des zones littorales inhabitables. Enfin, un séisme de magnitude M9,5 au Chili en 1960 a provoqué jusqu’à 2,40 mètres d’affaissement côtier.
Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

Sur le site du séisme du Vendredi Saint 1964 à Anchorage, des panneaux explicatifs rappellent les dégâts subis par la région (Photo: C. Grandpey)

Anchorage a été sévèrement impactée par le séisme du 22 mars 1964 (Source: USGS)

°°°°°°°°°°

Dans le même temps, l’Axial Seamount, un volcan sous-marin au large de la côte nord-ouest des États Unis, pourrait bientôt entrer en éruption pour la première fois depuis dix ans. Des scientifiques de l’Université de Washington ont détecté une forte augmentation des petits séismes sous-marins et une inflation du plancher océanique (plus de 20 cm), signes d’une accumulation de magma sous le volcan. Malgré cette activité, les scientifiques affirment qu’il n’y a aucune menace pour les zones habitées le long de la côte. L’Axial se trouve en effet à environ 480 km à l’ouest de Cannon Beach, dans l’Oregon, à environ 1 410 m sous la surface de l’océan. Il se trouve directement sur la dorsale Juan de Fuca, là où les plaques tectoniques divergent (voir carte ci-dessus). J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog à propos de l’Axial Seamount : 3 mai et 16 septembre 2015, 17 décembre 2016 et 18 juillet 2024.

Source : Médias américains.

Source : University of Washington

———————————————-

I have several times drawn attention on this blog to the risk of a major earthquake on the U.S. West Coast. A monster earthquake off California, Oregon and Washington could cause some coastal areas to sink by more than 1.80 meters, dramatically heightening the risk of flooding and radically reshaping the region with little to no warning.

Those are the findings of a new study published late April in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences. It examines the repercussions of a massive earthquake on the Cascadia subduction zone, which stretches from Northern California up to Canada’s Vancouver Island. The study concludes that in an earthquake scenario with the highest level of subsidence, the area at risk of flooding would expand by 300 square kilometers. According to the study, such a scenario would more than double the flooding exposure of residents, structures and roads, and officials would need to contend with a future of infrastructure that are either more frequently flooded or permanently inundated.

In other words, a powerful earthquake in this area would risk « drastically altering shorelines and causing profound, lasting impacts to coastal populations, infrastructure, and ecosystems. » Unlike relative sea-level rise that’s driven more gradually by global warming, a rise resulting from a major earthquake will happen within minutes, leaving no time for adaptation or mitigation.

The last megaquake on the Cascadia subduction zone, registering a magnitude M9.0, occurred in 1700. Based on archaeological evidence, villages sank and had to be abandoned. From California’s North Coast to Washington state, scientists say that the next great earthquake could cause land to sink by 0.5 to 2 meters, the same range seen during the 1700 earthquake.

Currently, more than 8,000 people live in flood plain areas along estuaries in the Cascadia coastal region. But in the event of a high level of subsidence after an earthquake, that figure would nearly triple to more than 22,000. Nearly 36,000 structures would be threatened.

Radiocarbon dating suggests there have been more than 11 great earthquakes off the shore of California’s North Coast, Oregon and Washington state over the last 6,000 to 7,000 years, recurring every 200 to 800 years.

One estimate published by the Federal Emergency Management Agency (FEMA) is that an M9.0 earthquake along the full length of the 1,280-kilometer fault zone would leave 5,800 dead from the earthquake alone. An additional 8,000 would die from the resulting tsunami that could rise as high as 2.40 meters and offer coastal areas as few as 10 minutes of warning. Total economic losses could hit $134 billion.

In the 1700 Cascadia megaquake, oral histories describe tsunamis more than 3 meters high wiping out coastal villages. In Anacla, a village on what is now called Vancouver Island, only 1 out of more than 600 people survived. The tsunami was so strong that it uprooted trees.

The results of the latest study should be a wake-up call to residents and government officials. There already are parts of U.S. Route 101 that routinely flood during exceptionally high king tides. Another factor officials should consider is whether crucial infrastructure, such as airports, would fall within the quake-expanded flood plain. Authorities may also want to consider avoiding building infrastructure such as schools, fire stations and wastewater treatment plants in areas at risk.

The study insists that neglecting the role of major coastal earthquakes would be shortsighted. One example was the M9.1 earthquake off Japan’s east coast in 2011, which caused some land to sink by up to 1.80 meters. Another M9.1 earthquake that struck near Sumatra, Indonesia, in 2004 caused land subsidence of up to 1.80 meters. Areas used for aquaculture have since suffered chronic tidal flooding, leading to oversalinization. The M9.2 earthquake in Alaska in1964 caused land to sink by more than 1.80 meters along the coast, rendering roads, docks and waterfront areas uninhabitable. At last, an M9.5 earthquake in Chile in 1960 caused up to 2.40 meters of coastal subsidence.

Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

°°°°°°°°°°

Meantime, Axial Seamount, an underwater volcano off the Pacific Northwest coast, could erupt soon for the first time in a decade. Scientists at the University of Washington have detected a sharp increase in small undersea earthquakes and seafloor inflation (more tha 20 cm), signs of magma buildup within the volcano. Despite the activity, experts say there is no threat to coastal communities. Indeed, Axial Seamount is located about 480 km west of Cannon Beach, Oregon. It lies submerged at a depth of roughly 1 410 m beneath the ocean’s surface. It sits directly on the Juan de Fuca Ridge, an underwater boundary where tectonic plates are diverging (see map above). Il have written several posts on this blog about Axial Seamount : May 3 and September 16, 2015, December 17, 2016 and July 18, 2024.

Source : U.S. news media.

La fonte de l’Himalaya : une menace pour toute l’Asie // Melting Himalayas : a threat to all of Asia

Voici une nouvelle bien inquiétante : la neige vient d’atteindre son niveau le plus bas depuis 23 ans dans l’Himalaya. J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. Si les glaciers disparaissent, ce sera une catastrophe pour deux milliards de personnes.
La chaîne himalayenne s’étend sur 2 500 km, de l’Afghanistan à l’ouest à la Birmanie à l’est.

Source: NASA

Ses hauts sommets et ses vallées sont recouverts de glace et de neige, dont le cycle annuel de fonte alimente douze grands bassins fluviaux qui serpentent à travers l’Asie centrale et orientale. Ces bassins constituent les principales sources d’eau d’une douzaine de pays. Le problème est qu’une baisse constante des chutes de neige dans l’Himalaya a été observée ces dernières décennies. Au cours de l’hiver 2024-2025, elles ont atteint leur niveau le plus bas depuis 23 ans.

Source : International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD)

Ce qui inquiète le plus les climatologues, c’est que de telles situations de déficit se succèdent continuellement. Le dernier rapport sur l’enneigement en 2025 révèle que les bassins versants du Mékong et de la Salwen, qui alimentent le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge, sont inférieurs de plus de 50 % à la moyenne. Le bassin versant du Yangtsé en Chine présente un manque de neige de 26 %. Le Gange, en Inde et au Bangladesh, a diminué de 24 %. La situation est identique pour l’Indus, qui alimente le Cachemire et le Pakistan.

La réduction des chutes de neige ne serait pas un problème s’il s’agissait d’un événement ponctuel, mais le Bureau des Nations Unies pour la réduction des catastrophes (UNDRR) indique que cela s’est produit pendant cinq des six dernières années. L’accélération de cette tendance a été observée au cours du dernier quart de siècle, et les conséquences sont énormes.
Moins de neige dans l’Himalaya signifie moins de fonte au printemps et moins d’isolation pour la glace et les glaciers qui se trouvent en dessous. De même, moins de fonte printanière signifie moins de débit d’eau et, par conséquent, moins d’alimentation souterraine des bassins. La neige n’est pas la seule source d’eau des principaux fleuves himalayens. Elle contribue en moyenne à environ un quart du volume annuel. Cependant, les chercheurs expliquent qu’il ne fait aucun doute que les déficits en neige à répétition contribuent à la modification des régimes d’écoulement et à la baisse des niveaux d’eau.
Le bassin du Fleuve Jaune en Chine en est un bon exemple. La couverture de neige (la durée pendant laquelle la neige reste au sol), qui était 98 % supérieure à la moyenne en 2008, a chuté à moins 54 % en 2023, et le bassin continue de faire face à des déficits qui pèsent sur l’agriculture, l’hydroélectricité et la disponibilité en eau.
Il en va de même pour le bassin du Yangtsé en Chine. Cette année, les chutes de neige ont diminué de 26 % plus vite que la moyenne. La diminution constante du manteau neigeux compromet l’efficacité hydroélectrique du barrage des Trois Gorges (Three Gorges Dam).
La situation est identique pour tous les projets hydroélectriques et les régions agricoles qui dépendent de l’Himalaya. L’UNDRR exhorte les pays asiatiques à prendre des mesures d’urgence telles que l’amélioration des systèmes de gestion de l’eau, une meilleure préparation aux sécheresses, de meilleurs systèmes d’alerte précoce et le renforcement de la coopération régionale.
Ces mesures sont d’autant plus urgentes que tous les scientifiques s’accordent à dire que le pire est à venir si rien n’est fait pour enrayer le réchauffement climatique.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Asie est la région la plus touchée par le réchauffement climatique. Des sécheresses successives ont provoqué un nombre particulièrement élevé de vagues de chaleur dévastatrices. À celles-ci se sont ajoutées des tempêtes et des inondations destructrices, et la tendance ne semble pas près de s’arrêter.
La Banque asiatique de développement (Asian Development Bank) prévoit que les rendements rizicoles, de l’Indonésie au Vietnam, chuteront de 50 % d’ici 2100 sans mesures urgentes d’adaptation au réchauffement climatique. Les impacts physiques du réchauffement climatique sont déjà significatifs, mais les conséquences les plus préoccupantes à l’échelle mondiale proviendront de perturbations sociales, économiques et politiques, bien plus difficiles à prévoir ou à gérer que des catastrophes isolées. Dans un contexte mondial déjà instable et marqué par des tensions géopolitiques croissantes, les impacts climatiques ne feront qu’amplifier l’incertitude de la situation.

Source : Médias d’information internationaux.

————————————————–

Here is an alarming piece of news : Snow has just hit a 23-year low in the Himalayas. I have repeated in several posts that the Himalayas are the water tower of Asia. If the glaciers disappear, it will sound as a disaster to two billion people. .

The Himalayan mountain range reaches 2500 km from Afghanistan in the west to Myanmar in the east. Its high peaks and valleys are covered in ice and snow whose annual cycle of melting feeds 12 major river basins that wind their way across the Central and East Asian landscape. These are the major water sources for a dozen nations The problem is that a steady decline in snow falling across the Himalayas has been observed in recent decades. During the winter 2024-2025, it tumbled to an overall 23-year low, which is definitely alarming. What worries most the climatologists is that they are observing such deficit situations occurring in continuous succession.

The latest snow report for 2025 reveals that the snow catchments for the Mekong and Salwen Rivers that feed into Myanmar, Thailand, Laos, Vietnam and Cambodia are worse than 50 per cent lower than average. China’s Yangtze catchment has 26 percent less snow. The Ganges River of India and Bangladesh is down 24 percent. The situation is identical for the Indus that feeds Kashmir and Pakistan.

The reduced snowfalls would not be a problem if it were a one-off event, but the United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) says this has happened in five out of the past six years. It is an acceleration of a trend observed over the past quarter century and the implications of this trend are enormous.

Less snow in the Himalayas means less spring melt and less insulation for any ice or glaciers beneath. In its turn, less spring melt means less water flow and that, in turn, means less soak to refill groundwater basins. Snow is not the only source of water for the major Himalayan rivers. While every river differs, snow, on average, contributes to about a quarter of all annual water runoff. However, researchers say there is no doubt that ongoing snow deficits are contributing to changing flow patterns and falling water levels.

China’s Yellow River Basin is a case in point. Its snow persistence (the time snow remains on the ground) fell from 98 percent above average in 2008 to -54 percent in 2023 and the basin continues facing deficits. Such sustained deficits strain agriculture, hydropower, and water availability.

It is a similar story for China’s Yangtze Basin. This year’s snowfall vanished 26 percent faster than average. The steadily declining snowpack jeopardizes hydropower efficiency of the Three Gorges dam.

It is a similar story for all Himalayan-fed hydropower projects and agricultural regions. The United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) is urging Asian nations to take immediate action. Improved water management systems, stronger drought preparedness, better early warning systems, and greater regional co-operation are among the most urgent ùeasures to be taken.

They are all the more urgent as all scientists agree that the worst is to come if nothing is done to curb global warming.

According to the World Meteorological Organization (WMO), Asia is suffering the most from global warming. Successive droughts have produced a particularly high number of damaging heatwaves. These have been topped off by destructive storms and flood and it is turning into a relentless trend.

The Asian Development Bank has predicted that rice yields from Indonesia to Vietnam will fall 50 percent by 2100 without urgent climate adaptation measures. While the physical impacts of global warming are already intensifying, the most concerning outcomes globally will arise from social, economic and political disruptions which are far more difficult to predict or manage than isolated disaster events. Given an already unstable global context of rising geopolitical tensions, climate impacts will only magnify this volatility.

Source : International news media.